La valse des arbres et du ciel

Bonjour à tous(tes) ! Aujourd’hui, place à un joli « Pol-Art » historique découvert grâce à Solène ! Je ne connaissais pas du tout Jean-Michel Guenassia, et j’ai hâte de découvrir d’autres de ses livres !

Résumé:

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies. Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ?

Mon avis:

Après Michel Bussi et son livre inspiré de Monet, c’est la vie de Van Gogh que je découvre avec Jean-Michel Guenassia !

L’histoire est racontée du point de vue de Marguerite Gachet, la fille du docteur Paul Gachet, médecin, artiste, collectionneur d’œuvres d’art et professeur d’anatomie artistique. Il est surtout un père froid et opportuniste, ne pensant qu’à sa notoriété. Il se sert sans vergogne de sa progéniture pour se pavaner en société.

Lorsqu’il soigne un jeune peintre du nom de Vincent Van Gogh, il ne se doute pas que son arrivée va tout changer ! Van Gogh est un artiste brillant mais confronté à des crises de démence. Il réside dans une chambre mansardée, à l’auberge des Ravoux. Inspiré par la belle campagne et ses tournesols, il y peindra de superbes tableaux qui seront le « salaire » du docteur qui l’ausculte tout les dimanches.

L’auteur va romancer admirablement le dernier amour de l’artiste et son goût de l’absolu, le tout magnifié par le regard d’une femme passionnée. L’histoire est entrecoupée de coupures de presse de l’époque, ce qui est une façon originale de s’immerger dans l’état d’esprit de la population et son gouvernement !

C’est aussi l’histoire d’une femme qui rêve d’ailleurs sans jamais vraiment franchir le pas. Jusqu’à que sa rencontre avec le peintre la bouleverse. Peut-on vraiment parler d’amour d’ailleurs? J’ai beaucoup pensé à Catherine Earnshaw, car la jeune femme est subjuguée par l’art de Vincent, et lui voue une adoration destructrice.

L’écriture est fluide et belle. Le twist final est vraiment bien trouvé compte tenu de la personnalité tourmentée de Van Gogh ! J’ai aimé le contraste entre la lumière du cadre et la noirceur des personnes ! mais plus que le peintre, c’est la famille Gachet qui montre sa facette sombre avec sa révolte, son hypocrisie, mais aussi sa cupidité ! 

Une belle découverte, qui m’a donné envie de voir la biopic de Van Gogh avec Kirk Douglas !

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Live du jour: « Empty Walls » (Serj Tankian)

Mode « chair de poule » à son maximum avec cette incroyable voix: Serj Tankian, de System of a Down, le Freddy Mercury arménien (oui, comme Charles  Aznavour ! )

C’est aussi une personne engagée, les chanson de son groupe ayant souvent pour thème la guerre (le génocide arménien entre autre) et la politique. Cette chanson n’échappe pas à la règle: Empty Walls fait référence au 11 septembre 2001, et donne une vision assez sombre de l’Amérique…

La tyrannie de la norme (Todd Rose)

Aujourd’hui, place à un ouvrage aussi intéressant qu’inattendu ! Découvert un peu par hasard, c’est le titre très pertinent qui m’a d’abord attirée !

Résumé:

À l’école, à l’université, dans l’entreprise, l’important serait d’être dans la norme. Mais vous êtes-vous déjà posé la question : cette norme, à quoi correspond-elle ? Réponse : à rien !

Et pour cause. La norme est un mythe né au XIXe siècle d’une théorie de « l’ homme moyen » , considérée aujourd’hui comme absurde et dont les conséquences peuvent se révéler néfastes.
L’apprentissage scolaire use de méthodes standardisées qui ne sont pas adaptées à nombre d’enfants ; les traitements médicaux les plus populaires ne sont efficaces que sur une proportion minime de patients ; les entreprises multiplient les tests de recrutement fondés sur des critères généralistes.
À trop chercher à nous conformer à un être standard fabriqué de toutes pièces, ne sommes-nous pas en train de nous perdre ? Qu’en est-il de notre singularité ?

Mon avis:

Voilà un thème qui serait très intéressant en sujet de philo ! Qu’est-ce que la norme ? D’où vient-elle et comment en est-elle venue à diriger notre vie quotidienne ? Todd Rose ouvre un débat salutaire sur le danger d’une société ultra formatée, « moyenne » et uniforme.

Ce livre est tout d’abord une vraie leçon d’Histoire !

En effet, Todd ne se contente pas d’une simple critique sociale. Il nous explique comment les statistiques, utilisées au départ par les scientifiques ont, peu à peu, envahi le monde professionnel, puis personnel, nous reléguant dans un « moule » où tout les hommes seraient (soit-disant) pareils et donc « égaux ». Mais égaux à quoi ? La Norme. Or, cette norme ne correspond à rien ! C’est l’un des plus grand leurre de ce siècle !

Le résultat est particulièrement dévastateur dans le système éducatif et le monde professionnel. Chaque personne étant différente, elle a son propre rythme et ses qualités propres. En gommant ces différence, pire même, en les niant, il en résulte un appauvrissement certain des entreprises (au sens humain du terme)

S’appuyant autant sur son expérience personnelle que ses recherches historiques, Todd nous propose d’élargir notre vision, sortir des sentiers battus et surtout, revaloriser notre individualité, non dans la compétition mais dans la complémentarité !

Un livre intriguant, éclairant et positif, que je relirai certainement ! 

Pour l’amour de l’Inde (Catherine Clément)

Ha ! L‘Inde ! Quel fascinant pays qui m’intrigue depuis l’enfance ! C’est pourquoi, dès que je trouve un roman qui s’y intéresse je n’hésite pas !

Résumé:

« 1947. Le dernier des vice-rois des Indes britanniques, Lord Mountbatten, est intronisé à New-Delhi. Lady Edwina, sa femme, est l’une des grandes dames de l’aristocratie anglaise, l’une des plus libertines, et sans doute la plus émancipée. Leur interlocuteur privilégié, le pandit Nehru, vient d’être libéré de sa prison. Bientôt, il deviendra le Premier ministre de l’Inde libre. Tout semble opposer Edwina et Nehru et pourtant, entre l’Indien rebelle à l’Angleterre et la lady anglaise naît une passion impossible que Lord Mountbatten, le mari, accepte avec noblesse. Ils se débattent dans les sanglants événements qui suivent le partage des Indes en deux pays, le Pakistan et l’Inde. En quelques semaines, massacres religieux et épidémies font plus de cinq cent mille morts dans les villages et sur les routes. Seul un vieil homme de soixante-quatorze ans a compris l’imminence de ce désastre: Le Mahatma Gandhi« 

Mon avis:

Quel roman ! Je m’attendais à une banale histoire d’amour entre une blanche et un indien. Mais ce livre est bien plus que ça ! En fait l’histoire d’amour est totalement secondaire. C’est avant tout l’histoire d’un pays vers son indépendance que Catherine Clément nous raconte. 

La première rencontre de l’histoire est de taille: Gandhi ! Un Gandhi vieillissant mais toujours debout, qui se bât (sans violence) pour la paix de son pays. Hélas, Les Musulmans se déchirent contre les Hindouistes. Le sang se répand dans les deux camps. Le peuple veut son indépendance et surtout se délimiter du Pakistan.

Au milieu de tout ça, le vice Roi des Indes britanniques, Lord Louis Mountbatten, et sa femme ont traversé les tourments de la seconde guerre mondiale pour tomber dans une troisième. Une guerre intestine, irréversible qui les laissent aussi impuissants que révoltés. 

J’ai beaucoup aimé Nehru, le premier ministre de l’Inde libre, qui a reçu une éducation anglaise mais dont la guerre a changé en résistant. Il sort de prison au début de l’histoire. C’est un homme enthousiaste, cultivé qui sera tout de suite intrigué par la jeune reine Edwina. Quant à Lord Mountbatten, c’est un homme assez désabusé, qui ne comprend pas les fantaisies de sa femme ainsi que ses prises de risques !

Edwina cache un beau caractère derrière son allure de jeune fille candide. Elle s’est occupée des blessés durant la guerre et est d’autant plus secouée par les meurtres qui deviennent peu à peu quotidiens. Si elle a aimé le « Roi des Indes » à une époque, il se mue progressivement en un mélange d’agacement et de frustration. En revanche son « amour » pour Nehru m’a beaucoup plu, parce que ce n’est pas une « passion exotique ». Elle admire l’enthousiasme et la la soif de justice chez le jeune Indien qui lui, est émerveillé par la beauté et la force intérieure de la jeune femme.

Le trio amoureux est cependant en retrait par rapport au reste de l’histoire.

Malgré tout ses efforts, Gandhi finira assassiné par son propre peuple qui va approfondir encore plus ses inégalités. Mais ce sera le prix à payer pour que l’Inde ait enfin son indépendance et la séparation définitive entre Hindouistes et Musulmans. Cette bataille entre monothéisme et polythéisme m’beaucoup rappelé celle de l‘Antiquité qui opposa les Romains aux Chrétiens ! Au fond, rien n’a tellement changé au fil des siècles…

On y parle aussi une autre religion indienne plus méconnue: Le Sikhisme. Cette religion monothéiste de l’Inde a été une totale découverte pour moi ! Lors du « partage » de lInde et du Pakistan, le territoire des Sikhs se retrouve coupé en deux ; leur peuple est massacré par les Musulmans comme par les Hindous. Habituellement réservés, ils sombrent à leur tour dans la spirale de la violence et des blasphèmes allant jusqu’a égorger un cochon dans une mosquée ! Bref, lInde va s’embraser jusqu’à la folie meurtrière, déchirée entre Musulmans, Hindouistes et Sikhs. Les derniers colons anglais finiront par rentrer chez eux, apeurés et impuissants dans un pays à feu et à sang.

Mais chaque personne aimera (je ne dis pas personnages parce que c’est une histoire vraie !) à sa façon ce pays si particulier qu’est l’Inde, que ce soit pour sa culture, sa richesse…ou ses hommes ! Pour ça, le titre du livre est très bien choisi.

Un livre passionnant, mais dont le résumé n’est pas fidèle à son contenu !

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Le palais des larmes (Michel de Grèce)

Un peu d’exotisme avec un livre dépaysant à souhait ! Si vous aimez les fresques historiques à la Christian Jacq ou Amin Maalouf, ce livre est pour vous !

Résumé:

« Certains, il est vrai, ont fait de mon existence un rocambolesque et parfois sordide roman. La vérité est à la fois plus logique, plus inattendue et encore plus extraordinaire. »

Ainsi commencent, au VIème siècle de notre ère, les confessions de l’impératrice Théodora. Sans faiblesse et sans fard, l’ancienne courtisane qui su gravir une à une les marches du trône et épouser l’empereur Justinien, se souvient. De la misère, des complots, des révoltes, des trahisons, mais aussi de l’amour et de la foi qui guidaient ses pas.  À cette femme de tête et de passion, main de fer dans un gant de velours, prête à sacrifier quiconque ose lui porter ombrage, il fallait un théâtre grandiose. Le Palais sacré de Constantinople, ville dans la ville, avec sa cour et son protocole, ses règles secrètes, ses fastes exquis et ses meurtres sauvages, était à son image. Elle y règnera jusqu’à ce qu’il devienne le Palais des Larmes habité par sa légende.

Mon avis:

Après le Japon, je continue mon voyage littéraire féminin en embarquant pour la Turquie ! L’époque où Istanbul s’appelait Constantinople et faisait partie de l’Empire Byzantin.

Théodora est une jeune fille des quartiers pauvres. Fuyant une famille désunie et un beau-père violent, elle devient  d’abord actrice dans une troupe de théâtre, puis courtisane dans les tavernes obscures où elle use de ses charmes contre un peu d’argent. 

Mais l’appel d’ailleurs est toujours plus fort et après une escapade « mystique » auprès d’ascètes en plein désert, elle retrouve la ville de Constantinople où va se réalisera la prédiction d’une voyante: elle deviendra l’Impératrice !

J’ai beaucoup pensé à l’allée du roi : enfance misérable, prostitution, mais aussi délires mystiques, complots en tout genre et des hommes pas vraiment sympathiques. Mais c’est avant tout l’histoire d’une femme impressionnante et volcanique, qui ne supporte ni la médiocrité ni l’apathie. J’ai beaucoup aimé sa force de caractère !

Méthodiquement, Théodora gravit les échelons, se lance dans le théâtre, la danse, use sans vergogne de ses charmes pour gagner sa vie sans pour autant gagner le coeur des hommes. Mais ce sera Constantinople son grand amour:  cosmopolite, vibrante, vivante. J’ai adoré l’ambiance de cette ville !

Si la jeune femme aura quelques amants, c’est surtout  sa relation avec l’empereur qui m’a fascinée: leur lien tient plus de la compétition que de l’amour. Ils se conseillent, s’espionnent, s’épaulent, se disputent pour mieux revenir l’un vers l’autre. Justinien aussi calme qu’elle est volcanique, ils se complètent totalement politiquement et stratégiquement. Théodora sera une vraie femme politique, à la poigne de fer et la foi très forte. 

Il y a enfin Le Palais Impérial qui est aussi un Univers à lui tout seul, avec ses eunuques, ses espions, ses gardes, ses aristocrates et ses intrigues.

L’histoire avait donc tout pour me plaire. Une femme de poigne, un empire qui doit jongler entre les invasions extérieures et ses propres conflits internes. Sans parler des catastrophes naturelles comme la sécheresse ou les épidémies. 

Les événements s’enchainent bien et il n’y a pas de temps morts. Toutefois, l’écriture manque parfois de finesse. C’est le seul bémol de cette flamboyante histoire !

Une biographie romancée passionnante historiquement mais qui manquait de ce « petit plus » pour me séduire totalement ! 

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Tea-Time (web-série)

« La web-série sanglante à infuser sans modération ». Telle est l’alléchante introduction de cette petite pépite !

Nous sommes dans les années 1900. Un groupe de cinq bourgeoises se retrouvent toutes les semaines pour discuter autour d’une tasse de thé. Leur passion? Les faits divers morbides ! 

Mais voilà qu’un jour, Hélène, la matriarche du groupe, leur avoue l’impensable: elle a commis un meurtre ! D’abord stupéfaites, puis horrifiées, puis fascinées, elles écoutent le récit macabre de leur amie…et décident de faire un jeu. 

Chacune devra commettre un meurtre sans se faire prendre et le raconter aux autres. Le but ? Commettre Le Crime Parfait. Chaque épisode raconte donc le crime d’une des femmes. 

Les mobiles sont tous très différents à l’image du caractère de chacune: Hélène, la femme au foyer modèle fatiguée de suivre « la bonne conduite ». Eugénie, qui envie les stars et leur notoriété. Suzanne, la calculatrice qui ne supporte pas l’arrogance des bourgeois. Angèle, qui garde une trop grande naïveté pour les hommes , son mari en particulier. Et Marguerite, la benjamine, très sensible, dont le meurtre m’aura au final le plus touchée !

Chaque meurtre montre une facette de la personne. Carcan social étouffant, mari infidèle, ennui, désir de reconnaissance… mais aussi le plaisir de duper son entourage !

J’ai beaucoup aimé la psychologie de chaque personnage, qui se révèle sous un autre jour lors de la confession, qui resserrera la complicité des cinq femmes. Elles iront même jusqu’à duper leurs maris respectifs (qui apparaissent lors d’un épisode), en semant de faux indices. La fin, bien que prévisible, n’en est pas moins jubilatoire !

Visuellement, c’est très agréable avec un beau salon, de belles robes. Les théories sont racontées sous formes de dessins, un peu comme au tribunal mais avec un côté plus graphique qui m’a beaucoup rappelé la série I-zombie ! Sans parler du MAGNIFIQUE générique qui illustre parfaitement l’ambiance générale !

En tout cas c’est une jolie curiosité à découvrir ! Surtout si vous aimez les costumes, le thé et les potins entre copines !

Site officiel 

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Vous verrez le ciel ouvert (Gilbert Cesbron)

J’ai découvert cet auteur chez ma grand-mère. Gilbert Cesbron, né le à Paris et mort le à Paris, est un écrivain français d’inspiration catholique. 

Il est surtout connu pour son roman « Chiens perdus sans colliers », qui a été adapté au cinéma avec Jean Gabin. Mais c’est d’un autre livre dont je vais vous parler.

« Vous verrez le Ciel ouvert » est un livre à la fois tragique et lumineux, entre Emile Zola et et Victor Hugo ! Sauf que la religion est le pilier central de cette histoire.

Tout commence avec Michel Legrand, un militant chrétien, qui décide d’aller à Lourdes. Là, il y découvre la souffrance, la foi, la montagne et une foule grouillante. Ainsi qu’une certaine paix à l’idée d’aider les miséreux. Il s’y dévoue corps et âme, comme un infirmier bénévole. Il s’y sent utile et à sa place.

Mais quant il trouve un nouvel emploi au village de Ramèges, ce n’est plus la même chanson :

Dans la montagne, on construit un barrage. La vie est dure, tragique, meurtrière, mais la paie est bonne. Dans le village qui doit être submergé, on boit, on dépense son « fric », et pourtant il y a des misères, des injustices. Entre les coups bas entre collègues, les « accidents » de chantier et les beuveries du soir… Michel assiste à tout cela, dans un mélange de tristesse et d’amertume. 

Le prêtre contre le maire. Les villageois contre les commerçants… L’argent dangereusement gagné dans une montagne défigurée par le béton et les mineurs. Et au milieu de tout ça des enfants paumés: Tit-Oeil et Claire, qui tentent de se tricoter un semblant d’enfance. Et surtout, Odette, la fille du « bistro ». Une jeune fille envieuse, révoltée par le manque réaction du Seigneur pour sa mère malade et (contre) son père violent. Elle ne supporte plus ni son entourage ni son milieu. Seule sa mère compte à ses yeux.

Gilbert Cesbron aborde avec un réalisme touchant l’époque des prêtres ouvriers des années 40-50.

Ainsi qu’une famille éclatée où la fille invoque la Vierge pour guérir sa mère de la maladie qui la cloue au lit. Mais il faut se méfier des Miracles Ils ne sont pas toujours là où l’on pense…

Quelle tragédienne que cette Odette ! À partir d’un mensonge, elle va s’enfoncer dans un tourment digne d’un Hamlet au féminin ! Manipulant ses deux jeunes camarades, elle donne « vie » à la Sainte Vierge, assemble méthodiquement sa brillante machination, sans ce douter du remous, que cela va causer chez les adultes. Et tout le village !

Ainsi le prêtre la croit (alors qu’il la déteste d’ordinaire). Ou plutôt il veut la croire, car cette « manifestation divine » est une occasion trop belle pour ramener des fidèles. Il y a aussi Michel qui connaît bien les enfants,  mais qui croira surtout Claire, la simple, la pure, la (trop) gentille. Sans se douter qu’elle est le jouet d‘Odette.

Louis, (Tit-Oeil) est terrifié par cette jeune fille cruelle et amère. Il lui obéit comme à un chef de gang. Quant à Claire, elle est furieuse que sa rivale ait vu la Sainte et non Elle, l’angélique, la petite fille modèle ! Car c’est elle la vraie pieuse du groupe ! Pour les deux autres ce n’est qu’un jeu pour duper les adultes ! 

Et la Machination enfle, attire les journalistes, les curieux et les politiques. Chacun y met son grain de sel, des inspecteurs aux psychologues. Certains sont sceptiques, d’autres, y voient une distraction comme un encart de journal… ou une nouvelle star ! 

Le dénouement est juste…grandiose dans sa justice. La Pieuse finit par voir la Lumière, tandis que la Menteuse finit dans la Nuit, prisonnière des démons qu’elle a elle-même provoqué. Son père Alcitre, est tout aussi détestable et opportuniste, se servant sans vergogne de sa fille pour lustrer son commerce. 

Je ne saurais décrire mes impressions sur ce livre. La foi de l’écrivain transcende les pages, ça se sent tout de suite qu’il est croyant. Et en même temps, c’est un portrait au vitriol des jalousies mal placées, de l’égoïsme à son apogée. L’écriture est très belle, tantôt lyrique, tantôt tranchante !

La Misère. la Douleur, la Foi comme refuge. le Mensonge, le « Progrès » qui dépouille la nature. Mais aussi la Révolte et la Résignation. La Colère et la Lassitude. Il y a tant de thèmes universels abordés, que je sens d’emblée que ce livre fera partie de ceux que je relirai. 

Un livre singulier, Triste et fort. Et un auteur encore trop peu cité. 

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