La Page (pas si) Blanche

Et voici très certainement la meilleure BD que j’ai lue dernièrement. Il faut dire que les coauteurs ne sont plus à présenter dans la blogosphère : Boulet (pour le scénario) et Pénélope Bagieu pour les dessins. Une histoire que j’ai trouvée originale, drôle et plus subtile qu’il n’y paraît.

Éloïse Pinson souffre d’amnésie. Une perte de de mémoire qui l’a foudroyée un beau soir, sur un banc public. D’abord paniquée, elle se fait des trips pas possibles, s’imaginant toutes sorte de situations aussi drôles qu’improbables. Et puis démarre la recherche de souvenirs par des objets, des odeurs… Et finit par se confier à sa collègue de travail, Sonia.

A travers une amnésie « de film », (ce genre de perte de mémoire n’existe pas dans la réalité), Boulet et Pénélope nous brossent le portrait attachant et tragi-comique d’une jeune femme pleine de volonté, qui peu à peu, finit par prendre sa vie en main.  Ils posent également un regard assez critique sur notre surconsommation d’objets futiles ou encore, nos relations  trop artificielles entre amis et collègues. La scène de la sortie au pub est très éloquente sur ce sujet. Au final, Éloïse fait un véritable ménage de printemps et ose enfin « se réveiller ». Une  super histoire. Quant au graphisme des dessins, il est très contrasté dans les couleurs, alternant  les tons vifs et sombres, le rose et le vert, le bleu marine et le blanc. Bref, pour une « page blanche », elle est plutôt bien remplie!

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la BD du Mardi

Jusqu’à présent je lisais surtout des romans et des mangas . Mais récemment j’ai découvert Pénélope Bagieu, illustratrice française rendue célèbre grâce à son blog « Ma vie est tout à fait fascinante ».

Elle y croque de petites tranches de vie quotidienne, avec enthousiasme et beaucoup d’humour. J’avais déjà lu avec plaisir les aventures de « Joséphine », la Bridget Jones française aux airs intellos…

Cependant c’est surtout sa BD « Cadavre Exquis » qui m’a franchement épatée.

On est, en effet, bien loin de l’univers léger et drôle de ses précédents ouvrages.

C’est l’histoire de Zoé, une hôtesse d’accueil d’une vingtaine d’années, qui traverse une période plutôt morose . Son boulot la fatigue (dans les deux sens du terme), son mec est flemmard et grognon, et ses collègues lui reprochent de ne pas avoir d’ambition . Les premières pages du livre décrivent à merveille l’ambiance Métro-boulot-dodo et cette impression de vivre en pilotage automatique.

Un soir où elle n’a pas le courage de rentrer chez elle, Zoé rencontre Thomas, un écrivain plus âgé et aussi paumé qu’elle .Commence alors une idylle assez touchante, faite de petites attentions, et de tendresse . Mais cependant, Thomas cache un secret qui lui donne un comportement étrange : il se sort jamais, vit les volets fermés et s’emporte dès que la jeune fille veut le connaître un peu mieux. Ainsi, peu à peu, un malaise s’installe entre eux, surtout lorsque Zoé fait la connaissance d’Agathe, la séduisante éditrice de Thomas…

Je dévoilerai pas davantage l’intrigue de l’histoire. Tout ce que je peux en dire, c’est que l’ambiance mélancolique est très réussie, avec des couleurs subtiles et douces. Et un passage « phlash-back » en noir et blanc magnifique m’a énormément fait penser au film « Persépolis » . J’ai également adoré le personnage dAgathe, qui sous ses airs glamours est en fait aussi frustrée et triste que Zoé . Quant à Thomas, je ne le vois pas vraiment comme un égocentrique, mais plutôt comme une sorte d’autiste : il a toujours vécu dans son monde imaginaire et refuse d’en sortir. La fin du livre m’ a complètement prise de court, mais j’ai adoré ! C’est complètement amoral mais jubilatoire !

Bref une jolie curiosité BD à découvrir .