Les Mitchell contre les machines

Hello à tous ! Pour ce dimanche, rien de tel qu’une jolie comédie geek et familiale ! Et j’ai opté pour Les Mitchell contre les machines, réalisé par Michael Rianda et Jeff Rowe, que l’on voit actuellement sur Netflix. Je vous mets ici la bande-annonce.

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Résumé:

La famille Mitchell est la plus dysfonctionnelle et « bizarre » du quartier du Michigan. Mais que se passe-t-il lorsqu’elle doit faire face à la rebellion des robots? Elle va devoir mettre de côté les chicaneries pour sauver la planète, ni plus ni moins !

Mon avis:

Derrière ses couleurs pétillantes et son graphisme cartoon, ce film est bien plus profond qu’il n’y parait !  Katie Mitchell est une jeune youtubeuse à la créativité débordante et pleine d’énergie. C’est une jeune fille parfaitement à l’aise dans son époque. Tout le contraire de son père, Rick, qui préfère la nature et est totalement hermétique aux ordinateurs. Leur relation est d’autant plus tendue que Katie exprime par ses vidéos tout ce qu’elle n’arrive pas à dire dans la vraie vie. 

Heureusement, elle peut compter sur son petit frère, Aaron, un adorable blondinet fan de dinosaure. Sa mère, Linda, assiste impuissante à la communication électrique entre son mari et sa fille, essayant maladroitement de les encourager à garder un semblant de dialogue.

Ce sujet a été exploité à maintes reprises, que ce soit dans la grande Aventure Lego ou les Croods.

Mais là où les Mitchell font fort, c’est qu’il y a la dimension numérique au milieu de tout ça. Les réseaux sociaux ont indéniablement changé nos rapports aux autres et ce film le montre d’une jolie manière. Les repas familiaux où chacun reste scotché à son écran…. Ou encore, ce terrible réflexe de filmer une catastrophe au lieu de se protéger.

L’histoire est suffisamment large dans ses personnalités pour parler au plus grand nombre. J’ai autant aimé Katie et son peps, qu’Aaron le timide fan de dinosaure. Celle qui se révèle la plus surprenante au fil de l’histoire, c’est la mère: Linda est une femme pleine de douceur, de diplomatie et d’écoute. Mais touchez à ses enfants et elle devient une lionne enragée ! Enfin, il y a la mascotte de la famille : leur chien ! Et quel spécimen ! Baveux, bigleux, lent comme une tortue…mais totalement irrésistible !

Un film familial et moderne, qui nous incite non pas à éliminer la technologie, mais l’utiliser avec discernement ! 

Le temps est assassin (Michel Bussi)

Après la belle découverte des Nymphéas Noirs, j’étais curieuse de découvrir d’autres livres de Michel Bussi ! Je ne lis pas assez de policier/thriller !

Résumé:

« Été 1989. La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne. Sur cette route de corniche, au-dessus d’un ravin de vingt mètres, une voiture roule trop vite et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère n’ont pas eu la même chance.
Été 2016. Clotilde revient pour la première fois sur les lieux du drame, accompagnée de son mari et de sa fille adolescente. Elle veut profiter de ces vacances pour exorciser le passé. C’est au camping dans lequel elle a vécu son dernier été avec ses parents que l’attend une lettre… de sa mère. Vivante ? »

Mon avis:

Michel Bussi m’a beaucoup surprise et d’une très bonne manière ! 

Tout commence par un drame qui frappe la famille Idrissi: durant les vacances, leur voiture, en plein virage, bascule dans le vide ne laissant pour survivante que la cadette : Clotilde.

Marquée à vie, elle retourne sur les lieux du drame, 27 ans plus tard avec sa propre famille. Mais à trop vouloir remuer le passé, la jeune femme néglige son mari et sa fille adolescente. Ça, plus le fait qu’elle est devenue une légende locale, la « survivante » autant admirée que méprisée.

J’ai beaucoup aimé l’écriture qui nous montre deux facettes de Clothilde: l’ado rebelle de 1989 et l’adulte bornée de 2016.

Le roman alterne entre le journal intime de la jeune fille et les événements de son « retour » en Corse 27 ans plus tard. Une bonne idée qui donne du rythme au récit !

Je dois avouer que j’ai plus accrochée à l’ado qu’à l’adulte ! La jeune Clothilde est en pleine période gothique depuis qu’elle a découvert le film Beetlejuice ! Elle préfère écrire plutôt que se lier aux autres et la presqu’île de la Revellata est son petit paradis qu’elle aime plus que tout !

La femme elle, est plus amère, voulant à tout prix donner un sens à la tragédie qui l’a frappée. Car elle est persuadée d’avoir « loupé un truc », un infime détail qui expliquerait tout. Mais à trop chercher la petite bête, prisonnière de ses souvenirs, elle se heurte à l’incompréhension et la colère de Franck, son mari, et l’inquiétude blasée de Valentine, sa fille, qui veulent juste profiter des vacances ! 

Car, insidieusement, la personne « qui sait ce qui s’est passé » va en profiter pour accomplir une vengeance aussi cruelle qu’injustifiée. Tout ça, à cause d’un événement qui date de bien avant l’accident ! Je n’en dirai pas plus ! 

Car la Révélation finale m’a vraiment horrifiée ! C’est un thème assez grave, qui donne une toute autre lumière à « l’accident ». Que sait-on de sa famille ? Pas grand chose, au final !

En contraste avec cette histoire tortueuse et sombre, le cadre corse est magnifique ! Comme dans son précédent roman, Bussi met un point d’honneur à soigner son décor et son ambiance ! L’écriture est très agréable à lire !

Enfin, le livre se termine sur une note d’espoir en nous donnant un joli aperçu de la prochaine génération de cette famille peu ordinaire !

Un très bon cru, qui se lit plus à la plage qu’au coin du feu !

 

Oh, Boy ! (Marie-Aude Murail)

Je continue ma (re)découverte de Marie-Aude Murail avec un livre qui me tentait depuis pas mal d’années !

Résumé:

« Ils sont frère et sœurs. Depuis quelques heures, ils sont orphelins. Ils ont juré qu’on ne les séparerait pas.
Il y a Siméon Morlevent, 14 ans. Maigrichon. Yeux marron. Signe particulier : surdoué, prépare actuellement son bac.
Morgane Morlevent, 8 ans. Yeux marron. Oreilles très décollées. Première de sa classe, très proche de son frère. Signe particulier : les adultes oublient tout le temps qu’elle existe.
Venise Morlevent, 5 ans. Yeux bleus, cheveux blonds, ravissante. La petite fille que tout le monde rêve d’avoir. Signe particulier : fait vivre des histoires d’amour torrides à ses Barbie.
Ils n’ont aucune envie de confier leur sort à la première assistante sociale venue. Leur objectif est de quitter le foyer où on les a placés et de se trouver une famille.
À cette heure, deux personnes pourraient vouloir les adopter. Pour de bonnes raisons. Mais aussi pour de mauvaises. L’une n’est pas très sympathique, l’autre est irresponsable, et… Ah, oui! ces deux personnes se détestent. »

Mon avis:

Si j’étais plus sceptique qu’avec « 3000 façons de dire je t’aime », j’ai bien vite changé d’avis ! Ce roman est une perle ! Marie-Aude Murail a vraiment le chic d’aborder des thèmes aussi variés qu’actuels ! Ici, c’est le délicat sujet de la famille recomposée qui est abordé !

Nous faisons la connaissance de trois enfants de 5 à 14 ans. Abandonnés du jour au lendemain par leurs père, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes. Leur assistante sociale fait des pieds et des mains pour leur trouver un famille d’accueil. Et se retrouve face à deux personnes prêts à les adopter:

Josiane Morlevent, reconnue (puis abandonnée) par leur père, Georges. C’est une femme blessée qui souhaite plus que tout fonder la famille qu’elle n’a jamais pu avoir. Problème: elle veut obligatoirement une fille. Or les Morlevent se sont juré qui rien, ni personne ne les séparera. Si la petite Venise adopte vite sa nouvelle « maman », Morgane, la plus âgée est nettement plus sur la défensive.

Le deuxième prétendant se nomme Barthélemy Morlevent. C’est le demi-frère des trois enfants. Âgé d’à peine 25 ans, il mêne une vie assez dissolue et ne se sent pas le profil d’un père. Et il est homosexuel. C’est d’abord sur lui que va se cristalliser les espoirs des enfants. Parce qu’il est cool, beau et qu’il aime les jeux vidéos. Mais entre son petit ami glandeur/possessif et sa voisine battue par son mari, ses journées ne sont pas de tout repos !

Autre problème, Josiane et Bart ne se supportent pas, chacun étant jaloux de la vie de l’autre, ce qui déjà, n’est pas facile. Mais bientôt, un nouveau drame va bouleverser la vie des enfants MorleventUn drame qui concerne Siméon, le petit surdoué de 14 ans.

Ce gamin est incontestablement mon personnage préféré. Mûr, très protecteur envers ses soeurs, c’est aussi le plus courageux. De tous, c’est celui qui fait le plus d’efforts. Il donnera une vraie leçon de vie aux adultes et plus particulièrement à Bart.

Le plus surprenant dans ce livre est l’accumulation de thèmes graves: parents irresponsables, deuil, jalousie fraternelle, homosexualité, maladie… Mais chaque sujet est abordé de façon claire, sincère et sans tabou !

Mon seul reproche est la couverture du livre, qui ne rend pas justice à ce très beau roman ! Il faut dire que ça a longtemps été le problème des édition L’École des Loisirs ! Heureusement, ils se rattrapent ces dernières années !

Un livre touchant sans être larmoyant, positif sans la niaiserie ! Bref, à lire sans attendre !

 

 

 

Les coeurs fêlés (Gayle Forman)

Si Gayle Forman est surtout connue pour son livre « Si je reste » (adapté au cinéma), j’ai voulu pour ma part donner sa chance à un roman beaucoup moins connu: Les coeurs félés.

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Résumé:

« La vie de Brit la rebelle bascule le jour où son père la conduit de force à Red Rock Academy. Il s’agit d’un centre de redressement pour ados à problème, et là-bas, tout le monde la croit folle… Tous sauf quatre filles: Virginia (dite V), Martha, Babe et Cassie. Unies dans l’enfer, face aux humiliations et aux brimades quotidiennes, les cinq soeurs de coeurs vont tout supporter. Ne jamais abdiquer. Elles s’accrochent avec courage à la vie qu’elles appellent de toutes leurs forces, pour devenir elles-mêmes, enfin… »

Mon avis:

J’ai eu un peu de mal au départ: une ado grunge en rogne contre sa belle-mère qu’elle appelle le Monstre, un père effacé… Le tableau familial n’est pas vraiment joli joli… 

En revanche, j’ai été très intéressée par le passé de Brit: au fil de l’histoire, on découvre un drame concernant sa mère dont elle refuse de parler à qui que ce soit. C’est ce drame qui a détérioré sa relation avec son père, qui depuis s’est remarié. Et la rencontre avec la belle-mère fait des étincelles ! Celle-ci ne supporte pas ses amis et le groupe de musique dont elle fait partie. Ce qui énerve d’autant plus Britt que la musique est son seul refuge, son réconfort, sans parler de son ami Jed pour qui elle a le beguin…

L’arrivée au centre est donc une vraie douche froide: Déjà, le fait que ses parents ne l’ont pas mise au courant de son « admission ». Brit se sent trahie et manipulée.

Pire, le personnel est tout sauf acceuillant. Insultes, mépris, système de Niveau créé par le Centre pour dire qui est « en progrès » ou pas… Thérapie plus proche d’une prison qu’un centre de soin… Bref, on ne peut pas dire que les médecins et psys soient mis en avant ! Ce sont des mufles, des menteurs et des boureaux. La maltraitence psychologique est particulièrement révoltante. Quel psychiatre « soigne » son patient avec des insultes qui pleuvent jusqu’à ce qu’il s’effondre en larmes ? 

Heureusement, notre héroïne trouve un réconfort précieux auprès de ses camarades. Devenues « soeurs » de coeur, elles s’épaulent, se stimulent, déjouent la surveillance des infirmiers pour se voir et même réussissent à recevoir du courrier de leurs amis alors que c’est interdit. J’ai aimé leur solidarité, leur devise façon Trois Mousquetaires au féminin: « Soeurs contre Tous ». Et c’est cette amitié indefectible qui les feront évoluer, mieux que n’importe quelle « thérapie ».

Ça et son cercle d’amis à l’extérieur qui ne l’oublie pas; j’ai aimé le groupe musical, la façon dont ils s’épaulent, s’encouragent mutuellement. Brit trouve notament un bel exultoire dans l’écriture ! C’est certainement mon passage préféré de l’histoire !

Ce livre dénonce  enfin des abus bien réels et des personnes qui me font horreur: celles qui se repaissent du malheur des gens et en profitent même pour les manipuler, les humilier et se faire de l’argent avec ! Ça m’a écoeurée !

Bilan: une lecture aussi intéressante que révoltante et une belle histoire d’amitié. Mais j’aurais voulu une intrigue familiale plus développée car il y avait là un thème intéressant: la maladie psychiatrique.