Rose

9782253162063-T

Après le voisin, je continue ma découverte de Tatiana de Rosnay avec Rose.  Et j’ai apprécié, même si j’ai mis plus de temps à rentrer dans l’histoire.

Paris, sous le Second Empire. Des centaines de maisons sont rasées et des quartiers entiers réduits en cendres. Alors que le vieux Paris s’effondre sous les ambitions du baron Haussmann, chargé de remodeler la capitale, de nombreux Parisiens protestent sans parvenir à infléchir les ordres d’expropriation. Dans sa maison de la rue Childebert, à l’ombre de l’église Saint-Germain-des-Prés, Rose Bazelet mène une vie paisible, rythmée par la lecture du Petit Journal, les visites à Alexandrine, sa locataire et amie fleuriste du rez-de-chaussée, les soins de Germaine et Mariette ses domestiques dévouées. Jusqu’au jour où elle reçoit une lettre de la préfecture : le tracé du boulevard St Germain passe par rue Childebert ; la destruction de son domicile est inéluctable. Liée par une promesse faite à son défunt mari, Armand, Rose ne peut envisager de quitter la demeure familiale. Déterminée à résister jusqu’à son dernier souffle, elle confie à Amand, son amour disparu, son combat quotidien. De lettres en lettres, elle replonge dans son passé et dévoile peu à peu un secret qu’elle a gardé pendant plus de trente ans.

Un roman mélancolique et épistolaire, qui raconte la détresse d’une femme qui, en plus d’avoir perdu son mari, ne supporte pas le changement de sa ville, rasée sous l’ordre par la préfecture. J’ai été assez déstabilisée par l’histoire familiale de Rose, pleine d’amertume et de conflicts: le rejet de sa fille, par exemple, qu’elle traite avec un mépris presque choquant. Et à l’inverse, son fils Baptiste qu’elle idolâtre ! Seul son amour pour son mari la rachète à mes yeux.

Cependant, le livre reste sympa à lire, avec notamment une réflexion intéressante sur la perte de nos repères et les secrets de famille. Mais j’avoue avoir préféré Le voisin !

Le voisin

Ça faisait un petit moment que ce livre me faisait de l’oeil dans la librairie. C’est donc avec curiosité que je me suis plongée dans cette histoire. Et le bilan est plutôt mi-figue mi-raisin. 

Le-voisin

Points positifs:

L’écriture est sobre et efficace. L’auteur fait monter la tension au fur et à mesure, brouille les pistes. L’évolution du personnage principal est très bien tourné. Le mélange polar/romance, bien dosé. J’ai tout de suite été intriguée par Colombe, une jeune mère de famille qui étouffe dans son image de femme trop sage. Sa vie prend une autre tournure quand elle commence à se faire harceler par son voisin du dessus. Un harcèlement subtil, par petites touches, qui peu à peu , la rend  parano… et la fait sortir de sa coquille ! J’ai adoré sa frustration, son amertume rentrée, sa solitude, son rêve de reconnaissance. « Le voisin » n’est que la goutte d’eau qui fait déborder un vase bien trop plein ! Et qui va faire tomber les masques ! La fin, très intelligente (et avec une touche féministe !), m’a beaucoup plu, même si j’ai trouvé qu’il manquait un truc ! 

Points négatifs:  

Je trouve que certaines scènes gâchent la crédibilité du roman, et que d’autres auraient mérité d’être plus exploitées. Le thème de la jalousie fraternelle, par exemple, n’est qu’à peine effleuré, ce que j’ai trouvé dommage ! La relation très tendue entre Claire et Colombe avait vraiment un gros potentiel ! Le face-à- face des deux soeurs m’a beaucoup déçue ! D’autant plus, qu’il y avait un parallèle intéressant avec les jumeaux de la jeune femme, qui ont cette même opposition,  de physique et de caractère. J’ai, en revanche, bien aimé le personnage du voisin pour son calme apparent, son amour obsessionnel qui ne cache en fait, qu’une profonde tristesse. Quant au mari, je l’ai trouvé tellement cliché qu’il m’horripilait déjà à la première ligne ! J’ai trouvé que la soeur avait plus de consistance ! 

Bref, Le voisin est un livre qui, sans être un chef d’oeuvre, a le mérite de retenir l’attention pour son ton subtil et le parcours psychologique de son héroïne.