Poésie du jour

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Déguisés en gens ordinaires
Des monstres vivent près de nous
Ni griffes, ni crocs, aucun repère
Pourtant ils sont présents, c’est tout.

Nous pourrions être sans défense
Face à ces brutes sans conscience
Mais ensemble on peut les faire fuir
Il suffit toi, moi, nous, de se soutenir.

Oui, ton corps est beau tel qu’il est
Et tes amours ne regardent que toi
Si vie et mort sont dans nos pensées
Pour les chanter la poésie est là.

Le monstre est fort, il faut le savoir
Il joue sur la peur, isole dans le noir
Mais ensemble on peut le faire fuir
Il suffit toi, moi, nous, de se soutenir.

Aux heures les plus sombres
Quand tu te sens découragée
Que tu pleures dans l’ombre
Que t’en as marre de lutter
Que t’es prête à rendre les armes

Derrière toi jette un coup d’œil
Et aussitôt sèche tes larmes
Car je suis là pour toi, et je veille.

Gayle Forman (Les coeurs fêlés)

Poésie du jour

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Les roses de Saadi

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore

le Samourai

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D’un doigt distrait frôlant la sonore bîva,
À travers les bambous tressés en fine latte,
Elle a vu, par la plage éblouissante et plate,
S’avancer le vainqueur que son amour rêva.

C’est lui. Sabres au flanc, l’éventail haut, il va.
La cordelière rouge et le gland écarlate
Coupent l’armure sombre, et, sur l’épaule, éclate
Le blason de Hizen ou de Tokungawa.

Ce beau guerrier vêtu de lames et de plaques,
Sous le bronze, la soie et les brillantes laques,
Semble un crustacé noir, gigantesque et vermeil.

Il l’a vue. Il sourit dans la barbe du masque,
Et son pas plus hâtif fait reluire au soleil
Les deux antennes d’or qui tremblent à son casque.

José-Maria de Heredia.

Poésie du jour

 

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Le possédé

Le soleil s’est couvert d’une crêpe. Comme lui,
Ô Lune de ma vie ! emmitoufle-toi d’ombre;
Dors ou fume à ton gré; sois muette, sois sombre,
Et plonge tout entière au gouffre de l’Ennui;

Je t’aime ainsi ! Pourtant, si tu veux aujourd’hui,
Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre,
Te pavaner aux lieux que la Folie encombre,
C’est bien ! Charmant poignard, jaillis de ton étui !

Allume ta prunelle à la flamme des lustres !
Allume le désir dans les regards des rustres !
Tout de toi m’est plaisir, morbide ou pétulant;

Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore;
Il n’est pas une fibre en tout mon corps tremblant
Qui ne crie:Ô mon cher Belzébuth, je t’adore !

Charles Beaudelaire (1821-1867)

L’amour et le crâne

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L’amour est assis sur le crâne
De l’humanité,
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,

Souffle gaiement des bulles rondes
Qui montent dans l’air,
Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l’éther.

Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
Crève et crache son âme grêle
Comme un songe d’or.

J’entends le crâne à chaque bulle
Prier et gémir:
-« Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir?

Car ce que ta bouche cruelle
Eparpille en l’air,
Monstre assassin, c’est ma cervelle,
Mon sang et ma chair ! »

Charles Beaudelaire (1821-1867)

Poésie du jour: Pleureuse

 

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Pleureuse, qui convoies obstinément ton mort 
Loin des rives de la lumière, 
Renonce à l’émouvoir au secret du suaire, 
Qu’une paix sans défaut le mène à l’autre bord. 

Laisse-le dériver aux brises inconnues, 
Ne l’importune pas de souvenir glacé, 
Laisse le bon sommeil détruire le passé 
Et le conduire au seuil de neuves avenues 

Que l’eau pure du temps, seule, le vivifie, 
Que pour lui se distille un nombreux devenir 
Puisque tes vaines mains ne surent retenir 
Celui qui s’évada, Pleureuse de ta vie. 

Louisa Paulin ( 1888- 1944) 

Oui, je sais ! Ce n’est pas une poésie des plus réjouissante ! Je l’ai découverte complètement par hasard dans la bibliothèque familiale et ce texte m’a juste « happée » ! J’ai pensé aux fameuses « pleureuses professionnelles » de l’ancien temps, mais aussi à ce sentiment qu’il faut laisser le mort demeurer dans un beau souvenir. Garder le meilleur et laisser « dériver » les mauvais au loin… Je voulais juste partager ce moment de mélancolie avec vous. Voilà. 

Un oiseau s’envole

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Un oiseau s’envole,
II rejette les nues comme un voile inutile,
II n’a jamais craint la lumière,
Enfermé dans son vol
II n’a jamais eu d’ombre.

Coquilles des moissons brisées par le soleil.
Toutes les feuilles dans les bois disent oui,
Elles ne savent dire que oui,
Toute question, toute réponse
Et la rosée coule au fond de ce oui.

Un homme aux yeux légers décrit le ciel d’amour.
Il en rassemble les merveilles
Comme des feuilles dans un bois,
Comme des oiseaux dans leurs ailes
Et des hommes dans le sommeil.

Paul Eluard

Prière indienne

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« À ceux que j’aime…
et ceux qui m’aiment »

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,laissez-moi partir, J’ai tellement de choses à faire et à voir
Ne pleurez pas en pensant à moi, Soyez reconnaissants pour les belles années, Je vous ai donné mon amitié, vous pouvez seulement deviner Le bonheur que vous m’avez apporté .Je vous remercie de l’amour que chacun m’avez démontré, Maintenant, il est temps de voyager seul. Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine.

La confiance vous apportera réconfort et consolation. Nous serons séparés pour quelque temps. Laissez les souvenirs apaiser votre douleur, Je ne suis pas loin, et la vie continue… Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai, Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là, Et si vous écoutez votre coeur, vous éprouverez clairement La douceur de l’amour que j’apporterai. Et quand il sera temps pour vous de partir, Je serai là pour vous accueillir. Absent de mon corps, présent avec Dieu.

N’allez pas sur ma tombe pour pleurer, je ne suis pas là,

je ne dors pas,

Je suis les mille vents qui soufflent,

Je suis le scintillement des cristaux de neige,

Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,

Je suis la douce pluie d’automne,

Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,

Je suis l’étoile qui brille dans la nuit, N’allez pas sur ma tombe pour pleurer, Je ne suis pas là,

Je ne suis pas mort.

 

Séquence nostalgie : Jour de neige

Une fois n’est pas coutume, Notre séquence nostalgie du jour sera musicale ! Enfant, j’ai toujours préféré Elsa à Vanessa Paradis. Et ma chanson préférée entre toutes est incontestablement « Jour de neige ». J’adore ce clip ! Une ambiance nostalgique et une vision poétique de la neige. C’est la chanson que je fredonne quand j’entends les gens râler sur le mauvais temps ! 

Tout doux tout doux
Comme un rêve un peu flou    
Froid dehors et chaud dedans
Descendre en courant l’escalier
Quand tout, même le ciel est blanc
Comme le papier plié
D’un secret
Pressée sans savoir pourquoi
Filer déjà sur mon vélo
La longue écharpe après moi
Le coeœur en plein galop
Jour de neige
Dans un grand pull qui me protège
Première neige
Vertige en moi comme un manège
Jour bien tendre
Comme ce quelqu’un qui vient m’attendre
Au bout du chemin
Tout doux tout doux
Comme un rêve un peu flou
Froid dehors et chaud dedans
Les flocons comme des papillons
Sur mes lèvres et sur mes dents
Une sensation frisson
Et pour ça
Vouloir préserver pareille
La blancheur que rien ne sauv’ra
Après l’retour du soleil
Toujours toujours en moi
Jour de neige
Dans un grand pull qui me protège
Première neige
Vertige en moi comme un manège
Jour bien tendre
Comme ce quelqu’un qui vient m’attendre
Au bout du cheminTout doux tout doux
Comme un rêve un peu flouJour de neige
Dans un grand pull qui me protège
Jour de neige
Au loin disparaît le manège
Première neige
Tourbillon léger qui m’enlève
Jour de neige
Sur mon vélo comme dans un rêve
Jour de neige
Et pourtant j’ai peur d’aucun piège
Jour de neige
Dans un grand pull…