Les Autodafeurs tome 1: Mon frère est un gardien

Aujourd’hui, place à une lecture jeunesse très sympathique ! Encore merci Chicky Poo d’en avoir parlé sur ton blog ! Je vous présente les Autodafeurs une trilogie de Marine Carteron, dont j’ai dévoré le premier tome: Mon frère est un gardien

Résumé:

« À la mort de leur père, Auguste, un lycéen d’aujourd’hui, et sa petite sœur Césarine, autiste géniale, sont plongés tête la première dans une guerre secrète. Elle oppose depuis des siècles, La Confrérie et Les Autodafeurs. Nos deux héros vont devenir malgré eux les acteurs de ce conflit millénaire. Son enjeu ? Le contrôle du savoir et la main mise sur sa forme la plus ancienne : Les livres… »

Mon avis:

Un roman jeunesse comme je les aime: une histoire originale, des personnages attachants, de l’humour…et des surprises !

La vie d’Auguste Mars bascule le jour où son père disparaît. Déjà peu apprécié dans sa nouvelle école à cause de sa mauvaise réputation, sa vie est loin d’être tranquille à la base. Mais la rentrée scolaire va radicalement tout changer.

Tout d’abord, il fait des rêves bizarres où son père lui parle. Le directeur de son école le harcèle autant que les élèves de sa classe et va même jusqu’à le mettre en thérapie forcée pour lui faire parler de son père disparu. Heureusement, Auguste sait faire la différence entre question de thérapeute et interrogatoire en règle ! Et il se liera avec l’un de ses profs, Marc DeVergi, un motard au grand coeur, qui semble bien connaître sa famille…

Au fil de l’histoire, on apprend que la famille Mars est loin d’être ordinaire ! Et pas seulement à cause de son domaine qui recèle bien des secrets. La famille Mars est une confrérie qui descendrait des Templiers !

J’ai beaucoup aimé l’intrigue, entre secrets de familles, théorie du complot et guerre invisible. Auguste est un jeune homme plein de talent cachés qui se révèle au fur et à mesure. Il sait se battre, a son franc-parler et déteste être mis à l’écart ! Il est aussi très protecteur avec sa petite soeur autiste Césarine.

Ha…Césarine, un sacré personnage ! Petit génie des nombres, elle a aussi une mémoire colossale pour les infimes détails. Elle adore dessiner et a une prédilection pour le violet qu’elle utilise systématiquement pour les yeux de ses personnages. Et elle se définit plus comme « artiste » qu’autiste ! Je l’ai adorée dès la première phrase !

L’intrigue repose sur une rivalité entre deux confréries: la Commanderie, celle des Mars et les mystérieux Autodafeurs ! Un groupe sans scrupules, près à tous les massacres pour obtenir un Livre bien particulier. Livre dont Auguste est désormais le Gardien

L’écriture est fluide, agréable, alternant les points de vue d’Auguste et de Césarine. Leur relation est assez touchante, car même s’ils ont du mal à se comprendre, chacun est là pour l’autre. J’ai hâte d’en savoir plus sur eux et surtout les mystérieux Autodafeurs !

Il y a un début de réflexion sur les secrets du monde et la connaissance. Mais aussi l’esprit critique, qu’il faut garder coûte que coûte, et pour ça, la lecture est primordiale. Elle permet non seulement de transmettre les connaissances mais surtout de ne pas se laisser embobiner ! Pour ça, Auguste et sa soeur sont vraiment géniaux et assez complémentaires, en fait !

Un premier tome prometteur, vif, avec de l’action, de l’humour et une intrigue des mieux ficelée ! Excellente surprise ! Prochain tome: Ma sœur est une artiste de guerre

Publicités

« Jésus m’aime ! » de David Safier

Après la belle surprise qu’à été « Sors de ce corps, William », j’étais curieuse de découvrir d’autres livres de l’écrivain allemand David Safier. Et là encore, c’est une bonne pioche !

Résumé:

Grand, chevelu, une barbe soigneusement taillée et des yeux très doux: quand Marie croise Joshua, elle est irrésistiblement attirée par ce charpentier au look de Bee Gees. Mais elle devra attendre pour rencontrer ses éventuels beaux-parents : il dit être Jésus. Est-ce pour cela qu’il veut chanter des psaumes à une soirée karaoké ? Qu’il tend l’autre joue quand l’ex de Marie en vient aux mains ? Qu’il propose de rompre le pain -une pizza en l’occurrence- avec le premier SDF venu ? Pas de doute, s’il est vraiment Celui qu’il prétend être, Joshua a un profond retard à rattraper après plus de 2000 ans d’absence…

Mon avis:

Je crois que j’ai trouvé mon auteur anti-déprime ! « Jésus m’aime«  est une vraie comédie, irrévérencieuse et pétillante ! Un peu comme si vous croisiez Bridget Jones et Bruce Tout Puissant

Marie est une trentenaire un peu paumée dans sa vie sentimentale. Son petit ami, Sven, semble parfait. Mais Marie garde pour elle une blessure due à son ex, Marc, qui l’a trompée et depuis, elle doute. Bien sûr, elle n’ose pas en parler à Sven. Jusqu’à ce qu’elle craque: elle dit non devant l’autel à son mariage !

En retournant vivre quelques jours chez son père, Marie va faire la connaissance d’un nouveau charpentier: Joshua. Un homme doux, gentil, idéal… Malheureusement, il dit être Jésus ! Commence alors une aventure étrange, drôle et imprévisible !

J’ai adoré l’idée du retour de Jésus à notre époque ! Les situations sont aussi drôles qu’improbables. Jésus qui chante (des psaumes) au Karaoké? Qui danse la salsa? Qui n’est jamais bourré et découvre avec délice la pizza, le Banana-Split et le Mojito ? 

Sans parler de sa manie de se laisser tabasser au lieu de se défendre, de marcher sur l’eau et de guérir les gens juste en les touchant ! Ce Christ est naïf comme un enfant, ne connais ni le mensonge, ni l’ironie mais ne manque pas d’humour !

J’ai trouvé Joshua/Jésus assez attendrissant en fait: pacifiste et (un brin) moralisateur mais complètement perdu dans notre époque moderne ! ( Le nom de Joshua n’est d’ailleurs pas choisi au hasard ! Pourquoi ? Réponse dans le livre 😉 )

Quant à Marie, elle devra se réconcilier avec son père, qui a refait sa vie avec une biello-russe. Heureusement, elle peut compter sur le soutien de sa soeur Kata, avec qui elle partage un lien très fort ! Marie est une jeune femme qui s’interroge beaucoup et son cerveau se transforme en Vaisseau Interprise, en cas de panique ! La fan que je suis a beaucoup apprécié ces passages !

Cependant, si Jésus est de retour sur Terre, ce n’est pas pour rien ! Car le Jugement approche ! Dieu (qui est une femme !) et le Diable (qui a le visage de Georges Clooney, rien que ça !) ne l’entendent pas de cette oreille ! Jésus a autre chose à faire que tomber amoureux ! Or, Marie le détourne de son chemin, et Gabriel a bien l’intention de le raisonner ! Mais Joshua veut vivre comme un être humain normal !  Sa relation avec Marie est assez touchante. Il découvre avec elle la vie humaine dans sa légèreté, sa bêtise mais aussi son humour, ses désillusions et ses lâchetés.

Marie, quant à elle, a du mal à croire, et ce, dans tous les sens du terme ! Elle manque de confiance en elle, est très maladroite et jusqu’au premier Miracle, ne voyait en Joshua qu’un homme charmant…mais bizarre. Lorsqu’elle prend conscience de la Vérité, elle oscille entre culpabilité et colère. Culpabilité d’aimer un homme inaccessible. Et Colère parce que c’est aussi un homme qui mérite une vie « ordinaire ». 

Enfin, il y a Kata, la soeur dessinatrice de Marie, dont les dessins apparaissent par intermittence dans l’histoire ! Ça c’est une belle surprise ! Les dessins ressemblent à ceux que l’on voit sur nos calendriers…sauf que les strips sont bien plus pertinents ! Au fil des dessins, on découvre qu’elle a aussi ses zones d’ombres…

L’écriture est très drôle et j’ai adoré les références, qu’elles soient bibliques ou autres ! Et bien que les événements partent un peu trop en sucette sur la fin, j’ai adoré le côté loufoque et improbable de cette histoire, qui m’a fait passer un très bon moment !

Une lecture fraîche et originale, parfaite pour se détendre sur la plage ! Le prochain livre de Safier que je vais lire m’a fait glousser rien qu’en lisant le titre !

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Pour l’amour de l’Inde (Catherine Clément)

Ha ! L‘Inde ! Quel fascinant pays qui m’intrigue depuis l’enfance ! C’est pourquoi, dès que je trouve un roman qui s’y intéresse je n’hésite pas !

Résumé:

« 1947. Le dernier des vice-rois des Indes britanniques, Lord Mountbatten, est intronisé à New-Delhi. Lady Edwina, sa femme, est l’une des grandes dames de l’aristocratie anglaise, l’une des plus libertines, et sans doute la plus émancipée. Leur interlocuteur privilégié, le pandit Nehru, vient d’être libéré de sa prison. Bientôt, il deviendra le Premier ministre de l’Inde libre. Tout semble opposer Edwina et Nehru et pourtant, entre l’Indien rebelle à l’Angleterre et la lady anglaise naît une passion impossible que Lord Mountbatten, le mari, accepte avec noblesse. Ils se débattent dans les sanglants événements qui suivent le partage des Indes en deux pays, le Pakistan et l’Inde. En quelques semaines, massacres religieux et épidémies font plus de cinq cent mille morts dans les villages et sur les routes. Seul un vieil homme de soixante-quatorze ans a compris l’imminence de ce désastre: Le Mahatma Gandhi« 

Mon avis:

Quel roman ! Je m’attendais à une banale histoire d’amour entre une blanche et un indien. Mais ce livre est bien plus que ça ! En fait l’histoire d’amour est totalement secondaire. C’est avant tout l’histoire d’un pays vers son indépendance que Catherine Clément nous raconte. 

La première rencontre de l’histoire est de taille: Gandhi ! Un Gandhi vieillissant mais toujours debout, qui se bât (sans violence) pour la paix de son pays. Hélas, Les Musulmans se déchirent contre les Hindouistes. Le sang se répand dans les deux camps. Le peuple veut son indépendance et surtout se délimiter du Pakistan.

Au milieu de tout ça, le vice Roi des Indes britanniques, Lord Louis Mountbatten, et sa femme ont traversé les tourments de la seconde guerre mondiale pour tomber dans une troisième. Une guerre intestine, irréversible qui les laissent aussi impuissants que révoltés. 

J’ai beaucoup aimé Nehru, le premier ministre de l’Inde libre, qui a reçu une éducation anglaise mais dont la guerre a changé en résistant. Il sort de prison au début de l’histoire. C’est un homme enthousiaste, cultivé qui sera tout de suite intrigué par la jeune reine Edwina. Quant à Lord Mountbatten, c’est un homme assez désabusé, qui ne comprend pas les fantaisies de sa femme ainsi que ses prises de risques !

Edwina cache un beau caractère derrière son allure de jeune fille candide. Elle s’est occupée des blessés durant la guerre et est d’autant plus secouée par les meurtres qui deviennent peu à peu quotidiens. Si elle a aimé le « Roi des Indes » à une époque, il se mue progressivement en un mélange d’agacement et de frustration. En revanche son « amour » pour Nehru m’a beaucoup plu, parce que ce n’est pas une « passion exotique ». Elle admire l’enthousiasme et la la soif de justice chez le jeune Indien qui lui, est émerveillé par la beauté et la force intérieure de la jeune femme.

Le trio amoureux est cependant en retrait par rapport au reste de l’histoire.

Malgré tout ses efforts, Gandhi finira assassiné par son propre peuple qui va approfondir encore plus ses inégalités. Mais ce sera le prix à payer pour que l’Inde ait enfin son indépendance et la séparation définitive entre Hindouistes et Musulmans. Cette bataille entre monothéisme et polythéisme m’beaucoup rappelé celle de l‘Antiquité qui opposa les Romains aux Chrétiens ! Au fond, rien n’a tellement changé au fil des siècles…

On y parle aussi une autre religion indienne plus méconnue: Le Sikhisme. Cette religion monothéiste de l’Inde a été une totale découverte pour moi ! Lors du « partage » de lInde et du Pakistan, le territoire des Sikhs se retrouve coupé en deux ; leur peuple est massacré par les Musulmans comme par les Hindous. Habituellement réservés, ils sombrent à leur tour dans la spirale de la violence et des blasphèmes allant jusqu’a égorger un cochon dans une mosquée ! Bref, lInde va s’embraser jusqu’à la folie meurtrière, déchirée entre Musulmans, Hindouistes et Sikhs. Les derniers colons anglais finiront par rentrer chez eux, apeurés et impuissants dans un pays à feu et à sang.

Mais chaque personne aimera (je ne dis pas personnages parce que c’est une histoire vraie !) à sa façon ce pays si particulier qu’est l’Inde, que ce soit pour sa culture, sa richesse…ou ses hommes ! Pour ça, le titre du livre est très bien choisi.

Un livre passionnant, mais dont le résumé n’est pas fidèle à son contenu !

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Audrey Hepburn, la vie et moi (Lucy Holliday)

Hello à tous ! Aujourd’hui, je vous présente un sympathique roman contemporain qui mêle romance, famille compliquée et une touche de surnaturel !

Résumé:

« Quand elle touche le fond, Libby Lomax connaît un remède imparable : se rouler en boule dans son canapé pour savourer un de ces films hollywoodiens dont elle est une fan inconditionnelle. Son icône absolue ? L’exquise Audrey Hepburn. Son film préféré ? Diamants sur canapé… De la pure magie…
C’est justement un de ses jours « sans » qu’une chose totalement folle se produit : Audrey Hepburn sort de l’écran ! Une Audrey Hepburn parée de sa petite robe noire, de ses perles et de son fume-cigarette. Venue aider Libby à relancer sa vie en lui prodiguant conseils d’élégance et d’art de vivre. Hallucination ? Bonne fée ?… ou charmante calamité? »

Mon avis:

Lucy Holliday n’a pas volé son nom. Son roman  m’a fait l’effet d’un film de vacances !

La plume pétille comme du champagne, les aventures de Libby sont aussi cocasses que rocambolesques ! Toutefois, je noterai un léger too much en ce qui concerne l’un des perso masculins: Dillon O Hara. S’il y a quelques moments où il peut se montrer d’une certaine maladresse… On se dit alors que « peut-être », il n’est pas si faux jeton…  mais en fait, non ! Il m’a fait beaucoup penser à Daniel Cleaver dans Bridget Jones: séduisant de prime abord mais tellement vantard qu’il en devient détestable !

Non Daniel,ce n’est pas une raison pour t’incruster ! Retourne chez ta maman tu seras gentil !

On ne peut donc pas dire que le côté romance m’ait attirée, rien de bien nouveau de ce côté ! Non, c’est l’aspect familial qui m’a le plus intéressée dans ce livre !

En effet, notre héroïne, Libby Lomax enchaîne les auditions depuis l’âge de neuf ans avec sa mère comme agent ! Une vraie galère car elle n’a souvent que des rôles de figuration, sans parler des costumes ridicules.

Sa mère est un dragon en affaire. Sa soeur est prête à se transformer en Poupée Barbie vivante si ça peut lancer sa carrière. Quant à son père écrivain, il est bien trop plongé dans son monde imaginaire pour daigner s’occuper de sa fille. 

C’est son père, cependant, qui a fait découvrir Audrey Hepburn à Libby ! Ses films lui font office de refuge, de doudou en cas de déprime. Alors, imaginez sa surprise quand elle voit l’icône du glamour sur le vieux canapé miteux qu’elle a (involontairement) hérité lors de son déménagement ! 

Rêve ou réalité ? Toujours est-il qu’Audey est une femme charmante mais un peu maladroite ! Avec elle, Libby prendra conscience qu’elle vaut mieux qu’actrice de figuration. Mais aussi prendra ses distances avec une famille qui ne lui a jamais fait prendre le temps de choisir son avenir. C’est la relation avec son père qui m’a au final le plus touchée dans sa mélancolie. Je n’en dirais pas plus ! 

Il y a aussi le triangle amoureux entre Libby, Ollie et Dillon mais comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas le point fort du livre. Dès le début, il m’a paru juste évident qu’Ollie serait Le Vrai Prince Charming de Libby. Il est mignon, a le coeur sur la main, fait de bon petits plats (avec une prédilection pour le fromage) et est loin de la laisser indifférente ! Toutefois, elle est aussi flattée qu’un aussi bel homme que Dillon la remarque ! Elle hésite donc beaucoup ! Mais j’espérait tout de même qu’elle choisisse Ollie.

La fin a donc d’autant plus été un coup de massue ! J’étais en mode total WTF genre ça:

C’est sans doute pour lancer le deuxième volet où notre Libby va profiter des conseils… de Marilyn Monroe 😉

Ça reste cependant une sympathique comédie romantique, dans la veine de Très Chère Sadie de Sophie Kinsella dans son côté pétillant ! Les références ciné m’ont donné très envie de découvrir Diamants sur canapé et Vacances romaines !

En tout cas, Ça NE PEUX PAS finir comme ça c’est juste pas possible ! Je vais donc m’empresser de lire la suite !

 

Bonjour tristesse (Françoise Sagan)

Et voici le livre parfait pour les vacances ! Ça faisait des années que je voulais découvrir Françoise Sagan et ce livre a illuminé mon été !

Résumé:

« La villa est magnifique, l’été brûlant, la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Elle ne connaît de l’amour que des baisers, des rendez-vous, des lassitudes. Pas pour longtemps. Son père, veuf, est un adepte joyeux des liaisons passagères et sans importance. Ils s’amusent, ils n’ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d’une femme de cœur, intelligente et calme, vient troubler ce délicieux désordre. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare. »

Mon avis:

Une parenthèse estivale subtile et très bien écrite ! 

Cécile, est une lycéenne parisienne qui vient de rater son baccalauréat. Elle passe l’été de ses dix-sept ans dans une belle villa de la Côte d’Azur avec son père Raymond et la maîtresse de ce dernier, Elsa. Cécile et son père qui ont une relation fusionnelle veulent faire du plaisir un programme et du bon temps un mot d’ordre en profitant du soleil, des joies de la baignade et de la lecture, des sorties et des discussions nocturnes.

Ce père âgé de quarante ans, veuf depuis quinze ans, est un homme plutôt riche et attirant qui enchaîne les conquêtes. Cécile et Elsa, jeunes, d’un caractère facile et surtout intéressées par la vie mondaine, s’entendent assez bien. Cécile tente de paraître adulte et apprécie la compagnie d’hommes du même âge que son père. Sa vie amoureuse est sans relief jusqu’à sa rencontre avec Cyril, un étudiant en droit.

L’ambiance change radicalement à l’arrivée d’Anne. Différente des autres conquêtes de Raymond, Anne est une femme stricte et moralisatrice qui apprécie la culture, les bonnes manières et l’intelligence. Dès son arrivée, un combat subtil commence entre les trois femmes pour garder les faveurs de Raymond.

Cécile voue une certaine admiration à Anne, mais en même temps elle ne veut pas perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi qu’une liberté qui lui permet de négliger ses devoirs de vacances et plus généralement ses études, au profit de journées passées à la plage. Car Anne veut refaire toute son éducation, ce que la jeune fille est loin d’apprécier. 

Cette jalousie mal placée va tout gâcher, car sans le savoir, Cécile va provoquer la chute d‘Anne et se rendra compte (trop tard) que cette femme ne voulait que leur bien. Elle devra, avec son père, vivre avec la culpabilité d’avoir détruit un bonheur qui était à leur portée. 

Une superbe lecture, qui m’a fait penser à Expiation, pour sa langueur estivale et ses personnages passionnés.

Le palais des larmes (Michel de Grèce)

Un peu d’exotisme avec un livre dépaysant à souhait ! Si vous aimez les fresques historiques à la Christian Jacq ou Amin Maalouf, ce livre est pour vous !

Résumé:

« Certains, il est vrai, ont fait de mon existence un rocambolesque et parfois sordide roman. La vérité est à la fois plus logique, plus inattendue et encore plus extraordinaire. »

Ainsi commencent, au VIème siècle de notre ère, les confessions de l’impératrice Théodora. Sans faiblesse et sans fard, l’ancienne courtisane qui su gravir une à une les marches du trône et épouser l’empereur Justinien, se souvient. De la misère, des complots, des révoltes, des trahisons, mais aussi de l’amour et de la foi qui guidaient ses pas.  À cette femme de tête et de passion, main de fer dans un gant de velours, prête à sacrifier quiconque ose lui porter ombrage, il fallait un théâtre grandiose. Le Palais sacré de Constantinople, ville dans la ville, avec sa cour et son protocole, ses règles secrètes, ses fastes exquis et ses meurtres sauvages, était à son image. Elle y règnera jusqu’à ce qu’il devienne le Palais des Larmes habité par sa légende.

Mon avis:

Après le Japon, je continue mon voyage littéraire féminin en embarquant pour la Turquie ! L’époque où Istanbul s’appelait Constantinople et faisait partie de l’Empire Byzantin.

Théodora est une jeune fille des quartiers pauvres. Fuyant une famille désunie et un beau-père violent, elle devient  d’abord actrice dans une troupe de théâtre, puis courtisane dans les tavernes obscures où elle use de ses charmes contre un peu d’argent. 

Mais l’appel d’ailleurs est toujours plus fort et après une escapade « mystique » auprès d’ascètes en plein désert, elle retrouve la ville de Constantinople où va se réalisera la prédiction d’une voyante: elle deviendra l’Impératrice !

J’ai beaucoup pensé à l’allée du roi : enfance misérable, prostitution, mais aussi délires mystiques, complots en tout genre et des hommes pas vraiment sympathiques. Mais c’est avant tout l’histoire d’une femme impressionnante et volcanique, qui ne supporte ni la médiocrité ni l’apathie. J’ai beaucoup aimé sa force de caractère !

Méthodiquement, Théodora gravit les échelons, se lance dans le théâtre, la danse, use sans vergogne de ses charmes pour gagner sa vie sans pour autant gagner le coeur des hommes. Mais ce sera Constantinople son grand amour:  cosmopolite, vibrante, vivante. J’ai adoré l’ambiance de cette ville !

Si la jeune femme aura quelques amants, c’est surtout  sa relation avec l’empereur qui m’a fascinée: leur lien tient plus de la compétition que de l’amour. Ils se conseillent, s’espionnent, s’épaulent, se disputent pour mieux revenir l’un vers l’autre. Justinien aussi calme qu’elle est volcanique, ils se complètent totalement politiquement et stratégiquement. Théodora sera une vraie femme politique, à la poigne de fer et la foi très forte. 

Il y a enfin Le Palais Impérial qui est aussi un Univers à lui tout seul, avec ses eunuques, ses espions, ses gardes, ses aristocrates et ses intrigues.

L’histoire avait donc tout pour me plaire. Une femme de poigne, un empire qui doit jongler entre les invasions extérieures et ses propres conflits internes. Sans parler des catastrophes naturelles comme la sécheresse ou les épidémies. 

Les événements s’enchainent bien et il n’y a pas de temps morts. Toutefois, l’écriture manque parfois de finesse. C’est le seul bémol de cette flamboyante histoire !

Une biographie romancée passionnante historiquement mais qui manquait de ce « petit plus » pour me séduire totalement ! 

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Vous verrez le ciel ouvert (Gilbert Cesbron)

J’ai découvert cet auteur chez ma grand-mère. Gilbert Cesbron, né le à Paris et mort le à Paris, est un écrivain français d’inspiration catholique. 

Il est surtout connu pour son roman « Chiens perdus sans colliers », qui a été adapté au cinéma avec Jean Gabin. Mais c’est d’un autre livre dont je vais vous parler.

« Vous verrez le Ciel ouvert » est un livre à la fois tragique et lumineux, entre Emile Zola et et Victor Hugo ! Sauf que la religion est le pilier central de cette histoire.

Tout commence avec Michel Legrand, un militant chrétien, qui décide d’aller à Lourdes. Là, il y découvre la souffrance, la foi, la montagne et une foule grouillante. Ainsi qu’une certaine paix à l’idée d’aider les miséreux. Il s’y dévoue corps et âme, comme un infirmier bénévole. Il s’y sent utile et à sa place.

Mais quant il trouve un nouvel emploi au village de Ramèges, ce n’est plus la même chanson :

Dans la montagne, on construit un barrage. La vie est dure, tragique, meurtrière, mais la paie est bonne. Dans le village qui doit être submergé, on boit, on dépense son « fric », et pourtant il y a des misères, des injustices. Entre les coups bas entre collègues, les « accidents » de chantier et les beuveries du soir… Michel assiste à tout cela, dans un mélange de tristesse et d’amertume. 

Le prêtre contre le maire. Les villageois contre les commerçants… L’argent dangereusement gagné dans une montagne défigurée par le béton et les mineurs. Et au milieu de tout ça des enfants paumés: Tit-Oeil et Claire, qui tentent de se tricoter un semblant d’enfance. Et surtout, Odette, la fille du « bistro ». Une jeune fille envieuse, révoltée par le manque réaction du Seigneur pour sa mère malade et (contre) son père violent. Elle ne supporte plus ni son entourage ni son milieu. Seule sa mère compte à ses yeux.

Gilbert Cesbron aborde avec un réalisme touchant l’époque des prêtres ouvriers des années 40-50.

Ainsi qu’une famille éclatée où la fille invoque la Vierge pour guérir sa mère de la maladie qui la cloue au lit. Mais il faut se méfier des Miracles Ils ne sont pas toujours là où l’on pense…

Quelle tragédienne que cette Odette ! À partir d’un mensonge, elle va s’enfoncer dans un tourment digne d’un Hamlet au féminin ! Manipulant ses deux jeunes camarades, elle donne « vie » à la Sainte Vierge, assemble méthodiquement sa brillante machination, sans ce douter du remous, que cela va causer chez les adultes. Et tout le village !

Ainsi le prêtre la croit (alors qu’il la déteste d’ordinaire). Ou plutôt il veut la croire, car cette « manifestation divine » est une occasion trop belle pour ramener des fidèles. Il y a aussi Michel qui connaît bien les enfants,  mais qui croira surtout Claire, la simple, la pure, la (trop) gentille. Sans se douter qu’elle est le jouet d‘Odette.

Louis, (Tit-Oeil) est terrifié par cette jeune fille cruelle et amère. Il lui obéit comme à un chef de gang. Quant à Claire, elle est furieuse que sa rivale ait vu la Sainte et non Elle, l’angélique, la petite fille modèle ! Car c’est elle la vraie pieuse du groupe ! Pour les deux autres ce n’est qu’un jeu pour duper les adultes ! 

Et la Machination enfle, attire les journalistes, les curieux et les politiques. Chacun y met son grain de sel, des inspecteurs aux psychologues. Certains sont sceptiques, d’autres, y voient une distraction comme un encart de journal… ou une nouvelle star ! 

Le dénouement est juste…grandiose dans sa justice. La Pieuse finit par voir la Lumière, tandis que la Menteuse finit dans la Nuit, prisonnière des démons qu’elle a elle-même provoqué. Son père Alcitre, est tout aussi détestable et opportuniste, se servant sans vergogne de sa fille pour lustrer son commerce. 

Je ne saurais décrire mes impressions sur ce livre. La foi de l’écrivain transcende les pages, ça se sent tout de suite qu’il est croyant. Et en même temps, c’est un portrait au vitriol des jalousies mal placées, de l’égoïsme à son apogée. L’écriture est très belle, tantôt lyrique, tantôt tranchante !

La Misère. la Douleur, la Foi comme refuge. le Mensonge, le « Progrès » qui dépouille la nature. Mais aussi la Révolte et la Résignation. La Colère et la Lassitude. Il y a tant de thèmes universels abordés, que je sens d’emblée que ce livre fera partie de ceux que je relirai. 

Un livre singulier, Triste et fort. Et un auteur encore trop peu cité. 

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer