Art’Pi, nouvelle référence de la culture sourde

Le magazine Art’Pi vient de sortir un hors série spécial: L’abbé de l’épée dont nous fêtons le tricentenaire cette année! À lire ici

Enfin un magazine culturel parlant de l’histoire de la langue des signes et de ce grand homme, qui a été un des premiers à se battre pour le droit des sourds !

 Emmanuelle Laborit est la marraine de ce beau projet ! Il faut dire qu’elle est désormais la directrice de l‘IVT: Internationnal Visual Theatral qui soutient cette revue depuis sa création en 2005 ! Je conseille fortement !

Coups de coeur du week end

Hello! Alors, pour ce dimanche, un petit florilège sympa, coloré et étrange 

Tout d’abord, un petit tour au États Unis, avec ce remarquable article sur le boulot des interprètes en langues des signes…par la CIA ! Très intéressant !

La langue française vue par les japonais: drôle, absurde, insolite et parfois même de brillants jeux de mots ( Le Bar Clay, il fallait oser ! ) 

Des murs végétaux en  guise de dépolluant pour les villes: selon un étude britannique , les plantes pourraient réduire la pollution dans les environnements citadins jusqu’à 30%. 

Là par contre, ce serait plutôt dans la rubrique coup de gueule: un groupe punk rock russe, The Pussy Riot est condamné à deux ans de camps de travail ! Parfois, je me demande si on est vraiment au 21e siècle !

Je suis toujours aussi fan du blog Sleepwalking In Tokyo, consacré essentiellement à l’Asie: Japon, Corée, Malaisie, Thaïlande et Chine. Les photos sont magnifiques !

En parlant d’Asie, avez-vous déjà vu une envolée de lucioles?! c’est féérique ! Et un peu étrange aussi ! un grand bravo au photographe, parce que ça ne doit pas être facile à photographier! Ça me fait penser que je n’ai jamais vu le tombeau des lucioles ! Il faudrait que je m’y mette !

Bon week end à tous !

Le cri de la mouette

« La mouette ». C’était ainsi qu’était surnommée Emmanuelle Laborit par ses parents. Née sourde profonde, les seuls sons qu’elle pouvait sortir étaient des cris. Des cris d’oiseau de mer qui ne la soulageait en rien, puisqu’elle ne pouvait pas les entendre. Ce n’est qu’à l’âge de 7 ans qu’elle découvre enfin la langue des signes. Plus qu’une découverte, une révélation. Un soulagement. Et le théâtre, véritable passion qui l’ouvre au monde et lui apprend à s’exprimer avec son corps autant qu’avec ses mains ou son visage. Adolescente rebelle et tourmentée, elle se bât bec et ongles pour faire reconnaître sa langue visuelle comme n’importe quelle langue orale. Et pousse un énorme coup de gueule contre les oralistes et poseurs d’appareils auditifs, persuadés que l’oralisation fera un jour parler les sourds. S’il est vrai que ce système peut aider les malentendants et les « devenus sourds » à communiquer, ce ne l’est pas pour elle. Pas pour les nés-sourds, qui eux, n’ont pas la moindre idée de ce qu’est un son. Pour Emmanuelle, seule la langue des signes remplit ce rôle. Elle refuse aussi l’étiquette de « muette ». Car si Emmanuelle est sourde, elle est loin, très loin d’être muette ! Elle s’exprime juste autrement.

Ce livre est très certainement le plus intense que j’ai pu lire. Je suis passée par tout un kaléidoscope d’émotions: de la compassion, en l’imaginant enfant, perdue au milieu de bouches sans sons.  De l’admiration face à sa ténacité, sa nature impétueuse et passionnée. De la colère mêlée de pitié, face aux préjugés et la peur des entendants. De l’effarement aussi, devant le manque de compréhension  et la réaction parfois extrême de l’entourage familial et affectif des sourds. Car Emmanuelle a eu de la chance: la chance d’avoir été acceptée et encouragée par sa famille. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas et c’est dégueulasse.

Un livre qui invite au dialogue, à l’optimisme et qui fait beaucoup réfléchir.

Signmark: la lettre

Et encore une très jolie vidéo du duo finlandais Signmark, un sourd-muet qui écrit et « signe » les textes et son pote entendant qui les met en musique et fait la partie rap. Le groupe, qui au départ était dans un registre purement hip-hop, a su évoluer de façon très positive et intéressante. J’avais adoré leur projet « Silent Shot » qui consistait à regrouper un maximum de personnes sourdes ou entendantes, pour signer leurs chansons sur la place publique de New York et faire découvrir la culture sourde. Une magnifique initiative ! De mon point de vue d’entendante, je trouve en plus leur musique très belle ! The Letter est ma vidéo préférée, plus mélancolique que les autres. Elle m’a fait penser à une version signée de Where’d you go de For Minor. Elle aborde le même thème du manque, du choc de la disparition… même si, dans la cas de Signmark, elle est définitive.

http://www.signmark.biz/site/videoblogi

Ils ont parcouru le monde entier, de l’Espagne à l’Éthiopie, en passant par l’Australie et les États unis, pour non seulement, faire découvrir leur monde, mais surtout, pour faire valoir leur droits. J’envisage vraiment d’apprendre leur langue, pour faire passer le message! et d’ailleurs entre leur 2 album, le langage est différent: le premier était dans leur langue des signes natal, finlandais donc, et le second, en anglais est donc par conséquent en ASL ! Quel boulot ! Je suis admirative, vraiment !