Tomorow (Netflix)

Ce qui est bien avec Netflix, c’est que je peux assouvir à fond mon plaisir coupables du moment: les dramas asiatiques ! Et quand celui-ci est l’adaptation live d’un webtoon en plus ! Après Hotel del Luna, voici ma nouvelle obsession : Tomorow, adapté du wetoon Demain de Llama. Une claque, encore une fois !

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Résumé:

Choy Jun Wung est un jeune homme en pleine recherche d’emploi. Bien que diplômé d’une université prestigieuse, il peine à trouver un bon travail. Une nuit, après un accident, il fait la connaissance de deux anges de la mort ou « Faucheuse »: Gu Ryeon et Lim Ryung Gu. Tous deux font partie d’une équipe de gestion d’une crise bien particulière : empêcher des humains suicidaires de passer à l’acte. Gu Ryeon est la leader et Lim l’un des membres. Suite à cette rencontre peu commune, Choy Jun Wung intègre l’équipe en CDD de 3ans . En effet le jeune homme n’est pas mort mais dans le coma: il est donc mi-homme, mi-fantôme…

Bande annonce

Mon avis:

Déjà, rien que l’idée m’a plue: une Faucheuse qui sauve des vies au lieu de les prendre ! Gu Ryeon est une femme bad-ass et tourmentée, qui a du fil à retordre, tant avec les humains qu’elle sauve que ses collègues. Un en particulier. Park Jun Gil, un faucheur qui « escorte » les âmes avec zèle et froideur. C’est simple il ne comprend pas le suicide qu’il considère comme un crime abominable. J’ai été très intriguée par ce personnage qui fait tout pour cacher ses émotions, mais dont les cauchemars trahissent une profonde blessure.

À l’inverse Choy Jun, la nouvelle recrue, est très sensible et ne s’en cache pas. Son nouveau travail lui apprendra à en faire un atout plutôt qu’une faiblesse. Lim Ryum Gu est lui aussi très intéressant ! Nonchalant et ironique, il voit d’abord Choy comme un gamin pleurnichard. Cependant, une certaine estime se dessine peu à peu au fil des sauvetages.

Enfin,il y a l’impressionnante Directrice, Jade Hwang. Charismatique et mystérieuse, elle tire les ficelles de l’au-delà avec beaucoup de subtilité et de précautions. L’enfer est (certes), pavé de bonnes intentions. Mais le Destin des homme est le fruit de leurs propres décisions.

Car le vrai thème est plus du côté des vivants que des morts. Comment une personne peut-elle aller jusqu’à vouloir s’ôter la vie? Là est le drame. On peut vouloir mourir pour plein de raisons. Et chaque épisode explore une raison, et la souffrance qui en découle. Et quand je dis explorer, c’est vraiment à fond. Harcèlement scolaire, précarité, deuil, guerre, maladie, pression familiale et/ou professionnelle… Autre fait intéressant: tous les suicidaires ne sont pas de belles personnes ! Et ça, il fallait oser le dire et le montrer ! Mais deux épisodes auront marqué mon attention: celui sur l’anorexie, très bien traité, et celui sur la sensibilité de l’animal (ici, un chien). Et oui, eux aussi peuvent se laisser mourir!

Enfin, il est aussi question de réincarnation, et l’aprentissage du pardon envers soi-même, très présent dans beaucoup d’épisodes. 

Un très beau drama, plein de compassion, de violence, mais surtout d’espoir. À découvrir !

Romance du week-end : Love in the villa

Parce que parfois, un peu de légèreté, ça fait du bien ! Et que j’étais curieuse de découvrir le charmant Tom Hopper dans le registre romantique! Il est cependant encore trop tôt pour les comédies de Noël ! Les feuilles jaunissent à peine ! Je prolonge donc encore un peu l’été avec la comédie Love in the Villa !

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Bon, on ne va pas se mentir, ce n’est pas la comédie de l’année. Mais je reconnais que j’ai pris un plaisir coupable à visionner cette bluette romantique. Ce n’est pas que le début soit cliché au possible. Non. c’est juste improbable et surtout mal joué… du moins dans la première partie. Présentation du début du film.

Julie est une romantique, une vraie. Elle voue un culte à Roméo et Juliette qu’elle tente de faire aimer à ses élèves. Si elle avait été prof dans un lycée, là OK, ce serait crédible. Mais à des maternelles ?! Seriously? Passons.

Après que son petit ami lui ait dit qu’il avait besoin d’une pause, elle décide de se rendre seule au voyage  à Vérone qu’elle leur avait réservé.  Les péripéties du voyage sont assez drôle, entre barrière de la langue et course effrénée dans les rues italiennes. Le chauffeur était assez sympathique…  mais bien trop calmepour un italien ! Arrivée à sa villa, voilà que Julie tombe nez à nez, (ou devrais-je dire, nez à torse) avec Charlie, un anglais taciturne qui a déjà réservé la dite villa ! Et c’est loin d’être un coup de foudre !

C’est là que le réalisateur a l’idée saugrenue de les faire se chamailler dans le registre de Tom et Jerry et…ça sonnait faux ! Tellement faux que lorsque Charlie décidé d’arrêter les chicaneries, j’ai eu l’impression qu’il le disait plus au réalisateur qu’à la fille ! C’est là que le film a vraiment commencé en fait ! Là, l’histoire a posé des bases moins bancales. On aurait dû commencé directement comme ça.  Si Tom Hopper est on ne peu plus charmant, Kat Grahame qui incarne Julie est tête à claque au possible. Elle est jolie mais son jeu est trop exagéré dans les scènes « comiques ». C’est d’autant plus dommage que le cadre est plutôt réussi avec une belle atmosphère chaleureuse et une jolie bande son.

Mais malgré ses défauts, j’ai bien aimé ce film. Parce que certaines idées étaient bonnes : Julie est une femme qui a été biberonnée à la romance intense de ses parents et a donc fait peur avec son idéal de perfection. Charlie au contraire est plus torturé par son passé… sans pour autant en faire étalage contrairement à Julie. Une pudeur toute britannique qui fait son vrai charme. C’est ce que j’ai préféré dans son personnage. J’ai aussi aimé l’esprit gastronomique du film, notamment le vin, qui a une jolie place. Enfin, la façon dont les décors italiens sont filmés est digne d’une carte postale et ça c’est plutôt agréable.

Un film loin d’être parfait donc, mais pas désagréable non plus.

Même les arbres s’en souviennent

 S’il y a un genre de lecture que je vois moins sur les blogs, c’est bien la littérature de terroir. J’aime bien ce genre littéraire qui nous plonge dans le passé de nos campagnes et de nos aïeux.  Et pour ça, rien de tel qu’un Christian Signol !

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Lassé de la vie urbaine, Lucas, trente ans, rend régulièrement visite à Emilien, son arrière-grand-père, qui s’est retiré dans un petit appartement proche du hameau où il a grandi. Lucas est très attaché à la maison de famille qui le rappelle à ses origines car il sait que c’est là que s’est joué le destin des siens. Un jour, il décide de restaurer les vieux murs qui résonnent encore de l’histoire familiale et, pour mieux s’en imprégner, demande à son arrière-grand-père d’écrire le récit de sa vie.

Comme toujours avec Signol, beaucoup de tendresse et de nostalgie. Ici, Emilien, le narrateur, écrit ses mémoires pour son arrière-petit fils Lucas. L’histoire raconte la vie de nos paysans, consacrée à la terre et ses bienfait. Une famille simple et travailleuse, 2 guerres mondiales, les hauts et les bas de la vie…

Grâce à ces mémoires, Lucas apprend ses racines, les comprend et les intègre. Il partage avec Emilien un amour maternel de sa terre et le désir de la préserver. Ce que j’aime avec Signol, c’est qu’il ne tombe pas dans le piège du Passé idyllique. Tout n’était pas mieux avant. Il y a le dur labeur de la terre, les horreurs de la guerre, le travail pour aider la famille dès le plus jeune âge. Lucas comprend de ce fait la chance d’être instruit, la solidarité dans l’épreuve, la force et la pudeur de ses aînés. Il fait aussi le triste constat d’une campagne de plus en plus désertée, de familles éclatées, éparpillées autour du monde. Qu’en est-il de nos racines ?

Ce récit à deux voix nous dépeint une France de plus en plus transformée; par les Guerres d’abord. Puis la technologie provoque une révolution sans précédent. Le changement de mentalité qui s’opère par la mécanisation agricole est particulièrement saisissant. Les paysans gagnent en effet autonomie, en confort… mais perdent aussi, peu à peu, une certaine solidarité dans leur travail. Les nouvelles générations ne reprennent plus systématiquement le domaine familial. Une chose impensable encore pour nos grand-parents. Il y a enfin les nouvelles technologies telles que la télévision, le téléphone et la radio qui a permis une ouverture sur le monde…et en contre-partie la fin des veillées où les anciens racontaient leurs histoires…

L’écriture est limpide, facile d’accès. Poétique sans être alambiquée. Je pouvais visualiser chaque scène dans ma tête et ça, c’est le grand point fort de Signol. Il peut m’embarquer dans son récit peu importe le sujet abordé. J’ai refermé ce livre avec tendresse et reconnaissance envers mes aînés. 

Une belle lecture pour les premiers frimas, à savourer au coin du feu !

Drama du jour: Hotel Del Luna

Hello à tous !Je continue mes découvertes sur le thème du fantastique et de l’au-delà avec une magnifique curiosité ! Direction la Corée avec la drama « Hotel Del Luna »

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Résumé:

L‘Hôtel Del Luna est un lieu mystérieux situé dans la ville de Séoul.
Jang Man Wol est une très belle femme mais tout aussi colérique qui se trouve être la directrice des lieux. Suite à une grave erreur commise dans le passé, Man Wol ne peut pas quitter l’endroit, et s’en trouve prisonnière depuis plus de 1000 ans.

Gu Chan Seong est un jeune homme très intelligent, diplômé d’Harvard et qui n’oublie pas d’en être fier mais il est aussi un jeune prodige de l’hôtellerie que toutes les plus grandes chaînes d’hôtels s’arrachent. Bien qu’il semble être quelqu’un de très droit et réfléchi, il est avant tout un jeune homme foncièrement gentil qui n’hésitera pas à suivre son cœur plutôt que sa tête.

Suite à un pacte fait entre Man Wol et le père de Chan Seong il y a 20 ans, celui-ci va se retrouver manager de l’Hotel Del Luna, cependant un élément essentiel ne semble pas avoir été pris en compte, l’hôtel est uniquement fréquenté par des fantômes.

Et voici le somptueux générique qui semble jailir d’un conte de fée.

Mon avis:

Quel étonnant voyage ! J’ai complètement plongé dans cet univers très particulier. Certains éléments m’ont rappelé Violet Evergarden : une âme abîmée qui reprend vie au contact des autres. c’est ce qui arrive à Jang Man Wol la propriétaire des lieux.

L’esthétique est absolument magnifique. L’hôtel semble être un personnage à part entière avec une ambiance très changeante : hôtel de luxe ou maison hantée? Paradis ou Enfer ? Là est la vraie subtilité: on nage constamment entre les deux. Des thèmes universels sont abordés : jalousie, honneur, famille, mais aussi le pardon, la culpabilité et surtout la compassion. Chaque âme a son histoire et ses blessures, dont certaines semblent indélébiles. Notre héro devra apprendre à sortir des ses préjugés…et faire preuve de discernement. Car comme je l’ai dit, tout n’est pas tout blanc ou tout noir. 

J’ai adoré cette idée d’hôtel pour fantômes qui ne sont en fait que des âmes errantes ou blessées. Des âmes qui ont besoin de reprendre des forces, de se libérer de leurs doutes, leurs peurs et leurs regret pour pouvoir « passer le pont » qui même à l’au-delà ! C’est aussi l’histoire d’une rencontre : Jan Man Wol et Gu Chan Seong. De prime abord completement opposés, les deux jeunes gens vont peu à peu apprendre à se comprendre et s’apprécier. Les dialogues, subtils et guindés, ont dû être très difficile à traduire !  Il y a aussi les employés de l’hôtel, eux-même fantômes qui ont du fil à retordre avec des âmes pas toujours dociles. Certaines sont éteintes, d’autres semblent sortir d’un film d’horreur, tout dépend de leur état d’esprit au moment de leur mort. Enfin petit détail qui m’a particulièrement touchée: les animaux y ont aussi leur place.

Le seul reproche que je ferai à cette série est la musique omniprésente et les plans sentimentaux qui durent des plombes ! Sans déconner, j’avais l’impression de voir un soap opéra dans ses moments. Mais l’univers et la culture très différente de la mienne m’ont completement envoutée ! Les acteurs sont d’une beauté incroyable et leur jeu d’acteur très intéressant. Si les expressions semblent aussi lisses que pour les japonais, leurs émotions semblent jaillir par « sursaut » quand elles sont trop réprimées. Ce qui peut donner des scènes assez cocasses ! Une légèreté qui équilibre l’aspect dramatique de l’histoire.

Et quel décor ! Comme je l’ai dit plus haut, l’estétique est particulièrement soignée et magnifique. Le luxe de l’hôtel, les costumes impeccables des employés. Et chaque fantôme est unique, ce qui donne l’impression déconcertante de passer d’un genre à l’autre, de l’enfant jovial au zombie à lunette accro au café, rien que ça ! Enfin, il y a le symbole universel de l’Arbre qui a ici une place bien particulière. 

Rédemption, réconfort, pardon et honneur, telles sont les belles valeur morales d’un drama envoûtant et unique en son genre ! 

The Good Place

J’ai toujours aimé les séries qui traitaient de la mort et de l’au-delà. J’avais adoré Dead Like Me, Pushing Daisies, ou dans un autre registre Ghost Wisperer. Je devais donc absolument parler de la série The Good Place

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Résumé:

Après avoir été percutée et tuée par un semi-remorque, Eleanor se réveille dans ce qui semble être la vie après la mort. Lorsque Michael, l’Architecte des lieux, lui apprend qu’elle est au « Bon endroit » compte tenu ses bonnes actions, elle réalise qu’elle a été confondue avec quelqu’un d’autre. L’arrivée d’Eleanor pourrait bien mettre en péril l’équilibre de ce monde où personne ne jure ou ne boit de l’alcool à outrance. La jeune femme va devoir travailler sur elle-même afin de devenir une meilleure personne si elle souhaite conserver sa place dans l’au-delà. Bien entendu, elle sera épaulée par de nouvelles connaissances à l’instar de Chidi, son « âme soeur » qui voit toujours le bon côté des gens, ses voisins un peu trop parfaits Tahani et Jianyu, et enfin Janet, véritable source de savoir ambulante…

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Mon avis:

Mais comment j’ai pu passer à côté de cette pépite ! Le réalisateur Michael Schur nous propose une comédie aussi grinçante qu’hilarante sur nos travers humain.

Nous faisons la connaissance d’Eleanor Shellstrop et elle tout sauf une gentille fille: égoïste et cynique, elle se retrouve dans ce qu’il semble être une ville parfaite où tout ses voisins sont de belles âmes. Ne voulant pas être démasquée, elle prend des cours de « bien » avec son âme-soeur Chidi, un ancien prof de philo aussi doux et gentil qu’elle est acerbe et désagréable.

Et Eleanor va avoir du fil à retordre car son arrivée provoque de drôles de choses dans cette ville paradisiaque. Entre fêtes et nouveaux amis, elle tente d’apprendre le dialogue, la bienveillance, l’empathie. Mais chassez le naturel…. il revient d’autant plus vite que The Good Place cache quelques secrets derrière ce vernis clinquant.

Kristin Bell (Véronica Mars) campe avec un plaisir évident cette anti-héroïne, qui assume plus volontiers ses défauts que ses qualités ! Chez ses amis, il y a Wiliam Jackson Harper, dans le rôle de Chidi, un jeune prof patient mais qui manque totalement de confiance en lui.

Jameela Jamil, incarne Tahani Al-Jami, la voisine glamour fashonista qui veut aider tout le monde… en faisant plein de fiestas ! Ben oui, comme la gueule de bois n’existe pas autant en profiter non? J’ai adoré sa relation avec Eleonor, une amitié totalement improbable mais au final plutôt bien imbriquée.

L’Architecte de la Good place n’est autre que Ted Danson, que j’avais déjà vu dans une autre série quand il était jeune. Ici, c’est un être de l’au-delà charismatique, maladroit, mais aussi mystérieux ! Il y a aussi Jianhu, (Manny Jacinto) un asiatique qui cache plus d’un tour sous sa tunique ! Son traitement est assez classique mais son évolution m’a beaucoup surprise ! Je ne m’y attendais absolument pas !

Enfin mon coup de coeur est sans contexte D’Arcy Carden qui interprète l’androïde Janet. Ce personnage est juste hilarant ! Elle a réussi un tour de force avec ce rôle qui paraît très rigide en apparence, mais qui cache de belles subtilités !

De beaux thèmes intemporels sont abordés dans cette série : l’amitié, la notion de bien et de mal, les regrets, les secrets.  L’intrigue est loufoque et en même temps très intelligente ! Chaque épisode a son lot de surprise !

Si vous aimez les situations improbables et le fantastique, « vous êtes au Bon Endroit » !

Lectures & prise de conscience

Décidément, ce blog est en train de mourir à petit feu.

Je ressens de moins en moins l’envie de raconter mes visionnages et autres lectures. Une page est en train de se tourner. Parce que la vie, ce n’est pas que du virtuel. Ce n’est pas que du remplissage de pages blanches. J’ai l’impression de tourner en rond dans toujours les mêmes sujets. Et le pire c’est que ça contamine ma vie réelle. C’est  la lecture de 2 livres qui m’ont fait prendre conscience de ça. Il s’agit de « Ressac » de Maureen Wingrove (alias Diglee), et « Survivre dans le tumulte » de Patricia Darré. 

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Dans Ressac, Maureen nous raconte comment, en février 2020, elle s’est retrouvée elle-même grâce à une retraite dans une abbaye en Bretagne. Un an que ce livre m’appelait irrésistiblement. Son exérience m’intriguait d’autant plus que le ton de son blog a beaucoup changé depuis son séjour. Et bien j’ai été secouée ! En à peine une centaine de pages, j’ai pleuré, j’ai été touchée et trouvé un écho à mes questions du moment. Notamment le côté aliénant des réseaux sociaux à outrance, le sentiment d’impuissance face à la maladie mentale et l’apaisement unique que seule Dame Nature peut nous offrir. Un témoignage courageux, je trouve. Ça m’a fait plaisir aussi de lire une Diglee sans fard ni paillettes, sensible et franche.  Cette expérience l’a non seulement transformée, mais aussi préparée à la vague de confinement à venir. Elle a en plus une très jolie plume, très poétique dans sa mélancolie. Après ma lecture, une part de Diglee raisonne toujours en moi.

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« Survivre dans le tumulte » est dans un tout autre registre. Patricia Darré est journaliste et médium depuis 1995. Depuis 2019, je m’intéresse beaucoup à l’ésotérisme, le paranormal et la médiumnité. Et cette femme a su elle aussi mettre des mots sur le malaise ambiant, présent déjà bien avant un certain virus. Mais aussi les changement énergétique en cours, ce que j’ai trouvé particulièrement passionnant ! Enfin, j’ai adoré la façon simple et pragmatique dont elle parle de la mort. Il n’y a ni mysticicisme, ni larmoyant ni froideur dans ses mots. Juste de la Lucidité et oui, c’est possible, de l’optimisme ! Ce passage m’a préparée (sans que je le sache) au départ de mon papa, qui nous a quitté en février. Ce livre m’a apaisée, car comme elle le dit: « On nous cache la mort dès que nous naissons. On ne nous apprend pas à l’envisager comme une possibilité de tout instant. Envisager que tout peut s’arrêter à tout moment n’est pas angoissant si on l’utilise comme force de vie et non comme un frein morbide à celle-ci. » Cette phrase m’a fait un bien incroyable ! Je vais indéniablement lire d’autres livres d’elle ! Je suis très tentée par « Il y a quelqu’un dans la maison » !

Depuis ces deux lectures, je prends peu à peu conscience qu’il ne faut pas passer sa vie devant un écran. Que je peux donner un nouvel élan dans mes aspiration et que la meilleure façon d’avancer est de ne pas se laisser envahir par le Pessimisme ambiant. Meme si c’est dur parfois. Et vous? comment ça va en ce moment ? 

La promesse de l’océan (Françoise Bourdin)

Hello à tous ! Désolée pour cette pause de blog mais j’ai de gros problème avec wordpress côté police et je pense de plus en plus à changer de plateforme ! Je vais tenter un dernier jet en vous parlant de ma dernière lecture en date: « La promesse de l’océan » de Françoise Bourdin.

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Trentenaire belle et dynamique, Mahé est patron pêcheur à Erquy, dans la magnifique baie de Saint-Brieuc. Elle ne vit que pour son travail, ses bateaux et ses marins et a mis de côté son existence personnelle après la tragique disparition en mer de son fiancé.
Armelle, son amie et confidente, fait tout pour l’encourager à profiter de la vie et à y reprendre goût. En vain. Certaines blessures sont si difficiles à refermer. Cependant, la chance pourrait enfin lui sourire…

Mon avis:

Le résumé est au final assez trompeur ! Si vous vous attendez à une romance doudou au bord de la mer, vous risquez d’être déçus ! J’ai plus pensé à une sorte de « romance de terroir ». En effet, plus que les relations humaines, c’est l’amour de la mer qui prédomine le récit ! Françoise Bourdin rend un vibrant hommage à ces hommes qui risquent leur vie pour un salaire de misère. La Bretagne est décrite de façon brute, loin des cartes postales habituelles.

Mahé ne vit que pour la mer, et ce, dans tous les sens du terme. C’est une femme de fort caractère qui a reprit l’affaire familiale en tant que patronne pêcheuse . Elle est aussi profondément blessée par la perte de son fiancé Yvon. Un deuil d’autant plus difficile que le fiancé n’était pas des plus reluisant ! Plus que la mort, c’est le mensonge et la trahison de celui-ci qui ont refroidi Mahé.

J’ai beaucoup aimé sa personnalité ! Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds mais n’est pas pour autant dénuée de compassion. Il n’en est pas de même pour son père, qui devient de plus en plus irascible, depuis un récent AVC. Il ne supporte pas de se voir diminué et c’était poignant à lire ! Si la communication entre eux est des plus houleuse, Mahé refuse catégoriquement d’abandonner sa seule famille et celui qui lui a appris son métier. L’amour est présent ,mais  malheureusement muselé par de nombreux non-dits.

J’ai aussi bien aimé Armelle, la meilleure amie de Mahé. On ne peut faire plus opposé: féminine et pétillante, Armelle aime la vie et rêve toujours du prince charmant malgré ses déceptions. Consciente de ses atouts, elle n’hésite pas à en user lorsqu’un homme lui plaît.  Elle a jeté son dévolu sur Jean-Marie, l’un des employés de Mahé. Or celui-ci est amoureux de sa patronne depuis des années ! Heureusement, l’autrice n’est pas tombée dans le cliché du triangle amoureux ! Leur amitié reste solide et ça fait du bien ! Armelle va devoir sortir la grosse artillerie pour dérider Jean-Marie qui est au final un homme maladroit et attendrissant derrière son caractère d’ours.

De son côté, Mahé va tomber sous le charme d’Alan, le séduisant  dentiste du village ! Et là, c’est la partie qui m’a le plus intéressée !

En effet, Alan fait un peu extraterrestre au milieu de tous ces marins rugueux et mutiques. Il est élégant, cultivé, préfère l’équitation en forêt plutôt que les virées en bateau. Plus que le personnage, c’est de sa maison dont je suis tombée amoureuse ! Qui n’aimerait pas vivre dans une grande maison en foret avec un chat et un cheval ? En plus, ses relations familiales sont bien plus équilibrée que Mahé !

Enfin, trois personnes vont semer la zizanie dans ce feuilleton digne d’un téléfilm sur TF1: Rowena, qui voue une haine farouche envers Mahé, et qui veut la faire souffrir de toute les façons possible. Mélanie, l’ex-femme d’Alan, une petite profiteuse qui a la folie des grandeurs ! Et au milieu de tout ça, un petit garçon dont on se demande bien ce qu’il fout là !

L’écriture est assez facile d’accès. Pas de fioritures ni trémolos. On pourrait même reprocher un trop gand réalisme dans les descriptions, notament le jargon maritime. Mais si comme moi, la niaiserie des romance a tendance à vous écoeurer, c’est au contraire un agréable changement. Qui plus est, la nature occupe une place assez spéciale, une sorte de pause salutaire. J’ai beaucoup aimé l’ambiance bretonne très réussie, tant dans les paysages que sa population, qui tient à garder son identité intacte.

Une lecture agréable et plus surprenante que je l’imaginais !

Citation du jour

Aujourd’hui, un joli extrait de livre, qui, je trouve nous plonge tout doucement dans l’hiver qui se profile ! Enjoy !

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« Entends-tu la neige contre les vitres, Kitty ? Quel joli petit bruit elle fait ! On dirait qu’il y a quelqu’un, dehors qui embrasse la fenêtre tout partout. Je me demande si la neige aime vraiment les champs et les arbres, pour qu’elle les embrasse si doucement ?

Après ça, vois-tu, elle les recouvre bien douillettement d’un couvre-pied blanc ; et peut-être qu’elle leur dit : « Dormez, mes chéris, jusqu’à ce que l’été revienne ».

Et quand l’été revient, Kitty, ils se réveillent, ils s’habillent tout en vert, et ils se mettent à danser… chaque fois que le vent souffle… 

« De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll

Défi écriture: coup de foudre

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à un petit texte intimiste qui définit une émotion bien particulière: le coup de foudre. J’ai voulu écrire quelque chose de réaliste, loin des grandes envolées lyriques. On ne sait pas toujours du premier coup que c’est de l’amour. Parfois ça commence par un simple regard qui éveille l’intérêt. J’espère que ça vous plaira. En tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à l’écrire !

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À quoi ça tient parfois, un coup de foudre ? Et pourquoi une expression aussi violente pour un sentiment aussi doux ? Certains le sont, c’est vrai, mais pas tous. Son dernier en date est le plus inattendu qui soit.

C’était l’hiver. Le genre de temps maussade où il devait se forcer à sortir. À l’époque, il aimait flâner dans les cafés de la ville pour regarder les femmes passer. Garçonne mutine ou working girl distinguée, rousse incendiaire ou blonde polaire, il adorait la diversité de toutes ces beautés. Les femmes le fascinaient, l’émerveillaient.

Et puis il l’a remarquée, « elle ». Une petite brune à sac à dos. Le genre de femme qui paraît invisible au milieu de toutes ces gravures de mode. Elle l’avait d’abord intrigué.

Quel âge pouvait-elle avoir ? 23 ? 25 ans ? Elle dégageait quelque chose d’indéfinissable qui le touchait et le surprenait à la fois. Habituellement, son regard se portait vers les femmes qui savaient se mettre en valeur, quel que soit leur style.

Pas elle. Son jean fatigué, clairement trop large, débordait sur ses chaussures jusque dans une flaque d’eau. Son manteau vert avait déteint pour prendre une teinte marronasse et ses cheveux courts partaient dans tous les sens, plus par paresse que par style. Pas la moindre trace de maquillage.

Et pourtant, il était bouleversé, submergé par une émotion totalement nouvelle : ce n’était pas une simple attirance physique. C’était de la tendresse pure, comme il n’en avait jamais éprouvé pour quiconque. Un sentiment doux et fort, agréable et chaleureux.

Oui. Il était attendri par cette jeune femme aux joues rougies par le froid, aux lèvres tâchées du café qu’elle venait de boire. Ses yeux bruns chauds étaient agrandis à outrance par ses lunettes, qui lui mangeait le visage. Ce qui lui donnait un air étourdi, rêveur. Son visage était rond, sa peau pâle.

Alors, me direz-vous, qu’est-ce qui s’est passé pour qu’il tombe amoureux d’une femme aussi banale ?

Elle lui a souri. Un sourire d’enfant mangeuse de confiture. Un sourire tellement spontané, pur et sincère que ça lui a remué les tripes. Un vrai sourire qui donne de la joie et pas pour faire poli. À cette seconde, il fut sûr d’une chose: il voulait revoir ce sourire.

Et voilà ! Vous en pensez quoi?

illustration: Kuvsshinov Ilya