Lecture d’été: Retour au pays bleu (Françoise Bourdon)

Pour cet été, je ne me prends pas la tête avec de grandes lectures compliquées. Et comme j’aime bien les romans dits « de terroir », j’ai choisi ce petit livre de Françoise Bourdon !

Résumé:

« Parmi vignes et oliveraies, champs de lavande et forêts de chênes, dans le secret des mas, des bastides, des villages perchés, joies et drames scandent les destins de Provençaux de naissance ou venus d’ailleurs. Sabine, Pauline, Mathieu et Mélanie, Geneviève, Camille… une ronde de personnages en quête de bonheur et de partage dont les vies se nouent et se dénouent à l’ombre tutélaire du mont Ventoux. À petites touches fines et sensibles, Françoise Bourdon peint dans ces nouvelles une mosaïque humaine magnifique, pétrie d’espérance, portée par une écriture limpide qui vise toujours juste : le cœur du lecteur. »

Mon avis:

Sans être exceptionnel, ce livre m’a laissée sur un TRÈS bon feeling !

Ce petit recueil contient Treize toutes petites nouvelles, abordant des thèmes délicats et intéressants: Le handicap, le deuil, la maladie, l’autisme, ou encore les enfants nés hors mariage. 

Dans « Le secret des oliviers » Sabine se reconstruit suite au décès de son mari alpiniste. La cueillette des olives et sa rencontre avec un malvoyant va peu à peu lui redonner gout à la vie. C’est la nouvelle que j’ai le moins aimé: trop fade.

Dans « La nuit de l’Espérance », une famille qui ne s’est pas revue depuis des années se retrouve enfin pour Noël. Même si la conclusion est prévisible, cette nouvelle nous en apprend beaucoup sur les coutumes provençales de Noël !

Dans « La maison de Pauline », Laurence perd son mari en mer. Lors de l’héritage, elle apprend avec stupéfaction que son mari a eu une liaison adultère et que « sa fille » a aussi droit à sa part ! D’abord, sous le choc, elle reprend peu à peu sa vie en main. Elle reprend pied par son travail de décoratrice en restaurant une vieille maison…

« Entre vignes et oliviers » est incontestablement ma nouvelle préférée: Mathieu, un homme au lourd passé, tombe amoureux de Mélanie, une mère de famille dont le fils, Adrien est autiste. Et plus que la romance, c’est le thème délicat du rejet de ce handicap qui m’a touchée. Cette nouvelle aurait vraiment due être un roman à part entière !

Dans « Les hommes aux mains d’or », c’est l’histoire de la dépression « post-retraite » d’un ancien ouvrier, complètement désoeuvré depuis la fermeture de son usine. Et c’est grâce à sa petite-fille et une chanson de Bernard Lavillier qu’il met en place un joli projet avec ses anciens collègues; une jolie nouvelle sur la transmission du Savoir.

Dans « Couleur Lavande », c’est un mari dévasté par maladie d’Alzheimer de sa femme, qui reprend espoir grâce à un brin de lavande. C’est la nouvelle qui m’a le plus touchée par son message optimiste. 

Je ne vais pas citer toutes les nouvelles présentes, mais en tout cas, ce sont de jolies tranches de vie, à lire au soleil ! Un petit regret quand même : certaines nouvelles sont vraiment trop courtes !

En tout cas, si vous voulez une lecture facile et sans prise de tête, c’est à tenter !

Le chant du monde (Jean Giono)

Le Chant du monde est un roman de Jean Giono publié en 1934.

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Résumé:

« Le matin fleurissait comme un sureau. Antonio était frais et plus grand que nature, une nouvelle jeunesse le gonflait de feuillages. – Voilà qu’il a passé l’époque de verdure, se dit-il. Il entendait dans sa main la truite en train de mourir. Sans bien savoir au juste, il se voyait dans son île, debout, dressant les bras, les poings illuminés de joies attachées au monde, claquantes et dorées comme des truites prisonnières. Clara, assise à ses pieds, lui serrait les jambes dans ses bras tendres. »

Mon avis:

Avec un extrait aussi poétique, et la belle surprise qu’a été Colline, je devais lire ce livre ! Si vous n’êtes pas familier des récits de terroir mais que vous aimez la nature, cet auteur pourrait bien vous plaire ! 

Depuis deux mois qu’il est monté au pays pour couper des sapins, le « besson » (jumeau dont le frère est mort en bas âge) et dernier fils de Matelot n’a pas donné signe de vie. L’eau endiablée, gonflée par l’automne n’a rejeté aux berges du fleuve ni corps, ni radeau. 

Matelot part à sa recherche en compagnie d’Antonio, dit « Bouche d’or »: un homme sauvage qui connaît la forêt comme sa poche. Ils finissent par apprendre l’enlèvement par le besson de Gina, la fille de Maudru, maître du haut pays et des troupeaux de taureaux. Cet enlèvement enclenche une « guerre de Troie » : poursuivi par les chiens et les hommes de Maudru, le besson tue le neveu à qui Gina était promise.

J’ai adoré l’ambiance : une nature sombre et rugueuse, où les hommes renouent avec leur part animale. La forêt est comme un monde à part entière. L’écriture est rugueuse et poétique. 

Un roman plein de « sève » au coeur d’une nature belle et vibrante. Un livre fort et surprenant à lire ! 

 

Colline (Jean Giono)

J’ai décidé de lire plus de classiques du terroir, notamment dans la bibliothèque de mes parents ! J’ai ainsi redécouvert ce livre très particulier.

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Colline est le premier roman de Jean Giono,  alors âgé de 34 ans. Les deux romans suivants seront Un de Baumugnes, en 1929 également, et Regain en 1930. Ils s’inscrivent dans ce que l’auteur a nommé la « Trilogie de Pan. »

C’est l’histoire d’un hameau, les Bastides blanches, situé à l’ombre des monts de Lure, dans lequel vivent une douzaine de personnes, rassemblées dans les quatre maisons situées autour de la fontaine du village.

Le roman débute sur la venue d’un sanglier, que l’on essaie de tuer mais qui parvient à s’échapper.

Plus tard, lorsque la fontaine du hameau, qui avait alimenté les habitants depuis très longtemps, va se tarir, tout commence à aller mal. À cette même période, l’aîné du village, Janet, paralysé et alité, commence à parler de manière peu compréhensible.

Il ne faudra pas longtemps pour que les autres habitants pensent que Janet est à l’origine de leurs malheurs. En effet, en plus de la fontaine asséchée, une petite fille tombe malade, un incendie manque de raser le hameau.

Une atmosphère pesante, étrange, à la limite du surnaturel s’installe alors parmi les habitants du village. Le hameau doit donc expier les crimes que les hommes ont commis contre la Terre.

Giono, avec ce premier roman, a inventé une forme d’écriture nouvelle en utilisant le langage des hommes de la campagne.

Ce genre se teinte de ce que l’on appelle le réalisme merveilleux : des faits réalistes entremêlés de l’interprétation irrationnelle des personnages et de surnaturel.

L’écriture est fluide, coulant et zigzaguant, à l’image de cette source introuvable et mystérieuse. La fin est digne d’un conte philosophique teinté de mythologie.

Un livre étonnant, à l’ambiance sombre et déroutante, qui change des romans de « terroir » traditionnels !