La Claque livresque: « Décomposée »

Hello à tous ! Ça faisait une éternité que je n’avais pas lu de poésie et c’est le livre « Décomposée » de Clémentine Beauvais qui m’a intriguée par son titre. Et bien quelle Claque !

009043388

Toi, le poète qui passe
avec ta muse sous le bras (…)
écoute ma musique,
tandis que je me décompose.

Ainsi commence un voyage unique en son genre. Prenant pour base la célèbre Charogne de Charles Baudelaire, Clémentine Beauvais nous fait imaginer la vie de cette dernière sous le nom de Grâce. D’abord couturière, Grâce deviendra avorteuse clandestine, puis « réparatrice »: elle soigne les femmes victimes de violences physiques et gynécologiques.

Au fil de ce roman en rimes, je me suis sentie emportée comme dans un torent, estomaquée par la puissance des mots. Que de thèmes abordés en si peu de pages ! La prostitution, l’avortement, les conditions d’hygiène déplorables. Mais aussi la prise de parole, le soin, le réconfort, l’écoute, la révolte. C’est cependant un autre thème particulièrement peu abordé qui m’a marquée dans ce livre: l’inceste dans la fratrie. C’est un véritable playdoyer contre la violence sous toutes ses formes envers les femmes.

e39639af937ee22215c277bf018a4901

Nous faisons ensuite la connaissance Jeanne Duval, la muse de Charles Baudelaire, avec qui va se nouer un dialogue en miroir avec Grâce: la vivante et la morte, l’anonyme et la muse. Jeanne est au final très mystérieuse. Surnommée « La Vénus Noire », elle a été malmenée et érotisée par beaucoup d’hommes, notamment les biographes. Ici, Jeanne reprend sa dimension humaine dans une époque où elle n’a pas droit à la parole. Peu à peu, un lien intime se dessine entre les deux femmes sans s’être jamais parlé.

La forme de l’écriture est très intéressante à lire ! Les vers sont en décalage de rythme, et le ton change au fil de la décomposition de Grâce. Je pense que c’est un livre que je relirai, car je suis sûre d’avoir loupé d’autres subtilités.

Un livre à part, féministe violent et fascinant. Si vous aimez le gothique, les ruelles sombres et les envolées lyriques, c’est LE livre de votre automne

Même les arbres s’en souviennent

 S’il y a un genre de lecture que je vois moins sur les blogs, c’est bien la littérature de terroir. J’aime bien ce genre littéraire qui nous plonge dans le passé de nos campagnes et de nos aïeux.  Et pour ça, rien de tel qu’un Christian Signol !

40fdddb679852b62b3b31344748b245d

Lassé de la vie urbaine, Lucas, trente ans, rend régulièrement visite à Emilien, son arrière-grand-père, qui s’est retiré dans un petit appartement proche du hameau où il a grandi. Lucas est très attaché à la maison de famille qui le rappelle à ses origines car il sait que c’est là que s’est joué le destin des siens. Un jour, il décide de restaurer les vieux murs qui résonnent encore de l’histoire familiale et, pour mieux s’en imprégner, demande à son arrière-grand-père d’écrire le récit de sa vie.

Comme toujours avec Signol, beaucoup de tendresse et de nostalgie. Ici, Emilien, le narrateur, écrit ses mémoires pour son arrière-petit fils Lucas. L’histoire raconte la vie de nos paysans, consacrée à la terre et ses bienfait. Une famille simple et travailleuse, 2 guerres mondiales, les hauts et les bas de la vie…

Grâce à ces mémoires, Lucas apprend ses racines, les comprend et les intègre. Il partage avec Emilien un amour maternel de sa terre et le désir de la préserver. Ce que j’aime avec Signol, c’est qu’il ne tombe pas dans le piège du Passé idyllique. Tout n’était pas mieux avant. Il y a le dur labeur de la terre, les horreurs de la guerre, le travail pour aider la famille dès le plus jeune âge. Lucas comprend de ce fait la chance d’être instruit, la solidarité dans l’épreuve, la force et la pudeur de ses aînés. Il fait aussi le triste constat d’une campagne de plus en plus désertée, de familles éclatées, éparpillées autour du monde. Qu’en est-il de nos racines ?

Ce récit à deux voix nous dépeint une France de plus en plus transformée; par les Guerres d’abord. Puis la technologie provoque une révolution sans précédent. Le changement de mentalité qui s’opère par la mécanisation agricole est particulièrement saisissant. Les paysans gagnent en effet autonomie, en confort… mais perdent aussi, peu à peu, une certaine solidarité dans leur travail. Les nouvelles générations ne reprennent plus systématiquement le domaine familial. Une chose impensable encore pour nos grand-parents. Il y a enfin les nouvelles technologies telles que la télévision, le téléphone et la radio qui a permis une ouverture sur le monde…et en contre-partie la fin des veillées où les anciens racontaient leurs histoires…

L’écriture est limpide, facile d’accès. Poétique sans être alambiquée. Je pouvais visualiser chaque scène dans ma tête et ça, c’est le grand point fort de Signol. Il peut m’embarquer dans son récit peu importe le sujet abordé. J’ai refermé ce livre avec tendresse et reconnaissance envers mes aînés. 

Une belle lecture pour les premiers frimas, à savourer au coin du feu !

Nature,lecture et poésie…

18ebfcd309fa56ba1f2cacd8c085d02c

L’automne et sa fraîcheur se profile enfin. C’est avec un plaisir enfantin que je retrouve son ambiance singulière. Entre premiers frimas et nature flamboyante de couleurs, je déambule et je flâne. Je regarde les gens courir partout et je me sens en décalage, comme en hibernation. Au milieu de cette fourmilière humaine, j’ose la lenteur. Et c’est comme en apesanteur que je suis tombée sur ce livre: « La petite robe noire et autre textes » de Françoise Sagan

Je connaissais le célèbre Bonjour Tristesse, ainsi que Les merveilleux nuages . Mais celui-ci m’était totalement étranger ! J’ai donc plongé  direct dedans avec curiosité. Et quel moment agréable et surprenant !

ecec674e294ae96193c9bae1d45c7cde

Je m’étais attendue à un recueil de nouvelles. Mais non, c’est plus un patchwork d’article de presse. Ce fut une expérience assez déroutante, mais pas désagréable. En fait, j’ai eu l’impression de côtoyer Françoise Sagan, de la voir avec sa bouille de garçon manqué, son piquant et sa mélancolie. C’était une rebelle, une passionnée qui écrivait comme elle respirait ! Elle aimait Rimbaud, Proust, la musique classique, la vitesse et la vie nocturne. Elle avait une indéniable « patte », un univers bien à elle. Je l’ai trouvée fascinante, pleine de répondant et en même temps une nonchalance un peu blasée, qui m’a émue. Ce livre m’a même plus touchée qu’une biographie, parce que Françoise brûlait à chaque page, chaque mot, chaque tranche de vie, fictive ou réelle. 

J‘ai particulièrement aimé la façon dont elle dépeint les contemporains de son époque, notamment Catherine Deneuve, Isabelle Adjani et surtout Brigitte Bardot, pour laquelle j’ai pu lire une certaine admiration pour son dédain des paillettes. Cette femme savait lire entre les lignes, voir au-delà des articles et des rumeurs. J’ai terminé ce livre dans un état étrange, avec l’impression d’avoir fait un saut dans le temps. Fascinée avec l’envie de la lire encore !

2477009642_0c6ee90b41_o

J’ai du coup très envie de lire ses autres livres comme « Aimez-vous Brams », « Un orage immobile » ou encore son oeuvre théâtrale ! Je suis également curieuse de la Biopic de Sagan avec l’incroyable Sylvie Testud dans le rôle titre ! La ressemblance est bluffante ! 

En tout cas, c’est de loin la lecture la plus déroutante, étrange et fascinante de ce début d’Octobre. À lire au chaud chez soi, en mode cocooning !

La promesse de l’océan (Françoise Bourdin)

Hello à tous ! Désolée pour cette pause de blog mais j’ai de gros problème avec wordpress côté police et je pense de plus en plus à changer de plateforme ! Je vais tenter un dernier jet en vous parlant de ma dernière lecture en date: « La promesse de l’océan » de Françoise Bourdin.

_71wm8GpxcTJafOkxstRhAJa4ZKiYA1-yLUzZLDgbHPsutaZ-s2PYw-cover-large

Trentenaire belle et dynamique, Mahé est patron pêcheur à Erquy, dans la magnifique baie de Saint-Brieuc. Elle ne vit que pour son travail, ses bateaux et ses marins et a mis de côté son existence personnelle après la tragique disparition en mer de son fiancé.
Armelle, son amie et confidente, fait tout pour l’encourager à profiter de la vie et à y reprendre goût. En vain. Certaines blessures sont si difficiles à refermer. Cependant, la chance pourrait enfin lui sourire…

Mon avis:

Le résumé est au final assez trompeur ! Si vous vous attendez à une romance doudou au bord de la mer, vous risquez d’être déçus ! J’ai plus pensé à une sorte de « romance de terroir ». En effet, plus que les relations humaines, c’est l’amour de la mer qui prédomine le récit ! Françoise Bourdin rend un vibrant hommage à ces hommes qui risquent leur vie pour un salaire de misère. La Bretagne est décrite de façon brute, loin des cartes postales habituelles.

Mahé ne vit que pour la mer, et ce, dans tous les sens du terme. C’est une femme de fort caractère qui a reprit l’affaire familiale en tant que patronne pêcheuse . Elle est aussi profondément blessée par la perte de son fiancé Yvon. Un deuil d’autant plus difficile que le fiancé n’était pas des plus reluisant ! Plus que la mort, c’est le mensonge et la trahison de celui-ci qui ont refroidi Mahé.

J’ai beaucoup aimé sa personnalité ! Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds mais n’est pas pour autant dénuée de compassion. Il n’en est pas de même pour son père, qui devient de plus en plus irascible, depuis un récent AVC. Il ne supporte pas de se voir diminué et c’était poignant à lire ! Si la communication entre eux est des plus houleuse, Mahé refuse catégoriquement d’abandonner sa seule famille et celui qui lui a appris son métier. L’amour est présent ,mais  malheureusement muselé par de nombreux non-dits.

J’ai aussi bien aimé Armelle, la meilleure amie de Mahé. On ne peut faire plus opposé: féminine et pétillante, Armelle aime la vie et rêve toujours du prince charmant malgré ses déceptions. Consciente de ses atouts, elle n’hésite pas à en user lorsqu’un homme lui plaît.  Elle a jeté son dévolu sur Jean-Marie, l’un des employés de Mahé. Or celui-ci est amoureux de sa patronne depuis des années ! Heureusement, l’autrice n’est pas tombée dans le cliché du triangle amoureux ! Leur amitié reste solide et ça fait du bien ! Armelle va devoir sortir la grosse artillerie pour dérider Jean-Marie qui est au final un homme maladroit et attendrissant derrière son caractère d’ours.

De son côté, Mahé va tomber sous le charme d’Alan, le séduisant  dentiste du village ! Et là, c’est la partie qui m’a le plus intéressée !

En effet, Alan fait un peu extraterrestre au milieu de tous ces marins rugueux et mutiques. Il est élégant, cultivé, préfère l’équitation en forêt plutôt que les virées en bateau. Plus que le personnage, c’est de sa maison dont je suis tombée amoureuse ! Qui n’aimerait pas vivre dans une grande maison en foret avec un chat et un cheval ? En plus, ses relations familiales sont bien plus équilibrée que Mahé !

Enfin, trois personnes vont semer la zizanie dans ce feuilleton digne d’un téléfilm sur TF1: Rowena, qui voue une haine farouche envers Mahé, et qui veut la faire souffrir de toute les façons possible. Mélanie, l’ex-femme d’Alan, une petite profiteuse qui a la folie des grandeurs ! Et au milieu de tout ça, un petit garçon dont on se demande bien ce qu’il fout là !

L’écriture est assez facile d’accès. Pas de fioritures ni trémolos. On pourrait même reprocher un trop gand réalisme dans les descriptions, notament le jargon maritime. Mais si comme moi, la niaiserie des romance a tendance à vous écoeurer, c’est au contraire un agréable changement. Qui plus est, la nature occupe une place assez spéciale, une sorte de pause salutaire. J’ai beaucoup aimé l’ambiance bretonne très réussie, tant dans les paysages que sa population, qui tient à garder son identité intacte.

Une lecture agréable et plus surprenante que je l’imaginais !

Le mystère Sherlock (J.M. Erre)

Hello à tous! Ça fait un bon mois que je n’ai pas écrit et je m’en excuse. Je vais essayer d’être plus régulière … si wordpress m’en laisse la possibilité ! En effet, leur nouveau format est très compliqué et il m’est devenu impossible de mettre des liens youtube ! Je vais donc m’en tenir avec une chronique littéraire ! Et j’ai opté pour le sympathique « Mystère Sherlock » de J.M. Erre !

M02283025621-source

Résumé:

Meiringen, Suisse.  Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street, coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche, et découvrent un véritable tombeau. Alignés dans une chambre froide reposent les cadavres de dix univeritaires qui participaient à un colloque sur  Sherlock Holmes. Le meilleur d’entre eux devait être nommé titulaire de la toute première chaire « d’holmésologie » de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer…

Mon avis:

Ça faisait des années que j’hésitais à lire ce bouquin ! En effet, j’ai tendance à me méfier des « best sellers » ! Mais là, je dois dire: « well done, Mr Erre » ! Cependant, il serait malvenu d’y voir un simple « pastiche » de Sherlock Holmes ! Non, on est plus dans la fascination du public face au personnage ! 

En effet, les victimes de l’histoire sont des fans obsessionnels du célèbre détective. Au point de vouloir en faire une spécialité à la Sorbonne ! Avec un humour féroce, l’auteur nous enmène dans leur grand délire « holmésien » jusqu’à ce que le jeu tourne au vinaigre! Le tout, dans un décor pittoresque à milles lieux du Londres victorien !

Je n’ai pas trop envie de vous dire l’intrigue pour vous laisser la surprise. Mais ce que je peux en dire, c’est que l’écriture est absolument délectable, entre l’absurde et le caustique. Les dialogues comme les descriptions sont à mourir de rire ! On sent que J.M Erre s’est éclaté comme un gamin dans son histoire ! C’est un livre avec beaucoup de rythme, à la fois fantaisiste et intelligent dans son cheminement.

Chaque personnage parodie à merveille tous les clichés du roman policier: que ce soit le fils à papa, le beau gosse arrogant, la sainte nitouche et j’en passe ! Et c’est vraiment jubilatoire à lire ! C’est frais sans la niaiserie, délirant sans trop tomber dans l’invraisemblable.

En bref, ce livre est un classique du roman feel-good, que vous soyez team Sherlock ou non ! J’ai passé un très bon moment avec ce roman et je suis curieuse d’en lire d’autres ! N’hésitez pas à me mettre des suggestions !

 

Tu comprendras quand tu seras plus grande

Ça faisait un temps que je voulais découvrir Virginie Grimaldi ! Et c’est grâce à Kim, l’experte en romance/lectures doudou, que j’ai fini par craquer. J’ai choisi « Tu comprendras quand tu seras plus grande » ! Et sans surprise, j’ai adoré !

59d5add56e7e6efd857cf58b989388d7

Résumé:

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu’elle ne déborde pas d’affection pour les personnes âgées. Dire qu’elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…
Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.

Mon avis:

C’est le genre de roman que j’affectionne:  « léger » en apparence.

Le personnage principal, Julia, traverse une vraie tempête émotionnelle et affective. Que ce soit avec sa famille ou son petit ami. À la fois nerveuse, triste et paumée, elle accepte une offre d’emploi bien particulière: psy pour personnes âgées. Elle en sera transformée.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance très particulière de l’endroit Pas le temps de s’ennuyer à la maison de retraite Les Tamaris ! Quelle belle sélection de tranche de vies !

Julia y rencontre Marine et Greg, des collègues aussi drôles qu’attachants, avec qui elle a aura un vrai soutien, en plus d’une jolie amitié.

Et du soutien, elle en aura besoin ! Car elle fort à faire avec des retraités, qui lui en font voir de toutes les couleurs ! Chacun vieillit différemment : entre la maladie, la perte de repère, les relations familiales compliquées, l’agressivité, volontaire ou non. Mais aussi l’amour, la nostalgie, la peur de la mort, de l’oubli ou de la solitude. En ce sens, ce livre nous donne une belle réflexion sur le sujet ! Mais pas que !

L’évolution de Julia m’a beaucoup parlé. Elle affronte ses démons avec courage, elle s’investit, est remarquablement à l’écoute de ses « patients ». Elle se prend aussi des claques, des désillusions, des déceptions. Mais le soutien sans faille de ses collègues lui donne du punch et elle prend de plus en plus confiance en elle. Ce qui lui sera bien utile dans sa relation avec les retraités.

En effet, si certains résidents ont le contact plus ou moins facile, d’autres sont carrément imbuvables ! Ce qui est loin d’être facile à gérer, même pour une psy ! Très interressant de lire une « thérapie » vue du côté soignant !

Mais le plus fort, c’est que les petits vieux sont tous intéressants et attachants, même dans leur (pires)défauts. Gustave et ses blagues beaufs, Miss Mamie et ses potins, Louise et son grand coeur, Léon et sa mythomanie agressive. Et oui, tous les vieux monsieur ne sont pas forcément gentils ! En fait, ce livre fait vraiment prendre conscience du manque de communication entre les gens…quel que soit l’âge ! 

Enfin, j’ai adoré les quatre romances du roman ! L’une entre collègues, Marine et Greg, qui m’ont fait beaucoup rire. Une autre entre deux résidents, Gustave et Louise, toute en tendresse et romantisme. Il y a aussi Pierre et Elisabeth, un couple tellement fusionnel que c’est la panique à la moindre séparation ! Et enfin Julia, fera la connaissance de Raphaël, un homme pudique à l’humour enfantin, qui lui donnera la légèreté qui lui manquait dans une relation de couple. 

L’écriture est dynamique, facile à lire. Il y a un joli mélange d’humour, de simplicité et un côté cocooning très agréable ! Mais je l’avoue, le twist final a été à la limite du mélo ! Même si j’ai aimé l’idée !

Jai adoré l’ambiance, les dialogues vrais et la jolie réflexion sur tout ce qui fait la saveur de la vie. 

Une lecture fraîche, pétillante qui fait du bien !

La dixième Prophétie

Hello à tous ! En attendant la suite de la vengeance des mères qui clot la saga des Mille Femmes blanches, je vous ai chroniqué une autre suite, celle de la prophétie des Andes !

71lJj64oTCL

Résumé:

Avec La dixième prophétie, notre héros se trouve de nouveau entraîné dans une passionnante aventure. Charlène a disparu dans un parc naturel aux États-Unis, où des scientifiques mènent – en toute illégalité – d’inquiétantes expériences. Préoccupé, James décide de partir à sa recherche. Cette poursuite donne lieu à quatre rencontres qui l’aident à pousser encore plus loin sa quête spirituelle.

Mon avis:

Même si ma lecture du premier tome m’a laissée sceptique, je tiens à lire la saga complète ! Et j’ai bien fait de persister ! Car si la forme me déroute toujours autant, j’aime beaucoup les thème principaux de ce deuxième tome: notre évolution spirituelle et l’avenir de la planète ! Rien que ça !

Nous retrouvons James aux États Unis où il recherche son amie Charlène. Leur relation m’intrigue beaucoup ! Il y a une complicité singulière entre eux ! Charlène a un côté un peu tête brûlée qui inquiète et fascine à la fois James ! Et puis, il y a le mystérieux Will ! Je n’arrive toujours pas à le cerner et c’est assez frustrant par moment !

Ce livre nous montre comment notre histoire, non seulement familiale mais de tous nos ancêtres depuis le début des temps nous ont façonnés. Mais l’humanité a de gros problèmes de communication et ça vire en lutte de pouvoir. James, notre héro en a bien conscience. En plein éveil spirituel, il comprend que le changement doit d’abord se faire individuellement.

Mais que faire quand la planète est en danger ? Quand des personnes haut placées rasent des forêts millénaires et restent aveugles sur les conséquences ? Le Manuscrit que James cherche explique comment élever suffisamment notre Énergie (ou taux vibratoire) pour grandir et trouver sa mission de vie. Chose qui terrorise les gouvernement qui se verraient perdre leur toute puissance ! Un thème d’actualité !

L’aspect psycho-ésotérique est toujours aussi passionnant ! Comment sortir de nos anciens schémas? Écouter, communiquer avec l’autre sans le vampiriser?  Non contents de nous attaquer les uns les autres, nous appauvrissons notre environnement sans avoir compris que notre propre planète est vivante ! Il y a un vrai et beau cheminement sur ce sujet !

L’écriture de la partie « roman » du livre est cependant moins redondante que dans le premier tome ! Ouf ! 

J’ai bien aimé le côté « initiation » de l’histoire :l’utilisation de la première personne permet une vraie identification aux thème abordés ! Il est, en fait, surtout question de communication : entre humains mais aussi avec les animaux, les plantes… toute la Terre en fait !

Un livre intriguant, qui donne de l’espoir dans les rapports humains. Encore un tome à lire : Le secret de Shambala !

« Riquet à la houppe » d’Amélie Nothomb

Amélie Nothomb m’a toujours fascinée. Comme Bernard Werber, elle a su créer sa propre atmosphère littéraire. J’ai toujours trouvé qu’elle dégageait quelque chose d’énigmatique, presque dérangeant. J’avais d’abord tenté de lire « Le voyage d’hiver »…que je n’ai absolument pas compris. Mais comme ma fascination pour cette autrice est toujours présente, j’ai voulu lire sa version du célèbre conte « Riquet à la Houppe ».

Résumé

L’exceptionnelle intelligence de Déodat n’avait d’égale que son extrême laideur. Trémière était incroyablement belle, mais on la disait simple d’esprit. Le destin les fit se rencontrer… 

Mon avis:

On ne compte plus les contes revisités ! Et j’étais vraiment curieuse de lire cette remodernisation du célèbre Riquet à la houppe de Perrault ! Et quelle belle surprise ! Nothomb a gardé le message d’origine : La beauté n’existe qu’à travers le regard de l’être aimé.

En fait, il n’est pas juste question de beauté où de laideur, pas plus que de bêtise ou d’intelligence. Mais de l’impact des « extrêmes » sur la société.

Déodat est un garçon d’une extrême intelligence. Très tôt il prend conscience de sa différence et du poids de son physique atypique. Sur ses parents d’abord. Puis sur « les autres ». Mais plutôt que de maudire le destin, Déodat se détourne de ses camarades et se prend de passion pour les oiseaux. Ce que j’ai adoré, c’est que son intelligence est plus émotionnelle qu’intellectuelle. Il n’y a ni rancoeur, ni arrogance chez lui. Sa passion pour les oiseaux lui sauve la vie en fait ! Car non seulement, ça lui évite de tomber dans le désir de vengeance, mais elle lui ouvre les portes de son avenir. Il découvre une autre forme de Beauté.

Trémière est d’une beauté diaphane et délicate. Mais à l’inverse de Déodat, elle est « lente ». Lente à marcher, à parler, à se faire comprendre. À l’école, c’est l’enfer pour la petite fille. Entre l’incompréhension des professeurs pour un niveau aussi faible et les jalousies des ses camarades pour sa trop grande beauté, elle a préféré se « fermer ». Ce qui n’a pas joué en sa faveur. Comme elle ne dit jamais rien, son entourage l’a qualifiée de « bête ». 

On peut dire que l’éducation n’est pas vraiment à l’honneur dans cette histoire ! La scolarité de nos deux héros m’a rappelé mon propre parcours ! Moi non plus, on ne savait pas dans quelle « case » me mettre. Et entre le mépris de la bêtise de Trémière et du « pourquoi, il ne va pas plus loin dans ses études » pour Déodat, j’ai eu autant de compassion pour l’un que pour l’autre !

Nothomb fait un portrait au vitriol d’une société d’artifice, avide de scandales.  La beauté comme la laideur sont prétexte aux pires inepties des médias. Et au milieu de ça, nos deux tourtereaux, qui n’en ont rien à foutre ! J’ai adoré !

La plume d’Amélie est très singulière. Belle dans sa précision, sa fausse limpidité. Elle assène ça et là des petites vérités bien senties. Elle invite à chercher le caractère, plutôt que l’apparence. Ce qui est la plus grande qualité de nos héros !

Le format du livre est très court, presque une nouvelle ! Je n’ai été rebutée à aucun moment dans ma lecture, qui s’est achevée rapidement !

Une jolie surprise ! Pour le coup, je suis curieuse de sa version de « Barbe- Bleue » quelqu’un l’a lu ? 

Le Grand Mystère des règles

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à une chronique qui m’a été difficile d’écrire tant le sujet est délicat. Mais comme pour le choeur des femmes, il était plus que temps que je le lise !

couv53690959

Résumé:

Un livre sur les règles ? Mais pourquoi ?
Parce que les règles sont toujours enveloppées d’un voile de répulsion et de rejet.
Parce qu’on ignore encore beaucoup trop de choses au sujet des menstruations, ne serait-ce que d’un point de vue purement biologique.
Parce qu’on ne connaît pas assez les problèmes de santé qui y sont liés et que de nombreuses personnes souffrent parfois en silence, sans savoir que ce n’est pas normal et qu’il existe des solutions.
Parce qu’une majorité d’enfants et d’adolescents, à qui on n’a jamais vraiment expliqué ce qu’il se passait, grandissent dans la peur et le dégoût de leurs corps.
Parce que les publicités et notre environnement social nous incitent quotidiennement à les cacher.
Parce qu’il faut surtout « ne pas en parler ».
Il est grand temps que ce tabou rejoigne le clan des reliques et qu’on arrête de culpabiliser, de complexer et de se cacher à tout prix qu’on possède un utérus ou non.
C’est tout l’objet de ce livre.

Mon avis:

Édifiant ! Je suis vraiment contente d’avoir un livre aussi utile dans ma bibliothèque ! Ce n’est pas juste un énième guide pratique sur le fonctionnement des menstruations. Taous Merakchi, connue sous le pseudonyme de Jack Parker nous offre un nouvel éclairage sur le sujet.

Certes, il y a l’aspect pratique/biologique : un résumé du cycle menstruel, les protections utilisées avec avantages et inconvénients ect… La précision des infos et des risques sont limpides et très bien documentées !

Mais il y a aussi l’aspect psycho-somatique. Comment réellement, les règles agissent sur le corps (crampes, maux de tête, fatigue…) et notre mental.  À travers son témoignage et celui d’autres femmes, l’autrice fait un constat amer: on dit tout et n’importe quoi sur les menstruations… et ça ne date pas d’hier !

C’est une chose de lire les discussions maladroites de jeunes filles qui essaient tant bien que mal de comprendre ce qui leur arrivent. C’en est une autre de lire les réponses qu’elle reçoivent ! Mais, il y a pire.

J’ai été effarée par les interprétations dégradantes des menstruations au cours de l’Histoire, les coutumes de certaines cultures et même dans mon propre pays ! Vous saviez que dans certaines familles, une jeune fille ayant ses premières règles était giflée???! Soit disant pour conjurer le mauvais sort et célébrer l’âge adulte. Su-per !

L’aspect historique de cet ouvrage a été très éprouvant à lire pour moi. J’en ai eu les larmes aux yeux. Il est vrai que j’ai la chance d’être dans un pays où beaucoup de solutions existent contre les douleurs, et autres désagréments. Mais dans d’autres pays moins développés c’est un autre son de cloche !

L’isolation des femmes durant leur règles en Inde et au Tibet m’a particulièrement révoltée et émue. Mais heureusement, les mentalités changent et de plus en plus de femmes…et d’hommes ! commencent enfin à se défaire de leurs aprioris issus de « traditions » qui font plus de mal que de bien. Dans certaines cultures, les premières règles sont même célébrées…. Mais attention, il faut faire des enfants aussi ! Sinon, c’est du gâchis ! Bref, ce livre est une succession de douche écossaise !

Et les témoignages de femmes dans tout ça ? Çe n’est pas évident de voir son corps changer. Les menstruations sont vécues de façon différente en fonction du moment où elles arrivent à la puberté. Certaines jeunes filles sont menstruées dès l’âge de 9 ans. D’autres beaucoup plus tard…ce qui entraînent malheureusement pour certaines un sentiment d’être « anormale ». J’ai connue des copines au collège comme ça. Mais le plus triste, c’est que malgré toutes les infos dont nous disposons aujourd’hui sur le sujet, beaucoup de jeunes filles grandissent encore dans la honte (voire le dégoût) de leur corps. 

Il y a aussi le dégoût des hommes sur le sujet ! Là aussi, on en voit de toute les couleurs ! Mais heureusement, là aussi un changement positif s’opère tout doucement !

Jack Parker nous offre une véritable bible, pleine de bienveillance et d’humour. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai ri, j’ai pleuré aussi. Un grand merci pour cet ouvrage d’utilité publique… qui devrait aussi être lu par des hommes !

Les lendemains (Mélissa Da Costa)

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à une lecture juste parfaite pour le printemps ! Au menu: du drame, du bucolique, de la pudeur et beaucoup de bienveillance !

623a1dba1f6c38946d3672fc57d1b902

Amande ne pensait pas que l’on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s’attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s’ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d’avenir.

Mon avis:

Quelle belle lecture ! Mélissa Da Costa m’a complètement conquise avec cette histoire ! D’une plume douce et bienveillante, elle nous plonge dans la vie d’Amande, ou plutôt de sa renaissance !

En effet, la jeune femme est dévastée par un deuil absolument terrible. Et c’est justement le coeur même du sujet de ce livre: chacun(e) panse ses plaies à sa façon…et SURTOUT à son rythme ! Certains ont besoin d’être entourés; le bruit, le monde qui continue de tourner les aide à ne pas sombrer. Pour Amande, c’est juste insupportable ! Elle a besoin de calme, de temps et de solitude. Elle fuit son entourage et se met « au vert » dans une maison paumée en Auvergne

J’ai adoré le côté « saisonnier » de la renaissance d’Amande. Au début de l’histoire, bien que ce soit en été, le coeur de la jeune femme est en mode « hiver »: engourdi par la douleur, elle est comme en hibernation, ne supportant aucun contact, pas même celui du soleil. Puis, vient une première graine d’espoir, qui prend la forme de vieux calendriers horticoles de l’ancienne propriétaire. Intriguée, Amande commence à « germer » en lisant les conseils de jardinages, de bricolage et autres recettes de cuisine. Puis, vient un premier contact inattendu avec un chat errant…

Et ainsi de suite. Peu à peu, le coeur d’Amande refleurit avec un arrosage progressif de plaisirs simples. Un papillon, un rayon de soleil, la première salade qui pousse, le vent dans les arbres ou la beauté d’une nuit de pleine lune. J’ai beaucoup aimé son émerveillement face à la nature. Une vraie découverte pour la fille des villes !

Mais l’entourage d’Amande n’est pas en reste ! Sa famille est toute aussi dévastée ! Comment réagir quand votre belle-soeur, amie, votre fille ne vous donne plus de nouvelles? Comment trouver les mots juste quand vous-même avez le coeur en miettes? La relation mère/fille est particulièrement bien exploitée dans ce contexte ! Il y a aussi la famille de coeur. Ceux qui, dont la simple présence apaise et permet d’avancer.

Enfin, il y a les « nouvelles pousses «  d’amitié, qui permettront à Amande de vraiment refleurir. La pétillante Julie et son enthousiasme. Mika, l’ado plein de répartie, Lola et ses couronnes de fleurs. Mais ce que j’ai vraiment adoré, c’est la présence des absents dans le coeur de nos héros. Parce que la Résiliance, ce n’est pas oublier. C’est garder les souvenirs heureux comme un cadeau précieux.

Un livre plein de douceur et de bienveillance, à découvrir !