La nuit du renard (Mary Higgins Clark)

Pour cette année, j’ai décidé de lire davantage de polar et de thrillers. C’est un genre que je connais peu, Agatha Christie mise à part, mais elle c’est plus du policier. J’ai donc opté pour une autre « dame du crime »: Mary Higgins Clark !

Résumé:

« Ronald Thompson doit mourir sur la chaise électrique. Témoin terrorisé, le petit Neil a affirmé, au cours du procès, le reconnaître comme le meurtrier de sa mère. Mais Ronald a toujours clamé son innocence. À quelques heures de la sentence, l’enfant est enlevé avec une jeune journaliste amie de son père, par un déséquilibré qui se fait appeler Renard. Il les séquestre dans la gare centrale de New York. Le kidnappeur menace de faire sauter une bombe au moment précis où le condamné sera exécuté. Existe-t-il un lien entre ces deux terribles faits divers ? Un innocent va-t-il payer pour le crime d’un autre ? Une course contre la montre s’est engagée… »

Mon avis:

Pas mal du tout !!! J’avais peur de tomber sur une simple histoire de kidnaping et de description gores, mais j’ai été agréablement surprise ! 

Tout commence avec un bien inquiétant personnage, qui se fait appeler Renard. Psychopathe pervers, il aime voir souffrir ses victimes, surtout si ce sont de belles femmes. Il sait se rendre invisible au milieu d’une foule et personne ne sait qui il est…ni de quoi il est capable. 

Mais c’est aussi l’histoire d’une famille brisée suite à l’un de ses crimes. Le journaliste Steve Peterson a en effet perdu sa femme à cause du criminel. Pire, son fils Neil a été témoin du meurtre. Mais la terreur lui a fait condamner une autre personne, Ronald Thompson, qui clame toujours son innocence. 

Mais voilà que Neil et Sharon, la nouvelle compagne de Steve, sont enlevés et séquestrés par le RenardPour Steve, c’est une course contre la montre car son fils est sujet à de graves crises d’asthme. 

J’ai adoré la patience et le courage de Sharon, qui tentera par tous les moyen de protéger le fils de son compagnon. Leur relation est très compliquée, pleine de non-dits. Neil est un garçon désemparé qui n’arrive plus à parler, ni à son père, ni à cette nouvelle personne qui partage sa vie.

Il y aussi l’autre famille, les Thompson, dont le fils, Ron, est condamné à tort. Sa mère se bât pour faire avancer l’enquête, et déteste Sharon qu’elle tient pour responsable de la condamnation de son fils. Mais c’est aussi une femme très croyante, dont la foi va la sauver du désespoir. 

Et au milieu de tout ça, le Renard, un homme abject, atrocement banal qui tue pour que l’on parle de lui. C’est un psychopathe qui vit dans son petit monde et se fiche des autres. Rien que de penser que des types pareils existent vraiment me donne envie de vomir !

Mais ce que j’ai trouvé le plus intéressant, c’est ce sujet délicat de la peine de mort, encore si présent en Amérique. Oui, il existe des personnes abominables. Mais les tuer, est-ce vraiment la solution au problème? C’est le point le plus sensible du roman.

L’écriture est fluide, nerveuse. On entre tout de suite dans l’histoire et c’est très agréable ! Le style est accessible et ne tombe pas dans le gore inutile, ce que j’appréhendais, je l’avoue ! La tension est surtout psychologique et assez bien dosée.

En tout cas, sans être un coup de coeur, c’est un livre drôlement efficace qui change de ce que je lis d’habitude !

Publicités

Le ver à soie (Robert Galbraith)

Après la bonne surprise qu’a été L’appel du coucou, j’étais curieuse de plonger dans les nouvelles aventures de Comoran Strike et Robin Ellacott !

Résumé:

« Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu. Il venait d’achever son dernier manuscrit – un sulfureux roman à clés qui dresse le portrait au vitriol de son entourage. De quoi inquiéter bon nombre de personnalités en vue… C’est ce que pressent le détective privé, Cormoran Strike, chargé de l’enquête. Qui aurait intérêt à ce que Quine soit réduit au silence ? Lorsque Strike retrouve le cadavre de l’auteur, assassiné selon un rituel particulièrement atroce, il comprend qu’il a affaire à un tueur impitoyable, tel qu’il n’en encore jamais rencontré dans sa carrière. »

Mon avis:

Plus dense et haletant que le premier volet ! J’ai plongé tête la première dans cette nouvelle intrigue ! Et j’ai trouvé que l’on était au final, plus proche d’un thriller que d’un policier ! 

Quel plaisir de retrouver le détective Comoran Strike et sa personnalité si singulière ! Je suis de plus en plus fascinée par ce personnage, à la fois bourru, rebelle et tourmenté.

Comoran reçoit la visite d’une certaine Léonora Quine, dont le mari écrivain a disparu. Un homme à la personnalité provocatrice et insouciante dont le dernier roman, Bombyx Mori risque de mettre fin à sa carrière. Après le show biz, c’est donc  le domaine de l’édition qui est pointé du doigt !

Personnalités parodiée, romans aussi sanglants que pervers, jalousie des autres écrivains… mais aussi la fascination du public pour le morbide foisonnent dans cette nouvelle aventure !

En plus d’une enquête particulièrement compliquée, Comoran doit faire face à des différents avec son assistante, Robin, qui cache décidément bien son jeu derrière sa façade angélique !

Il faut dire que la jeune femme s’implique particulièrement dans le déroulement de l’enquête, quitte à prendre des risques ! Sa personnalité s’affirme de plus en plus et ça me plait beaucoup !

Malheureusement, elle doit aussi faire face à la jalousie de Mathew, son fiancé, qui méprise ouvertement le détective. La situation est d’autant plus délicate qu’elle doit se marier bientôt ! On la sent déçue et troublée mais déterminée à imposer ses choix.

Quant à Strike, ses difficultés liées à son handicap m’ont profondément touchée. Tiraillé entre la douleur physique et la volonté de se débrouiller seul, il peut compter sur le soutien de Robin mais ne demande jamais son aide par fierté. Et Robin le comprend très bien. C’est cette façon dont ils s’épaulent, veillent l’un sur l’autre, que j’admire le plus. Il n’y a pas de séduction entre eux. Juste de l’affection, du soutien et de l’admiration.

Si l’intrigue policière est efficace, avec une pointe de sanglant,  c’est vraiment l’aspect humain et surtout la complexité de la relation Strike/Robin qui m’a passionnée ! 

L’écriture est addctive et j’ai vraiment envie de connaitre l’évolution de ce duo atypique ! Pour le coup, l’adaptation série m’intrigue d’autant plus que je trouve le casting plutôt bien choisi ! Quelqu’un a déjà regardé? 

Prochain volet : La carrière du Mal !

Fleur de Neige (Lisa See)

Aujourd’hui, place à l’exotisme ! J’adore les parcours de femmes et les pays lointains (Orient et Asie en tête) ! Aussi, c’est avec grand plaisir que j’ai découvert Lisa See !

Résumé:

« Dans la Chine du XIXe siècle, le destin de deux jeunes filles est lié à tout jamais. Fleur de Lis, fille de paysans, et Fleur de Neige, d’origine aristocratique, sont nées la même année, le même jour, à la même heure. Tous les signes concordent : elles seront laotong, âmes sœurs pour l’éternité. Les deux fillettes grandissent, mais si leur amour ne cesse de croître, la vie s’acharne à les séparer. Alors que la famille de Fleur de Neige tombe en disgrâce et que la jeune fille contracte le mariage le plus infamant qui soit, Fleur de Lis, par son union, acquiert reconnaissance et prospérité. L’amitié sacrée des deux femmes survivra-t-elle au fossé que le destin a creusé entre elles ? »

Mon avis:

Ça faisait un moment que ce livre m’intriguait et je dois dire que j’ai beaucoup aimé, même si j’ai eu tout de même quelques interrogations.

Fleur de Lis et Fleur de Neige sont nées le même jour, à la même heure. Mais elles sont de lignée différentes. L’une est pauvre, l’autre est riche. Mais leurs similitudes de naissance vont amener leur familles à se lier. Elles deviennes des Laotong, des « âmes soeur », et vont correspondre grâce à un éventail sur lequel elles écrivent en nu-shu, une écriture secrète connue uniquement des femmes.

Les deux jeunes filles partagent tout: le supplice des pieds bandés (qui a couté la vie de la soeur de Fleur de Lis), les mariages arrangés, et ce lien si particulier qui les unit.

La vie des femmes est dure et stricte; J’ai été impressionnée par la souffrance qu’elles endurent dès l’âge de 7ans (mon dieu, le supplice des pieds bandés m’a donné la chair de poule). Sans parler de la famille, qui exerce une pression monumentale. Tant par les parents que par le mari…

Tout l’intérêt de l’histoire est dans l’évolution de ces deux femmes, qui vont dans des directions opposées. Ça et la notion d’âmes soeurs qui ici, est dans un tout autre contexte. Il est en fait, plus question de « soeur de coeur » qui ont la chance d’avoir leur propre langage codé pour ce confier. 

Une envoûtante immersion au coeur de la Chine ! Ce livre m’aura emportée dans une myriade d’émotion assez contradictoires. tour à tour, j’ai été touchée, choquée, admirative, irritée. Mais totalement scotchée au bouquin !

Le prochain sur ma liste: Le pavillon des pivoines !

« La Fille qui ne croyait pas aux Miracles » (Wendy Wunder)

Découvert grâce à Marine, voici un petit roman Young Adult, qui sommeillait depuis un temps dans ma PAL !

Résumé:

« Cameron a 17 ans. Atteinte d’un cancer, elle est persuadée qu’elle va mourir avant ses 18 ans. Déterminée à la sauver, sa mère l’embarque dans un road-trip en direction de Promise, une ville magique réputée pour ses miracles. Résignée, Cameron ne croit pas plus à une possible rémission qu’aux superstitions ridicules de sa mère, mais se laisse tout de même entraîner dans cette aventure. Arrivées à destination, elles sont vite témoins d’événements inhabituels : les pissenlits deviennent pourpres, on aperçoit des flamants roses au large de l’Atlantique et Cameron retrouve une mystérieuse enveloppe contenant une liste de choses à faire avant de mourir…
Aidée par Asher, un garçon non moins mystérieux, Cam exécute peu à peu chaque point de la liste et apprend à croire en elle, en l’amour, et même… aux miracles »

Mon avis:

Oui, je sais: encore une histoire d’ado cancéreuse ! Si j’étais dubitative quant à l’héroïne, j’ai fini par vite me plonger dans cette histoire, qui a tout de même su me surprendre !

Cam se sait condamnée. Comme Tessa dans « Je Veux Vivre », elle oscille entre colère, tristesse, désespoir, qu’elle cache sous des répliques cinglantes. Pour sa famille, c’est très difficile, surtout Alicia, sa mère, qui refuse de baisser les bras.

Aussi, lorsque celle-ci découvre l’existence d’une ville-miracle, du nom de « Promise », elle n’hésite pas à emmener tout le monde :son amoureux japonais,  Cam, sa demi-soeur Perry, et même son canari !

Si la première partie m’a beaucoup (trop?) rappelé le livre de Jenny Downam, j’ai été agréablement surprise par la suite et notamment de cette mystérieuse ville, Promise, présente sur aucune carte, où l’on ne peut se re rendre que d’une manière singulière…

Une ville étrange et « magique » où les miracles semblent quotidiens, où l’on peut voir des flamants roses et des pissenlits violets… Cette aspect presque « féérique »et le voisinage, m’ont un peu rappelé la ville de Storybrooke dans Once Upon A Time ! Il y a le même côté en dehors du temps.

Côté personnage, j’ai adoré cette famille cosmopolite où la culture Polynésienne est très présente ! La mère, Alicia, cache son inquiétude derrière un enthousiasme exagéré. La demi-soeur, Perry, est plus en retrait mais ce voyage à Promise l’amènera à côtoyer de nouveaux amis. De prime abord un peu énervante, elle a su finalement me toucher. Il n’est pas toujours facile d’être « celle qui va bien » !

Quant à Cam, elle fera la connaissance d’un mystérieux jeune homme: Asher. Lui aussi, son histoire familiale est assez compliquée. Cependant, je n’ai pas vraiment accroché à leur romance, agréable, mais trop prévisible. Asher m’a paru trop lisse, trop « Prince Charmant » et manquait de caractère.

Belle surprise cependant pour Lily, la meilleure amie de Cam, elle aussi cancéreuse. C’est la seule, qui m’a paru vraiment intéressante, dans sa façon de comprendre Cam mais aussi de la remettre à sa place dans leurs disputes… J’ai trouvé dommage que leur relation n’ait pas été plus présente ! Les « chagrins d’Amitié », ça existe aussi. Et ça peut faire autant de dégâts qu’un chagrin d’amour…

Il y a enfin, la Maladie et la façon dont on la gère, que ce soit chez les malades mais aussi leurs proches et leur famille. Le lien fusionnel entre Cam et sa mère m’a particulièrement touchée sur ce point !

En conclusion: Une lecture loin d’être parfaite, mais dont le cadre original donne une certaine atmosphère. Je verrais bien une suite, mais sur l’histoire de Promise: cette ville étrange m’a vraiment intriguée !

Sors de ce corps, William ! (David Safier)

Aujourd’hui, place à une lecture aussi savoureuse qu’inattendue ! Ça faisait un moment que je voulais tenter cet auteur et j’ai vraiment bien fait !

Résumé:

« C’était Roméo et Juliette et patatras ! C’est devenu Peines d’amours perdues… Plaquée par l’homme de sa vie, Rosa est prête à tout pour le récupérer. Au point de croire aux boniments du magicien Prospero, spécialiste des voyages dans le temps et retour d’affection … Mal lui en prend, car, sitôt ensorcelée, la jeune femme se réveille dans la peau de…William Shakespeare. Si la vie et l’amour ont un sens, la colocation cérébrale avec le grand Will risque de faire sauter quelques certitudes… »

Mon avis:

Un cocktail étonnant ce livre: chicklitt, confiance en soi et vie antérieure !

Rosa aurait pu être la soeur allemande de Bridget Jones: elle manque tellement de confiance en elle qu’elle en souhaite devenir quelqu’un d’autre ! Elle est aussi très influençable. C’est parce que son mec l’a surprise dans les bras d’un autre qu’il l’a plaquée. Rosa regrette amèrement son moment de faiblesse, mais le mal est fait et Jan s’est tourné vers une autre femme: une dentiste, comme lui.

Lors d’un rendez-vous avec David, un de ses amis qui la courtise sans jamais avoir pu aller plus loin, elle se rend à un spectacle de magie… qui va lui faire changer de vie…littéralement !

Prospéro est en effet un magicien assez particulier: il ne sort pas de lapin de son chapeau. Il fait vivre aux gens leur vies antérieures par hypnose  ! Et le plus souvent, ils sont dans la peau de personnes célèbres ! Troublée par sa démonstration, Rosa décide d’aller le voir.

C’est là que débutera son étrange aventure. Rêve ou réalité? Le fait est là:

Voilà que Rosa se réveille dans un autre temps, un autre corps: celui de William Shakespeare himself !

Plus déroutant, l’une des connaissance de ce dernier…est le sosie de Jan, l’homme de sa vie (qui l’a larguée au passage) dans son époque ! Ce qui va, il va sans dire, provoquer bien des quiproquos et situations embarrassantes !

Rosa ne sait qu’une chose: Elle ne pourra redevenir elle-même qu’en découvrant ce qu’est réellement l’Amour. Et par là, il ne s’agit pas de romance, d’aventure d’un soir mais d’un amour tout autre et pourtant essentiel.

S’il n’est pas aussi loufoque que ce que je croyais, « Sors de corps William » est cependant très divertissant ! Son héroïne est attachante et loin des clichés habituels (bien qu’elle dise le contraire). L’idée d’une femme dans le corps d’un homme est originale et plutôt bien exploitée ! J’ai ri à plusieurs reprises !

J’ai aussi beaucoup aimé la « collaboration » cérébrale entre Rosa et William, Le dramaturge va l’aider à comprendre cette étrange époque et réciproquement, Rosa va l’aider tourner la page d’un amour qu’il n’a jamais pu oublier.

Être ou ne pas être… soi-même pour aimer et être aimé en retour? Telle est la belle réflexion de cet ouvrage, qui a le mérite d’être à la fois léger et profond.

Une belle découverte, qui change des livres feel-good habituels !

 

L’Étranger (Albert Camus)

De tous les classiques français, l’Étranger était celui dont j’attendais le plus, étant donné sa célébrité. Et c’est avec le sentiment « étrange » (c’est le cas de le dire), que j’ai terminé ma lecture.

Résumé:

«Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français…»

Mon avis.

Quel livre étrange ! Je suis incapable de dire si j’ai aimé où non et c’est très frustrant !

Le récit se déroule en Algérie française.

Meursault (le narrateur) apprend par un télégramme le décès de sa mère et décide de se rendre à son enterrement. Il n’exprime ni tristesse ni émotion particulière, et ce durant tout le roman. À aucun moment, on ne le sent en phase avec le monde et je pense que c’est pour ça que le titre est ainsi. Meursault est « étranger » à la société, aux liens, aux normes.

Même avec Marie, une jeune dactylo avec qui il entretient une liaison, tout est froid, mécanique, distant. Il ne montre pas plus de sentiment ou d’affection qu’à l’enterrement de sa mère.

Il y a aussi son voisin, Raymond Sintès, connu pour sa silence envers sa maîtresse, qu’il bat régulièrement. jusqu’à l’intervention d’un agent. Si l’étranger se lie d’une certaine amitié pour lui, on sent qu’il ne se réveille pas pour autant.

Même quand il se fait arrêter. Même lorsqu’il est jugé et condamné par pendaison pour meurtre. Il se se révolte pas. Même lorsque le juge l l’accuse « d’avoir enterré une mère avec un cœur de criminel ». La justice ne cherchera même pas à comprendre les motivations de Meursault.

Le procureur se concentre sur son comportement, sa personnalité, sa vie dissolue (il engage une relation le lendemain des funérailles de sa mère dont il est indifférent), son athéisme, son caractère asocial. Dans le contexte politique de l’époque, l’Algérie gouvernée par la France coloniale.

La cour le décrit comme un personnage morne, apathique; glaçant d’indifférence. Meursault n’est pas pour autant un monstre. Je le qualifierais plutôt de fantôme. Il ne voit pas de logique dans l’existence au point d’en avoir anesthésié tout émotion, bonne ou mauvaise.

Meursault enverra cependant promener le prêtre venu lui soutirer un dernier mot. Il veut « prier pour lui ». Là seulement, il se réveille enfin en revendiquant son athéisme et l’absurdité d’une vie éphémère. Et là au final, il est soulagé de quitter un monde auquel il ne s’est jamais attaché. Et où personne n’a jamais tenté de le comprendre, et l’accepter tel qu’il est, dans ses forces et ses fêlures…

Un livre déroutant,  triste et absurde, qui m’a laissée sur un grand malaise.

 

Défi Guerre: J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir (Christine Arnothy)

Moins connu que « Le journal d’Anne Frank », Christine Arnothy n’en a pas moins écrit un bouleversant témoignage de guerre avec ce livre au titre poignant.

Christine Arnothy, de son vrai nom Irène Kovach de Szendrö, est née d’un père austro-hongrois, propriétaire terrien et professeur de latin et d’une mère germano-polonaise. 

Dans le conflit mondial qui ravage le continent européen de 1939 à 1945, la Hongrie est restée longtemps hors des atteintes de la guerre. Et puis, à son tour, elle est en flammes.

Les Allemands qui y sont entrés en maîtres se sont retranchés dans Budapest et entendent défendre la ville qu’ assiègent les Russes. C’est ce siège de deux mois, vécu  à douze, dans la cave de leur immeuble, pris, au bord du Danube, sous les feux croisés des belligérants, que raconte Christine Arnothy.

Deux mois de peur, de tensions entre voisins forcés de coopérer tant bien que mal. Il y a le Juif qui cache son vrai nom, la jeune mère de famille qui tremble pour la vie de son nourrisson. Il y a aussi un jeune étudiant en médecine, qui fera office d’infirmier.  Une famille d’origine Suisse, persuadée que la « neutralité » de leur pays les sauvera. Ou encore une concierge arrogante qui refuse de partager.

Mais sans eau, sans électricité, il est bien difficile de rester calme. Seul un jeune homme, Pista, fera la navette entre l’horrible monde extérieur et l’immeuble pour les ravitailler. Il fera l’Impossible pour les réfugiés: eau, nourriture, médicaments et même un voile de mariée pour un jeune couple arrivé récemment. J’ai vraiment été impressionnée par cet homme courageux (pour ne pas dire inconscient) prêt à tous les sacrifices pour la sécurité des autres. 

Mais si la peur des Allemands et le grondement presque continu des bombes étaient déjà horribles, ce n’est rien comparé au massacre de l’arrivée des soldats Russes.

J’ai vraiment eu un haut-le-coeur en pensant aux atrocités vécues par les civils (comme les militaires d’ailleurs). Comment peut-on en arriver là ? Comment peut-ont survivre psychologiquement en ayant vécu ÇA???

Un livre terrible, horrible, mais essentiel qui mérite d’être redécouvert ! Il a d’ailleurs une suite: « Il n’est pas si facile de vivre », qui décrit sa vie d’après-guerre. Je le rajoute d’emblée à ma Pal !