Le goût des pépins de pommes (Katharina Hagena)

Hello à tous ! Aujourd’hui, une chronique littéraire pleine de douceur et de nostalgie avec cette nouvelle lecture !

Résumé:

« A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. C’est finalement Iris qui hérite de la maison. Si elle est d’abord tentée de la revendre, elle décide finalement, assaillie par les souvenirs, de la conserver. Chaque pièce qu’elle redécouvre lui raconte l’histoire de la famille, sur trois générations de femmes, aussi singulières les unes que les autres : pourquoi Tante Inga est-elle électrique ? Depuis quand Tante Harriett se teint-elle les cheveux au henné ? Comment est morte Rosemarie ? »

Mon avis:

Une belle plongée nostalgique dans un passé tantôt, lumineux, tantôt plus sombre. J’ai adoré cette histoire familiale qui renait peu à peu de la maison elle-même plutôt que que la narratrice !

Iris est une bibliothécaire compétente mais qui a perdu le gout de lire. À la mort de sa grand-mère, elle hérite de la grande maison familiale, encore pleine de secrets et de vieilles robes… Mais aussi des non-dits sur trois générations, qu’elle découvrira au fur et à mesure.

Il émane de ce livre un joli mélange de mélancolie, de douceur et paradoxalement de joie de vivre ! La mémoire a une place importante: que nous laissent nos familles et nos proches sinon des souvenirs? 

Dans le cas de Bertha, la grand-mère d’Iris, c’est d’autant plus dramatique que sa mémoire l’a fui au fil de ses derniers jours… Ayant connue ma propre grand-mère dans cet état, ces passages m’ont particulièrement touchée. Où vont les souvenirs quand ils quittent une personne? 

Il y a aussi Rosemarie, la voisine d’Iris, morte à 19 ans dans des circonstances troubles: suicide? Accident? Le choc de cette mort a eu un impact terrible et obscurci la mémoire des habitants autant que de la maison.

Car la demeure elle-même est un personnage à part entière. Ce livre aurait pu s’appeler « la mémoire des murs » car j’ai eu l’impression que la demeure avait littéralement « absorbé » l’histoire de cette famille ! Et c’est à la fois beau, troublant et fascinant !

Enfin, le cadre bucolique est superbement décrit ! Les fleurs, le verger, les fruits, le soleil qui réchauffe les coeurs blessés… L’autrice a su rendre l’atmosphère à la fois tendre et nostalgique, sans jamais tomber dans le larmoyant ou le mortifère !

Un livre tendre, bucolique et féminin, qui cache une belle profondeur derrière son histoire à priori banale ! À lire avec une pomme à portée de main !

Publicités

Le temps est assassin (Michel Bussi)

Après la belle découverte des Nymphéas Noirs, j’étais curieuse de découvrir d’autres livres de Michel Bussi ! Je ne lis pas assez de policier/thriller !

Résumé:

« Été 1989. La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Sur cette route de corniche, au-dessus d’un ravin de vingt mètres, une voiture roule trop vite et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère n’ont pas eu la même chance.
Été 2016. Clotilde revient pour la première fois sur les lieux du drame, accompagnée de son mari et de sa fille adolescente. Elle veut profiter de ces vacances pour exorciser le passé. C’est au camping dans lequel elle a vécu son dernier été avec ses parents que l’attend une lettre… de sa mère. Vivante ? »

Mon avis:

Michel Bussi m’a beaucoup surprise et d’une très bonne manière ! 

Tout commence par un drame qui frappe la famille Idrissi: durant les vacances, leur voiture, en plein virage, bascule dans le vide ne laissant pour survivante que la cadette : Clotilde.

Marquée à vie, elle retourne sur les lieux du drame, 27 ans plus tard avec sa propre famille. Mais à trop vouloir remuer le passé, la jeune femme néglige son mari et sa fille adolescente. Ça, plus le fait qu’elle est devenue une légende locale, la « survivante » autant admirée que méprisée.

J’ai beaucoup aimé l’écriture qui nous montre deux facettes de Clothilde: l’ado rebelle de 1989 et l’adulte bornée de 2016.

Le roman alterne entre le journal intime de la jeune fille et les événements de son « retour » en Corse 27 ans plus tard. Une bonne idée qui donne du rythme au récit !

Je dois avouer que j’ai plus accrochée à l’ado qu’à l’adulte ! La jeune Clothilde est en pleine période gothique depuis qu’elle a découvert le film Beetlejuice ! Elle préfère écrire plutôt que se lier aux autres et la presqu’île de la Revellata est son petit paradis qu’elle aime plus que tout !

La femme elle, est plus amère, voulant à tout prix donner un sens à la tragédie qui l’a frappée. Car elle est persuadée d’avoir « loupé un truc », un infime détail qui expliquerait tout. Mais à trop chercher la petite bête, prisonnière de ses souvenirs, elle se heurte à l’incompréhension et la colère de Franck, son mari, et l’inquiétude blasée de Valentine, sa fille, qui veulent juste profiter des vacances ! 

Car, insidieusement, la personne « qui sait ce qui s’est passé » va en profiter pour accomplir une vengeance aussi cruelle qu’injustifiée. Tout ça, à cause d’un événement qui date de bien avant l’accident ! Je n’en dirai pas plus ! 

Car la Révélation finale m’a vraiment horrifiée ! C’est un thème assez grave, qui donne une toute autre lumière à « l’accident ». Que sait-on de sa famille ? Pas grand chose, au final !

En contraste avec cette histoire tortueuse et sombre, le cadre corse est magnifique ! Comme dans son précédent roman, Bussi met un point d’honneur à soigner son décor et son ambiance ! L’écriture est très agréable à lire !

Enfin, le livre se termine sur une note d’espoir en nous donnant un joli aperçu de la prochaine génération de cette famille peu ordinaire !

Un très bon cru, qui se lit plus à la plage qu’au coin du feu !

 

Les témoin de la mariée

Hello à tous ! Aujourd’hui encore une jolie lecture avec ce court roman de Didier van Cauwelaert !

Résumé:

Nous étions ses meilleurs amis : il nous avait demandé d’être ses témoins. Cinq jours avant le mariage, il meurt dans un accident de voiture.
Ce matin, à l’aéroport, nous attendons sa fiancée. Elle arrive de Shanghai, elle n’est au courant de rien et nous, tout ce que nous savons d’elle, c’est son prénom et le numéro de son vol.
Comment lui dire la vérité ? Nous nous apprêtions à briser son rêve ; c’est elle qui, en moins de vingt-quatre heures, va bouleverser nos vies.
Mais cette jeune Chinoise est-elle la femme idéale ou bien la pire des manipulatrices?

Mon avis:

Je n’avais plus lu de Cauwelaert depuis son journal intime d’un arbre  qui m’avait beaucoup plu ! Les Témoins de la mariée est très différent mais tout aussi réussi !

Après la mort de leur ami Marc, quatre personnes se retrouvent totalement perdues car elles doivent annoncer la nouvelle à sa fiancée chinoise…dont ils ignoraient l’existence. D’un commun accord, ils décident de ne rien lui dire. En tout cas, pas tout de suite. Mais rien ne va se passer comme prévu. Car c’est cette étrangère, qui, subtilement, va les remettre d’aplomb.

Entre amitié, jalousies, mensonge et famille éclatée, Cauwelaert brosse un joli portrait contemporain où se mêle beauté orientale, amours contrariés et fascination artistique. Mais surtout persiste cette Amitié indefectible envers Marc, qui va au delà des mots, des cultures et de la mort. 

L’écriture est pleine d’humour et de pudeur, alternant les point de vue des 4 amis qui donnent chacun leur vision du défunt. Mais c’est la fin qui m’a le plus émue. Je l’ai trouvée originale et très positive. C’est un nouveau départ plutôt qu’un point final.

Une histoire tragi-comique et émouvante, qui aborde le deuil de façon subtile. À découvrir !

 

 

Les Yeux (Slimane Baptiste Berhoun)

Attention, cet article est celui d’une French Nerd en mode « fangirl hystérique » ! Je connaissais Slim Berhoun en tant qu’acteur et réalisateur. Je le découvre en tant qu’écrivain. J’ai d’ailleurs très envie de lire La Meute, (le préquel du Visiteur du Futur !) chez la même édition !

Résumé:

Tout en haut du Plateau, le vent pouvait rendre fou.
On avait choisi d’y construire un asile. L’Orme : une grande bâtisse lugubre, battue par les vents et la neige. Même les bombardements de 44 n’avaient pu en venir à bout. À croire qu’il échappait à toute influence humaine. Et des morts étranges, violentes, il y en avait toujours eu et il y en aurait encore, là-haut.

D’ordinaire, personne ne venait s’en mêler. Ni la gendarmerie du Village, ni les réducteurs de tête de Paris. Si on avait écouté les fous enfermés derrière les murs de l’Orme, on y aurait peut-être vu l’oeuvre d’un monstre. Mais les fous, ça ne s’écoute pas, ça se traite. À l’abri des regards. L’arrivée de Lucie Klein, disciple du professeur Lacan, pourrait pourtant délier les langues… Si on lui en laisse le temps…

Mon avis:

Je lis peu de thrillers. J’ai toujours peur de faire des cauchemars quand j’en lis ! Mais il y a tout de même quelques exceptions ! Est-ce que ce livre vaut le coup?

Les Yeux vont donc rejoindre Conan Lord et Phenomen dans ma bibliothèque ! J’ai bien fait d’écouter ma curiosité, parce que j’ai vraiment bien aimé !

Tout d’abord, le décor: L’Orme est un asile psychiatrique isolé en pleine campagne berrichonne de l’après Guerre. Un bâtiment lugubre qui paraît sortir d’un film d’horreur avec ses portes qui grincent, le vent qui a la réputation de rendre fou et ses pensionnaires, tous plus étranges les uns que les autres. Mais voilà, un meurtre terrible a été commis: Étienne, un petit garçon de 10 ans, a été tué de manière effroyable !

C’est là qu’une jeune étudiante, Lucie Klein, débarque pour l’étude d’une patiente. Mais évidemment, il n’y a pas que ça en compte ! Avec l’aide de Gaulthier, le gentil pharmacien de l’Orme, elle mène une enquête aussi périlleuse que délicate !

Elle découvre que certains patients ont la particularité de ne jamais regarder dans les yeux, comme s’ils étaient constamment observés ! Et tous, parlent d’une Ombre malveillante, un monstre caché qui les hante la nuit…

J’ai adoré Lucie ! C’est une jeune femme à la fois naïve et cérébrale, intelligente et maladroite, qui cache un secret aussi lourd que douloureux. De prime abord, on la trouverait plutôt froide. Mais au fil de l’histoire, elle se révèle courageuse et même très combative ! Elle a sa part sombre aussi, (mais pour savoir pourquoi, faut lire le livre 😉 )

Gaulthier, lui, est plus dans la maladresse, et même d’un certain « romantisme », (Ha-Heum !). Il est tout de suite attiré par cette jeune femme, et pas seulement parce que c’est une jolie minette de 20 ans ! Tout, chez elle, le déroute et le fascine: sa mémoire surdéveloppée, son incompréhension des métaphores et du second degré… Son culot, aussi ! Tous les deux forment un duo très sympathique ! 

Les autres pensionnaires sont tout aussi attachants dans leur folie. Ça va du vieil homme qui se prend pour sa femme décédée à la dame atteinte de prosopagnosie: l’incapacité à reconnaître les visages ! Nous faisons aussi la connaissance d’un autre petit garçon, Léopold, qui parle à une personne imaginaire et reste isolé… Et encore d’autres personnes que je n’ai pas cité ! En tout cas, l’ambiance de l’Orme est à la fois bizarre, glauque, mais aussi comique ! Comme le patient qui mange littéralement importe quoi, même les plumes de son oreiller !

L’intrigue est très bien ficelée et le suspense, intenable ! J’ai sursauté à plusieurs reprises ! Qui est fou ? Qui est innocent ? Qui est victime ? Qui est bourreau ? La tension monte juste ce qu’il faut et je dois dire que j’ai adoré ça !

L’écriture est nerveuse et grinçante, avec de petites touches gore, mais ça, ce n’est que le début ! Le mélange Thriller/fantastique est très original ! J’avais l’impression de lire un mix de Stephen King et de Serge Brussolo ! Slim prend un plaisir évident à mener en bateau son lecteur ! Ce mec est sadique !

Quant à la fin… Wouah ! Je n’ai rien vu venir ! Bon, à ma décharge, je suis absolument nulle en enquête ! Mais là, chapeau ! Je suis restée un peu déroutée mais il y a du bon à se poser des questions même à la fin du livre !

Bref, si vous aimez les thrillers efficaces et les ambiance à la Frankenstein ou Nobody Owens, un conseil: jetez-y un oeil ! Ou mieux, les yeux… (Oui, j’ai un humour de merde !) 

Note: j’ai écouté l’album de la chanteuse québécoise  Jorane durant ma lecture ! Pourquoi ? Parce qu’il s’appelle Vent Fou ! Et que l’ambiance correspond bien à l’Orme avec son violoncelle flippant !

 

 

 

« La maison des frères Conan » de Daniel Cario

Et voici un livre qui m’attendait bien sagement ! J’ai toujours aimé la littérature de terroir qui me fait découvrir à la fois différentes régions mais aussi des contextes historiques riches et des métiers oubliés… Alors quand en plus, l’un des personnages possède un handicap, je me suis jetée dessus !

Résumé:

« Louis-Marie et Céleste Conan ont grandi dans la forêt de Camors, en Bretagne, avec leur père sabotier. Anaïs, la mère, « épuisée de vivre comme des bêtes » dans leur hutte humide et bouleversée par la naissance de son cadet trisomique, a fui. On ne l’a plus jamais revue. Ne plus être à la marge, différent des autres… Depuis l’enfance, Louis-Marie a à coeur de concrétiser son rêve : construire sa maison. Une vraie, en pierre, avec un toit. Le jeune homme est tout à son oeuvre, à son immense chantier. Alors que son frère Céleste, adolescent à la face de lune et à la force colossale, perçoit autour d’eux les dangers d’un monde troublé, en pleine Occupation. »

Mon avis:

Une belle fresque familiale au coeur de la Bretagne

Tout commence avec drame familial: Simon Conan, sabotier de son état est à la fois impatient et angoissé pour sa femme, en plein « travail ».  Mais voilà, leur deuxième enfant naît trisomique. Et pour la mère, Anaïs, c’est une punition. Elle était persuadée d’avoir une fille et voulait l’appeler Célestine. Finalement, ce sera Céleste.

La vie suit son cours et plus les années passent et plus Anais dépérit. Et commet l’impensable: elle abandonne sa famille et surtout cet enfant « différent » qu’elle n’a jamais accepté.  Les Conan vont devoir continuer à vivre sans elle. Heureusement, le fils aîné, Louis-Marie, ne laissera personne faire du mal à son frère !

J’ai beaucoup aimé le cadre rural rude et la tendresse bourrue des personnages ! La nature a une place mystérieuse qui m’a fait penser à Jean Giono !

Entre les superstitions, les suspicions politiques et les jalousies, nos deux frères vont devoir se battre pour réaliser leur rêve: construire leur propre maison en pierre. 

Il y a le rejet de certaines personnes du village, mais aussi le soutien d’autres, en l’occurence leur institutrice, qui accueillera les deux garçons à bras ouverts. J’ai été agréablement surprise par cette femme forte, qui se bat pour l’égalité de l’enseignement ! Il y a aussi l’intolérable cruauté des enfants entre eux, qui sans le savoir, reproduisent le même schéma que leur parents. 

J’ai été émue par la Dignité Exemplaire des Conan, que ce soit le père ou les frères. Louis-Marie prend littéralement Céleste sous son aile, devenant le nouveau pilier de la famille. Car Simon vieillit, et veut que son fils ait une meilleure vie que la sienne. Louis-Marie et Céleste iront donc à l’école, mais garderont toujours l’espoir de réussir à construire leur maison. Ils se feront une amie, Madeleine, qui les soutiendra jusqu’à l’impensable. Je n’irai pas plus loin sinon je vais finir par vous spolier la fin ! Mais ce que je peux en dire c’est que cette famille m’aura fait vivre un beau voyage, dans une Bretagne méconnue, plus du côté forêt que du côté mer !

Tout ça pour dire que j’ai beaucoup aimé cette belle fresque familiale, riche en histoire et en personnages touchants. 

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

La femme mystère (Amanda Quick)

En attendant la suite des Autodafeurs, je me fais une petite pause romance avec le tome 2 des Ladys de Lantern Strreet, dont j’avais apprécié la première aventure !

35581681

Résumé:

« Béatrice Lockwood est médium, formée aux techniques paranormales par son mentor, le Dr Fleming. Lorsque celui-ci est assassiné, elle se rend vite compte qu’elle est épiée par un certain Joshua Gage, un étrange personnage au charme ténébreux, qui est sur la piste d’un maître-chanteur en rapport avec le meurtrier de Fleming. Afin de lui tendre un piège, il réquisitionne les talents particuliers de Béatrice. Leur enquête va les entraîner dans une aventure terrifiante, mais le danger attise les passions et, bientôt, l’alchimie brûlante qui les relie n’a rien de surnaturel. »

Mon avis:

Après Evangeline Ames, voici Béatrice Lockwood une autre agent spéciale de la compagnie Flint & Marsh. J’aime beaucoup cette agence, dont les « dames de compagnie » sont en fait des espionnes qui possèdent des « dons » particuliers.

Béatrice a commencé à gagner sa vie en se faisant passer pour une voyante. Ses dons para-normaux, sont cependant bien réels: Elle peut lire les empreintes des gens. Non pas leur taille ou leur poids mais leurs énergie psychique, qui bouillonne lorsque les intentions sont mauvaises !

Tout commence par l’assassinat de Roland Flemming, un médium qui a pris Béatrice sous son aile. Témoin du meurtre, elle est contrainte de fuir son assassin et se retrouve engagée par l’agence Flint& Marsh, qui s’est spécialisée dans le paranormal. Mais voilà que son passé la rattrape.

Sauvant in extremis sa cliente sur le point d’être enlevée, elle fait la connaissance d’un bien étrange individu, se faisant appeler Le Messager.

Joshua Gage est un ancien agent secret qui oeuvrait au service le la Couronne. Mais un tragique accident l’a rendu infirme (il boite). Il arbore une longue cicatrice au visage qui le rend très inquiétant. D’un tempérament posé, il a un passé trouble et un certain « don », mais qu’il refuse de reconnaître. Car comme tout détective, il est cartésien et ne croit qu’à la Logique. 

Au départ, il convoite Béatrice pour un sombre projet. Mais il se rend compte au fur et à mesure qu’elle est trop droite pour être une meurtrière, ni même un escroc. En fait, elle utilisait vraiment ses dons lors de ses séances. Son charme certain n’est aussi pas étranger à sa décision. Il décide donc de l’engager pour retrouver le coupable de son enquête en cours. Il va  ainsi retrouver un ancien camarade, lié au mentor de Béatrice qui va rassembler un puzzle un peu bancal mais original dans son ambiance et ses sujets abordés !

Entre secrets familiaux, dons fantastiques mais aussi jalousie et fantasme d’éternité, La femme mystère remplit bien son rôle: Une lecture romanesque et mystérieuse qui a le mérite de ne pas tomber dans le cliché de la femme soumise, ce qui est rare dans une romance historique ! Le côté fantastique est très intéressant, avec cette histoire d’aura psychique que nous laissons aussi sûrement que notre ADN sur les scènes de crimes ! J’aime assez ce concept ! La mythologie égyptienne, très présente donne une touche mystique et sombre qui m’a beaucoup plu ! 

Enfin, il y a la romance entre Béatrice et Joshua, qui se tournent autour de façon très (trop?) poussée mais ça fait partie du charme du livre ! Bon, on n’échappe pas aux scènes de sexe mais je m’y suis habituée ^^ ! Leurs joutes verbales sont toutefois très drôles dans leur côté policé ! 

J’aime le fait que Joshua ne soit pas vraiment un gentleman, sans pour autant être cruel. Il y a une vulnérabilité plaisante chez lui, qui compense joliment avec la fougue de Béatrice ! Pour une fois que les rôles sont inversés ! Le sentiment de culpabilité a aussi une place particulière chez nos deux tourtereaux, qui ont en commun la perte d’un être cher. Il n’est donc pas seulement question de séduction entre eux, il y a une complicité ! C’est très agréable !

Un livre sympa, dans la lignée du premier opus, un peu niais par moment mais ça se lit bien ! Une lecture parfaite pour l’automne par son ambiance brumeuse et fantastique !

EnregistrerEnregistrer

Les filles sauvages (Pat Murphy)

Aujourd’hui, place à une jolie lecture qui s’est révélée bien plus surprenante que prévue ! 

Résumé:

Joan vient d’emménager avec sa famille près de San Francisco, à la lisière d’un bois. Là, elle rencontre une fille étrange qui prétend s’appeler Renarde et vit seule avec son père dans une maison délabrée, au cœur de la forêt. Les deux filles deviennent amies et participent ensemble à un concours de nouvelles. Elles remportent le premier prix et sont invitées à suivre un stage d’écriture pendant l’été. La porte d’un nouveau monde s’ouvre alors pour Joan : un monde merveilleux, plein d’ombres et de contradictions, mais aussi de lumières et de possibles…Un roman sur l’amitié et le pouvoir de l’imagination, où les deux héroïnes séduisent par leur audace, leur volonté de s’affirmer, de comprendre et de créer.

Mon avis:

Quelle belle découverte !

Pat Murphy va bien plus loin qu’une simple amitié entre deux ados !

Joan est une jeune fille en plein conflit avec son père, qu’elle ne comprend pas. Lors de son déménagement, elle fait la connaissance d’une autre jeune fille de son âge…qui dit s’appeler Renarde !  Si leur rencontre a lieu dans une forêt, leur amitié va grandir grâce à un stage d’écriture durant l’été. 

Grâce aux histoires qu’elles s’inventent, elles s’évadent d’un quotidien familial tendu et morose. Surtout Renarde, (Sarah de son vrai nom), une vraie sauvageonne qui ne se sent bien que dans la nature et ses fables. J’ai adoré la façon dont elles se forgent leur petite bulle dans cette forêt. 

Mais l’évolution la plus spectaculaire est chez Joan, qui, grâce à sa prof d’écriture, va changer son regard sur son père et tenter de le comprendre plutôt que de s’énerver contre lui, comme elle le fait d’habitude ! Leur relation tendue m’a beaucoup intéressée ! Surtout ce père colérique, totalement dépassé par sa fille qui pose des questions au lieu de le craindre ! La communication et les explications, très peu pour lui !

Bref, on ne peut pas dire que la famille brille par son côté chaleureux ! Et ce, des deux côtés, car Renarde aussi a ses propres difficultés familiales !

Au final, ce stage d’écriture aura permis à nos deux amies, non seulement de mûrir, mais aussi de tracer leur propre route. Le roman se termine sur une note douce-amère, qui m’a laissée à la fois songeuse et admirative.

Un beau roman, tant dans sa couverture que par les sujets qu’il aborde !