« La maison des frères Conan » de Daniel Cario

Et voici un livre qui m’attendait bien sagement ! J’ai toujours aimé la littérature de terroir qui me fait découvrir à la fois différentes régions mais aussi des contextes historiques riches et des métiers oubliés… Alors quand en plus, l’un des personnages possède un handicap, je me suis jetée dessus !

Résumé:

« Louis-Marie et Céleste Conan ont grandi dans la forêt de Camors, en Bretagne, avec leur père sabotier. Anaïs, la mère, « épuisée de vivre comme des bêtes » dans leur hutte humide et bouleversée par la naissance de son cadet trisomique, a fui. On ne l’a plus jamais revue. Ne plus être à la marge, différent des autres… Depuis l’enfance, Louis-Marie a à coeur de concrétiser son rêve : construire sa maison. Une vraie, en pierre, avec un toit. Le jeune homme est tout à son oeuvre, à son immense chantier. Alors que son frère Céleste, adolescent à la face de lune et à la force colossale, perçoit autour d’eux les dangers d’un monde troublé, en pleine Occupation. »

Mon avis:

Une belle fresque familiale au coeur de la Bretagne

Tout commence avec drame familial: Simon Conan, sabotier de son état est à la fois impatient et angoissé pour sa femme, en plein « travail ».  Mais voilà, leur deuxième enfant naît trisomique. Et pour la mère, Anaïs, c’est une punition. Elle était persuadée d’avoir une fille et voulait l’appeler Célestine. Finalement, ce sera Céleste.

La vie suit son cours et plus les années passent et plus Anais dépérit. Et commet l’impensable: elle abandonne sa famille et surtout cet enfant « différent » qu’elle n’a jamais accepté.  Les Conan vont devoir continuer à vivre sans elle. Heureusement, le fils aîné, Louis-Marie, ne laissera personne faire du mal à son frère !

J’ai beaucoup aimé le cadre rural rude et la tendresse bourrue des personnages ! La nature a une place mystérieuse qui m’a fait penser à Jean Giono !

Entre les superstitions, les suspicions politiques et les jalousies, nos deux frères vont devoir se battre pour réaliser leur rêve: construire leur propre maison en pierre. 

Il y a le rejet de certaines personnes du village, mais aussi le soutien d’autres, en l’occurence leur institutrice, qui accueillera les deux garçons à bras ouverts. J’ai été agréablement surprise par cette femme forte, qui se bat pour l’égalité de l’enseignement ! Il y a aussi l’intolérable cruauté des enfants entre eux, qui sans le savoir, reproduisent le même schéma que leur parents. 

J’ai été émue par la Dignité Exemplaire des Conan, que ce soit le père ou les frères. Louis-Marie prend littéralement Céleste sous son aile, devenant le nouveau pilier de la famille. Car Simon vieillit, et veut que son fils ait une meilleure vie que la sienne. Louis-Marie et Céleste iront donc à l’école, mais garderont toujours l’espoir de réussir à construire leur maison. Ils se feront une amie, Madeleine, qui les soutiendra jusqu’à l’impensable. Je n’irai pas plus loin sinon je vais finir par vous spolier la fin ! Mais ce que je peux en dire c’est que cette famille m’aura fait vivre un beau voyage, dans une Bretagne méconnue, plus du côté forêt que du côté mer !

Tout ça pour dire que j’ai beaucoup aimé cette belle fresque familiale, riche en histoire et en personnages touchants. 

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La femme mystère (Amanda Quick)

En attendant la suite des Autodafeurs, je me fais une petite pause romance avec le tome 2 des Ladys de Lantern Strreet, dont j’avais apprécié la première aventure !

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Résumé:

« Béatrice Lockwood est médium, formée aux techniques paranormales par son mentor, le Dr Fleming. Lorsque celui-ci est assassiné, elle se rend vite compte qu’elle est épiée par un certain Joshua Gage, un étrange personnage au charme ténébreux, qui est sur la piste d’un maître-chanteur en rapport avec le meurtrier de Fleming. Afin de lui tendre un piège, il réquisitionne les talents particuliers de Béatrice. Leur enquête va les entraîner dans une aventure terrifiante, mais le danger attise les passions et, bientôt, l’alchimie brûlante qui les relie n’a rien de surnaturel. »

Mon avis:

Après Evangeline Ames, voici Béatrice Lockwood une autre agent spéciale de la compagnie Flint & Marsh. J’aime beaucoup cette agence, dont les « dames de compagnie » sont en fait des espionnes qui possèdent des « dons » particuliers.

Béatrice a commencé à gagner sa vie en se faisant passer pour une voyante. Ses dons para-normaux, sont cependant bien réels: Elle peut lire les empreintes des gens. Non pas leur taille ou leur poids mais leurs énergie psychique, qui bouillonne lorsque les intentions sont mauvaises !

Tout commence par l’assassinat de Roland Flemming, un médium qui a pris Béatrice sous son aile. Témoin du meurtre, elle est contrainte de fuir son assassin et se retrouve engagée par l’agence Flint& Marsh, qui s’est spécialisée dans le paranormal. Mais voilà que son passé la rattrape.

Sauvant in extremis sa cliente sur le point d’être enlevée, elle fait la connaissance d’un bien étrange individu, se faisant appeler Le Messager.

Joshua Gage est un ancien agent secret qui oeuvrait au service le la Couronne. Mais un tragique accident l’a rendu infirme (il boite). Il arbore une longue cicatrice au visage qui le rend très inquiétant. D’un tempérament posé, il a un passé trouble et un certain « don », mais qu’il refuse de reconnaître. Car comme tout détective, il est cartésien et ne croit qu’à la Logique. 

Au départ, il convoite Béatrice pour un sombre projet. Mais il se rend compte au fur et à mesure qu’elle est trop droite pour être une meurtrière, ni même un escroc. En fait, elle utilisait vraiment ses dons lors de ses séances. Son charme certain n’est aussi pas étranger à sa décision. Il décide donc de l’engager pour retrouver le coupable de son enquête en cours. Il va  ainsi retrouver un ancien camarade, lié au mentor de Béatrice qui va rassembler un puzzle un peu bancal mais original dans son ambiance et ses sujets abordés !

Entre secrets familiaux, dons fantastiques mais aussi jalousie et fantasme d’éternité, La femme mystère remplit bien son rôle: Une lecture romanesque et mystérieuse qui a le mérite de ne pas tomber dans le cliché de la femme soumise, ce qui est rare dans une romance historique ! Le côté fantastique est très intéressant, avec cette histoire d’aura psychique que nous laissons aussi sûrement que notre ADN sur les scènes de crimes ! J’aime assez ce concept ! La mythologie égyptienne, très présente donne une touche mystique et sombre qui m’a beaucoup plu ! 

Enfin, il y a la romance entre Béatrice et Joshua, qui se tournent autour de façon très (trop?) poussée mais ça fait partie du charme du livre ! Bon, on n’échappe pas aux scènes de sexe mais je m’y suis habituée ^^ ! Leurs joutes verbales sont toutefois très drôles dans leur côté policé ! 

J’aime le fait que Joshua ne soit pas vraiment un gentleman, sans pour autant être cruel. Il y a une vulnérabilité plaisante chez lui, qui compense joliment avec la fougue de Béatrice ! Pour une fois que les rôles sont inversés ! Le sentiment de culpabilité a aussi une place particulière chez nos deux tourtereaux, qui ont en commun la perte d’un être cher. Il n’est donc pas seulement question de séduction entre eux, il y a une complicité ! C’est très agréable !

Un livre sympa, dans la lignée du premier opus, un peu niais par moment mais ça se lit bien ! Une lecture parfaite pour l’automne par son ambiance brumeuse et fantastique !

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Les filles sauvages (Pat Murphy)

Aujourd’hui, place à une jolie lecture qui s’est révélée bien plus surprenante que prévue ! 

Résumé:

Joan vient d’emménager avec sa famille près de San Francisco, à la lisière d’un bois. Là, elle rencontre une fille étrange qui prétend s’appeler Renarde et vit seule avec son père dans une maison délabrée, au cœur de la forêt. Les deux filles deviennent amies et participent ensemble à un concours de nouvelles. Elles remportent le premier prix et sont invitées à suivre un stage d’écriture pendant l’été. La porte d’un nouveau monde s’ouvre alors pour Joan : un monde merveilleux, plein d’ombres et de contradictions, mais aussi de lumières et de possibles…Un roman sur l’amitié et le pouvoir de l’imagination, où les deux héroïnes séduisent par leur audace, leur volonté de s’affirmer, de comprendre et de créer.

Mon avis:

Quelle belle découverte !

Pat Murphy va bien plus loin qu’une simple amitié entre deux ados !

Joan est une jeune fille en plein conflit avec son père, qu’elle ne comprend pas. Lors de son déménagement, elle fait la connaissance d’une autre jeune fille de son âge…qui dit s’appeler Renarde !  Si leur rencontre a lieu dans une forêt, leur amitié va grandir grâce à un stage d’écriture durant l’été. 

Grâce aux histoires qu’elles s’inventent, elles s’évadent d’un quotidien familial tendu et morose. Surtout Renarde, (Sarah de son vrai nom), une vraie sauvageonne qui ne se sent bien que dans la nature et ses fables. J’ai adoré la façon dont elles se forgent leur petite bulle dans cette forêt. 

Mais l’évolution la plus spectaculaire est chez Joan, qui, grâce à sa prof d’écriture, va changer son regard sur son père et tenter de le comprendre plutôt que de s’énerver contre lui, comme elle le fait d’habitude ! Leur relation tendue m’a beaucoup intéressée ! Surtout ce père colérique, totalement dépassé par sa fille qui pose des questions au lieu de le craindre ! La communication et les explications, très peu pour lui !

Bref, on ne peut pas dire que la famille brille par son côté chaleureux ! Et ce, des deux côtés, car Renarde aussi a ses propres difficultés familiales !

Au final, ce stage d’écriture aura permis à nos deux amies, non seulement de mûrir, mais aussi de tracer leur propre route. Le roman se termine sur une note douce-amère, qui m’a laissée à la fois songeuse et admirative.

Un beau roman, tant dans sa couverture que par les sujets qu’il aborde ! 

La valse des arbres et du ciel

Bonjour à tous(tes) ! Aujourd’hui, place à un joli « Pol-Art » historique découvert grâce à Solène ! Je ne connaissais pas du tout Jean-Michel Guenassia, et j’ai hâte de découvrir d’autres de ses livres !

Résumé:

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies. Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ?

Mon avis:

Après Michel Bussi et son livre inspiré de Monet, c’est la vie de Van Gogh que je découvre avec Jean-Michel Guenassia !

L’histoire est racontée du point de vue de Marguerite Gachet, la fille du docteur Paul Gachet, médecin, artiste, collectionneur d’œuvres d’art et professeur d’anatomie artistique. Il est surtout un père froid et opportuniste, ne pensant qu’à sa notoriété. Il se sert sans vergogne de sa progéniture pour se pavaner en société.

Lorsqu’il soigne un jeune peintre du nom de Vincent Van Gogh, il ne se doute pas que son arrivée va tout changer ! Van Gogh est un artiste brillant mais confronté à des crises de démence. Il réside dans une chambre mansardée, à l’auberge des Ravoux. Inspiré par la belle campagne et ses tournesols, il y peindra de superbes tableaux qui seront le « salaire » du docteur qui l’ausculte tout les dimanches.

L’auteur va romancer admirablement le dernier amour de l’artiste et son goût de l’absolu, le tout magnifié par le regard d’une femme passionnée. L’histoire est entrecoupée de coupures de presse de l’époque, ce qui est une façon originale de s’immerger dans l’état d’esprit de la population et son gouvernement !

C’est aussi l’histoire d’une femme qui rêve d’ailleurs sans jamais vraiment franchir le pas. Jusqu’à que sa rencontre avec le peintre la bouleverse. Peut-on vraiment parler d’amour d’ailleurs? J’ai beaucoup pensé à Catherine Earnshaw, car la jeune femme est subjuguée par l’art de Vincent, et lui voue une adoration destructrice.

L’écriture est fluide et belle. Le twist final est vraiment bien trouvé compte tenu de la personnalité tourmentée de Van Gogh ! J’ai aimé le contraste entre la lumière du cadre et la noirceur des personnes ! mais plus que le peintre, c’est la famille Gachet qui montre sa facette sombre avec sa révolte, son hypocrisie, mais aussi sa cupidité ! 

Une belle découverte, qui m’a donné envie de voir la biopic de Van Gogh avec Kirk Douglas !

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La tyrannie de la norme (Todd Rose)

Aujourd’hui, place à un ouvrage aussi intéressant qu’inattendu ! Découvert un peu par hasard, c’est le titre très pertinent qui m’a d’abord attirée !

Résumé:

À l’école, à l’université, dans l’entreprise, l’important serait d’être dans la norme. Mais vous êtes-vous déjà posé la question : cette norme, à quoi correspond-elle ? Réponse : à rien !

Et pour cause. La norme est un mythe né au XIXe siècle d’une théorie de « l’ homme moyen » , considérée aujourd’hui comme absurde et dont les conséquences peuvent se révéler néfastes.
L’apprentissage scolaire use de méthodes standardisées qui ne sont pas adaptées à nombre d’enfants ; les traitements médicaux les plus populaires ne sont efficaces que sur une proportion minime de patients ; les entreprises multiplient les tests de recrutement fondés sur des critères généralistes.
À trop chercher à nous conformer à un être standard fabriqué de toutes pièces, ne sommes-nous pas en train de nous perdre ? Qu’en est-il de notre singularité ?

Mon avis:

Voilà un thème qui serait très intéressant en sujet de philo ! Qu’est-ce que la norme ? D’où vient-elle et comment en est-elle venue à diriger notre vie quotidienne ? Todd Rose ouvre un débat salutaire sur le danger d’une société ultra formatée, « moyenne » et uniforme.

Ce livre est tout d’abord une vraie leçon d’Histoire !

En effet, Todd ne se contente pas d’une simple critique sociale. Il nous explique comment les statistiques, utilisées au départ par les scientifiques ont, peu à peu, envahi le monde professionnel, puis personnel, nous reléguant dans un « moule » où tout les hommes seraient (soit-disant) pareils et donc « égaux ». Mais égaux à quoi ? La Norme. Or, cette norme ne correspond à rien ! C’est l’un des plus grand leurre de ce siècle !

Le résultat est particulièrement dévastateur dans le système éducatif et le monde professionnel. Chaque personne étant différente, elle a son propre rythme et ses qualités propres. En gommant ces différence, pire même, en les niant, il en résulte un appauvrissement certain des entreprises (au sens humain du terme)

S’appuyant autant sur son expérience personnelle que ses recherches historiques, Todd nous propose d’élargir notre vision, sortir des sentiers battus et surtout, revaloriser notre individualité, non dans la compétition mais dans la complémentarité !

Un livre intriguant, éclairant et positif, que je relirai certainement ! 

Journal d’un vampire en pyjama (Mathias Malzieu)

Hello à tous ! Aujourd’hui, une jolie lecture d’un artiste talentueux ! Mathias Malzieu, c’est un peu notre Tim Burton à nous ! Ayant beaucoup aimé La mécanique du coeur, j’étais curieuse de découvrir son journal de vampire en pyjama !

Résumé:

« En novembre 2013, Mathias Malzieu, qui prépare alors la sortie de son film, Jack et la mécanique du coeur, apprend qu’il souffre d’une maladie auto-immune, rare et souvent mortelle, l’aplasie médullaire, qui détruit sa moelle osseuse. Pendant l’année que va durer sa maladie, entre chimio, chambre stérile et attente d’un donneur, Mathias Malzieu tient son journal, raconte son combat contre la mort, qu’il personnifie à travers un personnage, Dame Oclès. Cette histoire d’un enfer et d’une résurrection est avant tout un hymne à la vie, porté par la langue poétique et explosive de l’auteur. »

Mon avis:

Une fois de plus, le charme opère ! J’ai beaucoup aimé la façon dont Mathias se sert de son imaginaire pour lutter contre sa maladie ! C’est une plongée intime dans sa souffrance mais aussi sa force intérieure ! J’ai été très touchée par son courage, son humour en béton armé et sa tendresse.

Comme Alice aux pays des merveilles, plus rien n’a de sens ! C’est la spirale de la maladie qui l’emporte dans son terrier de lapin maléfique. Pourquoi cette fatigue, ce froid continu ? Pourquoi l’enfermer dans une chambre stérile, alors que son projet artistique est à son point culminant ?  Entre frustration et angoisse, entre lassitude et espoir, Mathias Malzieu nous témoigne son magnifique combat contre la Dame Oclès, la Dame de coeur ultime, l’ange de la mort sournois qui le suit partout.

Comme toujours, sa plume pleine de poésie et de couleurs m’a conquise ! J’adore sa façon de jouer avec les mots comme il le fait pour sa musique ! Son récit n’est ni larmoyant, ni niais, ni condescendant. Il raconte avec son regard singulier une épreuve douloureuse et une prise de conscience sur la valeur inestimable d’être toujours en vie.

J’ai eu aussi la jolie surprise de découvrir une autre histoire: son voyage en Islande, pour fêter dignement son retour à la vie en réalisant un rêve d’enfant ! Comme Sylvain Tesson, c’est un carnet de bord où il parle des merveilles qui l’entoure; le tout agrémenté de jolies photos et des annotations pleine de joie ! 

Un très beau livre, touchant et intimiste, qui ne fait que renforcer mon admiration pour ce bel artiste ! D’ailleurs, j’ai rajouté le film « Jack et la mécanique du coeur » à ma Watch list !

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Le Monstrologue de Rick Yancey

Si Rick Yancey est surtout connu par sa saga dystopique La 5e Vague, rien à voir avec ce nouveau roman ! Ici, l’ambiance horrifique rappellerait plutôt Frankenstein !

Résumé:

« Voici les secrets que j’ai gardés. La confiance que je n’ai jamais trahi. Mais cela fait aujourd’hui plus de quatre-vingt-dix ans qu’est mort celui qui m’a accordé sa confiance, celui dont j’ai conservé les secrets. Celui qui m’a sauvé…et aussi condamné »… 

Ainsi commence le journal de Will Henry, jeune apprenti auprès d’un docteur à la spécialité des plus inhabituelles: la chasse au monstres. Au fil des années passées à ses côtés, Will s’est accoutumé aux visites nocturnes et au missions périlleuses. Mais lorsqu’une nuit, un pilleur de tombes leur apporte une trouvaille particulièrement macabre, Will et son maître se retrouvent embarqués dans une vertigineuse descente au coeur de l’horreur…

 

Mon avis:

 Une chose est sûre : je ne m’attendais pas du tout à une histoire aussi sombre ! Et quelle histoire !

Un jeune homme fait la découverte d’un carnet ancien, dans lequel se trouve une histoire aussi incroyable que macabre. Il s’agit en fait du carnet de bord d’un certain Will Henry, un jeune orphelin qui se retrouve l’apprenti d’un bien étrange « docteur ». En effet, le professeur Wartrhop est spécialisé dans les monstres en tout genre. Il les traque, les répertorie et ne semble guère éprouver la moindre émotion.

Pour leur nouveau « travail », tout commence avec un pilleur de tombe qui leur ramène un cadavre de jeune fille qui semble avoir été victime d’un monstre particulièrement hideux et cruel: un Anthropofagus, une horrible créature sans tête qui semble ressurgir d’un long sommeil…de plusieurs siècles !

Le tout est de déterminer leur nombre et les tuer avant qu’il n’y ait d’autres victimes. Mais c’est sans compter sur la fascination du docteur pour ces monstres qu’il voudrait bien étudier. Will Henry est devenu son apprenti suite à la mort brutale de ses parents dans un incendie. Timide et sensible, il est amené à supporter des horreurs inimaginables pour un ado de douze ans ! Des horreurs dont il ne peut parler à personne !

Mais le pire, c’est le caractère lunatique et obsessionnel de Wartrhop pour ces monstres ! C’est un homme qui ne vit, pense, ressent que par son métier, et qui impressionne beaucoup Will, qui oscille entre dégout, peur mais aussi un étrange respect pour cet homme singulier.

Le ténébreux Wartrhop souffle le chaud et le froid. Leur relation est à l’image de leur métier: imprévisible. Le professeur se montre souvent très dur envers son apprenti, lui gueulant dessus à maintes reprises. Tout en étant cependant capable de brefs moments de tendresse et de mélancolie… Un personnage complexe, torturé et fascinant, que j’ai hâte de découvrir d’avantage !

Les monstres, eux, m’ont beaucoup fais penser au film Alien, sauf que le décor se situe sur Terre dans les années 1800…et qu’ils pillent les tombes dans la nuit dans une ambiance à la Sleepy Hollow !

Un premier tome excellent pour les amateurs de fantastique, de monstres et de personnages torturés. Le deuxième tome n’a pas encore été traduit en français mais j’ai hâte de le lire !