L’histoire de mon blog: 11 ans déjà !

Et oui ! Je n’en reviens toujours pas moi-même ! Onze ans que j’écris mes articles ! Mais comment j’y suis arrivée? 

Tout d’abord, ce blog n’est pas le premier: celui-là a été créé en 2005. À l’époque, j’écrivais déjà beaucoup, mais plus par frustration personnelle. Et puis, un jour, j’ai eu une idée: et si, au lieu de me plaindre, j’écrivais sur les choses que j’aime ?

Tout est parti de là ! Le nom de mon blog est très symbolique pour moi. Je l’avais trouvé en m’inspirant du titre d’un livre mais il a maintenant pour moi une vraie signification:

Déjà, parce que Claire est mon vrai prénom. Mais surtout, parce que suis passé d’un état « obscur » à « clair », c’est à dire optimiste et lucide sur moi-même. De plus, ce blog est mon « Espace », un lieu rien qu’à moi. 

Je me suis rendue compte que je pouvais intéresser les gens. Que faire un blog, ne voulait pas forcément dire s’enfermer dans une bulle virtuelle. Cet espace est devenu un lieu d’échange au contraire ! Comme une maison, j’ai le droit d’y accueillir qui je veux !

Je ne sais pas si ce blog va encore durer. Mais une chose est sûre: c’est grâce à cet « Espace en Claire-Obscure » que je  suis sortie de mon égoïsme et que je vis pleinement dans la réalité. C’est donc aussi grâce à vous, chers lecteurs et lectrices !

Alors MERCI  à vous ! On se donne rendez-vous dans dix ans? 

« Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre » de Rita Sepetys

Aujourd’hui, place à une lecture, certes, loin d’être gaie, mais qui m’a beaucoup plu ! Je suis toujours touchée par les récits de guerre et celui-ci me faisait de l’oeil depuis un moment !

Résumé:

Lina est une jeune Lituanienne comme tant d’autres. Très douée pour le dessin, elle va intégrer une école d’art. Mais un nuit de juin 1941, des gardes soviétiques l’arrachent à son foyer. Elle est déportée en Sibérie avec sa mère et son petit frère, Jonas, au terme d’un terrible voyage. Dans ce désert gelé, il faut lutter pour survivre dans les conditions les plus cruelles qui soient. Mais Lina tient bon, portée par l’amour des siens et son audace d’adolescente. Dans le camp, Andrius, 17 ans, affiche la même combativité qu’elle.

Mon avis:

Je n’ai encore jamais lu de récit sur la guerre soviétique ! C’est chose faite avec ce « témoignage romancé » inspiré par l’histoire de l’autrice elle-même !

Lina est une jeune fille brillante. Très sensible à l’art, c’est une combative, qui ne supporte pas l’injustice. Elle a des rapports parfois tendus avec ses parents, surtout quand elle s’intéresse un peu trop à la politique de son pays.

En une nuit, tout bascule : des militaires saccagent son foyer et la jette, avec sa famille dans un train insalubre pour la Sibérie. Autant dire la descente aux enfers ! La cruauté des militaires est sans limites: injures, coups, agressions sexuelles sur les femmes et autres atrocités. Certains passages m’ont juste écoeurée par leur violence !

Au coeur de ce chaos, la jeune fille montre une exceptionnelle rage de vivre ! J’ai aimé le fait que ce soit le dessin qui la fasse tenir. Elle est déterminée à témoigner du massacre dont elle a été victime et témoin, enregistrant tout dans sa tête pour mieux le reproduire plus tard. Une vraie résistante !

Sa famille est tout aussi admirable: une mère diplomate, d’un calme extraordinaire. Un petit frère qui ne comprend rien à tout ce massacre mais qui s’accroche, vaille que vaille. Un père cultivé et engagé, qui se bat pour la liberté de son pays, loin des siens.

Sa « romance » avec Andrius est très bien écrite vue le contexte. Ils se soutiennent, s’accrochent l’un à l’autre, même lorsqu’ils sont séparés. Ce qui n’empêche pas les disputes et les malentendus. J’ai bien aimé ce jeune homme, courageux, qui ne reste jamais inactif. 

L’écriture est à la fois dure et poétique. Chaque déporté porte une histoire et des motivations différentes. Certains ont perdus espoir, d’autres obéissent sans faire de vagues, de peur d’être tué. D’autres enfin, résistent, crient leur révolte, aident le plus de monde possible… quel qu’en soit le prix.

Tout ça dans un froid polaire et des conditions de vie à pleurer. J’avais l’impression de lire un authentique témoignage ! Je me suis parfois demandé comment j’aurais réagi si j’avais vécu à cette époque. Aurais-je résisté? Suivi le mouvement? impossible à savoir !

 J’aime aussi beaucoup la photo choisie pour la couverture, qui illustre très bien cette histoire tragique mais pleine d’espoir!

Un livre fort et nécessaire, qui m’a remué les tripes !

Défi Femmes du monde: ma PAL féministe de ce printemps

Qui dit mois de Mars, dit Journée de la Femme ! C’est pourquoi j’ai décidé de faire une PAL sur un thème qui m’inspire: Les Femmes du monde. Par « monde », j’entends le côté ethnique, culturel, social mais aussi d’autres mondes fantastiques ! Parmi les livres que j’ai choisi:

  • « La perle et la coquille » de Nadia Hashimi

la condition des femmes d’Afghanistan. Je connais encore mal ce pays et ce livre a fait couler beaucoup d’encre !

  • « Les dames du lac » de Marion Zimmer Bradley:

La quête du Graal, uniquement vue par les femmes des légendes Arthuriennes ! Ça fait un bon moment que je veux lire ça ! On connait Morgane, Viviane, Guenièvre… mais Morgause n’est pas assez citée à mon goût !

  • « Tous ces silences entre nous » de Thrity Umrigar,

Les femmes indiennes dans le Bombay d’aujourd’hui. L’Inde est l’un des pays qui me fascine le plus! C’est donc un passage obligé ! Merci Persephone pour la découverte !

  • Moloka’i : la prisonnière du paradis d’Alan Brennert.

Cette fois-ci, nous partons pour Hawaï avec une histoire aussi exotique que mystérieuse !

Certes, ce n’est pas une histoire écrite, mais sa galerie de portrait va bien au delà des mots…

Le goût des pépins de pommes (Katharina Hagena)

Hello à tous ! Aujourd’hui, une chronique littéraire pleine de douceur et de nostalgie avec cette nouvelle lecture !

Résumé:

« A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. C’est finalement Iris qui hérite de la maison. Si elle est d’abord tentée de la revendre, elle décide finalement, assaillie par les souvenirs, de la conserver. Chaque pièce qu’elle redécouvre lui raconte l’histoire de la famille, sur trois générations de femmes, aussi singulières les unes que les autres : pourquoi Tante Inga est-elle électrique ? Depuis quand Tante Harriett se teint-elle les cheveux au henné ? Comment est morte Rosemarie ? »

Mon avis:

Une belle plongée nostalgique dans un passé tantôt, lumineux, tantôt plus sombre. J’ai adoré cette histoire familiale qui renait peu à peu de la maison elle-même plutôt que que la narratrice !

Iris est une bibliothécaire compétente mais qui a perdu le gout de lire. À la mort de sa grand-mère, elle hérite de la grande maison familiale, encore pleine de secrets et de vieilles robes… Mais aussi des non-dits sur trois générations, qu’elle découvrira au fur et à mesure.

Il émane de ce livre un joli mélange de mélancolie, de douceur et paradoxalement de joie de vivre ! La mémoire a une place importante: que nous laissent nos familles et nos proches sinon des souvenirs? 

Dans le cas de Bertha, la grand-mère d’Iris, c’est d’autant plus dramatique que sa mémoire l’a fui au fil de ses derniers jours… Ayant connue ma propre grand-mère dans cet état, ces passages m’ont particulièrement touchée. Où vont les souvenirs quand ils quittent une personne? 

Il y a aussi Rosemarie, la voisine d’Iris, morte à 19 ans dans des circonstances troubles: suicide? Accident? Le choc de cette mort a eu un impact terrible et obscurci la mémoire des habitants autant que de la maison.

Car la demeure elle-même est un personnage à part entière. Ce livre aurait pu s’appeler « la mémoire des murs » car j’ai eu l’impression que la demeure avait littéralement « absorbé » l’histoire de cette famille ! Et c’est à la fois beau, troublant et fascinant !

Enfin, le cadre bucolique est superbement décrit ! Les fleurs, le verger, les fruits, le soleil qui réchauffe les coeurs blessés… L’autrice a su rendre l’atmosphère à la fois tendre et nostalgique, sans jamais tomber dans le larmoyant ou le mortifère !

Un livre tendre, bucolique et féminin, qui cache une belle profondeur derrière son histoire à priori banale ! À lire avec une pomme à portée de main !

« La maison des frères Conan » de Daniel Cario

Et voici un livre qui m’attendait bien sagement ! J’ai toujours aimé la littérature de terroir qui me fait découvrir à la fois différentes régions mais aussi des contextes historiques riches et des métiers oubliés… Alors quand en plus, l’un des personnages possède un handicap, je me suis jetée dessus !

Résumé:

« Louis-Marie et Céleste Conan ont grandi dans la forêt de Camors, en Bretagne, avec leur père sabotier. Anaïs, la mère, « épuisée de vivre comme des bêtes » dans leur hutte humide et bouleversée par la naissance de son cadet trisomique, a fui. On ne l’a plus jamais revue. Ne plus être à la marge, différent des autres… Depuis l’enfance, Louis-Marie a à coeur de concrétiser son rêve : construire sa maison. Une vraie, en pierre, avec un toit. Le jeune homme est tout à son oeuvre, à son immense chantier. Alors que son frère Céleste, adolescent à la face de lune et à la force colossale, perçoit autour d’eux les dangers d’un monde troublé, en pleine Occupation. »

Mon avis:

Une belle fresque familiale au coeur de la Bretagne

Tout commence avec drame familial: Simon Conan, sabotier de son état est à la fois impatient et angoissé pour sa femme, en plein « travail ».  Mais voilà, leur deuxième enfant naît trisomique. Et pour la mère, Anaïs, c’est une punition. Elle était persuadée d’avoir une fille et voulait l’appeler Célestine. Finalement, ce sera Céleste.

La vie suit son cours et plus les années passent et plus Anais dépérit. Et commet l’impensable: elle abandonne sa famille et surtout cet enfant « différent » qu’elle n’a jamais accepté.  Les Conan vont devoir continuer à vivre sans elle. Heureusement, le fils aîné, Louis-Marie, ne laissera personne faire du mal à son frère !

J’ai beaucoup aimé le cadre rural rude et la tendresse bourrue des personnages ! La nature a une place mystérieuse qui m’a fait penser à Jean Giono !

Entre les superstitions, les suspicions politiques et les jalousies, nos deux frères vont devoir se battre pour réaliser leur rêve: construire leur propre maison en pierre. 

Il y a le rejet de certaines personnes du village, mais aussi le soutien d’autres, en l’occurence leur institutrice, qui accueillera les deux garçons à bras ouverts. J’ai été agréablement surprise par cette femme forte, qui se bat pour l’égalité de l’enseignement ! Il y a aussi l’intolérable cruauté des enfants entre eux, qui sans le savoir, reproduisent le même schéma que leur parents. 

J’ai été émue par la Dignité Exemplaire des Conan, que ce soit le père ou les frères. Louis-Marie prend littéralement Céleste sous son aile, devenant le nouveau pilier de la famille. Car Simon vieillit, et veut que son fils ait une meilleure vie que la sienne. Louis-Marie et Céleste iront donc à l’école, mais garderont toujours l’espoir de réussir à construire leur maison. Ils se feront une amie, Madeleine, qui les soutiendra jusqu’à l’impensable. Je n’irai pas plus loin sinon je vais finir par vous spolier la fin ! Mais ce que je peux en dire c’est que cette famille m’aura fait vivre un beau voyage, dans une Bretagne méconnue, plus du côté forêt que du côté mer !

Tout ça pour dire que j’ai beaucoup aimé cette belle fresque familiale, riche en histoire et en personnages touchants. 

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La valse des arbres et du ciel

Bonjour à tous(tes) ! Aujourd’hui, place à un joli « Pol-Art » historique découvert grâce à Solène ! Je ne connaissais pas du tout Jean-Michel Guenassia, et j’ai hâte de découvrir d’autres de ses livres !

Résumé:

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies. Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ?

Mon avis:

Après Michel Bussi et son livre inspiré de Monet, c’est la vie de Van Gogh que je découvre avec Jean-Michel Guenassia !

L’histoire est racontée du point de vue de Marguerite Gachet, la fille du docteur Paul Gachet, médecin, artiste, collectionneur d’œuvres d’art et professeur d’anatomie artistique. Il est surtout un père froid et opportuniste, ne pensant qu’à sa notoriété. Il se sert sans vergogne de sa progéniture pour se pavaner en société.

Lorsqu’il soigne un jeune peintre du nom de Vincent Van Gogh, il ne se doute pas que son arrivée va tout changer ! Van Gogh est un artiste brillant mais confronté à des crises de démence. Il réside dans une chambre mansardée, à l’auberge des Ravoux. Inspiré par la belle campagne et ses tournesols, il y peindra de superbes tableaux qui seront le « salaire » du docteur qui l’ausculte tout les dimanches.

L’auteur va romancer admirablement le dernier amour de l’artiste et son goût de l’absolu, le tout magnifié par le regard d’une femme passionnée. L’histoire est entrecoupée de coupures de presse de l’époque, ce qui est une façon originale de s’immerger dans l’état d’esprit de la population et son gouvernement !

C’est aussi l’histoire d’une femme qui rêve d’ailleurs sans jamais vraiment franchir le pas. Jusqu’à que sa rencontre avec le peintre la bouleverse. Peut-on vraiment parler d’amour d’ailleurs? J’ai beaucoup pensé à Catherine Earnshaw, car la jeune femme est subjuguée par l’art de Vincent, et lui voue une adoration destructrice.

L’écriture est fluide et belle. Le twist final est vraiment bien trouvé compte tenu de la personnalité tourmentée de Van Gogh ! J’ai aimé le contraste entre la lumière du cadre et la noirceur des personnes ! mais plus que le peintre, c’est la famille Gachet qui montre sa facette sombre avec sa révolte, son hypocrisie, mais aussi sa cupidité ! 

Une belle découverte, qui m’a donné envie de voir la biopic de Van Gogh avec Kirk Douglas !

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Live du jour: « Empty Walls » (Serj Tankian)

Mode « chair de poule » à son maximum avec cette incroyable voix: Serj Tankian, de System of a Down, le Freddy Mercury arménien (oui, comme Charles  Aznavour ! )

C’est aussi une personne engagée, les chanson de son groupe ayant souvent pour thème la guerre (le génocide arménien entre autre) et la politique. Cette chanson n’échappe pas à la règle: Empty Walls fait référence au 11 septembre 2001, et donne une vision assez sombre de l’Amérique…