Coup de coeur: « Farscape » de Rockne S. O’Bannon

S’il y a bien une série SF (annulée) qui mériterait d’être plus connue, c’est bien celle-là ! Farscape est une série australienne diffusée du au sur Nine Network en Australie et Sci Fi Channel aux États-Unis. En France, la série a été diffusée du au sur Série Club.

Résumé:

« John Crichton est astronaute. Le jour où il part dans l’espace pour vérifier l’une de ses théories, son module est aspiré par un vortex et il se retrouve projeté dans une zone inconnue de l’univers où personne n’a jamais entendu parler ni de la terre ni des humains. Il est recueilli par un Léviathan avec à son bord trois prisonniers en train de s’échapper. Dès lors il n’aura de cesse de chercher un moyen pour pouvoir rentrer chez lui. Mais le voyage ne sera pas de tout repos car l’univers grouille de menaces plus dangereuses les unes que les autres… »

 

Mon avis:

Si elle est moins politique que Babylon 5, Farscape est indéniablement plus fun et créative ! L’épisode-pilote m’avait laissée dubitative, mais la suite m’a définitivement convaincue !

Au cours d’une expérience spatiale, un astronaute, John Crichton, se trouve projeté à travers un trou de ver dans une galaxie lointaine. Il se retrouve au milieu d’un combat opposant un vaisseau vivant, Moya, à une horde de chasseurs spatiaux appartenant à la race guerrière des Pacificateurs. Le petit vaisseau de Crichton est heurté par un chasseur pacificateur qui s’écrase sur un astéroïde. Il est ensuite happé par Moya où Crichton se retrouve en compagnie de trois prisonniers évadés : Ka D’Argo, guerrier luxan ; Pa’u Zotoh Zhaan, prêtresse delvienne et Rygel le XVIe, monarque hynérien déchu tentant de retrouver son trône.

Une pilote pacificatrice, Aeryn Sun, lancée à leur poursuite puis condamnée à l’exil par son commandant le capitaine Bialar Crais, pour avoir été trop longtemps en contact avec les fuyards, vient compléter l’équipage hétéroclite du vaisseau léviathan.

Au départ franchement dérouté, John va finir par s’attacher à cet équipage étrange et son vaisseau vivant ! Les créatures sont aussi complexe que drôles et j’ai vraiment adoré découvrir chaque extra-terrestre, que j’ai trouvé bien plus intéressants que le héro lui-même !

Tout d’abord Zhaan, la prêtresse delvienne: à la fois médecin, scientifique et religieuse, cette créature fascinante peut soigner toute formes de vie…dont le vaisseau lui-même ! Elle dégage un calme et une spiritualité étonnante et incarnera le plus souvent la voix de la raison de la série. En tout cas, elle m’a intriguée tout de suite ! L’épisode où l’on découvre sa planète et sa culture m’a émerveillée ! 

Rygel est une créature absolument GÉNIALE ! Entre sa bouille de Yoda moustachu et ses réflexions tordantes, je me suis crue dans Labyrinthe ou le Dark Cristal ! Il donne la touche d’humour cocasse et impertinent dans cet univers sombre et complexe ! Pour moi, c’est la mascotte du vaisseau !

D’Argo est de prime abord très antipathique: entre son faciès de poulpe et sa barbarie, c’est celui qui se méfiera le plus de John au départ ! Mais peu à peu, une certaine camaraderie naîtra entre eux. Il cache aussi un lourd secret, qu’il ne révélera que bien plus tard. Guerrier redoutable, son tempérament bourru m’a fait penser à une sorte de marin de l’espace. Mais bien entendu, il a aussi ses zones d’ombres et une certaine sensibilité en cas de coup dur !

Il y a aussi Aeryn Sun, une ancienne commando, et un officier de la Compagnie Icarion, du régiment Pleisar. Bien qu’elle semble être humaine, elle est en fait une sébacéenneune espèce (pratiquement) indiscernable des humains. J’avoue que j’ai du mal avec elle. Trop froide, son passé de miliaire lui a appris à ne jamais rien montrer. Sa relation avec John est un peu trop prévisible, même si le tempérament très « Lara Croft » de la jeune femme lui donne du fil à retordre ! Leur relation m’a parue trop conventionnelle dans un univers aussi original ! Vraiment dommage !

En revanche s’il y en a bien une avec qui, il a une relation des plus intéressante, c’est elle : Chianaune Nébari, ressortissante d’un empire totalitaire qui impose à ses citoyens le contrôle de leurs actions et de leurs émotions. Chiana et son frère se sont échappés de Nébari Prime, la planète capitale, mais ont été séparés et Chiana a été finalement capturée. C’est une femme sensuelle et excentrique, rebelle et rock and roll ! Ayant subit les pires tortures, elle ne supporte aucune autorité, même bienveillante. Impulsive, elle est aussi pleine de joie de vivre ! Sa relation avec John avait tellement plus de potentiel ! J’ai failli hurler de joie devant cette scène:

*Fangirling, Fangirling, Fangirling !!! *

Aeryn me parait tellement fade à côté de Chiana ! J’avoue qu’entre elle et Zhaan, mon coeur balance ! Je les trouve magnifiques toutes les deux !

 

Pilot, l’Alien le plus mystérieux de l’équipage !

L’autre particularité de cette série c’est que le vaisseau est vivant ! Moya est un Léviathan, une sorte de baleine de l’espace dont le cerveau est dirigé et lié à Pilot, un extra-terrestre à la fois navigateur, opérateur, compagnon, et qui sert de lien avec le reste de l’équipage. C’est lui qui donne une « voix » à Moya et dirige les opérations.

Moya est aussi une pacifiste et vous ne verrez pas de lance-roquettes, lasers ou autres gadgets. Sa seule manoeuvre défensive s’appelle la Combustion, ce qui lui permet de se déplacer à très grande vitesse dans l’hyper-espace. Toute cette équipe va vivre de folles aventures et se rapprocher les uns des autres. 

Chaque épisode est meilleur que le précédent, plein de surprises et très fun à regarder ! On ne sait jamais à quoi s’attendre et c’est très plaisant !

De plus, les femmes (humaines ou non) sont bien plus bad-ass que les mecs au final ! Pour le coup, j’ai très envie de donner une chance à Défiance, du même producteur !

En résumé, Farscape est une excellente série sf, plus émotionnelle que politique. Elle mérite d’être redécouverte, ne serait-ce pour les costumes et le maquillage des personnages ! 

Note: Les deux acteurs principaux, Claudia Black (Aeryn) et Ben Browder (John Chrishton) jouent aussi ensembles dans la série Stargate SG1 ! 

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DVD du week-end: « La légende du Roi Arthur » (spectacle musical)

Je continue ma découverte des légendes arthuriennes avec cette fois-ci l’adaptation en comédie musicale de Giuliano Peparani et Dove Attia  !

Résumé pris sur le site:

Aux temps anciens, le Roi de Bretagne Uther Pendragon, régnait sur un royaume prospère et paisible qui couvrait alors la Grande-Bretagne actuelle et la pointe de Bretagne française. Mais un jour, ce roi fut pris d’une passion soudaine pour l’épouse d’un de ses barons.

Merlin, le druide, son illustre conseiller, tenta de l’en détourner. Mais le roi insista tant que Merlin dût céder à sa volonté et l’aida par magie à posséder la femme qu’il désirait plus que tout au monde. En échange, Merlin exigea que le fruit de cette union lui soit confié, et neuf mois plus tard naquit un garçon nommé Arthur. Merlin confia l’enfant à un homme sage, preux chevalier, afin qu’il puisse grandir au sein d’une famille et recevoir une éducation digne et rigoureuse.

Peu de temps après, Le roi Uther fut blessé au combat. Mais avant de mourir, il planta son épée dans le roc et la nomma « Excalibur » l’épée des rois. Il jura que seul son successeur serait capable de l’en extraire. Depuis ce jour, personne ne put tirer l’épée du roc et le Royaume de Bretagne, sans roi, fut déchiré par les guerres fratricides et les attaques des Saxons aux frontières.

Mon avis:

Ça faisait un moment que ce spectacle m’intriguait ! Et ma foi, j’ai plutôt bien aimé ! Il y a un joli mélange de modernité et de celtico-médiéval !

L’histoire mêle amour, guerre, territoire, magie tout en distillant une certaine amertume chez nos héros. 

Déjà, le roi Uther Pendragon, qui aimera passionnément la Duchesse de Cornouailles au point de concevoir un enfant avec elle..par magie grâce à Merlin ! Pour protéger celui qui sera le futur Roi Arthur, il le fera adopter par un chevalier.

Sa destinée se dessine lorsqu’il sortira Excalibur, une mystérieuse épée d’un rocher, faisant de lui le nouveau Roi de Bretagne. Avec le mage Merlin pour guide, il est éduqué à sa nouvelle fonction. Mais dans l’ombre, une sorcière veille… Morgane !

La demi-soeur d’Arthur est en effet particulièrement vile dans cette version !! Dès le début, elle joue double jeu, feignant la fraternité avec Arthur pour mieux le piéger.

Arthur y est un homme enthousiaste mais trop vite emporté par un Destin aussi grandiose que lourd. Son coup de foudre pour la belle Guenièvre provoquera la colère de Merlin, l’avertissant de sa chute prochaine. Le Mage est en effet persuadé que la jeune femme causera sa perte et celle du royaume…

Le casting est assez plaisant, même Zaho, surprenante en Morgane ! J’étais sceptique mais ça lui va bien en fait ! Son costume m’a fait penser à Régina Mills, la méchante Reine de Once Upon A time ! C’est une femme cupide, jalouse mais surtout traumatisée par un drame familial dont Arthur est l’incarnation. 

En comparaison, Camille Lou, incarne une Guenièvre aussi lumineuse que Morgane est sombre. Une idée bien vue, étant donné que Guinevere (le nom anglais) est issu du Galois Gwenhyfar, qui signifie « Le Fantôme Blanc » ou « La Dame Blanche«  selon les traductions ! Son costume est magnifique, de loin mon préféré ! 

Elle dégage beaucoup de douceur et j’ai bien aimé son évolution. Si son amour pour Arthur est pur et loyal, sa passion pour Lancelot va la prendre totalement par surprise ! Prise entre deux feux, elle tentera de résister jusqu’au bout, et Morgane profitera de son trouble pour accomplir sa vengeance. 

Lancelot, enfin, est le Preux Chevalier dans toute sa splendeur ! Tiraillé entre son amour interdit pour la Reine et son amitié pour le Roi, il devra comme sa bien-aimée résister à la tentation et pour cela, ira jusqu’à renoncer à son rêve de chevalier! Mais une fois encore, Morgane va changer la donne avec l’aide d’un complice, le Prince Méléagant, un noble qui refuse de reconnaître Arthur pour Roi à cause de son statut de « bâtard »… Lancelot est incarné par le jeune Charlie Boisseau, absolument charmant et parfait pour le rôle ! 

Outre le mythique triangle amoureux Lancelot/Arthur/Guenièvre, il y a une réflexion très intéressante sur le conflit entre les sentiments et le devoir, la trahison, mais aussi le viol, (c’est ainsi qu’Arthur a été conçu quant même !) , la guerre  et le fait de payer les fautes de nos aînés. En ça, j’ai trouvé cette adaptation assez moderne ! Ça et le fait que Merlin lui même s’est avéré plus sombre que je ne le pensais ! 

Ajouter à cela, des jeux de lumière somptueux, de magnifiques costumes et des chorégraphies  aussi gracieuses qu’efficaces, et ça donne un cocktail très réussi !

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup apprécié ce spectacle sans temps morts où les femmes sont au final plus fortes que les hommes dans leur détermination !

 

Phaenomen (Erik L’Homme)

Ça faisait un moment que je voulais parler d‘Erik L’Homme. Je l’ai découvert grâce à une conversation avec un ami lycéen qui m’a vraiment intriguée. Alors que ses camarades ne juraient que par Harry Potter, Percy Jackson ou Katniss Everdeen, mon ami ne parlait que d’une autre saga: Phaenomen. Si la première édition n’attirait pas vraiment l’oeil avec sa couverture immonde, la version intégrale, parue récemment chez Folio SF, est bien plus jolie et mystérieuse !

 

Résumé:

« Fous? Idiots? Bons à rien? Aux yeux du personnel de la Clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant…

Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de mystérieux agents, ses jeunes protégés n’hésitent pas : ils se lancent sur ses traces. Sans se douter qu’ils sont aussi sur la piste d’un des plus grands secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même.

L’histoire de l’humanité non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. »

Mon avis:

Nettement moins connue que sa saga A comme Association ou encore Le livre des Étoiles, la trilogie Phaenomen mérite vraiment d’être (re)découverte ! Mais de quoi ça parle?

Nous suivons les aventures de quatre adolescents « à problèmes ». Il faut en effet les mettre ce mots entre guillemets, car ils ont la particularité d’avoir certains pouvoirs. 

Tout d’abord Arthur, qui a la faculté de se souvenir de tout. Ce qui sera très utile lors de leur aventure. Mais ce don est à double tranchant : son pouvoir le rend très nerveux et irritable. Noyé par ses souvenirs, Il peut faire des crises de panique. Pour se calmer, il dessine les trois « singes de la sagesse » sur tout ce qu’il peut trouver.

Nicolas est un peu comme Cyclope dans les X-Men: son pouvoir est la vision thermique. Hyper-sensibles, ses yeux ont donc constamment des lunettes de soleil. Mais ça ne l’empêche pas d’être drôle Il essaie sans cesse de dénouer les situations délicates. C’est l’optimiste de la bande !

Claire est sans contexte la plus mystérieuse: pâle, presque fantomatique, elle a des difficultés à se déplacer. Ses parents l’ont internée car elle se proclame l’enfant d’une fée ! Et au fil des événements, on se rend compte que c’est effectivement le cas ! Mais on est loin de la Fée de conte avec baguette magique… Elle serait plus proche de Vif-Argentqui se déplace plus vite que la lumière en cas de danger ! Elle se sent hors du Temps et du Monde, comme un animal qui ne sait pas s’adapter à son environnement. 

Enfin, je termine avec Violaine ma préférée: la meneuse du groupe. Son don est de pouvoir voir et contrôler l’âme des gens, représentée sous forme de dragon, alors que sa propre âme est représentée par un chevalier. Un don original et particulièrement puissant. Elle peut voir si l’âme d’une personne est bonne ou mauvaise, en fonction que leur « dragon » soit blanc ou noir. Sauf qu’elle va rencontrer un homme qui va la chambouler.  Clarence est un agent secret particulier qui a échangé son âme: il n’a donc PAS de dragon, ce qui trouble beaucoup la jeune fille ! 

Phaenomen est une histoire unique qui mixe les genres de façon brillante ! Il peut être lu comme un policier ésotérique teinté de fantastique ; l’intrigue est un vrai jeu de piste avec une confrérie malveillante qui traque nos anti-héros. Il y a aussi un complot historique assez improbable mais qui a le mérite de soulever de grandes questions: Que savons-nous de notre Histoire, et comment les images nous manipulent? 

J’ai été bluffée par le culot de l’auteur, car il a osé remettre en question un événement reconnu de tous. Et y repenser est extrêmement troublant !

Il y a aussi les « handicaps » et autres « différences » qui sont ici représentés par les enfants. Des cas, des « phénomènes » reclus dans une clinique en dehors de la société. Une façon judicieuse de dénoncer le comportement odieux, lâches ou juste effrayés de certains parents qui ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) leur enfant. J’ai aimé le fait que les handicaps soient en réalité des pouvoirs ! Un joli pied de nez aux apparences !

La grande qualité du livre est la façon dont nos 4 amis veillent les uns sur les autres. Suite à la mystérieuse disparition de leur médecin à la Clinique du Lac (en Suisse !!!) où ils sont internés, notre petite bande faire faire un long périple qui les fera voyager autour du monde. Malgré leurs différents, ils formeront une petite famille qui finira même par trouver un nouveau refuge…sous Paris !

Leur voyage leur mènera à une stupéfiante découverte qui risque de faire voler en éclat notre propre histoire et leurs ennemis sont prêts à tout pour les éliminer!

Moi, à la fin du troisième tome

La fin m’a juste scotchée ! J’étais à la fois triste effarée, et même en colère ! Car cette fin est digne d’un thriller pour adulte où on se demande juste: Mais Pourquoi?!!! Mais d’une certaine manière, c’était plus réaliste ! Nos jeunes héros sont trop différents et cette fin montre bien l’Aveuglement et l’Hypocrisie des adultes mais aussi du gouvernement.

En tout cas, c’est une trilogie encore trop méconnue ! Si vous aimez les mystères, l’action, l’amitié et les histoires originales, foncez !

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La femme aux milles secrets (Barbara Wood)

Aujourd’hui, place à une petite relecture ! J’ai cette histoire depuis quelques années mais je n’en avais jamais fait la chronique !

Résumé:

« Au XIVe siècle, dans la mer des Caraïbes. Arrivée sur l’île aux Perles dans un panier porté par la mer, Tonina a été sauvée des eaux par Huracan, devenu son grand-père. Aujourd’hui, l’eau est son alliée et l’esprit des dauphins la protège des dangers de l’océan. Mais grande, mince, la peau claire, aucun homme ne veut d’elle pour épouse. Guama, sa grand-mère, sait que le moment est venu pour sa petite-fille adoptive de rejoindre la Grande Terre et d’aller à la rencontre de son destin. Partie à la recherche d’une fleur médicinale pour sauver Huracan, Tonina découvrira un nouveau monde… »

Mon avis:

Une plongée au coeur de la culture Maya et Aztèque sympathique mais pas aussi dépaysante que je l’aurais souhaité !

À la manière d’un Moïse au féminin, un petit bébé est retrouvé dans un panier flottant à la dérive sur l’océan. Recueillie sur l’Île aux Perles, la petite fille est nommée Tonina, qui signifie Dauphin. Mais devenue adulte, elle ne sera jamais acceptée comme membre de la tribu à cause de sa peau claire et de sa taille hors-norme par rapport aux autres.

Aussi sa famille adoptive lui fait croire que son grand-père est gravement malade et qu’elle doit partir sur la Grande Terre (nom donné au continent) pour lui trouver son remède: une fleur rouge. De cette manière, ils la chasse du territoire sans le lui dire en face. Si pour ses « parents » c’est un crève-coeur, c’est un soulagement pour les autres et en particulier pour un jeune guerrier hautain qu’elle avait osé défier à la nage…

Au cours de sa quête, qui sera aussi celle de ses origines, Tonina fera la connaissance d’un jeune homme étrange aux yeux dorés, un nain borgne voleur, qui au départ n’est intéressé que par sa bourse de perles, Et enfin Khan, un jeune joueur qui comme elle a grandi dans une culture étrangère à ses origines. Leur ennemi commun sera Balem, un guerrier Maya prêt à tout pour une gloire immortelle.

Si la quête identitaire est intéressante, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire à cause des lourdeurs d’écriture. C’est d’autant plus dommage que les cultures Maya/Azteques m’intéressent beaucoup ! Notamment le symbole de l’Aigle, qui apparaît sous forme humaine avec le personnage d’Aigle Courageux, le jeune homme aux yeux dorés ! J’ai regretté que ce personnage ne soit pas plus longtemps dans l’histoire !

Si j’ai eu du mal avec la « romance » entre Tonina et Khan, j’ai en revanche beaucoup plus accroché à sa rivalité avec Balem, très proche de celle de…Ramsès et Moïse (oui je sais, encore cette référence !)

Enfin, j’ai malheureusement détesté la naïveté de l’héroïne, qui m’a vraiment porté sur les nerfs ! Ça a complètement gâté une quête identitaire pourtant enrichissante sur une culture au final, peu connue ! Et il n’y a rien de pire que de ne pas accrocher au personnage central d’une histoire !

Un livre qui semblait plein de promesse mais qui donc s’est révélé assez décevant ! Vraiment dommage, car l’univers de l’histoire était sympa !

Mademoiselle Scaramouche (Jean-Michel Payet)

Et voici une découverte jeunesse bien sympa ! Surtout si, comme moi, vous avez grandi avec les films de capes et d’épées comme Les Trois Mousquetaires, Le Bossu ou Fanfan la Tulipe !

Résumé:

« Lorsqu’elle assiste à la mort de son père, tué en duel, Zinia Rousselières est loin d’imaginer qu’elle est à l’aube d’un singulier tour du destin. Dans le caveau familial repose en effet déjà un cercueil, le sien, ou plutôt celui de celle qu’elle croyait être…

En un instant, le monde de la jeune fille vole en éclats, et elle n’aura désormais de cesse de découvrir sa véritable identité.

Des bas-fonds de la capitale au faste de Versailles, de la cour des Miracles au Trianon de porcelaine, Jean-Michel Payet nous propulse dans une aventure rocambolesque, où Zinia, afin de percer le mystère qui entoure sa naissance, devra porter un temps le masque de Mademoiselle Scaramouche ! »

Mon avis :

Le livre commençant sur une citation de Cyrano de Bergerac, cette lecture s’annonçait déjà très bien ! Et moi qui m’attendait à une simple histoire de mousquetaire, j’étais au final, bien loin du compte ! 

A la mort de son père en duel, le monde de Zinia Rousselières s’effondre : elle serait une enfant adoptée ! La vraie Zinia (qui est en fait blonde et non rousse) est morte en bas âge…et se trouve dans le caveau familial avec sa mère !

Bouleversée, elle décide de partir mener l’enquête, et pour ne pas attirer l’attention, se renomme Mademoiselle Scaramouche. Ce nom fut le dernier mot de son père adoptif avant de mourir, ce qui intrigue beaucoup la jeune fille !

Elle fera la connaissance d’une sympathique troupe de théâtre dans laquelle elle s’incruste pour retrouver l’auteur d’une mystérieuse lettre écrite par son vrai père.

Elle découvrira que celui-ci a été la victime des manipulations d’un marquis prêt à tout pour récupérer une ancestrale recette d’alchimiste: le secret des Quatre Soleils ! Quel est le rapport avec le bijou que porte la jeune fille, une mystérieuse Perle Noire ?  

Car, en plus plus de connaître enfin ses origines, la jeune fille déjouera un complot dément qui vise le roi Louis XIV, rien que ça !

Zinia est une boule d’énergie, aussi flamboyante que sa chevelure ! Une Mérida version mousquetaire, qui fonce, joue, agit souvent sans réfléchir. Un tempérament passionné et garçon manqué, qui détonne à l’époque de Molière, qui d’ailleurs, est aussi présent dans l’histoire !

En plus de la troupe de théâtre, elle sera aidé par un vieux pirate, aussi loyal que colossal, mais aussi son ami d’enfance, Colin. J’ai beaucoup aimé ce jeune homme maladroit, mais courageux, qui n’hésite pas à se mettre en danger. Sa relation avec Zinia est ,certes prévisible, mais assez touchante ! J’ai bien aimé leurs joutes verbales et leur complicité !

L’intrigue est très originale, entre histoire, fantastique et Alchimie ! Il y a aussi de belles références comme  Scaramouche ou encore Les métamorphoses d’Ovide pour le côté surnaturel ! Il y a de l’action, du panache et des héros très attachants.

Je n’en dévoilerai pas plus concernant l’histoire pour vous laisser la surprise ! En tout cas, je ne me suis pas ennuyée une seconde !

Une belle lecture ado, que je conseille si vous aimez le mélange des genres et les héroïnes de caractère !

Crimson Peak

Pour cet automne, je sors de ma zone de confort cinématographique en visionnant Crimson Peak de Guillermo del Toro !

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Résumé:

« Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : « Prends garde à Crimson Peak« . La jeune femme est considérée comme une marginale dans la bonne société à cause de sa fâcheuse « imagination », se qui l’énerve beaucoup. Mais voilà qu’Edith se retrouve tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael, et sir Thomas Sharpe, un baronnet anglais aussi étrange que séduisant… »

Mon avis:

Un très bon film pour frissonner la nuit d’Halloween ! Tom Hiddleston est PARFAIT en Thomas Sarpe, un barronnet séducteur et trouble. J’ai trouvé ses manières très…vampiriques ! C’est peut-être les cheveux noirs qui font ça ! À ses côtés, Jessica Chastain, vénéneuse à souhait dans le rôle de la soeur de Thomas, Lucille. Je ne connaissais pas du tout cette actrice, qui m’a fait penser à Kristin Scott Thomas avec ses allures de garce rigide. Son personnage, particulièrement ambigu et au final assez pathétique et m’a fascinée.

Quant à Mia Wasikowska, elle donne sa beauté éthérée à Édith Cushing, une jeune femme d’un certain caractère, mais tourmentée par les fantômes de son passé, au sens propre comme au figuré ! Sa rencontre avec cet étrange duo va la projeter dans un monde qui paraît figé hors du temps, et lui faire découvrir que l’Amour peut prendre des visages aussi terribles qu’interdits.

fanart de rerekina (DeviantArt)

fanart de rerekina (DeviantArt)

L’histoire mêle fantastique, amours troubles et fascination, avec une touche féministe assez bienvenue ! La demeure elle-même est un personnage à part entière, fait de grincement, chuchotement et d’argile (rouge) meuble. Il faut dire que ce beau manoir tombe en ruine…

J’ai trouvé l’intrigue prenante avec de beaux effets visuels. Il y a juste ce qu’il faut de sanglant et de jeux de lumière. Visuellement, c’est vraiment très réussi ! J’ai adoré cette ambiance de conte gothique, avec ses décors sombres, ses portes qui claquent, ses fantômes et ses secrets…

Une belle découverte horreur qui m’a ouvert les portes de l’univers de Guillermo del Toro ! « Le Labyrinthe de Pan » est d’ores et déjà le prochain sur ma liste !

Les lumières de septembre

Comme vous le savez, j’aime beaucoup l’univers de Carlos Ruiz Zafón, entre le gothique et le fantastique ! Et avec un titre pareil, ce livre était parfait pour débuter l’automne !

9782266212571WEB

Résumé:

« 1937. Au manoir de Cravenmoore, en Normandie, la jeune Irène et son frère Dorian arpentent pour la première fois les couloirs interminables, les pièces interdites peuplées de marionnettes et d’automates, tout un univers étrange et fascinant… Sous l’oeil de leur mère, Simone, récemment embauchée comme femme de charge auprès du propriétaire des lieux, l’inventeur de jouets Lazarus Jann, les enfants redonnent vie à la vieille demeure. Mais leurs jeux et leurs rires réveillent bientôt quelque chose…
Une ombre maléfique, oubliée depuis vingt ans, qui ne demande qu’à faire à nouveau couler le sang… »

Mon avis:

Même si les thèmes sont les mêmes que les deux autres ouvrages du Cycle de la Brume, (à savoir: secret de famille, bâtisses anciennes et Esprit Tourmenté), c’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’atmosphère si particulière de cet auteur.

Nous suivons les aventures de la famille Sauvelle, qui peine à joindre les deux bout suite à la mort de leur père. Criblés de dettes la jeune cadette de 16 ans Irène, va même jusqu’à travailler à l’insu de Simone, sa mère. Mais voilà que celle-ci reçoit une lettre pour un travail de femme de ménage en Normandie, chez un certain Lazarus Jann. Le cadre est en apparence idylique: un château de conte de fées, un village charmant, un salaire au delà de toute espérance.

Irène s’aclimate assez vite au village, et se lie d’amitié avec la pétulante Hanna, la cuisinière de leur bienfaiteur: une jeune fille très bavarde, et un brin prétencieuse, aux antipodes de son cousin Ismaël, un aprenti marin, timide et assez mignon.

En revanche, le manoir de Cravenmoore la met de plus en plus mal à l’aise, et pas seulement à cause des automates plus vrais que nature. Il s’est passé un événement grave au sein de cette demeure, elle en est persuadée. D’autant qu’une Ombre, acidentellement libérée sème la terreur au sein de cette étrange maison.

Dorian, de son côté est beaucoup plus replié sur lui-même, se réfugiant dans ses rêveries.  Sa rencontre avec le mystérieux Lazarus va le chambouler. Fasciné par les automates et l’étange personalité de leur nouveau maître, il est beaucoup plus influençable et sensible que sa petite soeur.

Le travail de Simone va bien plus loin que le simple ménage. Elle doit aussi s’occuper de la paperasse et autre courrier en tout genre…sauf pour un destinataire particulier. Elle fait son travail sans rechigner, ni se mêler de ce qui ne la regarde pas.

Quant au maître des lieux Lazarus, c’est un homme de prime abord aimable et cultivé, qui souffre d’une profonde solitude depuis la mort brutale de sa femme d’une maladie inconnue. La famille Sauvelle lui mettra du baume au coeur pendant un temps. Mais ses demandes excentriques et sa façon de fuir le monde réel en font un personnage ambigü, pas spécialement inquiétant mais déroutant. Il semble cacher un lourd secret (malédiction?) qui l’empêche d’aller de l’avant.

J’ai adoré la façon dont le décor change et s’assombrit au fil de l’histoire. L’auteur joue avec nos nerfs sans jamais tomber dans le trop glauque/gore comme dans un thriller par exemple. On est plus dans l’émotion que dans l’horreur, ce qui est pour moi plus intéressant. La tension s’insuffle progressivement, jusqu’à la révélation finale, plutôt bien tournée j’ai trouvé !

En conclusion: Si vous aimez les ambiances fantômatiques à la Crimson Peak ou encore la Dame en noir, ce livre répondra à vos attentes !