Nord et Sud (Elizabeth Gaskell)

Enfin ! Depuis le temps que je voulais lire ce livre ! Et je ne regrette pas ! Il ne manque plus que la mini-série à voir !

Résumé:

« Dans l’Angleterre victorienne du milieu du XIXe siècle, la jeune et belle Margaret Hale mène une vie confortable auprès de ses parents, dans la paisible et conservatrice région de la Cornouailles. Son père, ministre paroissial, décide un jour de renoncer à l’Eglise et part vivre avec sa famille dans le Nord de l’Angleterre. Margaret se retrouve alors plongée dans le monde industriel, ses duretés et sa brutalité.
Au contact des ouvriers, la conscience sociale de la jeune fille va s’éveiller et la transformer radicalement. »

Mon avis:

J’ai vraiment adoré ce livre au contexte historique très intéressant !

L’héroïne est Margaret Hale, fille d’un pasteur du Sud rural qui quitte l’Église d’Angleterre pour des raisons de conscience. Il emmène sa femme et sa fille au Nord, dans la ville industrielle de Milton dans le Darkshire (le Pays noir), où on lui propose un travail de professeur privé.

C’est une jeune femme belle et cultivée mais dont l’orgueil n’est pas sans rappeler une certaine Elizabeth Bennet ! J’ai cependant aimé son amour de la nature. Son village natal, c’est son paradis. Aussi, elle est d’autant plus bouleversée quand son père décide de s’installer en ville ! Le choc est encore plus violent à leur arrivée.

Margaret découvre l’univers âpre et brutal de la révolution industrielle où patrons et ouvriers s’affrontent dans les premières grèves organisées. Prenant le parti des pauvres dont elle admire le courage et la ténacité, parmi lesquels elle se fait des amis, elle méprise profondément cette classe de nouveaux riches sans éducation que sont les manufacturiers. Parmi eux, John Thornton, le jeune patron de Marlborough Mills et ami de son père. 

John est un homme volontaire, courageux, combattif : Élevé à la dure, il a dû reconstruire lui-même la fortune familiale. Il est d’abord assez renfermé, mais pas taciturne pour autant. Son premier contact avec Miss Hale est froid et hésitant. On sent qu’il n’est pas habitué aux mondanités.

Cependant, il tombe très amoureux de Margaret, tout en étant conscient qu’elle méprise ce qu’il représente. Mais sous sa carapace d’industriel rigide se cache un cœur sensible et attentionné. Il éprouve pour sa mère affection et respect, et pour Mr Hale une profonde amitié réciproque.

Si la relation Thornton/Margaret peut rappeler Orgueil &Préjugés dans leur fierté respectives et leurs apriori sur l’autre, c’est vraiment le contexte social qui m’a plu et se démarque de Jane Austen ! 

Un livre entre Charles Dickens, et Johanna Spyri: J’ai pensé à cette dernière à cause du contraste entre le village idyllique et le milieu industriel pollué. Mais contrairement à Heidi, Margaret finira par aimer sa nouvelle vie citadine.

Un grand et beau classique anglais qui mérite d’être autant connu que Jane Eyre ou Orgueil et Préjugés !

« Sous le charme d’Harriet »

Ça devait arriver ! À force de traîner chez Persie, Milady et In Need of Prince Charming, j’ai cédé à la tentation: j’ai lu ma première romance historique ! 

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Résumé:

« Résignée à rester vieille fille, Harriet Benson travaille pour la célèbre agence Evensong où ses talents d’organisatrice font merveille. Sa patronne la recommande à sir Thomas Featherstone, qui cherche une assistante pour monter une association d’artistes, projet ambitieux que ce mécène visionnaire est bien incapable de gérer seul. Et c’est là que les ennuis commencent… Car sir Thomas tombe fou amoureux de la jeune fille au premier regard et lui propose de devenir sa maîtresse. Harriet y voit l’occasion inespérée d’échapper quelque temps à son quotidien morose. Sauf que les apparences sont parfois trompeuses. »

Mon avis:

Étant plus une lectrice de romances contemporaines de type chick-lit, j’étais curieuse de m’initier à cet autre genre ! Et je l’ai trouvé… rafraîchissant sur plusieurs points: 

  1. Sir Thomas Featherstone est vierge ! Ce qui le pèse et le rend du même coup assez attachant en fait. Parce qu’il est à l’aise en société, son entourage le prend pour un Don Juan. Or il n’en est rien. Sa rencontre avec la belle Harriet va le troubler et lui donner l’envie d’enfin se dévergonder un peu.
  2. Concernant Harriet, c’est une femme de caractère, sensible et…qui sort des critères de beauté de son époque. Elle est brune, pulpeuse et myope comme une taupe ! Quand les « belles femmes » sont frêles, blonde et pâles. Elle complexe beaucoup sur son physique, notamment une vilaine cicatrice sur son ventre. Elle a sa fierté et est loin d’être idiote. Elle est aussi vierge et se considère comme banale. Aussi, elle a du mal à croire que le beau Thomas soit dans le même cas qu’elle !

J’ai aimé l’aspect « initiatique » de la sexualité. Quand, dans beaucoup de comédies romantiques, les deux tourtereaux couchent d’abord ensembles avant de faire connaissance, c’est tout l’inverse ici. Chaque contact a son importance, du simple regard à l’acte en lui-même. 

L’histoire ne casse pas trois pattes à un canard mais reste agréable malgré quelques anachronismes (des préservatifs dans les années 1800 ??? ) .

J’ai regretté que le père de Harriet ne soit pas plus développé cependant. Cet homme amer, qui a perdu ses deux épouses doit faire face à une situation  financière difficile en s’occupant de ses trois enfants. Mais quand Harriet lui propose son l’aide, il refuse catégoriquement. Au point de devenir violent. Au point que même ses deux autres enfants (des jumeaux) s’enfuient de la maison, refusant de travailler à l’usine, alors qu’ils sont si brillants dans leurs études.

Ses frères, quant à eux, sont trop caricaturaux et n’apparaissent pas assez dans le roman pour me faire une opinion. Mais le cadre anglais est très agréable !

Un livre loin d’être parfait, mais facile à lire et sympathique ! Je réessaierai ce genre de romance !