« Riquet à la houppe » d’Amélie Nothomb

Amélie Nothomb m’a toujours fascinée. Comme Bernard Werber, elle a su créer sa propre atmosphère littéraire. J’ai toujours trouvé qu’elle dégageait quelque chose d’énigmatique, presque dérangeant. J’avais d’abord tenté de lire « Le voyage d’hiver »…que je n’ai absolument pas compris. Mais comme ma fascination pour cette autrice est toujours présente, j’ai voulu lire sa version du célèbre conte « Riquet à la Houppe ».

Résumé

L’exceptionnelle intelligence de Déodat n’avait d’égale que son extrême laideur. Trémière était incroyablement belle, mais on la disait simple d’esprit. Le destin les fit se rencontrer… 

Mon avis:

On ne compte plus les contes revisités ! Et j’étais vraiment curieuse de lire cette remodernisation du célèbre Riquet à la houppe de Perrault ! Et quelle belle surprise ! Nothomb a gardé le message d’origine : La beauté n’existe qu’à travers le regard de l’être aimé.

En fait, il n’est pas juste question de beauté où de laideur, pas plus que de bêtise ou d’intelligence. Mais de l’impact des « extrêmes » sur la société.

Déodat est un garçon d’une extrême intelligence. Très tôt il prend conscience de sa différence et du poids de son physique atypique. Sur ses parents d’abord. Puis sur « les autres ». Mais plutôt que de maudire le destin, Déodat se détourne de ses camarades et se prend de passion pour les oiseaux. Ce que j’ai adoré, c’est que son intelligence est plus émotionnelle qu’intellectuelle. Il n’y a ni rancoeur, ni arrogance chez lui. Sa passion pour les oiseaux lui sauve la vie en fait ! Car non seulement, ça lui évite de tomber dans le désir de vengeance, mais elle lui ouvre les portes de son avenir. Il découvre une autre forme de Beauté.

Trémière est d’une beauté diaphane et délicate. Mais à l’inverse de Déodat, elle est « lente ». Lente à marcher, à parler, à se faire comprendre. À l’école, c’est l’enfer pour la petite fille. Entre l’incompréhension des professeurs pour un niveau aussi faible et les jalousies des ses camarades pour sa trop grande beauté, elle a préféré se « fermer ». Ce qui n’a pas joué en sa faveur. Comme elle ne dit jamais rien, son entourage l’a qualifiée de « bête ». 

On peut dire que l’éducation n’est pas vraiment à l’honneur dans cette histoire ! La scolarité de nos deux héros m’a rappelé mon propre parcours ! Moi non plus, on ne savait pas dans quelle « case » me mettre. Et entre le mépris de la bêtise de Trémière et du « pourquoi, il ne va pas plus loin dans ses études » pour Déodat, j’ai eu autant de compassion pour l’un que pour l’autre !

Nothomb fait un portrait au vitriol d’une société d’artifice, avide de scandales.  La beauté comme la laideur sont prétexte aux pires inepties des médias. Et au milieu de ça, nos deux tourtereaux, qui n’en ont rien à foutre ! J’ai adoré !

La plume d’Amélie est très singulière. Belle dans sa précision, sa fausse limpidité. Elle assène ça et là des petites vérités bien senties. Elle invite à chercher le caractère, plutôt que l’apparence. Ce qui est la plus grande qualité de nos héros !

Le format du livre est très court, presque une nouvelle ! Je n’ai été rebutée à aucun moment dans ma lecture, qui s’est achevée rapidement !

Une jolie surprise ! Pour le coup, je suis curieuse de sa version de « Barbe- Bleue » quelqu’un l’a lu ? 

Lire sur écran ou sur papier: ce faux débat

Comme vous le savez, j’adore lire toute sorte de choses ! Si j’ai longtemps lu sur papier, j’ai peu à peu intégré le support numérique dans mes habitudes !

Oui, je l’avoue, j’ai fait partie des rats de bibliothèques qui mettent les livres sur un piédestal ! Quelle erreur ! L’important c’est l’histoire et non le support ! J’ai donc ouvert mes horizons.

Ça a commencé avec les fanfictions. Quel régal de voir l’immagination des fans s’enflammer pour leurs persos préférés ! Et puis, j’ai voulu me cultiver davantage sur les Bd et les mangas en ligne : et j’ai découvert les webtoons !

Les webtoons sont des mangas/BDs à lire en ligne… totalement gratuitement ! Rien que ça, je trouve que c’est génial ! Et il y en a pour tout les goûts ! De la romance au thriller, fantastique ou horreur. Voici trois webtoons que je suis actuellement:

Le premier que j’ai découvert c’est Tradition Olympus de Rachel Smythe. C’est une magnifique remodernisation des Dieux de l’Olympe ! Les graphismes sont élégants, colorés, et les persos incroyablement expressifs ! Franchement, j’adore !

Dans un registre plus cartoon, Plutôt mourir que partager de Lila, raconte la vie de Minouche, une jeune femme chamboulée par des êtres bizarroïdes venus du futur… À la fois fun, triste et grinçant, plus que 4 épisodes et je découvre la fin ! Les dialogues sont juste excellents ! 

Et enfin, « Porte-Bonheur » de Tacmela, raconte comment Clément, un jeune lycéen, fait face à sa Dépression…au sens litéral du terme ! Une histoire assez mélancolique, mais quiconque est passé par se stade s’y retrouvera. J’aime bien l’idée de discuter avec sa part d’ombre. L’histoire est en cours depuis peu et j’espère vraiment qu’elle aboutira !

Les dessins sont aussi une jolie façon de raconter une histoire ! En plus, je trouve que c’est l’occasion de découvrir de nouveaux auteurs/illustrateurs, autrement que dans une librairie ! 

Je pense que support numérique n’a non seulement pas tué la lecture mais l’a rendue plus vaste, ludique et surtout amusante.

Pour moi le débat Papier/écran, c’est aussi stérile que nos ancêtres qui pensaient que le cinéma allait tuer la culture et les livres.  (coucou Guillaume Durand  ! )

Après tout, j’ai découvert Orgeuil & Préjugés grâce à la série de la BBC et Le journal de Bridget Jones. Récemment, c’est Anne et la maison aux pignons verts qui a été redécouvert grâce à Netflix !

On a le droit aussi de ne pas aimer les classiques ! Voire de ne pas aimer lire tout court ! La lecture doit être avant tout un plaisir. 

Alors, lisez/visionnez ce que vous voulez. Découvrez de nouvelles histoires, que ce soit pour vous cultiver, vous détendre, vous amuser  ou vous inspirer ! 

Big Fish & Bégonia

Aujourd’hui, place à une nouvelle chronique cinéma asiatique ! Je suis tombée sur une vraie pépite ! Big Fish & Bégonia, un film d’animation chinois coréalisé et coproduit par Xuan Liang et Chun Zhang. 

Résumé:

Chun, une adolescente céleste est jetée dans une aventure fantastique et dangereuse après s’être transformée en dauphin. Quand un garçon se sacrifie pour la sauver, elle utilise de la magie pour le ramener à la vie Mais découvre qu’il y a un prix à payer.

Mon avis:

Probablement le conte le plus original que j’ai pu voir depuis La princesse Kaguya ! 

Chun est une jeune fille de 16 ans, qui vit dans un monde situé sous les océans. Les gens de son peuple ne se considèrent pas comme des « dieux ». Mais plutôt comme des gardiens de l’équilibre du monde. Tous les ans, les jeunes de 16 ans traversent la frontière entre leur monde et celui des Humains pour montrer à la nouvelle génération comment les lois de la nature fonctionnent. Comme l’Océan est au dessus d’eux, ils prennent la forme de poisson. C’est là que la vie de Chun, va basculer…

Si le début m’a vaguement fait penser à la petite sirène, la suite m’a beaucoup plus intéressée ! Il est question de dette, de mort, de culpabilité, mais aussi beaucoup d’amour. J’ai bien aimé la curiosité de Chun. En effet, la jeune fille est bien plus rebelle qu’il n’y parait ! Elle souhaite faire l’expérience du monde humain et pas simplement l’observer. 

Son affection envers le jeune humain, qu’elle a renommé Kun, lui vaudra les reproches de sa famille et la décéption de son meilleur ami, Qiu, qui pourtant, la soutiendra par amour pour elle. J’ai adoré ce jeune garçon, de prime abord taquin et nonchalant. Mais son dévouement désintéressé pour la jeune fille m’a beaucoup émue. 

Le graphisme est très agréable à l’oeil avec des couleurs flambloyantes et une superbe musique. Certains plans m’ont fait penser au voyage de Chihiro (couleur rouge très présente, histoire d’amour, lien homme animal). Il y a dans cette animation une très jolie ambiance poétique. En plus j’adore les dauphins ! Sauf que ça fait bizarre de les voir en rouge !

Mais le plus surprenant est la langue ! Le mandarin a une sonorité très particulière qui m’a charmé les oreilles ! 

Une jolie découverte, exotique et subtile !

« Que ma joie demeure » de Jean Giono

Je continue ma (re)découverte de l’oeuvre de Jean Giono avec un livre qui m’intriguait depuis bien longtemps ! 

Résumé:

Sur le rude plateau provençal de Grémone, quelques hommes peinent tristement sur leurs terres, chacun de leur côté. Ils comprendront le message de joie et d’espérance que leur apporte le sage Bobi, vagabond au coeur généreux, et, malgré les difficultés de l’existence, la joie renaîtra sur le plateau.
Que ma joie demeure est un hymne à la vie, un chant merveilleux en l’honneur de la nature, des hommes et des animaux.

Mon avis :

Déroutant. C’est le premier mot qui me vient après cette lecture ! De prime abord, j’ai eu l’impression de lire une sorte de conte pastoral ! Nous faisons la connaissance de Jourdain, un paysan solide et travailleur, qui aime sa terre et ses paysages. Mais le dur labeur des champs ne donne guère de place à la rêverie. Et pourtant…

Il va faire la connaissance d’un bien étrange personnage: Bobi, un homme aussi fantasque que mystérieux. Qui est-il?  Un vagabond? Un poète fou? Un vieux sage? Toujours est-il qu’il va marquer durablement le village de Grémone

J’ai, en effet, senti une grande séparation entre les hommes et la terre. D’un côté, le monde sauvage; beau, lumineux, parfois tourmenté,  insaisissable; de l’autre, des homme fatigués, tellement habitués à travailler sans relâche, qu’ils en ont oublié de vivre dans la Joie. Bobi est l’élément révélateur de ce malaise.

L’écriture est l’une des plus étranges que j’ai jamais lue ! Les descriptions de la nature sont de véritables tableaux ! Et en contre-partie, les dialogues et la construction du récit sont totalement déstructurés, au point que j’en ai eu du mal à suivre l’histoire ! Ce fut donc une lecture inconfortable. Pourtant je n’ai pas lâché le bouquin ! C’était plus fort que moi ! 

Ce livre pose un questionnement intéressant sur la place que « devrait » occuper l’homme au sein de la Nature. Mais aussi sur la Pauvreté, non pas matérielle mais émotionnelle. Les relations entre les gens du village sont assez équivoques sur ce sujet. Les dialogues sont dépouillés, d’ordre pratique. Et puis Bobi débarque avec sa poésie foutraque et tout est chamboulé.

 Qu’est-ce que la Joie apprès tout ? Est-ce une explosion de sentiments? Aimer un homme, une femme, un animal ? Ou alors est-ce mettre en collier des petits plaisirs ?  

En tout cas, Giono nous lègue là son livre le plus singulier. Plus qu’un livre, une expérience littéraire !

Loin de moi, près de moi (Netflix)

Miaou à tous ! En grande fan de japon, de mignonneries et de félins, j’étais très curieuse de cet animé de Jun’ichi Satôt et Tomokata Shinbayama, Loin de toi, près de moi, qui passe sur Netflix. 

Résumé:

Miyo Sasaki, une collégienne, est amoureuse de son camarade de classe, Kento Hinode. Malgré tous les efforts de Sasaki pour se faire remarquer, Hinode ne fait pas attention à elle. Un jour, elle découvre un étrange masque lui permettant de se transformer en un chat nommé Tarō. Grâce à cet objet, elle peut se rapprocher de celui qu’elle aime. Cependant, à force de l’utiliser, elle pourrait bien ne plus retrouver sa forme originelle…

Mon avis:

On ne va pas se mentir, l’histoire est de prime abord très convenue dans ses personnages, surtout au début, assez lent. Mais je pense que c’était pour mieux poser le personnage principal !

L’histoire prend place dans la ville de Tokoname située dans la préfecture dAichi. Nous y suivons le quotidien de Miyo Sasaki, surnommée « Muge » prononcez « Mugué ».

Miyo est une collégienne pleine de peps qui a le coup de foudre pour le très sérieux Kento Hinode. Le début de l’histoire m’a trop fait penser à Sakura, la chasseuse de cartes ! En effet, Muge devient complètement « fangirl » quand son crush daigne lui adresser la parole ! Mais elle a beau faire toutes les pitreries pour attirer son attention, elle ne récolte qu’un regard perplexe ! 

De plus, sa vie de famille lui pèse plus qu’elle ne veut bien l’avouer: sa mère l’a abandonnée et son père s’est remarié avec Kaoru, une femme gentille mais dont elle peine à s’attacher. Seule sa meilleure amie lui remonte le moral! Jusque là, rien de bien nouveau, si vous avez vu d’autres animés shojos.

Mais le festival d’été de la ville va chambouler la vie de la collégienne. Par une étrange rencontre avec un esprit, Muge se retrouve avec un masque magique…qui la transforme en adorable chatte blanche aux yeux bleus ! Quelle meilleure forme pour attirer l’attention de son amoureux ? 

J’ai adoré cette histoire, qui montre un visage ambigu chez nos amis chats ! L’Esprit Vendeur de masque a en effet un business bien particulier: l’échange de corps entre félin et humains ! Ces échanges lui permettent de gagner en puissance et en durée de vie.

Mais revenons à Miyo, qui, grâce à son masque, se crée une double-vie, mi humaine, mi féline. Mais si son amoureux est tendre et câlin à souhait quand elle est sous la forme de Taro, sa relation sous sa forme humaine lui pose de plus en plus de souci. Et oui, parfois, on cache sa timidité derrière un visage souriant, voire énervant, pour ne pas perdre la face devant l’autre. Et c’est aussi vrai avec Hinode qu’avec Kaoru, la belle-mère !

Comme dans le film avec Jim Carey, le « masque » réel du film est avant tout symbolique. Pas facile de se montrer tel que l’on est ! Visuellement, le graphisme ne vaut pas Le Royaume des Chats ou Your Name. Mais ça reste joli à l’oeil. 

Une histoire qui remplit son rôle: du mignon, des sentiments, de la magie et des chats ! J’ai beaucoup aimé !

Mad Max : Fury Road

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à une chronique ciné très tardive ! Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit sur un bon film Sf et celui-ci m’a pas mal intriguée !

Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d’un véhicule militaire piloté par l’Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s’est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…

Mon avis:

Une chose est sûre: ce film doit être vu par un public averti !

L’histoire se passe dans un monde apocalyptique: Le monde est devenu une terre désertique où la civilisation s’est effondrée. Seuls  survivent les tyrans et sectes en tout genre qui continuent de s’entre-déchirer pour un bien plus précieux que l’or: l’eau ! L’un de ces clans est aux ordres de « Immortan Joe » (Hugh Keays-Byrne), un ancien militaire devenu un leader totalitaire et sans scrupule. Et il est particulièrement en colère !

Rien que cette partie du film m’a donné envie de vomir: « Immortan Joe » est plus qu’un tyran, c’est véritable monstre que ne se considère plus comme un humain.

En effet, Immortan Joe a été trahi par son meilleur élément, Furiosa. La mercenaire lui a pris son « bien » le plus précieux: ses femmes, et plus particulièrement ses « pondeuses » ! Dans le rôle, Charlize Theron, absolument magnifique ! Furiosa est plus qu’une mercenaire: c’est une justicière, une mère, une guerrière, prête à toutes les folies pour protéger la génération future. Elle m’a fait penser à une lionne !

Autre personnage fascinant dans sa complexité: Nux,(Nicolas Hoult, méconnaissable), l’un des hommes de mains les plus fervent de Joe. Nux est un illuminé, aussi maladif physiquement que mentalement. Il m’a donné la chair de poule !

Et au milieu de tout ce bordel, débarque Mad Max (Tom Hardy), capturé par Joe et ligoté…par intraveineuse à Nux ! Leur rencontre avec Furiosa sera on ne peut plus explosive ! Mais bien vite, tout trois comprennent qu’ils n’ont pas d’autres choix que de s’associer s’ils veulent survivre !

J’ai aussi beaucoup aimé Tom Hardy, qui donne une autre dimension, moins kitch et plus rugueuse au mythique Mad Max ! Son personnage est économe de mots, observateur et très efficace dans l’action ! J’ai très envie de le voir dans d’autres rôles ! Physiquement, il me fait beaucoup penser à Kevin Cosner, dans ses jeunes années !

La principale qualité de ce film ? son féminisme ! Il dénonce à grandes images chocs l’un des pires esclavages qui soit: le trafic d’humains.

Mais d’autres thèmes non moins importants sont abordés, comme la folie extrémiste, l’Espoir d’un monde meilleur, et surtout la rage de vivre qui nous pousse à dépasser nos limites.

Un beau classique SF !

Une immense sensation de calme

 En ce moment, je lis moins qu’à l’accoutumée. De dévoreuse de livres, je passe à « savoureuse » ! Je suis devenue plus exigeante dans mes choix de livres. De plus, j’ai des envies d’évasion, de nature, de rudesse. Et je suis tombée sur ce livre !

Résumé:

Au cœur d’une étendue enneigée, une jeune fille rencontre Igor, un être aussi étrange que magnétique. Presque sans échanger un mot, elle va le suivre à travers une nature souveraine et hostile, portée par ce que la jeunesse a d’insolence. Mais plus elle semble proche d’Igor, plus le mystère qui l’entoure s’épaissit. Jusqu’à ce qu’une tempête les précipite tous deux dans la tourmente, révélant les légendes et les souvenirs de ceux qu’illumine le côtoiement permanent de la mort et de l’amour.

Mon avis:

Quel voyage !  Cette chronique est difficile à écrire tant ce livre est singulier ! La nature sibérienne illumine le récit; c’est un pays âpre, glacial où les habitants parlent peu. L’héroïne de l’histoire (dont on ne connaît pas le nom), tombe en fascination devant Igor, un homme aussi sauvage que fascinant. Leur histoire d’amour est à l’image de leur pays:  rude, sans mots inutiles, tout dans l’instant, l’envie. L’autrice nous relie à notre propre animalité, à une vie simple, sans interrogations stériles.

Ce sont aussi deux histoire d’amour qui se croisent. Deux amours interdits, où les non-dit de famille affluent à la surface sans jamais dire tous leur secrets. Igor est un être pur et incompris, qui ne sent bien qu’en pleine nature. Sa présence en impose, et même la naratrice fait profil bas. Très intriguante aussi, la vieille Grishka, une « guérisseuse », trop belle en son temps de jeunesse. Un personnage fort et mélancolique, qui porte ses blessures avec dignité. Puis, progressivement, on bascule dans un monde quasi-mystique ! J’avais presque l’impression de lire du Jean Giono à la sauce scandinave !

L’écriture est magnifique dans sa fausse simplicité. Les mots sont choisis avec soin, nous emportant dans une tempête tant météorologique que sentimentale. Au début, l’ambiance est sèche, comme une sorte de désert froid. J’ai frissonné au milieu de cette terre hostile qui ne laisse aucun répit ! Et puis, plus l’histoire avance, et plus je me suis enfoncée dans une fascination qui ne m’a plus quittée jusqu’au dernier mot ! 

Un petit bijou de lecture hivernale, à savourer au coin du feu !

The Universe

Hello à Tous ! Aujourd’hui, on change de registre ! Après les gentils films de Noel, place…à l’espace ! J’ai toujours été fascinée par les découvertes scientifique, même si je ne comprends pas toujours ce qu’il se passe ! Alors quand, j’ai vu que Netflix diffusait The Universe, j’ai foncé !

The Universe (ou Les Mystères de l’Univers en VF) est une série documentaire scientifique américaine centrée sur les domaines de la cosmologie, de l’astronomie et de l’astrophysique. 

De phénomènes quantiques aux « éxoplanètes », des trous noirs aux OVNI, des « trous de vers » au Big Bang originel, cette série explore les thèmes les plus vastes qui soient avec l’aide d’ingénieurs, d’astro-physiciens, avocats, écrivains de science-fiction. Chaque « épisode » explore un thème complètement différent et c’est juste passionnant ! 

Nous sommes des atomes de grains de sable au milieu de cette immensité et j’aime cette sensation vertigineuse. Pourrons-nous un jour voyager dans l’espace et le temps ? Existe-t-il une autre Terre? Quelle genre de vie les extra-terrestre mènent? Comment se forme une étoile? Autant de sujets fascinants qui m’ont transportée !

Je suis restée aussi émerveillée qu’une gosse devant toutes ces théories passionnantes ! À l’heure actuelle, ça m’a fait un bien fou de retrouver des scientifiques enthousiastes, curieux, et passionnés. Ça change de ce qu’on entend dans les médias en ce moment !

Une série de documentaires géniale ! J’en suis à la deuxième saison déjà et je kiffe !

Spirite tome 1: Tunguska (Mara)

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à une bien jolie découverte, parfaite pour l’automne ! Je ne lis pas assez de BD et j’ai bien l’intention d’étoffer cette rubrique à l’avenir !

Résumé:

La chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé.

Dans le New York des années 1930, Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues. Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Boris Voynich , une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider. Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde

Mon avis:

Quelle belle mise en bouche !

Ça fait déjà quelques années que je suis le travail de Mara ! Je l’ai découverte en même temps que Maliki et j’ai tout de suite adoré son style de dessin !

Avec cette nouvelle série, nous découvrons un univers très sympa entre mystère et fantastique.

Ian Davenport est un spiritologue: il étudie les fantômes et veut prouver leur existence de manière scientifique. Mais ce n’est pas chose aisée dans un monde cartésien où les charlatans pullulent. Avec son mentor Boris Voynich, ils ont trouvé le moyen de rendre visibles les ectoplasmes. Ils aiment tout deux passionément leur métier.

Mais le caractère timide et maladroit de Ian ne contribue pas à sa reconnaissance. Ce qui est d’autant plus frustrant pour le jeune homme qui est très emphatique et enthousiaste. Son ami Boris est plus critique et terre à terre. Pour lui, l’humanité n’est clairement pas prête à accepter l’existence des fantômes.

Sa mort brutale va confronter Ian à cette dure réalité. De plus, les circonstances étranges de la mort de Boris laissent à penser que c’est toute sa profession qui est en danger. Mais la police fait la sourde oreille. Ce sera finalement Nell Lovelace, une journaliste énergique mais totalement sceptique qui va l’aider dans son enquête. 

J’ai adoré le duo Ian/Nell ! Si leurs caractères semblent opposés, ils partagent de nombreux points communs. Nell est une jeune femme aussi pète sec que Ian est doux ce fait un contraste savoureux. Leurs investigations vont leur faire remonter à la surface un tragique événement du passé survenu en Sibérie.

 Des thèmes très intéressants sont abordés: le passé et ses secrets troubles, la suprématie des charlatans sur les « vrais » spécialistes, le poids de l’héritage familial. Il y a aussi une pointe de féminisme bienvenu! 

Les dessins sont splendides !!! On se croirait à l’époque 2D de Disney, mais avec une histoire plus sombre et mature. Mara a particulièrement mis le paquet sur la couleur ! Plus que les personnages, j’ai adoré l’ambiance de cette bd ! Les jeux d’ombres, les décors, le cadre automnal et surtout les fantômes ! J’ai adoré leur aspect ! Les événements s’enchaînent si bien que la fin de ce tome m’a clairement frustrée !

En tout cas, j’ai déjà hâte de lire le prochain tome !

« Les 9 vies d’Edward » de Chrystine Brouillet

Hello à tous ! Aujourd’hui, une petite relecture cocooning d’un livre…que je n’ai pourtant jamais chroniqué ! Je répare cette erreur !

Résumé:

Delphine aime les hommes, la photographie et son chat Edward. Celui-ci le lui rend bien. Doutant des choix amoureux de sa maîtresse, il décide de lui trouver un mari. Il connaît déjà l’amant qu’il destine à Delphine ; un homme très bon qui l’a soigné lors d’une traversée vers la Nouvelle-France en 1670… Edward espère qu’il s’est, comme lui, réincarné et qu’il habite aujourd’hui à Paris. La tâche est ardue. Heureusement, Catherine, sorcière sous Henri IV, lui a transmis un don : la télépathie… Edward arrive à sa dernière vie et veut partir en voyant Delphine Heureuse ! Mais ce nouveau venu Américain ne lui dit rien qui vaille…

Mon avis:

J’avais découvert ce joli livre sur France Loisirs ! Et quelle lecture fraîche et originale !

Edward est un abyssin qui arrive à sa dixième et dernière vie.

Né en Égypte sous le culte de la déesse Bastet, il a traversé les époques: Antiquité, Croisades des Templiers, Nouvelle-France, il a été vénéré dans sa première vie, maudit au Moyen-âge. Bref les Humains sont pour lui des créatures vraiment étranges.

Surtout depuis qu’il est télépathe. Il peut en effet lire les pensées des humains qui le touchent. Et ce n’est pas toujours un cadeau ! Entre les ennuyeux, les égoïstes, les méchants et les hypocrites, il y a de quoi ne plus vouloir de maître.

Mais Edward a connu quelques bons humains : Sébastien, qui l’a soigné sur un bateau; Mr Leblanc, cuisinier en mal de reconnaissance des années 1800…

Mais trois femmes ont une place spéciale dans ses vies : Catherine, la sorcière, Rachel, une jeune chapelière juive et Delphine, une photographe des années 90.

L’histoire se situe à Paris, en 1996. Delphine Perdrix est une talentueuse photographe, mais manque de discernement dans ses choix amoureux.

J’ai beaucoup aimé cette femme artiste et fleur bleue, naïve jusqu’au ridicule parfois, mais la passion pour son travail, sa répartie et ses amitiés solides la rendent assez touchante. Son lien avec Edward est particulièrement tendre et complice. On dirait presque un vieux couple ! Mais Delphine a une drôle de manie: elle suit ses modèles avant de les photographier…

C’est là que la tournure de l’histoire devient beaucoup moins légère et surprenante ! 

Une tournure « roman policier », qui donne des griffes à une intrigue qui aurait viré à la Sheba ! Edward sent que sa maîtresse est en danger. Les deux amies de Delphine sont aussi sur leur gardes.

L’histoire gagne en intensité et ce, d’autant plus, que nous la vivons à travers les yeux du chat ! L’autrice a remarquablement su me mettre dans la tête d’Edward, ses réflexions, ses sensations. L’odorat est très présent et pas seulement pour la nourriture : chaque émotion a une odeur, chaque personne a sa « marque ».

Enfin, il y a le point faible d’Edward: la barrière de la langue. Que faire quand votre maitresse est en danger ? Comment alerter les autres Humains sans se prendre un coup de balai ?

J’ai adoré le mélange des genres, à la fois familier et étrange. L’écriture est fluide et plutôt agréable. Toutefois l’alternance temporelle des souvenirs d’Edward plombe un peu le récit par moment. C’est le seul défaut du livre !

Mais l’histoire est prenante, avec plein de références historiques et artistique. Et plus que la romance, c’est au final l’Amitié Féminine qui tire son épingle du jeu ! Rien que pour ça, je recommande !

Une lecture originale, donc, pour les amoureux des chats, des romances mais aussi de policier !