La Tempête (Shakespeare)

Je continue ma découverte des classiques de Shakespeare avec sa dernière pièce: La Tempête

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Contrairement à d’autres pièces, la Tempête n’est pas une tragédie, ce qui m’a beaucoup surprise ! 

J’ai voulu découvrir ce livre suite à l’adaptaton théâtrale de Jeremy Herrin en 2013, avec Colin Morgan (Merlin) dans le rôle d’Ariel ! Déjà dans la série, je trouvais qu’il avait un physique de lutin mais là c’est encore plus flagrant avec son costume…assez spectaculaire je dois dire ! 

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Ariel est d’ailleurs un personnage plutôt attachant, à la fois naïf et maladroit, rien à voir avec la sirène du même nom ! La version de Colin est très dynamique et physique puisqu’il n’hésite pas à grimper un peu partout sur la scène ! 

Mais revenons à l’histoire:

Le duc de Milan, Prospero, après avoir été déchu et exilé par son frère, se retrouve avec sa fille Miranda sur une île déserte. Grâce à la magie que lui confèrent ses livres, il maîtrise les éléments naturels et les esprits ; notamment Ariel, esprit positif de l’air et du souffle de vie ainsi que Caliban, être négatif symbolisant la terre, la violence et la mort.

La scène s’ouvre sur le naufrage, provoqué par Ariel, d’un navire portant le roi de Naples, son fils Ferdinand ainsi qu’Antonio, le frère parjure de Prospero. Usant de sa magie et de l’illusion, Prospero fait subir aux trois personnages échoués sur l’île diverses épreuves destinées à les punir de leur traîtrise.

Gonzalo, un conseiller du roi de Naples, leur est secrètement venu en aide en approvisionnant leur bateau en nourriture, en eau et en vêtements, ainsi qu’avec les plus précieux des ouvrages de la bibliothèque de l’érudit Prospéro.

Sur l’île, Prospéro a libéré Ariel, un esprit emprisonné dans un arbre par la défunte sorcière Sycorax, et s’est ainsi acquis ses services. La situation n’enchante guère Ariel, à qui Prospéro promet régulièrement de rendre sa liberté. Le fils de Sycorax, une créature monstrueuse du nom de Caliban, vit également sur l’île.  

Lorsque celui-ci tente de violer Miranda, Prospéro le soumet et fait de lui son esclave. Caliban hait Prospéro et Miranda, qui n’ont que mépris et dégoût pour lui.

Mais ces épreuves aboutiront non pas à un drame familial mais bien une réconciliation, chaque personnage suivant son propre propre cheminement. 

Un classique étonnant et au final, assez méconnu de Shakespeare !

 

 

Macbeth (Wiliam Shakespeare)

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Macbeth est une tragédie de William Shakespeare. Elle prend place dans l’Écosse médiévale et retrace de manière très romancée le règne de Macbeth (1040-1057), en s’inspirant de près du récit qu’en fait Raphael Holinshed dans ses Chroniques, parues en 1587.

 

Dévoré d’ambition, le général Macbeth commet le crime de régicide pour s’emparer du pouvoir, poussé par son épouse Lady Macbeth, mais la culpabilité et la paranoïa les font peu à peu sombrer dans la folie.

409557Entre pouvoir et jalousie, cette pièce mêle histoire de l’Écosse et l’engrenage fatal de notre part la plus sombre. La mauvaise influence joue une part primordiale. C’est aussi une vraie satire politique où l’ambition tourne au drame. Parce qu’il a tué, Macbeth devra tuer encore sans que ses victimes le laissent en paix. Et sa femme paiera avec lui, puisque que c’est elle qui l’y a poussé.

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Le règne de Macbeth, guidé par la peur, la culpabilité et les propos nébuleux des trois sorcières qu’il interroge quant à son avenir, est placé sous le signe des meurtres arbitraires et de l’injustice. Macbeth finit par soulever contre lui une révolte d’une telle ampleur qu’elle causera sa perte.

Les Trois Sorcières, quant à elles, représentent  le regard cynique des Dieux face à la cupidité humaine et sa chute dans l’abîme.

J’ai eu plus de mal à retenir les nom des autres personnages… Et au final, ce n’est pas important. J’ai aimé la modernité du message, tant en amour exclusif qu’en complot politique.

Un classique très intéressant, à la fois politique et cynique sur l’illusion d’une trop grande ambition. Je n’ai pas vu le film, car je reste assez dubitative quant au choix du casting…

Crimson Peak

Pour cet automne, je sors de ma zone de confort cinématographique en visionnant Crimson Peak de Guillermo del Toro !

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Résumé:

« Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière, vit avec son père Carter Cushing à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère. Elle possède le don de communiquer avec les âmes des défunts et reçoit un étrange message de l’au-delà : « Prends garde à Crimson Peak« . La jeune femme est considérée comme une marginale dans la bonne société à cause de sa fâcheuse « imagination », se qui l’énerve beaucoup. Mais voilà qu’Edith se retrouve tiraillée entre deux prétendants: son ami d’enfance, le docteur Alan McMichael, et sir Thomas Sharpe, un baronnet anglais aussi étrange que séduisant… »

Mon avis:

Un très bon film pour frissonner la nuit d’Halloween ! Tom Hiddleston est PARFAIT en Thomas Sarpe, un barronnet séducteur et trouble. J’ai trouvé ses manières très…vampiriques ! C’est peut-être les cheveux noirs qui font ça ! À ses côtés, Jessica Chastain, vénéneuse à souhait dans le rôle de la soeur de Thomas, Lucille. Je ne connaissais pas du tout cette actrice, qui m’a fait penser à Kristin Scott Thomas avec ses allures de garce rigide. Son personnage, particulièrement ambigu et au final assez pathétique et m’a fascinée.

Quant à Mia Wasikowska, elle donne sa beauté éthérée à Édith Cushing, une jeune femme d’un certain caractère, mais tourmentée par les fantômes de son passé, au sens propre comme au figuré ! Sa rencontre avec cet étrange duo va la projeter dans un monde qui paraît figé hors du temps, et lui faire découvrir que l’Amour peut prendre des visages aussi terribles qu’interdits.

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L’histoire mêle fantastique, amours troubles et fascination, avec une touche féministe assez bienvenue ! La demeure elle-même est un personnage à part entière, fait de grincement, chuchotement et d’argile (rouge) meuble. Il faut dire que ce beau manoir tombe en ruine…

J’ai trouvé l’intrigue prenante avec de beaux effets visuels. Il y a juste ce qu’il faut de sanglant et de jeux de lumière. Visuellement, c’est vraiment très réussi ! J’ai adoré cette ambiance de conte gothique, avec ses décors sombres, ses portes qui claquent, ses fantômes et ses secrets…

Une belle découverte horreur qui m’a ouvert les portes de l’univers de Guillermo del Toro ! « Le Labyrinthe de Pan » est d’ores et déjà le prochain sur ma liste !

Les lumières de septembre

Comme vous le savez, j’aime beaucoup l’univers de Carlos Ruiz Zafón, entre le gothique et le fantastique ! Et avec un titre pareil, ce livre était parfait pour débuter l’automne !

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Résumé:

« 1937. Au manoir de Cravenmoore, en Normandie, la jeune Irène et son frère Dorian arpentent pour la première fois les couloirs interminables, les pièces interdites peuplées de marionnettes et d’automates, tout un univers étrange et fascinant… Sous l’oeil de leur mère, Simone, récemment embauchée comme femme de charge auprès du propriétaire des lieux, l’inventeur de jouets Lazarus Jann, les enfants redonnent vie à la vieille demeure. Mais leurs jeux et leurs rires réveillent bientôt quelque chose…
Une ombre maléfique, oubliée depuis vingt ans, qui ne demande qu’à faire à nouveau couler le sang… »

Mon avis:

Même si les thèmes sont les mêmes que les deux autres ouvrages du Cycle de la Brume, (à savoir: secret de famille, bâtisses anciennes et Esprit Tourmenté), c’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’atmosphère si particulière de cet auteur.

Nous suivons les aventures de la famille Sauvelle, qui peine à joindre les deux bout suite à la mort de leur père. Criblés de dettes la jeune cadette de 16 ans Irène, va même jusqu’à travailler à l’insu de Simone, sa mère. Mais voilà que celle-ci reçoit une lettre pour un travail de femme de ménage en Normandie, chez un certain Lazarus Jann. Le cadre est en apparence idylique: un château de conte de fées, un village charmant, un salaire au delà de toute espérance.

Irène s’aclimate assez vite au village, et se lie d’amitié avec la pétulante Hanna, la cuisinière de leur bienfaiteur: une jeune fille très bavarde, et un brin prétencieuse, aux antipodes de son cousin Ismaël, un aprenti marin, timide et assez mignon.

En revanche, le manoir de Cravenmoore la met de plus en plus mal à l’aise, et pas seulement à cause des automates plus vrais que nature. Il s’est passé un événement grave au sein de cette demeure, elle en est persuadée. D’autant qu’une Ombre, acidentellement libérée sème la terreur au sein de cette étrange maison.

Dorian, de son côté est beaucoup plus replié sur lui-même, se réfugiant dans ses rêveries.  Sa rencontre avec le mystérieux Lazarus va le chambouler. Fasciné par les automates et l’étange personalité de leur nouveau maître, il est beaucoup plus influençable et sensible que sa petite soeur.

Le travail de Simone va bien plus loin que le simple ménage. Elle doit aussi s’occuper de la paperasse et autre courrier en tout genre…sauf pour un destinataire particulier. Elle fait son travail sans rechigner, ni se mêler de ce qui ne la regarde pas.

Quant au maître des lieux Lazarus, c’est un homme de prime abord aimable et cultivé, qui souffre d’une profonde solitude depuis la mort brutale de sa femme d’une maladie inconnue. La famille Sauvelle lui mettra du baume au coeur pendant un temps. Mais ses demandes excentriques et sa façon de fuir le monde réel en font un personnage ambigü, pas spécialement inquiétant mais déroutant. Il semble cacher un lourd secret (malédiction?) qui l’empêche d’aller de l’avant.

J’ai adoré la façon dont le décor change et s’assombrit au fil de l’histoire. L’auteur joue avec nos nerfs sans jamais tomber dans le trop glauque/gore comme dans un thriller par exemple. On est plus dans l’émotion que dans l’horreur, ce qui est pour moi plus intéressant. La tension s’insuffle progressivement, jusqu’à la révélation finale, plutôt bien tournée j’ai trouvé !

En conclusion: Si vous aimez les ambiances fantômatiques à la Crimson Peak ou encore la Dame en noir, ce livre répondra à vos attentes ! 

Troisième humanité tome 3: La voix de la Terre

Sonnez trompettes !!! Après des mois d’attente et une lecture progressive avec plusieurs pauses, ça y est: j’ai enfin lu le dernier volet de Troisième Humanité: La voix de la Terre !

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Résumé:

7 joueurs, 7 visions du futur.
Chacun tente d’influencer l’avenir.
Mais c’est sans compter sur le 8e joueur, notre mère la Terre, qui n’a pas dit son dernier mot.

La saga des micro-humains commencée avec « Troisième humanité » se poursuit sur fond d’apocalypse. Alors qu’une 3e guerre mondiale se profile à l’horizon, Gaïa, la Terre, semble vouloir se rebeller contre ses habitants. Humains et micro-humains prêteront-ils attention à sa voix ?

Mon avis:

L’idée était bonne. Très intéressante vraiment. Deux peuples opposés qui doivent apprendre à vivre ensembles. Une Terre qui parle, pense et ressent des émotions… Une version geek des aventures de Gullivers avec un mélange de réflexion écologique et de satire politique.

J’ai aimé l’intrigue sous forme de jeu stratégique: un jeu d’échec heptagonal (dessiné dans l’ouvrage) qui compte donc 7 joueurs.

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Les blancs : les capitalistes.
Les verts : les religieux.
Les bleus : les geek (robots).
Les noirs : les spatiaux.
Les jaunes : les bicentenaires.
Les rouges : les féministes.
Les mauves : les emachs.

Puis c’est Gaïa, la Terre elle-même qui vient se greffer à l’échiquier, car elle a un message de la plus haute importance à faire passer à ses (Grands et Petits) habitants.

Les personnages principaux au début du roman sont David et Aurore, mais cette dernière est rapidement substituée par une nouvelle arrivée : Hypatie Kim.

En effet, à ce point de la trilogie, David Wells a la quarantaine, et marié à Aurore Kammerer. Ils ont trois enfants, des triplés. À 10 ans, ils ont déjà de forts débats sur l’avenir de la planète ! La relève est assurée !

Mais voila que son épouse le chasse en plein repas de famille pour éviter « qu’il ne périclite dans sa vie ». Elle veut qu’il redevienne le chercheur ambitieux et optimiste dont elle était tombée amoureuse. À partir de là, ouste ! On n’entend plus parler de l’ex danseuse-scientifique, du moins pendant un temps.

Une fois seul, David s’engage au côté de son élève Hypatie Kim afin d’aider les Micro-Humains et découvrir qu’une menace approche: un astéroïde est sur le point de s’écraser sur la Terre. Une nouvelle mission pour les Micro-Humains ! Mais la révolution couve au sein de Microland: certains Emachs son devenu anti-Grands, de la même manière que les Humains s’étaient rebélés contre leurs ancêtres géants disparus en Atlantide

Toujours aussi déroutant, Bernard Werber explore une intrigue mi-politique, mi-scientifique avec une pointe de mystique. Son livre m’a rappelé notament un livre de Christan Grenier, où là aussi, on avait le point de vue d’une planète et de ses réactions face à ses « habitants »…

Il y a aussi une réflexion sur la surpopulation et le danger d’une humanité trop centrée sur ses propres intérêts pour évoluer dans le bon sens, ainsi que l’hypocrisie des politiciens. Werber est très mordant sur ce point, je trouve !

J’aurais bien voulu qu’Aurore évolue differemment. Je ne la trouvais déjà pas spécialement attachante dans les autres tomes mais là, elle en est devenue trop caricaturale. Et au final très agaçante et surtout égoïste. 

Hypatie Kim en revanche, est la bonne surprise du livre. De prime abord assez réservée, la jeune femme aidera David à reprendre du poil de la bête. Si Aurore s’est intéressée au Amazones, Hypatie pense que les Pyramides sont des émetteurs récepteurs pour communiquer avec Gaïa, notre panète ! J’ai aimé son caractère posé et plus diplomate qu’Aurore. Son couple avec David est en fin de compte plus crédible et sain.

Cette trilogie a le mérite d’avoir un aspect plus féministe et engagé, nous amenant à réfléchir à l’Avenir de notre planète et comment pourrait évoluer l’espèce humaine au fil des siècles. Il y a de belles références féminines: les Amazones, les Femen mais aussi Hypatie d’Alexandriegrande savante égyptienne encore trop méconnue !

Et la fin est  digne d’un livre de science-fiction « à l’ancienne » de type « chroniques martiennes » ! Malheureusement, l’alternance avec les extraits de l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, plombe inutilement le récit. C’est ce qui m’a le plus freiné dans ma lecture ! 

Mon avis est donc mitigé: s’il y a des aspects intéressants, les longueurs inutiles gâchent l’originalité de l’histoire. Et certains points auraient pu être mieux développé. Dommage !

Le salaire de la peur (George Arnaud)

Aujourd’hui, un livre que j’hésitais à lire depuis longtemps: relique de la bibliothèque familiale, il fait partie de ces ouvrages que je « croise » sans oser les lire. Et puis, suite à une chronique de Plius, j’ai tenté l’expérience…

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Résumé:

« Las Piedras, port d’échouage. Ils sont des centaines, venus d’on ne sait où, oublier sous les tropiques l’impasse de leur existence. Pour une poignée de dollars, ces sans-grade sont prêts à tout. Prêts à affronter des kilomètres de piste impraticables, au volant d’un camion délabré, pour convoyer de la nitroglycérine. Au moindre écart, au moindre choc, c’est la mort. Une épopée de l’angoisse pure… »

Mon avis:

Suffoquant. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de ma lecture. Des hommes blasés, las, sarcastiques. Des hommes qui en ont tellement bavé dans leur vie qu’un risque de plus ou de moins ne fait guère de différence. Et quel risque: transporter de la nitroglycérine dans un camion pas aux normes pour une haute somme d’argent.

Tout un groupe se masse pour tenter sa chance: l’étranger qui veut un visa pour s’installer, le vagabond, las de sa vie de misère, le business man toujours prêt pour prendre l’argent où il se présente. Mais ce n’est pas n’importe quel chargement. C’est une bombe qui peut exploser au moindre cahot… Seuls quatre personnes seront engagées pour deux camions chargés à bloc.

Première épreuve: conduire le camion d’une manière suffisamment lente et calme pour éviter le moindre choc. Ensuite, oublier les incompatibilités de caractère: Ce boulot, on l’a choisi, on l’assume, on va jusqu’au bout. Et surtout: contrôler la Peur qui accable et pèse, qui peut rendre fou et accompagne chaque conducteur.

Ce n’est pas du tout mon genre de lecture habituelle. Je ne peux même pas dire que j’ai aimé ce livre. Mais je ne pouvais plus m’arrêter de lire. Comme si j’étais moi-même passagère. J’ai frissonné, sursauté, je voulais savoir comment ça allait finir !

Un roman âpre, noir, poisseux. J’en suis ressortie sonnée et impressionnée de lire jusqu’où les hommes sont prêts à aller pour de l’argent. C’est effarant !