Le blues de Noël

Hello à tous… Aujourd’hui, un article un peu plus personnel sur un sujet assez sensible à cette période de l’année ! 

Le revoilà. Le Blues de Noël.

Hein? Quoi? Avoir le blues à cette époque?! Et pourtant… ça me prends de plus en plus souvent chaque année.

Dès le mois de novembre, on nous matraque de pubs, de jouets, de bouffe. J’ai même écrit des chroniques sur ces fameux (télé)films de Noël qui me font sourire en coin au début…

Pourtant, intérieurement, je ressens un sentiment étrange:

Un curieux mélange de colère et de lassitude. Une sensation de mascarade.

Je rêve d’un Noël simple, sans cadeaux, ni lumières aveuglantes. Avec un repas modeste comme par exemple une soupe. Un moment de calme et de recueillement au lieu de cette frénésie insupportable. J’ai envie d’un retour à la simplicité et revendique le droit à la solitude ! Pourquoi « être seul à Noël » serait forcément triste ? 

Car, ce que j’ai surtout, c’est la nostalgie de la messe de minuit. Noël, c’est d’abord la naissance de Jésus à la base ! 

Mais je ne suis pas Le Grinch. Je donne le change pour ne pas « gâcher » la fête. Je le fais surtout pour la famille et les amis. Cette sensation, aussi désagréable soit-elle, finit tout de même par passer avec le nouvel An !

Alors cette année, j’ai une petite pensée pour ceux qui comme moi, ont le « blues de Noël ».  Est-ce-que c’est votre cas?

La mort de la télé

J’avais déjà écrit un coup de gueule sur la pauvreté des programmes. Mais là, ce n’est plus possible. Pas France 4. Pas la chaîne qui m’a fait découvrir le Docteur !!! Et pourtant si. Sa fin est programmée pour 2019 !

Fini le temps où je m’enfilais les épisodes du Docteur le dimanche après-midi ! (De toute façon, ils n’étaient jamais dans le bon ordre ! ) Maintenant, C’est que des programmes pour enfants. Comment je vais pouvoir regarder la Tuerie Cosmique que va être la 11e saison??? L’actrice est magnifiiiiique !!!!

France Ô n’est pas au mieux de sa forme non plus. Mais pour le moment, elle tient le choc: je vais pouvoir continuer à regarder Meurtres au Paradis, le temps que ça dure. Je comprends pourquoi tout le monde se tourne vers Netflix. La télé « classique » meurt à petit feu. Il suffit de regarder les programmes pour être déprimés:

moi quand je lis le programme du soir

-Films vus, revus et re-revus

-Séries policières en surdose (bon OK, j’en regarde deux: Meurtres au Paradis et Nicolas Lefloch)

-Vaine tentatives de téléfilms « inédits » (en général, soit du policier, soit un téléfilm niais, voire, un mix des deux)

-Le retour de Patrick Sébastien et son Cabaret 

-Michel Drucker et son VIP  de vieux

-Des reportages « en immersion » qui descend en flèche ma foi en l’humanité.

Bref, c’est la mort de la télé ! Alors, je file sur youtube et ses web-séries; les dvd de la médiathèque ou je déniche en magasin quelques séries oubliées, comme Farscape, Grimm, ou Babylon 5 ! Heureusement qu’il y a  aussi les livres et le ciné ! Au fond, la télé, je m’en passe fort bien !

La télé est morte. Vive les dvd ! 

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Silence (Benoît Séverac)

Une fois de plus, une jolie découverte des éditions Syros qui aborde un thème cher à mon coeur: la surdité. Ce roman de Benoît Séverac explore le sujet d’une façon originale !

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Rénumé:

Jules revient peu à peu à lui dans la chambre d’hôpital où il est soigné. Il n’entend plus. Les vertiges et les maux de tête qu’il ressent l’empêchent de réaliser tout ce que cela implique. Il se souvient d’avoir avalé deux cachets d’ecstasy coup sur coup pour impressionner une fille. Après, plus rien. Il n’a pas la moindre idée de ce qui lui est arrivé.

Mon avis:

Comme vous le savez, le handicap et la surdité en particulier est un sujet qui me touche beaucoup. Il n’est pas toujours facile de trouver des ouvrages (vrai ou fictif) sur ce thème. Aussi, ce livre est une petite trouvaille!

Jules, un adolescent de 15 ans se réveille dans un lit d’hôpital. Il revient de loin car il a eu un accident. Mais la séquelle est grave: il a perdu l’audition ! Dans le silence qui fera désormais partie de son quotidien, il reconstitue, petit à petit ce qui lui est arrivé. Et ce n’est pas joli joli: il s’est rendu à une fête à l’insu de ses parents. Voulant impressionner sa copine, il commet une grosse, grosse bêtise: il prend de l’extasy… Pris dans son délire, on le retrouve évanoui à côté d’une enseinte. Soigné d’urgence, il sombre dans un coma qui lui fait perdre l’ouie. 

L’histoire raconte comment le jeune homme doit faire face aux conséquences : à ses parents, son handicap, ses amis, mais aussi la police qui enquête sur un trafic de stupéfiant dont il a été victime. Et Jules est terrifié car ses amis sont concernés. Des délinquants leurs tournent autours, menaçant leur vie.

J’ai aimé l’évolution de Jules, qui prend conscience que rien n’est jamais acquis et qui oscille entre doute et colère, peur et tristesse. Il doit prendre de nouvelles habitudes, de nouveaux repères et finit par se rapprocher de sa famille. Il est aussi aidé par le personnel soignant de l’hôpital, notament un certain Damien, un infirmier sensible et pédagogue qui va énormément le soutenir, dans tous les sens du terme ! 

Sa relation avec la police est, elle, beaucoup plus houleuse. Les interrogatoires sont musclés et leur collaboration avec les parents de Jules est assez perturbante. Alliés ou ennemis ? Sans parler de ses amis qui agissent bizarrement. Camille, la fille qu’il voulait impressionner l’ignore totalement et c’est peut-être ce qui lui fait le plus mal.

L’intrigue policière est basique mais reste efficace. Pas de grosse surprise. L’auteur compense cependant avec des dialogues cinglants et des personnages attachants malgré leurs contradictions.

C’est la première fois que je découvre un personnage devenu sourd et non qui est né ainsi. Et c’est une réflexion intelligente et terrifiante. Que feriez-vous si vous perdiez l’audition du jour au lendemain ? 

Un livre étonnant et original, qui change des livres jeunesse habituels. Il y a une suite que j’ai bien l’intention de lire: Le garçon de l’intérieur ! Autant dire qu’il est déjà dans ma PAL !

Les mots qu’on ne me dit pas

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Tout d’abord, je voudrais remercier ma libraire sans qui je n’aurai jamais appris l’existence de ce livre. Je n’avais plus lu de livre concernant les sourds depuis le cri de la mouette. Surtout, je voulais un livre qui ne tombe pas dans le pathos ou le larmoyant concernant le sujet. Et pour ça, « Les mots qu’on ne me dit pas » est une vraie bonne pioche ! Rien que le résumé annonce la couleur:

« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Pas de tabou. Pas de condescendance. Même la famille Bélier paraît soft à côté de ce livre. Ce que j’ai adoré? D’abord, la forme: les phrases sont courtes. Directes. Le dialogue en langues des signes est traduit au sens littéral, ce qui est assez surprenant à lire, la grammaire étant différente du français parlé. L’humour et l’ironie sont très présents et donne une belle bouffée de fraîcheur ! Et comparer ce livre à la Famille Bélier, c’est comme comparer Dieu me déteste à Nos étoiles contraires: alors oui, le thème est le même (ici, des parents sourds ayant une fille entendante) mais l’histoire et surtout le ton donné est radicalement différent ! J’ai adoré la joie de vivre de Véronique, son mordant, mais surtout sa colère face au regard, de pitié ou d’incompréhension de son entourage. Son amour pour sa famille fait vraiment chaud au coeur. L’histoire de la famille de Véronique est également très intéressante, et montre le fossé gigantesque entre les sourds et les entendants. J’ai adoré l’évolution de Véronique, oscillant entre fierté et colère, embarras et admiration pour ses parents. 

Un livre drôle et salutaire, qui change notre regard sur les sourds et nous les montre tels qu’ils sont: des êtres humains, ni plus, ni moins ! À lire absolument !!!

Marie Fugain: « Moi, on ne m’a jamais demandé comment j’allais… »

…pourtant Laurette était ma soeur »

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Ça faisait bien longtemps que je voulais lire ce témoignage, courageux et sensible. Le deuil est en effet souvent abordé pour les parents, pour les enfants, mais beaucoup plus rarement celui des autres: les frères, les soeurs…mais aussi les amis, les cousins… ceux que Marie nomme avec justesse « les oubliés de la douleur ».

Les médias ainsi que son entourage se sont focalisé sur le chagrin de ses parents sans jamais lui donner ne serait-ce qu’un mot d’encouragement. Même sa famille s’est reconstruite « chacun de son coté »: son père par la musique, sa mère par l’association contre la leucémie. Marie se sent abandonnée par les siens. La famille est ravagée, les amis arrivent, tous s’apitoient sur la douleur des parents, sur son petit frère Alexis, si jeune pour un tel drame…. Et Marie, elle n’a pas mal, elle ? Elle, l’aînée, la belle fiancée de vingt-huit ans, la vivante : pas de quoi se plaindre, sans doute… Personne ne lui a demandé comment elle allait, ni ce jour-là, ni après. Comme si elle n’avait pas le droit de souffrir, sous prétexte qu’elle est l’aînée ! Comme si sa douleur était plus supportable parce qu’elle est « grande » ! 

Alors, elle prend sur elle, avance comme elle peut, avec son mari, ses enfants. Par ce livre, elle répare un oubli précieux pour tous ceux qui ont perdu un être cher. Marie a très bien su décrire cette horrible impression d’être transparent aux yeux des autres, enfermé dans une douleur insupportable. Ça, plus le fait que sa soeur est devenue tout un symbole: celui du combat contre la leucémie. L’évolution de Marie à travers ce deuil m’a touchée par sa dignité, sa colère rentrée, mais aussi son humour et sa tendre nostalgie. Ce livre a du être une vraie délivrance à écrire. L’écriture est simple, sans prétention, ni larmoyant. Ce qui ne m’a pas empêchée de pleurer à certains passages !

Un témoignage juste et plein d’émotion, sur un deuil dont on ne parle pas assez !

Un parfum de victoire

Et encore une très sympathique vidéo de mon groupe préféré: SignMark. Un clip génial, plein d’optimisme et d’humour ! J’adore le contraste entre l’entendant (et rapeur) stoïque et l’incroyable vivacité d’expression de l’interprète (vraiment sourd-muet d’où le nom du groupe ! Le clin d’oeil aux journaux télévisé est également très bien trouvé ! Chaque album a son propre dvd, pour créer un pont entre la communauté sourde et entendante par le biais d’un langage universel: la musique ! 

Fais-moi signe !

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Les mots du silence

Étrange langage

Mi-geste, mi-danse

Les mains parlent, crient, chantent

Je découvre une nouvelle « voix »

Celle qui dessine le vent et les anges.

Les mots , c’est quoi?

Tant de gens gaspillent leur voix

À parler pour ne rien dire !

Les mots claquent et on n’entend rien !

Alors, si tu as besoin de moi, fais-moi signe,

Je te répondrai de vive main !  

Poème de moi, écrit il y a quelques années !