Les Autodafeurs tome 1: Mon frère est un gardien

Aujourd’hui, place à une lecture jeunesse très sympathique ! Encore merci Chicky Poo d’en avoir parlé sur ton blog ! Je vous présente les Autodafeurs une trilogie de Marine Carteron, dont j’ai dévoré le premier tome: Mon frère est un gardien

Résumé:

« À la mort de leur père, Auguste, un lycéen d’aujourd’hui, et sa petite sœur Césarine, autiste géniale, sont plongés tête la première dans une guerre secrète. Elle oppose depuis des siècles, La Confrérie et Les Autodafeurs. Nos deux héros vont devenir malgré eux les acteurs de ce conflit millénaire. Son enjeu ? Le contrôle du savoir et la main mise sur sa forme la plus ancienne : Les livres… »

Mon avis:

Un roman jeunesse comme je les aime: une histoire originale, des personnages attachants, de l’humour…et des surprises !

La vie d’Auguste Mars bascule le jour où son père disparaît. Déjà peu apprécié dans sa nouvelle école à cause de sa mauvaise réputation, sa vie est loin d’être tranquille à la base. Mais la rentrée scolaire va radicalement tout changer.

Tout d’abord, il fait des rêves bizarres où son père lui parle. Le directeur de son école le harcèle autant que les élèves de sa classe et va même jusqu’à le mettre en thérapie forcée pour lui faire parler de son père disparu. Heureusement, Auguste sait faire la différence entre question de thérapeute et interrogatoire en règle ! Et il se liera avec l’un de ses profs, Marc DeVergi, un motard au grand coeur, qui semble bien connaître sa famille…

Au fil de l’histoire, on apprend que la famille Mars est loin d’être ordinaire ! Et pas seulement à cause de son domaine qui recèle bien des secrets. La famille Mars est une confrérie qui descendrait des Templiers !

J’ai beaucoup aimé l’intrigue, entre secrets de familles, théorie du complot et guerre invisible. Auguste est un jeune homme plein de talent cachés qui se révèle au fur et à mesure. Il sait se battre, a son franc-parler et déteste être mis à l’écart ! Il est aussi très protecteur avec sa petite soeur autiste Césarine.

Ha…Césarine, un sacré personnage ! Petit génie des nombres, elle a aussi une mémoire colossale pour les infimes détails. Elle adore dessiner et a une prédilection pour le violet qu’elle utilise systématiquement pour les yeux de ses personnages. Et elle se définit plus comme « artiste » qu’autiste ! Je l’ai adorée dès la première phrase !

L’intrigue repose sur une rivalité entre deux confréries: la Commanderie, celle des Mars et les mystérieux Autodafeurs ! Un groupe sans scrupules, près à tous les massacres pour obtenir un Livre bien particulier. Livre dont Auguste est désormais le Gardien

L’écriture est fluide, agréable, alternant les points de vue d’Auguste et de Césarine. Leur relation est assez touchante, car même s’ils ont du mal à se comprendre, chacun est là pour l’autre. J’ai hâte d’en savoir plus sur eux et surtout les mystérieux Autodafeurs !

Il y a un début de réflexion sur les secrets du monde et la connaissance. Mais aussi l’esprit critique, qu’il faut garder coûte que coûte, et pour ça, la lecture est primordiale. Elle permet non seulement de transmettre les connaissances mais surtout de ne pas se laisser embobiner ! Pour ça, Auguste et sa soeur sont vraiment géniaux et assez complémentaires, en fait !

Un premier tome prometteur, vif, avec de l’action, de l’humour et une intrigue des mieux ficelée ! Excellente surprise ! Prochain tome: Ma sœur est une artiste de guerre

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Clip du jour

Un peu de fantaisie signée Natoo et son clip « Je sais pas danser » ! Très rigolo !

Et là je bouge mon boule
Je bouge mon boule

Écartez-vous d’la piste
La bombe vient d’arriver
J’commence par m’échauffer

Mais j’crois qu’vous êtes pas prêts
J’ai bossé toutes mes chorés
Sur les clips de Beyoncé
Spotlight sur moi, bouge de là
Baby, shake, shake, aïe !

Je viens de m’vautrer par terre
J’ai l’allure d’un veau
En fait j’sais pas danser
J’ai deux pieds gauches, c’est chaud
Aussi rigide qu’un balai
Quand je danse, c’est trop laid
Regarde ce move, c’est la loose

Baby, twerk, twerk, berk !

Je me fiche des rageux
Seul Chris Marques peut me juger

Je sais pas danser
Je bouge comme un boulet
Et t’as mal aux yeux
Même si je fais d’mon mieux
C’est pas d’ma faute
Si j’ai le style d’un retraité

Une meuf lance une battle
Un cercle s’est formé
J’commence j’fais le robot
Mais il a l’air rouillé
Elle fait shaker son bassin
Puis se déplace sur les mains
Je fais une vague toute pétée
Niveau pédiluve !

J’enchaîne sur une chenille
Mais personne m’a suivie
J’décide de tout donner
La foule est juste choquée
La sécu s’est ramenée
Pour me faire évacuer
C’était si moche qu’ils m’ont crue
En crise d’épilepsie !

Je me fiche des rageux
Seul Chris Marques peut me juger

Je sais pas danser
Je bouge comme un boulet
Et t’as mal aux yeux
Même si je fais d’mon mieux
C’est pas d’ma faute
Si j’ai le style d’un retraité
Twerk, twerk, twerk, twerk

Assise dans ma sueur
Je bois un verre au bar
Soudain le roi d’la piste
Attire mon regard
Aussi à l’aise qu’un garçon
Trop serré dans son caleçon
Il me sourit
J’m’approche de lui
Baby, shake, shake, go !

On sait pas danser
On bouge comme des boulets
Et t’as mal aux yeux
Même si on fait d’notre mieux
C’est pas d’notre faute
On a un style de retraité

Je sais pas danser
Je bouge comme un boulet
Et t’as mal aux yeux
Même si je fais d’mon mieux
C’est pas d’ma faute
Si j’ai le style d’un retraité
Le style d’un retraité

Audrey Hepburn, la vie et moi (Lucy Holliday)

Hello à tous ! Aujourd’hui, je vous présente un sympathique roman contemporain qui mêle romance, famille compliquée et une touche de surnaturel !

Résumé:

« Quand elle touche le fond, Libby Lomax connaît un remède imparable : se rouler en boule dans son canapé pour savourer un de ces films hollywoodiens dont elle est une fan inconditionnelle. Son icône absolue ? L’exquise Audrey Hepburn. Son film préféré ? Diamants sur canapé… De la pure magie…
C’est justement un de ses jours « sans » qu’une chose totalement folle se produit : Audrey Hepburn sort de l’écran ! Une Audrey Hepburn parée de sa petite robe noire, de ses perles et de son fume-cigarette. Venue aider Libby à relancer sa vie en lui prodiguant conseils d’élégance et d’art de vivre. Hallucination ? Bonne fée ?… ou charmante calamité? »

Mon avis:

Lucy Holliday n’a pas volé son nom. Son roman  m’a fait l’effet d’un film de vacances !

La plume pétille comme du champagne, les aventures de Libby sont aussi cocasses que rocambolesques ! Toutefois, je noterai un léger too much en ce qui concerne l’un des perso masculins: Dillon O Hara. S’il y a quelques moments où il peut se montrer d’une certaine maladresse… On se dit alors que « peut-être », il n’est pas si faux jeton…  mais en fait, non ! Il m’a fait beaucoup penser à Daniel Cleaver dans Bridget Jones: séduisant de prime abord mais tellement vantard qu’il en devient détestable !

Non Daniel,ce n’est pas une raison pour t’incruster ! Retourne chez ta maman tu seras gentil !

On ne peut donc pas dire que le côté romance m’ait attirée, rien de bien nouveau de ce côté ! Non, c’est l’aspect familial qui m’a le plus intéressée dans ce livre !

En effet, notre héroïne, Libby Lomax enchaîne les auditions depuis l’âge de neuf ans avec sa mère comme agent ! Une vraie galère car elle n’a souvent que des rôles de figuration, sans parler des costumes ridicules.

Sa mère est un dragon en affaire. Sa soeur est prête à se transformer en Poupée Barbie vivante si ça peut lancer sa carrière. Quant à son père écrivain, il est bien trop plongé dans son monde imaginaire pour daigner s’occuper de sa fille. 

C’est son père, cependant, qui a fait découvrir Audrey Hepburn à Libby ! Ses films lui font office de refuge, de doudou en cas de déprime. Alors, imaginez sa surprise quand elle voit l’icône du glamour sur le vieux canapé miteux qu’elle a (involontairement) hérité lors de son déménagement ! 

Rêve ou réalité ? Toujours est-il qu’Audey est une femme charmante mais un peu maladroite ! Avec elle, Libby prendra conscience qu’elle vaut mieux qu’actrice de figuration. Mais aussi prendra ses distances avec une famille qui ne lui a jamais fait prendre le temps de choisir son avenir. C’est la relation avec son père qui m’a au final le plus touchée dans sa mélancolie. Je n’en dirais pas plus ! 

Il y a aussi le triangle amoureux entre Libby, Ollie et Dillon mais comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas le point fort du livre. Dès le début, il m’a paru juste évident qu’Ollie serait Le Vrai Prince Charming de Libby. Il est mignon, a le coeur sur la main, fait de bon petits plats (avec une prédilection pour le fromage) et est loin de la laisser indifférente ! Toutefois, elle est aussi flattée qu’un aussi bel homme que Dillon la remarque ! Elle hésite donc beaucoup ! Mais j’espérait tout de même qu’elle choisisse Ollie.

La fin a donc d’autant plus été un coup de massue ! J’étais en mode total WTF genre ça:

C’est sans doute pour lancer le deuxième volet où notre Libby va profiter des conseils… de Marilyn Monroe 😉

Ça reste cependant une sympathique comédie romantique, dans la veine de Très Chère Sadie de Sophie Kinsella dans son côté pétillant ! Les références ciné m’ont donné très envie de découvrir Diamants sur canapé et Vacances romaines !

En tout cas, Ça NE PEUX PAS finir comme ça c’est juste pas possible ! Je vais donc m’empresser de lire la suite !

 

Bonjour tristesse (Françoise Sagan)

Et voici le livre parfait pour les vacances ! Ça faisait des années que je voulais découvrir Françoise Sagan et ce livre a illuminé mon été !

Résumé:

« La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare. »

Mon avis:

Une parenthèse estivale subtile et très bien écrite ! 

Cécile, est une lycéenne parisienne qui vient de rater son baccalauréat. Elle passe l’été de ses dix-sept ans dans une belle villa de la Côte d’Azur avec son père Raymond et la maîtresse de ce dernier, Elsa. Cécile et son père qui ont une relation fusionnelle veulent faire du plaisir un programme et du bon temps un mot d’ordre en profitant du soleil, des joies de la baignade et de la lecture, des sorties et des discussions nocturnes.

Ce père âgé de quarante ans, veuf depuis quinze ans, est un homme plutôt riche et attirant qui enchaîne les conquêtes. Cécile et Elsa, jeunes, d’un caractère facile et surtout intéressées par la vie mondaine, s’entendent assez bien. Cécile tente de paraître adulte et apprécie la compagnie d’hommes du même âge que son père. Sa vie amoureuse est sans relief jusqu’à sa rencontre avec Cyril, un étudiant en droit.

L’ambiance change radicalement à l’arrivée d’Anne. Différente des autres conquêtes de Raymond, Anne est une femme stricte et moralisatrice qui apprécie la culture, les bonnes manières et l’intelligence. Dès son arrivée, un combat subtil commence entre les trois femmes pour garder les faveurs de Raymond.

Cécile voue une certaine admiration à Anne, mais en même temps elle ne veut pas perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi qu’une liberté qui lui permet de négliger ses devoirs de vacances et plus généralement ses études, au profit de journées passées à la plage. Car Anne veut refaire toute son éducation, ce que la jeune fille est loin d’apprécier. 

Cette jalousie mal placée va tout gâcher, car sans le savoir, Cécile va provoquer la chute d‘Anne et se rendra compte (trop tard) que cette femme ne voulait que leur bien. Elle devra, avec son père, vivre avec la culpabilité d’avoir détruit un bonheur qui était à leur portée. 

Une superbe lecture, qui m’a fait penser à Expiation, pour sa langueur estivale et ses personnages passionnés.

Séance ciné: « Bécassine ! » de Bruno Podalydès

Après le très joli « Comme un avion », j’étais curieuse de découvrir le nouveau film de Bruno Podalydès ! Et ça faisait un moment que je n’étais pas allée dans les salles obscures ! Là encore, c’est l’affiche poétique du film qui m’a décidée !

Résumé:

« Bécassine naît dans une modeste ferme bretonne, un jour où des bécasses survolent le village. Devenue adulte, sa naïveté d’enfant reste intacte. Elle rêve de rejoindre Paris mais sa rencontre avec Loulotte, petit bébé adopté par la marquise de Grand-Air va bouleverser sa vie. Elle en devient la nourrice et une grande complicité s’installe entre elles. Un souffle joyeux règne dans le château. Mais pour combien de temps ?
Les dettes s’accumulent et l’arrivée d’un marionnettiste grec peu fiable ne va rien arranger.
Mais c’est sans compter sur Bécassine qui va prouver une nouvelle fois qu’elle est la femme de la situation. »

 

Mon avis:

Bruno Podalydès donne un nouveau souffle à la célèbre Bretonne avec ce conte bucolique plein de tendresse.

J’ai juste adoré Bécassine, qui derrière sa candeur, cache un coeur d’or et un optimisme à toute épreuve. Elle grandit dans une famille pauvre qui travaille dur aux champs. Mais sa naïveté mêlée à une maladresse chronique ne va pas jouer en sa faveur ! Qu’à cela ne tienne, Bécassine, n’abandonne pas, malgré ses déconvenues.

Heureusement, son oncle Corentin, un chasseur fantasque et bourru va lui donner toute l’affection que ses parents n’ont pas le temps de lui consacrer. C’est aussi lui qui lui donnera son célèbre costume vert ! Au fil du temps, Bécassine grandit et nourrit des rêves d’ailleurs, de Paris, notamment.

Aussi, une fois adulte, son parapluie rouge et son baluchon sous le bras, elle décide d’aller enfin voir la Capitale. Mais le destin lui fera croiser un couple de bourgeois et leur bébé qui va changer ses aspirations. Engagée comme nourrice, Bécassine fond littéralement pour le nourrisson, et fera la connaissance d’une « famille » aussi déglinguée qu’attachante.

Ce film est beau comme un dessin d’enfant. De prime abord léger, il porte un joli message de bonne humeur et d’optimisme. Émeline Bayard crève l’écran dans le rôle titre ! Cette femme est la révélation de ce film ! Naïve sans être niaise, son interprétation m’a presque fait penser à une sorte de Mary Poppins bretonne avec l’inventivité de Gaston Lagaffe !

Les seconds rôles sont tout aussi réussis, de Vimala Pons, méconnaissable en paysanne crasseuse et jalouse, à la truculente Josiane Balasko qui joue du plumeau avec fermeté et bonhommie.

Il y a aussi la belle Karin Viar, (que j’avais remarquée dans la famille Bélier !) qui incarne la Marquise de Grand Air, une bourgeoise guindée mais dépassée par sa fille adoptive Loulotte, dont les pleurs incessants la stresse plus qu’autre chose. Son romantisme va la faire tomber dans les griffes d’un marionnettiste ambulant, qui en mettant des étoiles plein les yeux… va quasiment dilapider sa fortune! 

Mais telle une petite magicienne, Bécassine va continuer à veiller sur la petite famille, étant très attachée à Loulotte qu’elle a quasiment élevée. Leur relation à toute les deux est juste adorable. Pour une fois, ce n’est pas l’amour d’une mère, mais celle d’une nourrice qui dépasse tout.

Ajouter à cela, un décor champêtre magnifique, avec des scènes d’une belle poésie. Mention spéciale pour un envol de lampions nocturnes qui m’a fait penser à Raiponce…mais en vrai !

Bref, j’ai été agréablement surprise par ce film, qui m’a donné une bouffée d’air frais ! Même si la bande-annonce, peut laisser sceptique, je vous le conseille !

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L’Évangile selon Pilate (Éric-Emmanuel Schmitt)

Je continue ma découverte d’Eric-Emmanuel Schmitt avec cette lecture passionnante !

Résumé:

Première partie : Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l’arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l’amour et le pardon ?
Deuxième partie : Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit. Et avec le doute, l’idée de foi.

Mon avis:

Le procès du Christ en roman, voilà une idée originale ! De sa belle écriture fluide et précise, Monsieur Schmitt nous fait (re)découvrir l’histoire de Jésus à travers deux hommes:

Yéchoua est le fils d’un charpentier, Yosef. Enfant aussi curieux que rêveur, il se met le rabbin sur le dos car non seulement il ose contester la Loi, mais il devient le confesseur des villageois en détresse, volant son rôle.

Loin d’être un « Prophète », Yéchoua (qui deviendra Jésus) est avant tout un homme révolté par la violence de son époque et ses loi absurdes; un peuple dominé plus par la Peur que l’Amour de son prochain. Un éclairage intéressant sur Jésus, en tant qu’homme, qui ici, est une personne rebelle qui refuse le statut-quo, l’hypocrisie et toute forme de violence. J’ai beaucoup aimé cette réécriture plus moderne, qui mets en avant un peuple manipulé par son gouvernement et salue le courage d’un homme qui ose faire changer les mentalités.

Pilate est lui aussi un personnage des plus singuliers:

Bien présent dans les Évangiles, Ponce Pilate est un Préfet Romain connu pour avoir ordonné la crucifixion de Jésus par le vote du peuple. C‘est un homme d’une certaine rudesse, droit et impatient de retourner à Rome, loin du bouillonnant Jérusalem.

Sa femme, Claudia est à la fois son épouse et son conseiller. J’ai beaucoup aimé leur relation, respectueuse mais cachée dans son « égalité ». Un homme qui demande conseil à sa femme est très mal vu ! C’est l’une des belles surprises de ce livre: Les femmes sont fortes et pleine de sagesse.  Mais là, Pilate est face au tour le plus bluffant (et dangereux) qui soit !  Et c’est lui qui endosse le rôle d’un Sherlock Holmes antique, imaginant tous les coups tordus possibles !

Judas était-il vraiment le traître de l’histoire ? Comment un corps torturé, crucifié, peut-il disparaître et revenir bien entier et vivant ? Qui était vraiment Jésus ? Un rêveur ? Un illuminé ? Ou le plus habile mystificateur de tous les temps ? J’ai juste adoré cette tournure « enquête policière », qui donne un coup de fouet après les délires « bibliques » de la première partie du roman !

À travers ce mystère, le scepticisme de notre Sherlock Pilate devient progressivement de la Foi, non pas en un Dieu cruel mais en un Homme qui a souffert pour ouvrir les yeux d’un peuple et l’inciter à rejeter un système qui l’emprisonne. Ainsi qu’un bel exemple de l’arme la plus pacifique, ancienne et efficace qui soit: la Rumeur !

C’est un livre qui interroge sur la personne « historique » de Jésus et du fondement même d’une religion. J’ai terminé ma lecture avec une autre vision du Christ, non en tant que Fils de Dieu mais en tant qu’homme révolté, moins lisse que ce que j’en ai appris au catéchisme !

Un livre passionnant, plus philosophique et politique que religieux, qui pose bien des questions. À découvrir !

Note: Sur le même thème mais dans un tout autre registre, j’ai prévu de lire « Jésus m’aime » du tordant David Safier !

DVD du week-end: « La légende du Roi Arthur » (spectacle musical)

Je continue ma découverte des légendes arthuriennes avec cette fois-ci l’adaptation en comédie musicale de Giuliano Peparani et Dove Attia  !

Résumé pris sur le site:

Aux temps anciens, le Roi de Bretagne Uther Pendragon, régnait sur un royaume prospère et paisible qui couvrait alors la Grande-Bretagne actuelle et la pointe de Bretagne française. Mais un jour, ce roi fut pris d’une passion soudaine pour l’épouse d’un de ses barons.

Merlin, le druide, son illustre conseiller, tenta de l’en détourner. Mais le roi insista tant que Merlin dût céder à sa volonté et l’aida par magie à posséder la femme qu’il désirait plus que tout au monde. En échange, Merlin exigea que le fruit de cette union lui soit confié, et neuf mois plus tard naquit un garçon nommé Arthur. Merlin confia l’enfant à un homme sage, preux chevalier, afin qu’il puisse grandir au sein d’une famille et recevoir une éducation digne et rigoureuse.

Peu de temps après, Le roi Uther fut blessé au combat. Mais avant de mourir, il planta son épée dans le roc et la nomma « Excalibur » l’épée des rois. Il jura que seul son successeur serait capable de l’en extraire. Depuis ce jour, personne ne put tirer l’épée du roc et le Royaume de Bretagne, sans roi, fut déchiré par les guerres fratricides et les attaques des Saxons aux frontières.

Mon avis:

Ça faisait un moment que ce spectacle m’intriguait ! Et ma foi, j’ai plutôt bien aimé ! Il y a un joli mélange de modernité et de celtico-médiéval !

L’histoire mêle amour, guerre, territoire, magie tout en distillant une certaine amertume chez nos héros. 

Déjà, le roi Uther Pendragon, qui aimera passionnément la Duchesse de Cornouailles au point de concevoir un enfant avec elle..par magie grâce à Merlin ! Pour protéger celui qui sera le futur Roi Arthur, il le fera adopter par un chevalier.

Sa destinée se dessine lorsqu’il sortira Excalibur, une mystérieuse épée d’un rocher, faisant de lui le nouveau Roi de Bretagne. Avec le mage Merlin pour guide, il est éduqué à sa nouvelle fonction. Mais dans l’ombre, une sorcière veille… Morgane !

La demi-soeur d’Arthur est en effet particulièrement vile dans cette version !! Dès le début, elle joue double jeu, feignant la fraternité avec Arthur pour mieux le piéger.

Arthur y est un homme enthousiaste mais trop vite emporté par un Destin aussi grandiose que lourd. Son coup de foudre pour la belle Guenièvre provoquera la colère de Merlin, l’avertissant de sa chute prochaine. Le Mage est en effet persuadé que la jeune femme causera sa perte et celle du royaume…

Le casting est assez plaisant, même Zaho, surprenante en Morgane ! J’étais sceptique mais ça lui va bien en fait ! Son costume m’a fait penser à Régina Mills, la méchante Reine de Once Upon A time ! C’est une femme cupide, jalouse mais surtout traumatisée par un drame familial dont Arthur est l’incarnation. 

En comparaison, Camille Lou, incarne une Guenièvre aussi lumineuse que Morgane est sombre. Une idée bien vue, étant donné que Guinevere (le nom anglais) est issu du Galois Gwenhyfar, qui signifie « Le Fantôme Blanc » ou « La Dame Blanche«  selon les traductions ! Son costume est magnifique, de loin mon préféré ! 

Elle dégage beaucoup de douceur et j’ai bien aimé son évolution. Si son amour pour Arthur est pur et loyal, sa passion pour Lancelot va la prendre totalement par surprise ! Prise entre deux feux, elle tentera de résister jusqu’au bout, et Morgane profitera de son trouble pour accomplir sa vengeance. 

Lancelot, enfin, est le Preux Chevalier dans toute sa splendeur ! Tiraillé entre son amour interdit pour la Reine et son amitié pour le Roi, il devra comme sa bien-aimée résister à la tentation et pour cela, ira jusqu’à renoncer à son rêve de chevalier! Mais une fois encore, Morgane va changer la donne avec l’aide d’un complice, le Prince Méléagant, un noble qui refuse de reconnaître Arthur pour Roi à cause de son statut de « bâtard »… Lancelot est incarné par le jeune Charlie Boisseau, absolument charmant et parfait pour le rôle ! 

Outre le mythique triangle amoureux Lancelot/Arthur/Guenièvre, il y a une réflexion très intéressante sur le conflit entre les sentiments et le devoir, la trahison, mais aussi le viol, (c’est ainsi qu’Arthur a été conçu quant même !) , la guerre  et le fait de payer les fautes de nos aînés. En ça, j’ai trouvé cette adaptation assez moderne ! Ça et le fait que Merlin lui même s’est avéré plus sombre que je ne le pensais ! 

Ajouter à cela, des jeux de lumière somptueux, de magnifiques costumes et des chorégraphies  aussi gracieuses qu’efficaces, et ça donne un cocktail très réussi !

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup apprécié ce spectacle sans temps morts où les femmes sont au final plus fortes que les hommes dans leur détermination !