Ulysse from Bagdad (Eric-Emmanuel Schmitt)

Me voici de retour pour la chronique d’un livre qui m’a enfin fait découvrir un auteur français très prolifique !

Résumé:

« Saad veut quitter Bagdad et son chaos, pour gagner l’Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Tel Ulysse, il affronte les tempêtes, survit aux naufrages, échappe aux trafiquants d’opium, ignore le chant des sirènes, et doit s’arracher aux enchantements amoureux. Tour à tour absurde, bouffon, dramatique, le voyage sans retour de Saad commence… »

Mon avis:

Un livre surprenant et très original ! Eric-Emmanuel Schmitt mêle habilement guerre, politique, livres et soif de liberté.

Saad a grandi dans un pays en plein désarroi : Bagdad.

Entre la dictature de Sadam Hussein (qui l’impressionne autant qui le révolte) et un Dieu qu’il ne comprend pas, il n’a plus qu’un pilier: sa famille. Et heureusement pour lui, son père n’a rien d’un islamiste radical. C’est au contraire un homme cultivé qui puise dans les livres la force de résister à l’horreur quotidienne. Sa façon de se révolter est pacifiste et son plus grand trésor (autre que sa famille) est une bibliothèque clandestine planquée sous leur maison ! Mais les livres ne suffisent pas pour lutter contre la folie humaine.

Après un double drame (son père, tué par un djihad et son amie Leila, disparue dans l’explosion de sa maison), le jeune homme rêve d’ailleurs…

Aussi, Saad décide de quitter Bagdad, où il ne se sent plus chez lui. Il sera accompagné… par le fantôme de son père qui l’aidera à se sentir moins seul. Mais le monde extérieur semé d’embuches et Saad devra passer nombre d’épreuve pour enfin gagner l’Angleterre.

J’ai beaucoup aimé la force et la joie de vivre de Saad qui mérite bien son nom (Espoir en arabe). La mythologie d’Ulysse se superpose joliment aux épreuves du jeune homme. Mais contrairement au héros de Homère, Saad ne veut pas rentrer chez lui mais, au contraire, créer son propre foyer, ailleurs, dans cet Occident mystérieux dont il a découvert les livres.

Entre tragédie et fantaisie, un joli livre sur l’horreur de la guerre et la force de s’en détacher. 

 

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Legend of the Seeker: L’Épée de Vérité

J’aime bien l’univers Fantasy, mais je suis plus branchée Xena, ou Merlin, plutôt que Game of Thrones !

Aussi , je me suis tournée vers Legend of the Seeker, l’adaptation série de l’Epée de Vérité de Terry Goodkind ! 

Richard Cypher est un jeune garde forestier du monde d’Hartland. Sa vie bascule le jour où il vient en aide à une belle inconnue poursuivit par des soldats.

Richard finit par apprendre par un de ses proches qu’il est un Sourcier: Un homme promis à une grande destinée car une prophétie prédit qu’il sera celui qui abattra le tyran Darken Rahl qui terrorise les habitants des villages. Il sera muni de l’Épée de Vérité, une arme légendaire. 

Il apprend aussi qu’il est un enfant adopté, et qu’il vient en fait de l’autre côté de la frontière, une barrière magique supposée infranchissable ! Autant dire que ça fait beaucoup d’un coup.

Au début, il n’y croit pas, mais l’assassinat de son père par un lieutenant de Darken Rahl, et le rejet de son frère qui le croit responsable, auront raison de son destin. 

Il devient donc officiellement le Sourcier de Vérité.

J’ai beaucoup aimé l’univers, qui m’a rappelé Merlin, notamment Zed, le vieux sorcier qui ressemble à une version flippante de Gaïus ! À la fois protecteur, sage et puissant sorcier, il sera le formateur de Richard.

Avouez: il est un brin flippant non?

Durant sa quête, le jeune homme sera accompagné par la belle inconnue, L’Inquisitrice Kahlan Amnel. Il doit mettre impérativement la main sur trois boîtes magiques exceptionnelles avant que Darken s’en empare.

Kahlan est une jeune femme belle et forte, qui sait se défendre ! Elle dégage un mélange de douceur et de fierté qui me plaît beaucoup ! Rien à voir avec Xena !

L’actrice, Bridget Regan, est un mélange de Kate Beckinsale et Caterina Scorsone: de beaux yeux bleus, un teint pale et des cheveux sublimes !

Quant à Craig Horner, qui incarne Richard, c’est un jeune homme impulsif, un brin maladroit, qui va apprendre à se battre pour de justes cause et (bien évidemment) tomber sous le charme de la belle Inquisitrice !

À ce trio de tête viendra s’ajouter un peu plus tard dans la série Cara Mason, une Mord-Sith à l’amour noir, qui leur sera d’une aide précieuse.

Les femmes ont donc un rôle assez bad-ass !

Une mention spéciale pour Cara, justement, que j’ai juste adorée !. Elle commence du mauvais côté, mais peu à peu, s’adapte à son curieux entourage. Elle évolue de façon subtile, sans perdre son mordant !

Les seuls points faibles de la série sont les effets spéciaux, un peu trop exagérés et les scènes d’amour, pas toujours bien jouées (du moins côté VF)

Sinon, c’est une série sympa, avec de beaux costumes,(j’adore la robe de Kalhan !), de l’action, des acteurs pas si connus que ça et de superbes décors ! 

Une petite découverte série bien sympathique ! Je n’ai pas lu les livres mais pour le coup, pourquoi pas? Ça va peut-être me réconcilier avec la Fantasy littéraire !

 

Oh, Boy ! (Marie-Aude Murail)

Je continue ma (re)découverte de Marie-Aude Murail avec un livre qui me tentait depuis pas mal d’années !

Résumé:

« Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas.
Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son bac.
Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.
Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie.
Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille.
À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui! ces deux personnes se détestent. »

Mon avis:

Si j’étais plus sceptique qu’avec « 3000 façons de dire je t’aime », j’ai bien vite changé d’avis ! Ce roman est une perle ! Marie-Aude Murail a vraiment le chic d’aborder des thèmes aussi variés qu’actuels ! Ici, c’est le délicat sujet de la famille recomposée qui est abordé !

Nous faisons la connaissance de trois enfants de 5 à 14 ans. Abandonnés du jour au lendemain par leurs père, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. Leur assistante sociale fait des pieds et des mains pour leur trouver un famille d’accueil. Et se retrouve face à deux personnes prêts à les adopter:

Josiane Morlevent, reconnue (puis abandonnée) par leur père, Georges. C’est une femme blessée qui souhaite plus que tout fonder la famille qu’elle n’a jamais pu avoir. Problème: elle veut obligatoirement une fille. Or les Morlevent se sont juré qui rien, ni personne ne les séparera. Si la petite Venise adopte vite sa nouvelle « maman », Morgane, la plus âgée est nettement plus sur la défensive.

Le deuxième prétendant se nomme Barthélemy Morlevent. C’est le demi-frère des trois enfants. Âgé d’à peine 25 ans, il mêne une vie assez dissolue et ne se sent pas le profil d’un père. Et il est homosexuel. C’est d’abord sur lui que va se cristalliser les espoirs des enfants. Parce qu’il est cool, beau et qu’il aime les jeux vidéos. Mais entre son petit ami glandeur/possessif et sa voisine battue par son mari, ses journées ne sont pas de tout repos !

Autre problème, Josiane et Bart ne se supportent pas, chacun étant jaloux de la vie de l’autre, ce qui déjà, n’est pas facile. Mais bientôt, un nouveau drame va bouleverser la vie des enfants MorleventUn drame qui concerne Siméon, le petit surdoué de 14 ans.

Ce gamin est incontestablement mon personnage préféré. Mûr, très protecteur envers ses soeurs, c’est aussi le plus courageux. De tous, c’est celui qui fait le plus d’efforts. Il donnera une vraie leçon de vie aux adultes et plus particulièrement à Bart.

Le plus surprenant dans ce livre est l’accumulation de thèmes graves: parents irresponsables, deuil, jalousie fraternelle, homosexualité, maladie… Mais chaque sujet est abordé de façon claire, sincère et sans tabou !

Mon seul reproche est la couverture du livre, qui ne rend pas justice à ce très beau roman ! Il faut dire que ça a longtemps été le problème des édition L’École des Loisirs ! Heureusement, ils se rattrapent ces dernières années !

Un livre touchant sans être larmoyant, positif sans la niaiserie ! Bref, à lire sans attendre !

 

 

 

Coup de coeur: Stéphanie Ledoux

Voici très certainement, l’artiste française que j’admire le plus avec Sandrine Gestin !

Stéphanie Ledoux est une globe-trotteuse infatigable qui ramène de ses voyages les portraits les plus incroyables que j’ai jamais vus ! On dirait que les personnes vont sortir du papier ! 

D’origine toulousaine, cette voyageuse a choisi le portrait pour nous faire découvrir toute la diversité de l’humanité à travers ses différentes ethnies. Comme la musique, le dessin est un langage universel propice à créer des liens. Des rencontres inoubliables pour la jeune artiste !

Avec plus de 60 carnets de voyages à son actif, elle est allée de Madagascar à la Birmanie, du Yemen au Cambodge en passant par la Thaïlande et la Chine ! Elle fait aussi du dessin botanique !

Bref une artiste talentueuse qui nous fait découvrir le monde, non par des paysages, mais par des portraits saisissants de beauté et de force.

Une grande et belle artiste que je vous invite à découvrir !

Site officiel 

Miss Pain d’Épices (Cathy Cassidy)

À force de voir ses livres partout au rayon jeunesse, j’ai fini par craquer: j’ai lu un livre de Cathy Cassidy ! Je l’ai choisi à cause du prénom de l’héroïne, plutôt original !

Résumé:

« À l’école primaire, Cannelle était le bouc émissaire, celle que personne ne voulait avoir comme amie. Alors, à la rentrée de sixième, elle arrive au collège relookée et devient l’amie d’une fille cool. Depuis, elle tient son rôle de fille populaire à la perfection. Mais l’arrivée de Sam, un garçon décalé qui se moque du regard des autres, bouleverse tout. Cannelle craque pour lui, et c’est réciproque, mais sa meilleure amie le déteste. Cannelle réussira-t-elle à assumer ses sentiments, et surtout… à ne plus avoir peur d’être elle-même ? »

Mon avis:

Une lecture jeunesse sympathique pas si « sucrée » que ça, j’ai trouvé !

Cannelle est une jeune fille qui se cherche. Elle est tiraillée entre la peur d’être seule et être acceptée pour de mauvaises raison. Aussi, prenant exemple sur sa soeur Mélissa, elle change de look et se fait une « amie »: Shannon. Il faut en effet mettre ce terme entre guillemets car cette fille représente tout ce que je déteste ! C’est une petite peste qui ne pense qu’à elle et ne supporte pas qu’on la snobe…ce qu’elle fait à longueur de journées ! Elle se sert de Cannelle comme faire valoir et n’hésite pas lui dire comment s’habiller, où sortir…et qui fréquenter !

Mais tout va changer quand les deux jeunes filles rencontrent un nouveau: Sam. Shannon le prend en grippe parce qu’il a « osé » l’ignorer et s’intéresser à Cannelle. Dès lors, la relation entre elles va considérablement se dégrader. Cannelle s’attache de plus en plus à Sam, mais aussi Emily, une des ses camarades qui l’a aidée à prendre confiance en elle. Mais cette peste de Shannon ne l’aime pas non plus ! Vous l’aurez compris: je l’ai détestée du début à la fin !

Bien que prévisible, j’ai apprécié la dégringolade de Shannon, ainsi que le tourment de Cannelle. Je l’ai même trouvée trop indulgente, envers sa soi-disant meilleure amie ! Mais au final, elle n’en est que plus admirable ! Il vaut mieux s’éloigner que se venger!

Quant à Sam, j’ai beaucoup aimé son caractère ! Il n’hésite pas à dire ce qu’il pense, même si ça fait mal! Il ne comprend  pas comment Cannelle peut avoir une amie aussi hypocrite ! Ce sera lui, qui ouvrira vraiment les yeux de la jeune fille ! Car les « chagrins d’amitié » existent et peuvent faire autant de mal !

L’écriture est agréable et on entre facilement dans la tête de cette jeune fille. Toutefois, j’ai trouvé qu’il lui manquait un peu de peps. Rien à voir avec Aurélie Laflamme qui m’avait beaucoup plu par son caractère ! Je pense continuer cette saga pour l’été !

Pour en revenir à Miss Pain d’Épices, ça reste une histoire sympa, sans chichi et girly, qui parlera à beaucoup d’adolescentes ! 

Le Cas Jack Spark Saison 4: Printemps humain

YEAH !!! J’ai enfin fini !!! Le cas Jack Spark s’achève en apothéose !

Résumé:

« Tous les contes de fées ont une fin …Voilà un siècle que le Président-Mentor Jack Spark règne sur Concordiapolis, mégalopole utopique où les hommes coexistent avec les créatures fantastiques. Mais aujourd’hui, cet équilibre fragile est sur le point de se briser. D’un côté, 1% de privilégiés : les Fés immortels. De l’autre côté, 99% d’exploités : les humains surendettés. Insurgez-vous et rejoignez les rangs du Printemps humain ! »

Mon avis:

Génial !!! Moi qui avait peur d’être déçue par ce dernier tome sous prétexte qu’il se déroule bien après l’époque de Jack, je me suis inquiété en pure perte ! Ce livre est une excellente conclusion !

Car Jack Spark est devenu une vraie légende vivante. Après la Troisième guerre mondiale provoquée par l’Hiver Nucléaire, il a mis en place un projet fou: Concordiapolis, une ville-monde où cohabitent Humains et Fés en harmonie. 

Tout un gouvernement est mis en place et l’argent est remplacé par…le Flux humain. En effet, les hommes salarié de patrons Fés se font « ponctionner » l’Énergie Vitale tous les mois en guise de taxe ! L’électricité a été bannie, ainsi que le sel, mortel pour les Fés. 

Nous suivons en alternance deux nouveaux personnages:

Caleb, flic désabusé et son fils Tiago, ado rebelle qui ne supporte pas les Fés. Il va se relier aux Insurgés, un groupe de protestants contre le gouvernement actuel. Il   en a marre de voir son père trimer dans son emploi de misère alors que les « Sangsues bleues » comme il les appellent sont riches. Tout deux sont les descendants de Ti-Jean Robespierre, l’un des amis de Jack Spark.

Tout comme dans le premier volet (Été Mutant), il y a de vrais thèmes actuels en filigrane du fantastique: Le surendettement, la pauvreté, l’écart social, les « vampires de pouvoir » qui usent l’énergie vitale d’honnêtes citoyens… Mais aussi: le père de famille dépassé par la crise d’ado de son fils, la mère carriériste qui snobe son ex-mari, et tente (vainement) de ressembler à son nouveau compagnon en copiant son apparence.

Mais comme Tiago va s’en rendre compte, tous les Fés ne sont pas forcément des prétentieux/vampires qui dédaignent les humains. Tous comme les humains ne sont pas forcément pour la paix.

Il fera la connaissance d’une troublante jeune fille, trop belle et trop imprévisible pour être vraiment humaine: Onyx. Des yeux bleu marine, des cheveux noirs et une rébellion toute particulière contre le gouvernement…

Mais voilà que des meurtres viennent troubler la tranquillité de la ville. Des Fés sont retrouvés assassinés de façon étrange avec des crucifix imbibés de sel, sensé proscrits. Or, cette technique est celles des Exorcistes, qui ont aidé les humains lors de la troisième guerre mondiale. 

J’ai aimé ce nouvel univers, ainsi que la force de tous les personnages ! Le seul bémol est peut-être une certaine rapidité dans son dénouement !

Il y a aussi de belles références aux contes de fées, toutes très symboliques: les légendes arthuriennes, Robin des bois, La Fée Carrabosse… Le tout remixé avec la religion, la guerre et l’importance du combat pour la Justice.

Ce livre  est à la fois un terme et une renaissance. Le Printemps est une belle métaphore d’Espoir et de renouveau.

Une super saga fantastique, que je préfère à Phobos et Animale pour son univers original et les réflexions qu’il implique !

 

En finir avec Eddy Bellegueule

Attention ! Livre Coup de Poing ! J’avais d’abord entendu parler de ce livre par Persephone, puis, sur l’instagram de Diglee. Comme c’est un livre assez court, j’ai tenté ma chance: Grosse Claque !

Résumé:

« Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. »En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

Mon avis:

LE livre à faire lire à toute les personnes qui minimisent encore l’homophobie.

Avant d’être Edouard Louis, notre auteur s’appelait Eddy. Eddy Bellegueule. Et il morfle ! Que ce soit au lycée, où il est le souffre-douleur de deux caïds qui le rouent d’injures et de coups. Ou chez lui, avec un père alcoolique qui ne comprend pas que son fils ne soit pas « un dur ». Comprenez: un jeune homme viril qui drague les filles et se bagarre avec les mecs. Rien que cette vision de la masculinité me fait horreur. 

C’est bien simple: j’ai eu la gorge serrée et une violente colère envers l’entourage d’Eddy durant toute la lecture. Ce livre montre l’intolérance dans toute son horreur et sa stupidité. Et ça ne se passe non pas à Paris ou sa banlieue, mais dans un petit village de Nord de la France. On en parle moins, mais c’est un fait. L’homophobie et le rejet d’hommes efféminés, font tout autant de ravages en milieu rural ! La violence est palpable: autant dans les mots que dans les actes. Eddy n’a pas choisi d’être mince, pas plus que d’avoir des « manières de tapette ». 

J’ai aussi, dans une certaine mesure, pensé à Annabel à cause de cette manie des parents qui veulent façonner leur enfant selon leur vision, leur désirs, leurs rêves. Ça me dépasse ce genre de comportement !

En tout cas, ce livre ne m’a pas laissée indemne et m’a hantée durant plusieurs jours !