Des codes bien barrés !

Connaissez-vous les codes-bares japonais ? Non ? C’est tout un art ! Pourquoi on n’a pas ça chez nous ???

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Bon bah ça y est: une nouvelle collection vient de voir le jour dans mes archives ^_^

 

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Le restaurant de l’amour retrouvé

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Résumé:

« Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d’un chagrin d’amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière.
Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies. »

mon avis:

Ça faisait un bon moment que je voulait m’initier à la littérature japonaise. C’est enfin chose fait avec ce roman délicat et lumineux.  Suite à un chagrin d’amour, Rinco, une cuisinière de 25 ans, revient dans son village natal et décide d’y ouvrir un restaurant.  Un restaurant de type « slow food » ou chaque plat est méticuleusement préparé pour rendre le client unique et heureux. La campagne japonaise a aussi un effet apaisant et revigorant sur la jeune femme. Son projet de restaurant l’empêche de ressasser le passé, profitant de chaque rencontre, chaque plat, chaque saveur…

Ce sera aussi l’occasion pour Rinco de se rapprocher de sa mère par le biais de sa cuisine. Les deux femmes ne se parlent pratiquement pas et il est difficile de savoir ce que la vieille dame pense de sa progéniture…jusqu’à la fin du livre qui éclaire enfin les zone d’ombres et aident Rinco à retrouver sa voix… dans tous les sens du terme !

Je voudrais aussi saluer la grande qualité de traduction. Le ton est poétique et simple et en même temps étrange. Les sentiments ne sont pas du tout montrés comme nous le ferions en occident. Tout est suggéré, par des gestes, des saveurs, des odeurs. Et c’est justement cette pudeur, cette délicatesse qui fait toute la force du récit.

Un roman original et délicieux à savourer comme un bon vin.

Koizora: l’amour du ciel

Je pense sérieusement que les films romantiques asiatiques devraient être plus mis en avant ! Après Heavenly Forest, je vais vous parler d’un autre film japonais qui m’a beaucoup plu: Koizora

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Koizora (恋空, « l’amour du ciel  » ou « ciel d’amour » suivant les traductions) est un film japonais de 2007 réalisé par Natsuki Imai. L’histoire est raconté à partir d’un roman du même nom dont l’écrivain disait avoir écrit sa propre histoire. Mais ça s’est avéré être un mensonge, et il y a eu donc une mini-polémémique à ce sujet… Mais passons. Pour moi, ce n’est pas cela l’important ! C’est une belle histoire et un film brillamment réalisé !

Histoire:

Mika Tahara est une jeune adolescente tout ce qu’il y a de plus normal. Un jour, le dernier avant les vacances d’été, elle égare son téléphone portable. Son amie Aya appelle le portable pour l’aider à le retrouver ; elle finit par le retrouver dans la bibliothèque de l’école, mais lorsqu’elle décroche, ce n’est pas Aya mais une voix masculine qui lui répond. La personne refuse de lui révéler son identité et continue de l’appeler ; ils ont de longues conversations jusqu’à ce que la personne lui donne rendez-vous devant la piscine de l’école…  Et là, surprise: son admirateur n’est autre que Hiro Sakurai, un camarade de classe aux cheveux décolorés. Un garçon intriguant, romantique, mais parfois assez instable. Leur histoire se met en place avec de petits gestes tout simples avec comme thème le ciel, d’où le titre du film: la première photo que Hiro et Mika prennent chacun de leur côté est un avion dans le ciel; leur première photo ensemble est ratée car on ne voit que le sommet de leur tête et le fond bleu derrière… Bref l’histoire commence dans une ambiance guimauve comme un manga Shojo ! Mais ça ne va pas durer:

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Tout d’abord, Mika est confrontée aux brimades à l’école, avec notamment des insultes écrites au tableau de la classe, ce qui mettra Hiro dans une colère noire. Mais le pire, c’est quand une bande de voyous se venge de la pire manière qui soit. Je ne vais pas spolier pour vous laisser la surprise. Sachez juste que j’en ai eu la gerbe ! Enfin, alors que Mika pensait que les ennuis sont derrière elle, voilà que Hiro rompt leur relation sans aucune explication ! Là, j’ai juste eu envie de le baffer, surtout après la dure épreuve qu’a subi Mika. Elle trouve du réconfort auprès de Yu Fukuhara, un instructeur dont le calme lui fera beaucoup de bien. Mais on oublie pas un premier amour comme ça, et lorsque Mika apprend la raison du départ de Hiro, elle en sera bouleversée à jamais ! 

Esthétiquement, ce film est tout simplement sublime: la mise en scène met chaque personnage bien en valeur, les décors sont réalistes et sans fioritures. La distribution des rôles est impeccable: Haruma Miura, qui interprète Hiro est particulièrement bien choisi ! Le jeune homme dégage un charisme assez impressionnant. Et tout comme dans Heavenly forest, le ciel a un rôle de fil conducteur, donnant aussi une des plus belles réplique du film: « Je voudrais être le ciel: comme ça, je pourrais te voir où que tu sois. » Il y a eu aussi une autre adaptation, coréenne celle-ci sous forme de drama (mini-série) mais le casting m’a beaucoup moins convaincue; préférez le film !

Bref Koizora est un film romantique, tendre et dur à la fois, dont la fin… m’a juste fait fondre en larmes ! Et ça faisait longtemps que ce n’était pas arrivé !

Kawase Hasui (estampes japonaises)

Voici l’un de mes derniers coups de coeurs japonais:

Kawase Hasui (川瀬 巴水 , 1883-1957) est un peintre et illustrateur japonais travaillant dans la technique de l’estampe, célèbre surtout pour ses paysages. C’est un des artistes les plus prolifiques et talentueux du mouvement « Shin-Hanga » ou renouveau pictural. Ce mouvement est né sous l’égide de l’imprimeur Watanabe Shozaburo à Tokyo dans les années 1920 qui a édité près de 600 œuvres de Hasui. Une partie a été détruite dans le tremblement de terre de Tokyo en 1923.

Hasui voyageait souvent à travers tout le Japon et remplissait des carnets avec ses dessins et aquarelles, qui servaient de base aux futures estampes. Ces dessins étaient sculptés dans du bois avec un bloc différent par couleur. Ceux-ci étaient ensuite passés à l’imprimeur qui appliquait le papier de façon à avoir une mise en place parfaite des couleurs.

Hasui a peint tous les aspects des quatre saisons, du paysage nocturne sous une lune sombre jusqu’aux paysages d’été ensoleillés. Dans beaucoup d’estampes, le contraste est fort entre les ombres et la lumière et sa palette va des bleus austères aux gris glacés des paysages d’hiver, et aux scènes d’été brillamment colorées avec les rouges des temples. Il nous donne un large éventail des paysages japonais, campagnes et montagnes, rivières et lacs ainsi qu’une représentation de la ville avec les canaux, ponts, entrepôts et sanctuaires.

Hasui n’incorpore que peu la figure humaine. La plupart de ses estampes sont des paysages sans personnage, et celles qui en ont sont plus des silhouettes en nombre réduit. Ses personnages sont le plus souvent vus de derrière et sont placés au bord de l’image ou en arrière-plan. Leur isolement ajoute un sentiment de tristesse ou de mélancolie qui est typique de son style. 

Cet artiste est enfin redécouvert en france avec un recueil de ses magnifiques tableaux: Le japon éternel, qui a l’air superbe ! En tout cas ses tableaux plein de mélancolie m’intriguent beaucoup !