« Lettre d’une inconnue » et « Le joueur d’échec » de Stefan Zweig

En ce moment, j’ai des envies de lecture pas trop longues. Et je me rend compte que je n’avais jamais chroniqué « Lettre d’une inconnue », suivi du « Joueur d’échecs » de Stefan Zweig: commençons par la lettre !

Résumé:

« À toi qui ne m’as jamais connue. » La lettre, anonyme s’adresse bien à lui, l’homme qu’il était et qu’il est demeuré, l’écrivain célèbre pour son talent, sa frivolité et ses conquêtes. Comment se souvenir de cette femme qui lui déclare sa passion de toute une vie, de cette adolescente de 13 ans qui l’épiait et l’adorait naguère en silence? Comment revoir le visage de cette inconnue qui se donnerait à lui, plus tard et de leur brève idylle dans Vienne enneigée?

Une bien belle et déchirante nouvelle ! Un écrivain célèbre reçoit une lettre anonyme. Et quelle lettre ! Ce n’est pas juste une déclaration. C’est une Claque Magistrale.

Cette lettre nous conte comment une jeune fille s’éveille à une passion telle, une idolâtrie si folle, que ces tourments la poursuivront toute sa vie. C’est d’abord une simple curiosité enfantine. Puis de la fascination romantique. Et enfin l’éveil des sens.

Et plus ses sentiments grandissent, plus la jeune fille s’y dissout. Elle s’oublie littéralement dans son amour pour cet homme inaccessible. Elle l’épie, l’espère, le désire. Mais elle ne recevra en retour que de petites miettes d’attention: un regard, un sourire, quelques belles paroles. La jeune fille grandit, devient elle-même une des conquêtes de cet homme. Mais jamais, il ne reconnaitra en elle la modeste jeune fille qu’il croisait tous les jours. 

Entre fantasme et déception, l’attente ardente devient frustration, amertume et surtout le pire sentiment qui soit: l’impression d’être invisible… Et pourtant, il n’y a aucune rancune dans ce texte. Juste une tendresse mélancolique. La fin m’a laissé un goût amer. Vous imaginez si Roméo avait oublié Juliette

L’écriture est très agréable, fluide, lyrique. J’ai adoré m’immerger dans la tête, le coeur, les tripes de cette femme.  Au point de trouver l’homme fade à côté. Lui, je ne l’ai pas trop aimé par contre. Ce n’est pas tant le fait qu’il ait des conquêtes. C’est plutôt la façon dont il vit complètement dans sa bulle sans se rendre compte des ravages qu’il peut faire sur les femmes qu’il convoite. Pour ça, la fin m’a beaucoup plue, car comme je l’ai dit au début, cette lettre, c’est une claque in the face !

Une histoire triste mais quel beau portrait de femme !

Le Joueur d’échecs

Résumé:

« Sur un paquebot reliant New York et Buenos Aire, une partie d’échecs entre deux passionnés que tout oppose et que le jeu réunit. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire aux allures de confession… »

Mon avis:

Autre histoire, autre ambiance ! Si la première était triste et romanesque, la deuxième est un huis clos psychologique des plus étouffant.

Le narrateur, un Autrichien en partance pour l’Argentine, est informé de la présence à bord du champion mondial des échecs, Mirko Czentović. Homme intelligent et passionné par la psychologie, il se met en tête de mieux comprendre ce curieux personnage.

Quel étrange gars que Czentovitz ! Orphelin élevé par le curé du village, les échecs sont tout ce qui l’intéresse: hermétique à toute autorité, il ne sait ni lire ni écrire, parle sans finesse et prend plaisir à battre froidement ses adversaires, surtout les bourgeois et autres intellos. C’est un homme froid, calculateur, méprisant. 

Mais voilà qu’un rival inattendu va lui donner plus de fil à retordre que prévu ! Un des spectateur de la dernière partie, M.B, se révèle extrêmement brillant pour contrer la stratégie de l’arrogant Czentowitz ! Grisés par le jeu, les spectateurs encouragent cet inconnu à enfin fermer le clapet de ce denier…

C’est là que l’histoire bascule dans une ambiance beaucoup plus oppressante ! En effet ce mystérieux M.B se révèle avoir un passé des plus tourmenté! Un passé où le jeu d’échec a une place bien particulière…et totalement différente.

Comme son rival, M.B a été obsédé par ce jeu, mais chez lui, c’était une question de survie ! Je n’en dirai pas plus sinon ceci: Pour Czentovitz, l’échec est un gagne-pain qui lui permet de se moquer de la haute-société. Pour M.B, c’était un refuge qui l’a sauvé par le passé. Mais le jeu lui est devenu aussi dangereux qu’un verre pour un alcoolique sévère.

La tension psychologique est suffocante dans cette nouvelle ! Il ne s’y passe  pas grand chose et pourtant, je suis restée fascinée par les stratégies d’échec ! Les parties sont décrites comme une sorte de « boxe mentale » où les coups les plus subtils sont permis ! Si je suis restée de marbre pour le taciturne Czentovitz, l’histoire bien tourmentée de M.B m’a fascinée autant que touchée.

Car des thèmes bien sombres sont abordés: l’arrogance, la peur, l’effet drogue que peut avoir le jeu, la compétition, la trahison. De plus, le cadre « confiné » de l’histoire m’a particulièrement remuée vu le contexte actuel.

Une histoire sombre et fascinante qui change de mes lectures habituelles ! 

Si vous avez d’autres romans/nouvelles de Stefan Zweig à me faire découvrir, je suis preneuse ! J’ai beaucoup aimé !

Coup de coeur série: « Timeless » d’Eric Kripke et Shawn Ryan

J’en ai parlé lors de mon dernier article, voici ma chronique de la première saison de Timeless ! Et quel régal ! Moi qui adore les voyages dans le temps, j’ai été servie !

Résumé:

« Un trio improbable, composé d’une enseignante en histoire, d’un militaire et d’un scientifique, voyage à travers le temps afin d’arrêter un dangereux criminel, désireux de modifier le cours de l’Histoire telle que nous la connaissons. »

Mon avis:

Je crois que je viens de voir la série la plus addcitive et palpitante depuis le Doctor Who !

Un soir, des individus malintentionnés attaquent un laboratoire de la société américaine Mason Industries et réussissent à s’emparer du fruit de leurs recherches top secrètes, qui viennent d’aboutir à la mise en service puis aux tests concluants d’une machine temporelle fiable. À l’arrivée des secours, les voleurs s’enfuient à bord de la machine et voyagent dans le temps. Ils ont kidnappé avec eux une personne sachant piloter la machine temporelle, son inventeur le professeur Anthony Bruhl.

Le voleur s’appelle Garcia Flynn, un fugitif temporel dont le but est de détruire l’histoire des États-Unis car selon lui une organisation secrète dénommée Rittenhouse dirige dans l’ombre les États-Unis depuis 1778. Elle serait responsable de l’assassinat de sa femme et de sa fille. Sans scrupules ni pitié, il est prêt à tout pour arriver

Dans cette chasse à l’homme particulière, une équipe de choc est mise en place: Lucy Preston, une historienne, Rufus Carlin, un scientifique et Wyatt Logan, un sergent-chef des Delta Force. À bord d’une capsule temporelle en forme d’oeil, ils traquent Flynn à travers le Temps et l’histoire.

Mais cette course-poursuite n’est pas sans conséquence sur le présent…notamment celui de Lucy. Sans aller plus loin dans l’intrigue, ce que je peux dire c’est:

Que le thème du voyage dans le temps est remarquablement bien exploité. Le casting est excellent. Mention spéciale pour la belle Abigail Spencer, qui fait Lucy. C’est bien simple, toutes les époques lui vont, c’est assez rageant ! Intelligente et très courageuse, elle ne se laisse jamais marcher dessus mais déteste la violence. Et son arme la plus redoutable est…son regard de chien battu ! Elle peut avoir tout le monde dans sa poche avec ça ^^

Ses deux camarades ne sont pas en reste. Ruffus est un scientifique brillant et intègre. Wyatt est le militaire sans peur…mais non sans reproche. C’est aussi le beau gosse du trio ! Tous les trois forment une équipe qui inspire tout de suite la sympathie.

L’intrigue est palpitante avec un mélange d’espionnage, de policier et de drame familial. J’ai particulièrement aimé la façon dont l’équipe se soude un peu plus à chaque épisode. C’est aussi l’occasion de rencontrer de grands noms de l’histoire: Lincoln, Rooswelt, Davy Crockett, Ian Fleming, l’auteur de James Bond…

Enfin, il y a cette société Rittenhouse, qui donne tout le mystère et le sel de la série ! Chaque épisode m’a emballée et certains cliffangers m’ont laissée très frustrée !

Mais j’ai adoré l’ambiance, le suspense. Il y a même un certain humour ! Et je préfère encore ne pas avoir se réponses à mes questions plutôt que m’ennuyer parce que j’ai déjà trouvé le dénouement !

En tout cas, après Code Quantum, Sliders, Primeval et Le visiteur du futur, j’ai trouvé une série très originale que j’ai hâte de la continuer !

 

« La dernière chevauchée » de Tom Eidson

Depuis mars, j’épure ma PAL et ne lit que ce qui me fait vraiment envie ! Aujourd’hui, je vous emmène au Far West, avec ce livre que j’ai déniché dans la bibliothèque familiale !

Résumé:

« Nous sommes en 1886 au Nouveau-Mexique, et tout l’Ouest a été « civilisé ». Lorsqu’il arrive au ranch de Brake Baldwin, Samuel Jones est un vieil homme fatigué. Dans ce ranch vivent Maggie, la femme de Brake, sa fille ainée Lily, la petite dernière Dot et un Mexicain Manito. L’arrivée de l’étranger va entièrement bouleverser la vie de cette famille. »

Mon avis:

Quelle claque ! La Dernière Chevauchée est plus qu’un western classique. C’est à la fois un drame familial, une page de l’Histoire Américaine et un roman d’aventure.

Brake et Maggie forment un couple heureux et une famille unie. Leur vie au Ranch est dure mais ils ne s’en plaignent pas. Mais tout va changer à l’arrivée d’un vieil homme au lourd passé. En effet, Maggie, d’ordinaire gentille et accueillante rejette l’étranger de façon bien trop violente pour être normale.

Samuel Jones est en effet le père de Maggie qui revient après 30 ans d’absence. Malade, fatigué, il semble trainer un passé aussi lourd qu’une pierre.  Parlant très peu, il ressemble plus à un vieil Indien qu’un père de famille blanche. Pour Maggie, fervente chrétienne, c’est un traître à ses origines autant qu’un père lâche. Autant dire que leur relation est des plus tendue !

Mais lorsque sa fille aînée, Lily est capturée par des Indiens pour la « traite des Blanches », Maggie n’a d’autre choix que de s’allier à ce père étrange pour la retrouver. Ce sera l’occasion pour la jeune femme de tirer au clair le passé de Jones. Mais aussi trouver sa propre rédemption.

J’ai trouvé très interessant le conflit entre la culture indienne (esprit de la nature) et la foi chrétienne. D’un côté des Indiens ravagés par le pillage de leur terre et par l’alcool. De l’autre, des familles flanches attaquées par les Indiens pour vendre leur femmes et filles… 

Et au milieu de ça, un Blanc qui croit en la Magie Indienne, qui pour des raisons obscures, a tourné le dos à sa femme et ses filles. Jones m’a fascinée. C’est un homme brisé mais débordant d’amour. Il parle peu car il sait l’impact que peuvent avoir les mots. 

Il se lie d’affection pour sa jeune petite-fille, Dot. Sa fascination pour ce « grand-père sorcier » va mettre à rude épreuve son innocence de petite fille de 8 ans. Bouleversée par la disparition de sa soeur, elle croit en son grand-père comme à un super-héro qui lui rendrait sa vie d’avant. C’est à la fois triste, beau et touchant.

L’écriture est tellement limpide que j’avais l’impression d’y être ! La chaleur du désert, la fatigue des hommes et des bêtes, le danger d’une attaque indienne, la peur pour l’être aimé. Et le poids que les non-dits peuvent provoquer !

Bref, j’ai dévoré ce livre ! Le seul bémol est la fin, aussi abrupte que le rebord d’une falaise ! J’aurais bien voulu un épilogue !

Mais sinon, ce fut une excellente lecture !

 

« Un long dimanche de fiançailles » de Jean-Pierre Jeunet

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à un classique d’un cinéaste que je ne regarde pas trop habituellement. Mais il faut savoir sortir de ses habitudes !

Résumé:

En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d’autres, il est « mort au champ d’honneur ». C’est écrit noir sur blanc sur l’avis officiel. Pourtant, Mathilde refuse d’admettre cette évidence. Si Manech était mort, elle le saurait !
Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la relierait encore à son amant. Un ancien sergent a beau lui raconter que Manech est mort sur le no man’s land d’une tranchée nommée Bingo Crépuscule, en compagnie de quatre autres condamnés à mort pour mutilation volontaire ; rien n’y fait. Mathilde refuse de lâcher le fil. Elle s’y cramponne avec la foi du charbonnier et se lance dans une véritable contre-enquête.
De faux espoirs en incertitudes, elle va démêler peu à peu la vérité sur le sort de Manech et de ses quatre camarades.

 

Mon avis:

Je n’ai ni adoré ni détesté Amélie Poulain. C’est pourquoi, j’étais un peu sceptique quant à revoir Audrey Tautou. Et bien j’ai bien fait de persister ! Mathilde n’est pas Amélie, loin de là ! Elle n’est pas dans un monde de bisounours; elle est fière, entêtée, follement romantique et surtout coriace !

Elle est aussi handicapée depuis sa naissance, ce qui pour moi, lui donne plus de mordant que si elle était valide ! La vie un combat tout les jours pour elle. Ne serait-ce que pour marcher ! Son amoureux Malech est le soleil de sa vie et lorsqu’il doit partir faire la guerre, c’est un crève-coeur pour la jeune fille ! Mais c’est pire lorsqu’elle apprend sa disparition. Pour elle c’est juste impossible; son coeur le saurait s’il était mort ! 

Alors elle se lance dans une conte-enquête désespérée, va rencontrer des hommes aux histoires tragiques, une liaison interdite, des militaires impitoyables, mais aussi les ravages de la guerre (tant physique que psychologique), qui nous changent à jamais.

Visuellement, on retrouve la photographie nostalgique de Jeunet, qui se prète plus à la Bretagne des années 1919 qu’au Paris moderne dAmélie. Pour le coup, l’ambiance sert le film, qui tient plus d’une tragi-comédie qu’une bluette lisse et naïve. 

Le casting  regorge de têtes connues: Dominique Pinon, Jean-Pierre Daroussin, Albert Dupontel, Jean-Claude Dreyfuss, Marion Cotillard (sans fausse notes) et beaucoup d’autres !

Mais c’est la magnifique…Jodie Foster qui m’a le plus bluffée ! Je ne m’attendais absolument pas à la voir dans ce film ! C’est un plaisir de la voir jouer en français ! Elle y interprète Élodie Gordes la femme d’un des soldat qui a eu une aventure avec l’un de ses camarades de guerre… Leur histoire à la fois touchante et amère n’a rien à envier au couple principal…à part son dénouement !

Quant à Audrey Tautou, eh bien comme je l’ai dit, je l’a largement préférée dans ce film ! Mathilde est une battante qui dénoue le vrai du faux avec obstination. Son amoureux est joué par Gaspard Ulliel, un mannequin aux allures de Jonathan Rhys-Meyers en plus jeune ! L’histoire alterne le gris du passé et le « doré » du présent de l’héroïne. Ce contraste en ombre et lumière fait tout le charme de ce film ! 

J’ai regardé avec surprise et plaisir ce joli film. Bonne pioche, donc ! Prochainement, j’ai très envie de voir La Cité des enfants perdus !

Miss Fisher et la Crypte des larmes

Oh my god ! Si certains trépignent à l’arrivée du prochain Kaamelott, moi, c’est une toute autre série qui me fait fangirler comme une folle: Miss Fisher enquête va passer sur grand écran !

Après un certain succès et des projets spin off avortés, la belle enquêtrice nous revient, plus glamour que jamais, dans un film qui sortira aux États Unis demain: Miss Fisher and The Crypt of Tears !

Résumé:

« Après avoir libéré une jeune femme Bedouine d’un injuste emprisonnement à Jerusalem, Phryne Fisher et Jack Robinson partent en voyage résoudre une énigme étrange à propos d’émeraudes, de malédiction ancienne, de tribu de Shirin et  autres aventures … »

Je ne sais pas encore quand (ou si) ça sort en France mais j’aimerais beaucoup découvrir cette nouvelle aventure qui a un parfum d’Indiana Jones et de Mort sur le Nil ! 

Et vous?

 

« Un clafoutis aux tomates cerises »

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, une petite chronique d’un roman feel-good et nostalgique ! Et j’adore le titre !

Résumé:

Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés…

Mon avis:

Une jolie pause à la fois légère et grave. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ma grand-mère, mais aussi mes propres parents en lisant ce livre. 

Jeanne est une dame de 90 ans pleine de vie, d’humour et d’entrain. Elle adore les mots croisés, le thé, les copines, les bons légumes du potager. Elle voue un culte à son jardin et mène une vie bien plus remplie que l’on pourrait le croire !

La première partie du livre est désopilante de légèreté. C’est un hommage aux plaisirs simples de la vie: rire entre amies, les petits enfants turbulents, le voisin qui sait tout faire… la vache échappée qui débarque sans prévenir dans le jardin … le tout dans une belle maison à la campagne…

Gastronomiquement, c’est aussi un festival de bonnes choses: tartes, soupes, thé, vins… framboises cueillies en foret… J’ai fait un petit retour en enfance ! 

Petit à petit, Jeanne prend conscience que la vieillesse est différente pour tout le monde: une de ses amies perd la tête, une autre se bat contre un cancer, d’autres ont perdu leur mari, voire même des enfants !

Jeanne elle-même a des pertes de mémoire, a de plus en plus de mal à conduire et perd ses forces…Mais jamais sa dignité ! C’est une qualité que j’ai toujours admiré chez les personnes âgées ! Elles ont une pudeur touchante sur leur états d’âme, qu’elle cachent souvent derrière l’humour ou le silence.

Enfin, et c’est le plus surprenant, je me suis reconnue dans beaucoup de ses réflexions ! La technologie qui évolue trop vite, le temps qui file et surtout la mort qui frappe nos voisins, nos proches… vieux ou moins vieux, chamboulant les repères d’une vie. Ce passage m’a particulièrement parlé parce que c’est un sentiment universel !

Une lecture douce et tendre qui m’a beaucoup émue !

 

Coup de coeur: « Seul sur Mars » de Ridley Scott

Décidément, j’adore les films se déroulant dans l’espace ! Après le surprenant Interstellar, je découvre enfin Seul sur Mars ! Et quelle belle découverte !

Résumé:

« Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies. »

 

Mon avis:

Certes l’histoire est basique: un « Seul au Monde » de l’espace qui montre comment un astronaute a survécu dans des conditions précaires. Mais j’ai été happé tout de suite dans le film grâce à la belle interprétation de tout le casting, et pas seulement Matt Damon ! Le film montre en alternance la survie de l’astronaute et les hommes sur Terre qui cherchent à le contacter. Entre solitude étouffante et travail de recherche acharné, ce film sait bien alterner les moments de calme et de tension.

Côté casting, c’est un sans faute: Aucun acteur n’en fait des tonnes. Que ce soit sur Terre ou dans l’espace ! Le lien fort entre les membres de l’équipage m’a beaucoup touchée. Pas d’hypocrisie, ou de réaction mélo-dramatique. Chacun prend ses responsabilités et ça m’a beaucoup plu ! Si toutes les équipes pouvaient être comme ça !

Mais c’est surtout en tant que fan de Matt Damon que j’ai voulu voir ce film !

Et c’est pour moi l’un de ses plus beau rôle ! J’ai adoré la personnalité de Mark Watney: un vrai explorateur prêt à toute éventualité. Un bricoleur-botaniste qui commente en voix-off chacune de ses trouvailles, tel un Mac Gyver futuriste ! Il a de la répartie, du courage et un bon sens de l’humour !

Durant son « naufrage » martien, Mark trouve des trésors d’ingéniosité, non seulement pour survivre et surtout pour garder le moral: par son journal de bord, il montre un courage exemplaire, vit au jour le jour sans tergiverser. Il y a très peu de moment où on le voit « craquer ». En plus, la bande originale, très disco, donne un peps bienvenu dans une histoire qui aurait pu tomber dans le tragique. Enfin, la transformation physique de Matt Damon est  juste impressionnante ! 

Les paysages « martiens » , tournés en Jordanie sont de toute beauté ! Et même la NASA a été tournée de la manière la plus crédible possible. Il n’y a aucun « méchant » dans le film et ça fait du bien ! 

Un film efficace, très beau visuellement et au final, plutôt « Feel Good » !

Défi guerre: « La voleuse de livres » (Markus Zusak)

Hello à tous ! Cette semaine je vous fais découvrir un livre dont le titre m’intriguais beaucoup ! Les récits de guerre me touchent (qu’ils soient fictifs ou non). Et j’étais curieuse de découvrir celui-ci.

Résumé:

C’est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d’un humour noir, elle témoigne de la folie des hommes. Parmi eux, une rencontre va éveiller sa curiosité, celle de Liesel Meminger.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.
Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Son extraordinaire force face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort un bien joli surnom : « la voleuse de livres »…

Mon avis:

Ce livre m’a autant émue que surprise !

La seconde guerre mondiale racontée…par la Mort elle-même ! Un éclairage nouveau sur cette période tragique qui renvoie à La question que toute personne se pose quand la mort frappe: Pourquoi? Pourquoi je meurs maintenant? Où l’inverse: Pourquoi ai-je survécu? Pourquoi ma famille est morte et pas moi?

J’ai trouvé que le thème de la guerre mondiale vue par Faucheuse était très original !

La Faucheuse a en effet beaucoup de « travail » en cette période. Elle emmène  autant de coupables que d’innocents. C’est son boulot de libérer les âmes. Et elle n’aime pas ça. Pourtant, certains humains lui échappent, la troublent. Elle raconte l’histoire de l’une des ces âmes fortes: Liesel Meminger.

Liesel est une petite fille courageuse et fille de parents communistes. Pour les protéger, elle et son frère Werner, ses parents les envoient dans une famille d’accueil. C’est là que Liesel va croiser pour la première fois la Mort… qui lui « enlève » son frère dans le train !

Traumatisée, la pauvre fera des cauchemars pendant des mois…Et puis la vie continue, avec ses épreuves et ses fugaces bonheurs. Pour Liesel, ce sera les livres. Pourtant la jeune fille ne sait pas lire ! Ce sera son père adoptif, Hans Hubermann, qui lui apprendra. En effet, ça ne se passe pas très bien à l’école et la petite est souvent corrigée sévèrement par sa maîtresse.

Heureusement, il y a le foot avec Rudy Steiner. Elle aide aussi sa mère adoptive, Rosa, à distribuer le linge qu’elle lave pour les riches voisins. La jeune fille reste digne et forte. J’ai bien aimé Rudy, un jeune garçon vif et débrouillard, clairement amoureux d’elle. 

Tout au long du roman, la Mort est omniprésente, et pas seulement parce que que c’est elle qui raconte l’histoire. Liesel vit entourée par la Mort;  elle va devoir composer pour survivre, grandir et garder l’espoir, prenant même des risques importants. 

Elle se liera d’amitié avec un jeune boxeur juif, Max Vandenburg, qui sera réfugié dans sa cave. Il lui apprendra « Le pouvoir des mots ». Petit à petit, la lecture deviendra un vrai refuge pour Liesel. Elle volera de nombreux livres. D’autres lui seront offerts. Mais tous auront une signification. L’un d’eux sera arraché des flammes, d’autres seront écrits. 

Leur amitié sera d’autant plus touchante que Max est un jeune homme fragile et tourmenté, malade d’angoisse dans cette cave glaciale ! C’est beau de voir un lien Allemand/Juif au coeur de la tourmente ! La manipulation nazie est glaçante et on ne parle pas assez des Résistants Allemands durant cette période !

Et surtout, c’est l’histoire d’une jeune fille qui se battra jusqu’au bout pour la liberté, trouvant sa force dans les histoires et défiant l’autorité en volant des livres ! 

Un livre fort, intelligent, qui montre à la fois l’innocence et la cruauté des hommes. Leur courage face à l’horreur. Je me souviendrai de Liesel, de Max, de cette famille cabossée mais digne. Un grand roman.

Pour le coup, j’ai vu récemment la bande-annonce du film adapté de ce livre et ça m’a l’air prometteur ! Je le verrais bien en challenge de Noël !

Défi Western 4:La vengeance des mères (Jim Fergus)

Je continue ma découverte de Jim Fergus avec le deuxième volet de Milles Femmes Blanches ! Attention, risque de spoliers du premier livre dans cet article !

Résumé:

« 1875. En dépit de tous les traités, la tribu du chef Cheyenne Little Wolf, qui avait échangé milles chevaux contre molles femmes blanches pour les marier à des guerriers ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine. Quelques femmes blanches seulement  échappent à ce massacre. Parmi elles deux soeurs, Margaret et Susan Kelly. Prêtes à tout pour venger la mort de leurs enfants, elles décident de prendre le parti du peuple indien et vont se lancer à corps perdu dans une lutte désespérée pour leur survie… »

Mon avis:

C’est avec plaisir que je retrouve les personnages forts de cette épopée !

Elles sont loin les jeunes femmes apeurées du premier bouquin ! Arrachées à leur foyers, leurs enfants tués sous leurs yeux, il n’y plus que rage et douleur chez ces femmes ! Trahies deux fois par les Blancs supposés « civilisés », elles sont devenues de véritables guerrières !

Ce deuxième volet raconte leur histoire sous forme de carnets, journal intime plein de rêves, d’illusions et surtout, comme l’indique le titre, de vengeance.

Ces femmes étaient des parias dans leur pays d’origine: orphelines, femmes battues, lesbienne et même une « folle », (comprenez « une femme qui n’aime pas son mari »). En pleine guerre, elles parcourent les plaines avec le reste de leur famille indienne et croisent la route de nombreux Blancs.

Certains sont bons, comme ce jeune curé venu « donner la foi aux sauvages » qui se retrouve au coeur d’un massacre qu’il ne comprend pas. Son regard, presque enfantin devant l’horreur m’a beaucoup touchée.

Et d’autres absolument terrifiants comme ce mercenaire, éclaireur de l’armée qui chasse les indiens comme du bétail et prend un plaisir pervers à torturer femmes et enfants. 

Plus que la guerre, le racisme et la cruauté des hommes, il y a un beau parcours initiatique chez ces femmes: que ce soit pour retrouver une amie, venger la mort d’un enfant, ou retrouver la foi, que ce soit en un dieu ou simplement l’amour. Et que dire des enfants métis rescapés de ce qui devait être « un pont entre deux cultures »?

J’ai été frappée par la beauté sauvage du cadre, le tourment de ces femmes et du peuple indien opprimé. Mais aussi, par les motivations propres à chacun dans cette guerre: la survie, la vengeance, le deuil. Mais aussi… l’illusion de croire qu’il existe une « race supérieure ». Je dois dire que c’est ça qui m’a le plus révoltée, dans cette histoire ! Et le pire, c’est qu’il existe encore des personnes qui pensent de cette façon à notre époque !

Je n’oublierai pas de sitôt les jumelles Kelly, May Dodd , Lady Ann et sa servante. Beaucoup plus dense que Mille Femmes blanches, La vengeance des mères nous montre notre incroyable force d’adaptation face au pire. Et à quel point cette rage face aux malheur peut autant détruire que porter une personne.

J’ai découvert qu’il y avait un troisième volet qui cloture cette sublime saga: Les Amazones ! Autant vous dire qu’il est déjà dans ma Wish list !

Un livre envoûtant, fort et dur, qui fait réfléchir à notre propre « sauvagerie » !

Le prisonnier du ciel (Carlos Ruiz Zafon)

Hello à tous ! Pour cette rentrée, je démarre fort avec un livre qui m’attendait depuis …trop longtemps ! Aimant les ambiances sombres et fantastiques, Carlos Ruiz Zafon est parfait pour cette période !

Résumé:

« Au mois de décembre 1957, un inconnu se rend dans la librairie des Sempere pour acheter un exemplaire du Comte de Monte Cristo et l’offrir ensuite à Fermin Romero de Torres, accompagné d’une lettre plutôt menaçante. Fermin est alors contraint de révéler le lourd secret qu’il a toujours caché. Il raconte ainsi à Daniel Sempere son histoire et les terribles moments qu’il a vécu dans la prison de Montjuïc en 1939 en compagnie du mystérieux David Martin, auteur de La Ville des Maudits.

Dix-huit années se sont écoulées, les ombres de son passé refont surface pour Fermin, quelqu’un crie vengeance. Le Cimetière des livres oubliés n’a pas fini de livrer tous ses secrets … »

Mon avis:

Alors déjà, un livre qui rend hommage aux livres…ça ne pouvait que me plaire !

La librairie Sempere & Fils est assez particulière. Elle ne contient que des raretés. Des oeuvres méconnues. Daniel Sempere s‘occupe de la boutique avec bonheur et tout son amour pour les livres. 

Mais un soir de Noël 1952, l’un de ses clients et ami Fermin, reçoit un « cadeau » des plus étrange: une « dédicace » qui l’a terrifié au point qu’il en soit méconnaissable ! 

Ne reconnaissant plus son ami, Daniel décide de lui faire cracher le morceau.

Ainsi débute l’histoire terrible de Firmin, dans la prison de Montjuïc en 1939.

En plein Franquisme, le jeune homme vit dans des conditions innommables: frappé torturé, le jeune Firmin endure autant les coups que les insultes. Il se noue des liens plus ou moins amicaux avec les autres prisonniers. L’un d’eux l’intrigue particulièrement: David Martin, un écrivain lunatique et perturbé, qui est particulièrement malmené par ses geôliers.

Mais plus que ses tortionnaires, c’est le « directeur » de la prison qui m’a fait froid dans le dos; Mauricio Vals est un bourgeois cultivé, arrogant, sans scrupule. Pour lui, les gens du peuple sont des sous-merdes qu’il prend plaisir à  manipuler, que ce soit chez les prisonniers ou leur famille. Il ne « garde » que ceux dont il peut tirer profit. David Martin est de ceux-là. Et Firmin est son pion.

Je n’en dirai pas plus concernant l’intrigue. Ce que j’en conclue par contre, c’est que ce livre m’a beaucoup surprise ! Entre torture de guerre, cupidité, mais aussi secrets de famille, ce livre baigne moins dans le fantastique que les précédents. On est plus dans le mystère, les non-dits, la solidarité inattendue et des amours contrariés. L’écriture est toujours aussi prenante et l’ambiance est presque gothique par moment.

Enfin, les livres ont une place spéciale qui m’a touchée. L’auteur parvient même à placer des clin d’oeil à ses autres romans L’Ombre du vent et Le Jeu de l’ange, qui complètent cette série !

L’action et le suspense sont dosés juste ce qu’il faut ! J’ai dévoré ce livre ! La première partie du roman est sur la vie de Daniel, dans une Barcelone qui se relève à peine de la guerre. La deuxième parle du combat de Firmin et de ses compagnons d’infortune et la fin… m’a beaucoup frustrée !

Il faut que je lise le Labyrinthe des Esprits ! C’est juste obligé !

En tout cas, je suis toujours aussi fan de Zafon et son univers ! Et je ne peux que le conseiller aux fans de mystères, de livres et d’ambiance brumeuse… 

Un livre parfait pour l’automne !