Le ver à soie (Robert Galbraith)

Après la bonne surprise qu’a été L’appel du coucou, j’étais curieuse de plonger dans les nouvelles aventures de Comoran Strike et Robin Ellacott !

Résumé:

« Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu. Il venait d’achever son dernier manuscrit – un sulfureux roman à clés qui dresse le portrait au vitriol de son entourage. De quoi inquiéter bon nombre de personnalités en vue… C’est ce que pressent le détective privé, Cormoran Strike, chargé de l’enquête. Qui aurait intérêt à ce que Quine soit réduit au silence ? Lorsque Strike retrouve le cadavre de l’auteur, assassiné selon un rituel particulièrement atroce, il comprend qu’il a affaire à un tueur impitoyable, tel qu’il n’en encore jamais rencontré dans sa carrière. »

Mon avis:

Plus dense et haletant que le premier volet ! J’ai plongé tête la première dans cette nouvelle intrigue ! Et j’ai trouvé que l’on était au final, plus proche d’un thriller que d’un policier ! 

Quel plaisir de retrouver le détective Comoran Strike et sa personnalité si singulière ! Je suis de plus en plus fascinée par ce personnage, à la fois bourru, rebelle et tourmenté.

Comoran reçoit la visite d’une certaine Léonora Quine, dont le mari écrivain a disparu. Un homme à la personnalité provocatrice et insouciante dont le dernier roman, Bombyx Mori risque de mettre fin à sa carrière. Après le show biz, c’est donc  le domaine de l’édition qui est pointé du doigt !

Personnalités parodiée, romans aussi sanglants que pervers, jalousie des autres écrivains… mais aussi la fascination du public pour le morbide foisonnent dans cette nouvelle aventure !

En plus d’une enquête particulièrement compliquée, Comoran doit faire face à des différents avec son assistante, Robin, qui cache décidément bien son jeu derrière sa façade angélique !

Il faut dire que la jeune femme s’implique particulièrement dans le déroulement de l’enquête, quitte à prendre des risques ! Sa personnalité s’affirme de plus en plus et ça me plait beaucoup !

Malheureusement, elle doit aussi faire face à la jalousie de Mathew, son fiancé, qui méprise ouvertement le détective. La situation est d’autant plus délicate qu’elle doit se marier bientôt ! On la sent déçue et troublée mais déterminée à imposer ses choix.

Quant à Strike, ses difficultés liées à son handicap m’ont profondément touchée. Tiraillé entre la douleur physique et la volonté de se débrouiller seul, il peut compter sur le soutien de Robin mais ne demande jamais son aide par fierté. Et Robin le comprend très bien. C’est cette façon dont ils s’épaulent, veillent l’un sur l’autre, que j’admire le plus. Il n’y a pas de séduction entre eux. Juste de l’affection, du soutien et de l’admiration.

Si l’intrigue policière est efficace, avec une pointe de sanglant,  c’est vraiment l’aspect humain et surtout la complexité de la relation Strike/Robin qui m’a passionnée ! 

L’écriture est addctive et j’ai vraiment envie de connaitre l’évolution de ce duo atypique ! Pour le coup, l’adaptation série m’intrigue d’autant plus que je trouve le casting plutôt bien choisi ! Quelqu’un a déjà regardé? 

Prochain volet : La carrière du Mal !

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« Les petits meurtres » de Noël (inédit)

C’est rare que j’ai un coup de coeur pour un épisode de série française mais là, chapeau ! Déjà rien que le teaser où nos trois compères entonnent un chant de Noël est terrible !(surtout Marlène, élue Casserole de cette fin d’année ! )

Blandine BELLAVOIR Samuel LABARTHE Elodie Frenck

Résumé:

« Un père Noël est tué par balle, la nuit, sur un marché. Louison, 6 ans, est témoin du meurtre. La fillette s’est enfuie de l’orphelinat où elle réside avec son frère. Louison est désormais une cible. Tandis que Marlène est aux anges de jouer à la maman, Swan, qui déteste les enfants, doit s’improviser garde du corps. Alice, quant à elle, se fait engager comme institutrice à l’orphelinat où elle a vécu enfant. »

Mon avis

Un mélange fun et élégant de polar rétro et de conte de Noël, très agréable à visionner !  Les dialogues sont mordants et colorés; les personnages tous très attachants, du commissaire grognon à la secrétaire pin-up pas si nunuche que ça .

Mais mon coup de coeur est Alice, la jeune journaliste pleine de peps ! J’adore cette fille ! Elle a du chien et n’a pas la langue dans sa poche ! Dans cet épisode, elle retrouve des souvenirs pénibles en se faisant passer pour une institutrice dans le pensionnat où elle a grandi. Elle y rencontrera une directrice autoritaire, un bourreau d’enfants et un jeune surveillant (un peu trop) charmant. J’ai aimé la façon dont elle dialoguait avec son Moi enfant, tout le long de cet épisode, une jolie façon de découvrir son passé !

Quant à Marlène, la secrétaire fleur bleue, elle est aussi touchante qu’hilarante ! Amoureuse du commissaire Laurence, elle voit se réaliser l’un de ses rêves en passant les fêtes à ses côté…Mais le meurtre d’un Père Noël en plein marché et une petite fille au caractère bien trempé va changer la donne !

J’ai juste adoré Louison et ses petits camarades, qui résistent tant qu’ils peuvent à la tyrannie du pensionnat. Il est aussi question de famille et de secrets douloureux, ce qui donne une touche émouvante, sans pour autant tomber dans la guimauve !

Le commissaire complètement dépassé par cette gamine m’a beaucoup fait rire ! J’aime bien son caractère grincheux et sarcastique. Il aime envoyer des piques bien senties, surtout à Alice, qu’il trouve trop impulsive. 

L’intrigue est sympathique et l’ambiance de fêtes, particulièrement réussie ! J’ai adoré les décors, (tournés à Lille), et les costumes ! 

Et pour une fois qu’on entend un chant de Noël en français, même massacré ! Rien que ça, c’est un agréable changement ! 

Une bien belle surprise ! Pour le coup, je vais donner une chance à cette réadaptation des livres d’Agatha Christie transposés en France.

Le Crime de l’Orient Express (2010)

Plutôt que le dernier film, qui ne m’attire pas du tout, j’ai opté pour l’adaptation série de 2010, avec l’incomparable David Suchet hier soir, sur TMC !

Résumé:

« En mission à Istanbul, Poirot est appelé en urgence à Londres et prend place dans l’Orient Express, anormalement plein en cette période de l’année. Durant le voyage, il est approché par Samuel Ratchett, un riche Américain, qui lui demande sa protection contre une forte somme d’argent. Poirot refuse poliment. Le lendemain, le corps de Ratchett est retrouvé, criblé de douze coups de poignard… »

 

Mon avis:

Préférez cette version à celle de 2017 ! Je l’ai trouvée bien meilleure : plus sombre, intense et même, plus intimiste dans un certain sens.

En effet,  l’histoire se concentre plus sur les personnages et leurs motivations que sur le déroulement du meurtre, connu de tous les lecteurs d‘Agatha Christie

Le casting international est superbe, surtout côté actrices: Jessica Chestain (Crimson Peak), ou encore Barbara Hershey, (Once Upon A Time)  

Côté acteur, on retrouve notamment Hugh Bonneville (Dotown Abbey, Paddington). Mais surtout notre  cher détective qui m’a une fois de plus bluffée dans cet épisode ! 

En effet, avant de monter dans l’Orient-Express et d’enquêter sur ce meurtre sauvage, il a  assisté à un drame terrible à Istanbul qui l’a profondément bouleversé. On voit donc ici un Poirot bien plus sensible et à fleur de peau qu’à l’ordinaire. C’est même la première fois qu’on le voit vraiment perdre son sang froid; on est loin de son calme habituel !

L’ambiance de ce téléfilm est vraiment très réussie: glaciale et glaçante. J’ai été scotchée par cette tension psychologique terrible, un vrai huis-clôt à l’ancienne ! Moins spectaculaire visuellement, mais tellement plus réaliste ! À côté, le film de Kenneth Branagh ressemble à un Walt Disney !

Si l’intrigue ne suit pas complètement le roman, c’est vraiment son approche psychologique, vue par les yeux de Poirot, qui fait toute la force de cet épisode, qui se termine sur une note particulièrement amère ! Cette adaptation est pour moi, la plus aboutie du roman culte d’Agatha Christie !

À voir assurément, que vous ayez lu le livre ou non !

La planète des singes (Pierre Boulle)

Oeuvre majeure de la science-fiction, La Planète des singes de Pierre Boulle a fait l’objet de beaucoup d’adaptations:

Le film de Franklin James Schaffner réalisé en 1968, que je recommande chaudement ! Cette adaptation est, de loin, la plus fidèle au livre ! En plus il s’y trouve dans le casting un certain Charlton Heston, vu dans les mythiques Dix Commandements ou encore le moins connu mais glaçant Soleil Vert !

Tim Burton a aussi tenté sa version en 2001, (sans grand succès d’ailleurs).

Se sera finalement Rupert Wyatt et Matt Reeves, qui donneront un nouveau souffle à cette histoire devenue culte. 

Le dernier volet, Suprématie étant sorti il y a peu, j’ai donc voulu remonter aux origines, donc au LIVRE !

Résumé:

« En l’an 2500, le professeur Antelle, Arthur Levain et Ulysse Mérou quittent la Terre. Ils s’embarquent sur leur vaisseau cosmique, direction la supergéante Bételgeuse. En la survolant, ils ont la surprise de découvrir des villes, des maisons, des forêts… Une planète jumelle de la Terre ? À une différence près : ici, les singes règnent en maîtres et les hommes vivent à l’état sauvage, quand ils ne sont pas en cage. Qu’est-il donc advenu de l’espèce humaine ? »

Mon avis:

Inspiré des travaux de Charles Darwin sur l ‘évolution des espèce, la planète des singes m’a fait me poser plein de questions ! Et je pense que c’est justement la justesse de ces questions qui fait que ce livre continue de fasciner et de traverser les générations !

Comment se passe l’Évolution? Comment un être qui au départ ne répond qu’à son « instinct primitif« , apprend à penser, parler, inventer des choses? Et si, au lieu des humains, c’était arrivé à nos cousins les singes?

Une réflexion aussi intéressante que dérangeante sur notre avenir et notre obstination à tout vouloir savoir et contrôler; tôt ou tard, le retour de bâton arrive. Et la révélation finale en est d’autant plus percutante ! 

Il y a aussi le thème de l’esclavage, l’instinct de survie, et les expériences scientifique (où l’homme a donc le rôle de l’animal). L’effet-miroir est d’autant plus saisissant que certains singes sont persuadés que « l’homme n’a pas d’âme » ! J’ai déjà entendu ça quelques part, pas vous?

Il y a aussi l’amour, car notre héros Ulysse(encore un, tiens !), va avoir les faveurs de deux femmes, l’une humaine…l’autre singe ! Et donc, fatalement, aura un rival ! Ce qui va beaucoup le dérouter !

C’est le genre de livre qui se relit bien différemment quand on connaît la fin ! Et jusqu’à présent, seuls Agatha Christie et Philippe Claudel m’avait fait cet effet-là !

C’est un livre glaçant, fascinant  et assez pessimiste car il pointe du doigt des thèmes encore d’actualité aujourd’hui ! Jusqu’où va aller l’humanité? 

 

 

Vidéo du jour

Magnifique florilège de films et série ! Une vidéo qui mélange la mini-série Alice, Dead Like Me, Doctor Who, Merlin, Fringe, Legend of the Seeker  et même des dramas asiatiques, vous pensez bien que je DEVAIS partager ça !!!

Montage: LonesomMultiAngel 

Musique:« Lullaby » de Nickelback

Coup de coeur: Miss Fisher enquête

Moins médiatisé que Murdoch ou l’Inspecteur Barnaby, Miss Fisher dynamite les séries policières avec son ambiance vintage et son héroïne aussi séductrice qu’indépendante. Cette série australienne est l’adaptation d’une série de romans: Phryne Fisher Historical Mysteries de Kerry Greenwood.

L’histoire se déroule dans les années 1920, en Australie.

Marquée par la disparition de sa jeune sœur et les errements de l’enquête, Phryne Fisher débarque de Londres. Armée de son revolver et d’un solide aplomb, la jeune femme infiltre cabarets et clubs de jazz de Melbourne. C’est une femme fatale qui n’hésite pas à user de ses charmes, tant pour le plaisir que pour arriver à ses fins.

Elle y entraîne à contrecœur l’inspecteur Jack Robinson qui lui permet parfois de se tirer d’un mauvais pas, mais peut également compter sur Dot, sa femme de chambre, ses chauffeurs Albert « Bert » et Cecil « Ces », ainsi que son majordome Butler.

Que dire, à part que j’ai adoré ? Cette série est une jolie immersion dans l’Australie des années 20 et fait la part belle aux décors glamours et les costumes raffinés. Essie Davis, qui incarne Phryne Fisher nous fait un véritable défilé de mode à chaque épisode ! Phryne est une femme forte au passé plus sombre qu’il ne paraît. Sinon, pourquoi ne sort-elle jamais sans son révolver et son couteau à la jarretière ?

J’ai adoré son tempérament, très James Bond, que ce soit pour résoudre des enquêtes ou sa séduction assumée. Elle vit pleinement ses aventures d’un soir, et aime jouer avec les hommes, quitte à se brûler les ailes. Mais c’est une femme qui sait se défendre et qui a appris à ne compter que sur elle-même ! 

Il faut dire qu’entre un père qui semble cacher bien des secrets et une jeune soeur disparue dont le présumé « kidnappeur » est en prison, la jeune femme sait que le monde est loin d’être sûr. Sa relation avec son père est très électrique ! Mais celui-ci a le mérite de tenter de recoller les morceaux, de façon souvent infantile et maladroite, mais l’intention est tout de même là ! Elle en a gardé un certain sens de la justice, surtout envers les femmes et les jeunes filles. Elle a aussi  le chic pour se retrouver dans des situations dangereuse.

Aussi, elle s’improvise détective privé en faisant équipe avec l’inspecteur Jack Robinson, un homme nonchalant et sarcastique qui  paraît sortir d’un film en noir et blanc avec son costume impeccable, son chapeau et son expression neutre, presque froide. Mais bien sur, ce n’est qu’une façade, et tout deux vont développer une romance « vintage » avec des dialogues dignes de classiques ! J’adore ce couple intense, qui a une très belle alchimie à l’écran !

J’aime aussi beaucoup Dot, la domestique de Phryne. C’est une jeune fille pleine de douceur et de sensibilité. L’influence de sa charismatique patronne lui sera des plus bénéfique et l’amènera à faire des choses dont elle ne se serait jamais cru capable.

Toutes les deux ont une jolie amitié et j’aime beaucoup le fait que Phryne ne la traite pas en domestique. Elles se côtoient d’égale à égale et deviendront de très bonnes amies.

Elle tombera sous le charme de Hugh Collins, un jeune brigadier réservé et discret mais qui sait se montrer plein de resources. Il m’a beaucoup fait penser à Crabtree dans « l’inspecteur Murdoch » : quelqu’un de maladroit et très attachant ! Tout deux forment un couple trop cute ! Dot hésitera longtemps à l’aborder, car le jeune homme est protestant et elle catholique. J’ai trouvé cet aspect très intéressant ! Je trouve même qu’il y a un terrain à creuser dans leurs valeurs respectives ! Leur relation est pleine de tendresse et j’aime beaucoup leur timidité à tout les deux !

Il y a aussi la tante de Phryne, la pétulante Prudence Stanley qui me fait beaucoup rire avec ses mimiques, son caractère et sa bouille sympathique. Cuisinière hors pair, c’est une dame qui respecte les conventions et désapprouve la vie légère de Phryne. Toutefois, elle ne tentera jamais de la remettre dans le droit chemin, sachant pertinemment que c’est inutile. Elle incarne un peu « la voix de la raison » de la série.

Mais Miss Fisher, ce n’est pas seulement des enquêtes policières et des histoires d’amour. C’est aussi une histoire familiale compliquée et une touche féministe plus que bienvenue. Ça, ça fait vraiment du bien !

Il y a par exemple, la médecin légiste: le Docteur Elizabeth Macmillan, surnommée « Mac » qui s’habille en homme et préfère les femmes. Comme Phryne, Mac se moque des conventions et dit toujours ce qu’elle pense ! Sa relation avec la détective est très intéressante et dépasse la simple amitié féminine…J’ai hâte d’en savoir plus sur elle !

L’Amitié tient donc une jolie place ! Phryne, Dot, le pragmatique majordome Butler et les deux sympathiques chauffeurs Bert et Ces forment un groupe soudé comme une famille. Viendra s’y ajouter une orpheline, Jane qui ravivera la soif de justice de Phryne, revoyant en la jeune fille Janey sa petite soeur trop tôt disparue. Leur relation est également très touchante !

Mais mon coup de coeur reste l’inspecteur Jack Robinson :

C’est un homme amer que la guerre a profondément marqué. De plus, sa relation ratée avec son ex-femme l’a rendu sur la défensive, surtout avec Phryne dont les moeurs décomplexés l’agacent autant qu’ils le troublent. Il paraît sarcastique et rigide mais peu à peu, on découvre un certain romantisme doublé d’un vrai gentleman. D’ailleurs, la deuxième saison est plus consacrée à sa vie tourmentée, notamment sa relation tendue avec son ex beau-père…

Nathan Page, qui incarne l’inspecteur est très charismatique !  Et, je l’avoue, je suis totalement in love de sa voix ! Sérieux, après avoir regardé quelques épisodes en VO, j’étais… comment dire ? Un peu comme ça :

Les épisodes s’enchaînent bien et sont très agréables à regarder. Les intrigues vont certes  souvent dans la facilité, mais la superbe ambiance vintage et les personnages sympathiques compensent ce détail. 

De nombreux thèmes intéressants sont abordés: la première guerre mondiale, l’immigration, la place des femmes dans le monde du travail, les différences sociales, mais aussi le monde du cirque, les cabarets, la boxe, la course automobile et l’aéro-naval. Chaque épisode nous plonge dans un nouvel univers, je n’ai jamais eu ce sentiment de répétition comme dans d’autres séries policières ! Rien que ça, c’est un plus !

En tout cas, j’espère que cette série repassera en France car elle mérite vraiment le détour ! Je vous laisse avec cette splendide vidéo de fan qui illustre à merveille son ambiance à la fois glamour et extravagante ! La musique est une version longue du générique !