Vous verrez le ciel ouvert (Gilbert Cesbron)

J’ai découvert cet auteur chez ma grand-mère. Gilbert Cesbron, né le à Paris et mort le à Paris, est un écrivain français d’inspiration catholique. 

Il est surtout connu pour son roman « Chiens perdus sans colliers », qui a été adapté au cinéma avec Jean Gabin. Mais c’est d’un autre livre dont je vais vous parler.

« Vous verrez le Ciel ouvert » est un livre à la fois tragique et lumineux, entre Emile Zola et et Victor Hugo ! Sauf que la religion est le pilier central de cette histoire.

Tout commence avec Michel Legrand, un militant chrétien, qui décide d’aller à Lourdes. Là, il y découvre la souffrance, la foi, la montagne et une foule grouillante. Ainsi qu’une certaine paix à l’idée d’aider les miséreux. Il s’y dévoue corps et âme, comme un infirmier bénévole. Il s’y sent utile et à sa place.

Mais quant il trouve un nouvel emploi au village de Ramèges, ce n’est plus la même chanson :

Dans la montagne, on construit un barrage. La vie est dure, tragique, meurtrière, mais la paie est bonne. Dans le village qui doit être submergé, on boit, on dépense son « fric », et pourtant il y a des misères, des injustices. Entre les coups bas entre collègues, les « accidents » de chantier et les beuveries du soir… Michel assiste à tout cela, dans un mélange de tristesse et d’amertume. 

Le prêtre contre le maire. Les villageois contre les commerçants… L’argent dangereusement gagné dans une montagne défigurée par le béton et les mineurs. Et au milieu de tout ça des enfants paumés: Tit-Oeil et Claire, qui tentent de se tricoter un semblant d’enfance. Et surtout, Odette, la fille du « bistro ». Une jeune fille envieuse, révoltée par le manque réaction du Seigneur pour sa mère malade et (contre) son père violent. Elle ne supporte plus ni son entourage ni son milieu. Seule sa mère compte à ses yeux.

Gilbert Cesbron aborde avec un réalisme touchant l’époque des prêtres ouvriers des années 40-50.

Ainsi qu’une famille éclatée où la fille invoque la Vierge pour guérir sa mère de la maladie qui la cloue au lit. Mais il faut se méfier des Miracles Ils ne sont pas toujours là où l’on pense…

Quelle tragédienne que cette Odette ! À partir d’un mensonge, elle va s’enfoncer dans un tourment digne d’un Hamlet au féminin ! Manipulant ses deux jeunes camarades, elle donne « vie » à la Sainte Vierge, assemble méthodiquement sa brillante machination, sans ce douter du remous, que cela va causer chez les adultes. Et tout le village !

Ainsi le prêtre la croit (alors qu’il la déteste d’ordinaire). Ou plutôt il veut la croire, car cette « manifestation divine » est une occasion trop belle pour ramener des fidèles. Il y a aussi Michel qui connaît bien les enfants,  mais qui croira surtout Claire, la simple, la pure, la (trop) gentille. Sans se douter qu’elle est le jouet d‘Odette.

Louis, (Tit-Oeil) est terrifié par cette jeune fille cruelle et amère. Il lui obéit comme à un chef de gang. Quant à Claire, elle est furieuse que sa rivale ait vu la Sainte et non Elle, l’angélique, la petite fille modèle ! Car c’est elle la vraie pieuse du groupe ! Pour les deux autres ce n’est qu’un jeu pour duper les adultes ! 

Et la Machination enfle, attire les journalistes, les curieux et les politiques. Chacun y met son grain de sel, des inspecteurs aux psychologues. Certains sont sceptiques, d’autres, y voient une distraction comme un encart de journal… ou une nouvelle star ! 

Le dénouement est juste…grandiose dans sa justice. La Pieuse finit par voir la Lumière, tandis que la Menteuse finit dans la Nuit, prisonnière des démons qu’elle a elle-même provoqué. Son père Alcitre, est tout aussi détestable et opportuniste, se servant sans vergogne de sa fille pour lustrer son commerce. 

Je ne saurais décrire mes impressions sur ce livre. La foi de l’écrivain transcende les pages, ça se sent tout de suite qu’il est croyant. Et en même temps, c’est un portrait au vitriol des jalousies mal placées, de l’égoïsme à son apogée. L’écriture est très belle, tantôt lyrique, tantôt tranchante !

La Misère. la Douleur, la Foi comme refuge. le Mensonge, le « Progrès » qui dépouille la nature. Mais aussi la Révolte et la Résignation. La Colère et la Lassitude. Il y a tant de thèmes universels abordés, que je sens d’emblée que ce livre fera partie de ceux que je relirai. 

Un livre singulier, Triste et fort. Et un auteur encore trop peu cité. 

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L’Évangile selon Pilate (Éric-Emmanuel Schmitt)

Je continue ma découverte d’Eric-Emmanuel Schmitt avec cette lecture passionnante !

Résumé:

Première partie : Dans le Jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l’arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l’amour et le pardon ?
Deuxième partie : Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s’insinue dans son esprit. Et avec le doute, l’idée de foi.

Mon avis:

Le procès du Christ en roman, voilà une idée originale ! De sa belle écriture fluide et précise, Monsieur Schmitt nous fait (re)découvrir l’histoire de Jésus à travers deux hommes:

Yéchoua est le fils d’un charpentier, Yosef. Enfant aussi curieux que rêveur, il se met le rabbin sur le dos car non seulement il ose contester la Loi, mais il devient le confesseur des villageois en détresse, volant son rôle.

Loin d’être un « Prophète », Yéchoua (qui deviendra Jésus) est avant tout un homme révolté par la violence de son époque et ses loi absurdes; un peuple dominé plus par la Peur que l’Amour de son prochain. Un éclairage intéressant sur Jésus, en tant qu’homme, qui ici, est une personne rebelle qui refuse le statut-quo, l’hypocrisie et toute forme de violence. J’ai beaucoup aimé cette réécriture plus moderne, qui mets en avant un peuple manipulé par son gouvernement et salue le courage d’un homme qui ose faire changer les mentalités.

Pilate est lui aussi un personnage des plus singuliers:

Bien présent dans les Évangiles, Ponce Pilate est un Préfet Romain connu pour avoir ordonné la crucifixion de Jésus par le vote du peuple. C‘est un homme d’une certaine rudesse, droit et impatient de retourner à Rome, loin du bouillonnant Jérusalem.

Sa femme, Claudia est à la fois son épouse et son conseiller. J’ai beaucoup aimé leur relation, respectueuse mais cachée dans son « égalité ». Un homme qui demande conseil à sa femme est très mal vu ! C’est l’une des belles surprises de ce livre: Les femmes sont fortes et pleine de sagesse.  Mais là, Pilate est face au tour le plus bluffant (et dangereux) qui soit !  Et c’est lui qui endosse le rôle d’un Sherlock Holmes antique, imaginant tous les coups tordus possibles !

Judas était-il vraiment le traître de l’histoire ? Comment un corps torturé, crucifié, peut-il disparaître et revenir bien entier et vivant ? Qui était vraiment Jésus ? Un rêveur ? Un illuminé ? Ou le plus habile mystificateur de tous les temps ? J’ai juste adoré cette tournure « enquête policière », qui donne un coup de fouet après les délires « bibliques » de la première partie du roman !

À travers ce mystère, le scepticisme de notre Sherlock Pilate devient progressivement de la Foi, non pas en un Dieu cruel mais en un Homme qui a souffert pour ouvrir les yeux d’un peuple et l’inciter à rejeter un système qui l’emprisonne. Ainsi qu’un bel exemple de l’arme la plus pacifique, ancienne et efficace qui soit: la Rumeur !

C’est un livre qui interroge sur la personne « historique » de Jésus et du fondement même d’une religion. J’ai terminé ma lecture avec une autre vision du Christ, non en tant que Fils de Dieu mais en tant qu’homme révolté, moins lisse que ce que j’en ai appris au catéchisme !

Un livre passionnant, plus philosophique et politique que religieux, qui pose bien des questions. À découvrir !

Note: Sur le même thème mais dans un tout autre registre, j’ai prévu de lire « Jésus m’aime » du tordant David Safier !

Je suis né un jour bleu (Daniel Tammet)

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ce célèbre livre de Daniel Tammet. L’autisme est un sujet qui me touche et m’intrigue. Aussi, j’étais plus que curieuse de découvrir ce témoignage !

Atteint du syndrome d’Asperger, Daniel Tammet est ce que l’on appelle un « autiste savant ». Les nombres sont ses amis, son cocon, sa zone de confort. Il les visualise avec des couleurs qu’il mélange au gré de ses combinaisons mathématiques.

Ce phénomène neurologique, appelé la Synestésie, est involontaire et automatique. Daniel ne fait pas mentalement les calculs, comme nous: il voit les solutions lui apparaître sous forme de paysages, dont chaque couleur est un chiffre ! Étonnant non? 

J’ai été surprise et émue par cette vision poétique d’une discipline qui a toujours été compliquée pour moi ! Mais il est également sensible à la musique et aux langues. Cette vision colorée s’applique aussi aux sons et à la musique. Il a ainsi pu apprendre sept langues. Il a notamment appris l’islandais en quatre jours !!!

Ce qui m’a plu, c’est que Daniel Tammet insiste plus sur son humanité et sa sensibilité, que sur sa mémoire hors du commun. Il raconte ses souvenirs d’enfance, de ses crises d’épilepsie à ses difficultés relationnelles. Il a aussi souffert d’agoraphobie.

Au départ, il n avait pas conscience ce sa différence; les nombres constituaient son UniversÀ son époque, l’autisme n’était pas encore aussi bien comprise qu’aujourd’hui.  Mais, petit à petit, il a commencé à prendre conscience de sa particularité.

Ses parents ont eu l’intelligence de l’élever au maximum comme un enfant « normal », le forçant à rester en contact avec le monde réel. Il a ainsi pu se socialiser et sortir de l’enfermement psychologique dont beaucoup d’autistes souffrent encore aujourd’hui !

Mais ce livre ne parle pas que de handicap. Il parle de la Vie. De la difficulté des gestes de tous les jours. De la peur de l’autre, de l’importance des amis, et aussi de l‘Amour, sous toutes ses formes. Que chacun est unique, autiste ou non.

Les émotions en général sont difficiles à comprendre pour lui. Alors quand la puberté et les premiers coup de foudres se produisent, il est très perturbé. Et comme beaucoup, Daniel a souffert d’être la Curiosité de sa classe.

Mais tout le monde n’est pas intolérant. J’ai eu la belle surprise de lire des réactions autres que de simples railleries. Comme son premier amour de collège qui lui a gentiment fait comprendre, sans violence ni insulte, qu’il n’était pas la bonne personne. Pour une fois que l’on voit une réaction intelligente, je tenais à la souligner !

Daniel a toujours été attiré par les garçons, et ne s’est jamais posé la question du « pourquoi ». Il ressent et c’est tout. Ses émotions ont quelque chose de pur et d’innocent sans séduction ni sexualisation. Il m’a beaucoup touchée.

Un livre passionnant, qui m’a émue, mais aussi rassurée. Par ce livre, j’ai pu sortir de mes aprioris ! Je l’ai refermé avec un mélange d’admiration et de tendresse. 

Je termine avec l’une de ses citations qui me met du baume au coeur: 

L’important n’est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres

Phaenomen (Erik L’Homme)

Ça faisait un moment que je voulais parler d‘Erik L’Homme. Je l’ai découvert grâce à une conversation avec un ami lycéen qui m’a vraiment intriguée. Alors que ses camarades ne juraient que par Harry Potter, Percy Jackson ou Katniss Everdeen, mon ami ne parlait que d’une autre saga: Phaenomen. Si la première édition n’attirait pas vraiment l’oeil avec sa couverture immonde, la version intégrale, parue récemment chez Folio SF, est bien plus jolie et mystérieuse !

 

Résumé:

« Fous? Idiots? Bons à rien? Aux yeux du personnel de la Clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant…

Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de mystérieux agents, ses jeunes protégés n’hésitent pas : ils se lancent sur ses traces. Sans se douter qu’ils sont aussi sur la piste d’un des plus grands secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même.

L’histoire de l’humanité non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. »

Mon avis:

Nettement moins connue que sa saga A comme Association ou encore Le livre des Étoiles, la trilogie Phaenomen mérite vraiment d’être (re)découverte ! Mais de quoi ça parle?

Nous suivons les aventures de quatre adolescents « à problèmes ». Il faut en effet les mettre ce mots entre guillemets, car ils ont la particularité d’avoir certains pouvoirs. 

Tout d’abord Arthur, qui a la faculté de se souvenir de tout. Ce qui sera très utile lors de leur aventure. Mais ce don est à double tranchant : son pouvoir le rend très nerveux et irritable. Noyé par ses souvenirs, Il peut faire des crises de panique. Pour se calmer, il dessine les trois « singes de la sagesse » sur tout ce qu’il peut trouver.

Nicolas est un peu comme Cyclope dans les X-Men: son pouvoir est la vision thermique. Hyper-sensibles, ses yeux ont donc constamment des lunettes de soleil. Mais ça ne l’empêche pas d’être drôle Il essaie sans cesse de dénouer les situations délicates. C’est l’optimiste de la bande !

Claire est sans contexte la plus mystérieuse: pâle, presque fantomatique, elle a des difficultés à se déplacer. Ses parents l’ont internée car elle se proclame l’enfant d’une fée ! Et au fil des événements, on se rend compte que c’est effectivement le cas ! Mais on est loin de la Fée de conte avec baguette magique… Elle serait plus proche de Vif-Argentqui se déplace plus vite que la lumière en cas de danger ! Elle se sent hors du Temps et du Monde, comme un animal qui ne sait pas s’adapter à son environnement. 

Enfin, je termine avec Violaine ma préférée: la meneuse du groupe. Son don est de pouvoir voir et contrôler l’âme des gens, représentée sous forme de dragon, alors que sa propre âme est représentée par un chevalier. Un don original et particulièrement puissant. Elle peut voir si l’âme d’une personne est bonne ou mauvaise, en fonction que leur « dragon » soit blanc ou noir. Sauf qu’elle va rencontrer un homme qui va la chambouler.  Clarence est un agent secret particulier qui a échangé son âme: il n’a donc PAS de dragon, ce qui trouble beaucoup la jeune fille ! 

Phaenomen est une histoire unique qui mixe les genres de façon brillante ! Il peut être lu comme un policier ésotérique teinté de fantastique ; l’intrigue est un vrai jeu de piste avec une confrérie malveillante qui traque nos anti-héros. Il y a aussi un complot historique assez improbable mais qui a le mérite de soulever de grandes questions: Que savons-nous de notre Histoire, et comment les images nous manipulent? 

J’ai été bluffée par le culot de l’auteur, car il a osé remettre en question un événement reconnu de tous. Et y repenser est extrêmement troublant !

Il y a aussi les « handicaps » et autres « différences » qui sont ici représentés par les enfants. Des cas, des « phénomènes » reclus dans une clinique en dehors de la société. Une façon judicieuse de dénoncer le comportement odieux, lâches ou juste effrayés de certains parents qui ne comprennent pas (ou ne veulent pas comprendre) leur enfant. J’ai aimé le fait que les handicaps soient en réalité des pouvoirs ! Un joli pied de nez aux apparences !

La grande qualité du livre est la façon dont nos 4 amis veillent les uns sur les autres. Suite à la mystérieuse disparition de leur médecin à la Clinique du Lac (en Suisse !!!) où ils sont internés, notre petite bande faire faire un long périple qui les fera voyager autour du monde. Malgré leurs différents, ils formeront une petite famille qui finira même par trouver un nouveau refuge…sous Paris !

Leur voyage leur mènera à une stupéfiante découverte qui risque de faire voler en éclat notre propre histoire et leurs ennemis sont prêts à tout pour les éliminer!

Moi, à la fin du troisième tome

La fin m’a juste scotchée ! J’étais à la fois triste effarée, et même en colère ! Car cette fin est digne d’un thriller pour adulte où on se demande juste: Mais Pourquoi?!!! Mais d’une certaine manière, c’était plus réaliste ! Nos jeunes héros sont trop différents et cette fin montre bien l’Aveuglement et l’Hypocrisie des adultes mais aussi du gouvernement.

En tout cas, c’est une trilogie encore trop méconnue ! Si vous aimez les mystères, l’action, l’amitié et les histoires originales, foncez !

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La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)

Aujourd’hui, place à une lecture parfaite pour cette période de l’année ! Qui dit printemps, dit renouveau, fleurs et arbres qui retrouvent une belle couleur vert tendre.. Et comme j’adore les arbres, j’ai tout de suite été attirée par ce magnifique ouvrage.

Résumé:

« Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s’organise la société des arbres. Prodigieux conteur, Peter s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques et multiplie les anecdotes fascinantes pour faire partager sa passion. Après avoir découvert les secrets de ces géants terrestres, par bien des côtés plus résistants et plus inventifs que les humains, votre promenade dans les bois ne sera plus jamais la même. »

Mon avis.

La forêt comme vous ne l’avez jamais lue ! Ludique et passionnant, Peter Wolhleben nous enmène au coeur de la vie forestière, où les arbres, feuilles, branches racines et même la terre respirent, communiquent…

Les forêts ressemblent à de vraies communautés humaines, où les « parents » vivent avec leurs enfants, où leur système radiculaire est d’une étonnante ressemblance avec … notre réseau internet (mais version végétale) !

J’ai vraiment été de surprises en surprises avec ce bouquin !

Ainsi, les arbres communiquent entre eux, via leur racines ! Et peuvent ainsi partager leurs nutriments avec les arbres malades, protéger les plus faibles, s’alliant même à certains animaux, qui les débarrassent de leurs parasites ! 

On connaissait l‘intelligence animale. Ce livre va encore plus loin en nous faisant découvrir la fascinante intelligence végétale ! Nous n’en avions pas conscience, car les arbres se développent lentement ! À 100 ans, ils sont tout juste « adolescents » ! Leur notion de Temps est donc très différentes de la nôtre !

Autre découverte étonnante: nous connaissons le phénomène de la photosynthèse, qui donne la belle couleur verte des feuilles ! Mais pourquoi ce vert, alors que la lumière est blanche? Tout simplement parce que la chlorophylle absorbe tout le spectre lumineux…sauf le vert

Bref, si vous aimez la nature et les émissions de type « C’est pas sorcier », ce livre va vous étonner ! Une superbe découverte !

 

Le château de Cassandra (Dodie Smith)

Je continue ma découverte des classiques méconnus britannique avec Dodie Smith ! Avec une si belle couverture, comment vouliez-vous que je résiste?

Résumé:

«J’écris ces mots assise dans l’évier de la cuisine»: la première phrase culte du roman nous plonge au coeur des années 1930, dans un château en ruine du fin fond de l’Angleterre. Cassandra, narratrice aussi romanesque que sa famille est excentrique, tient un journal émouvant et plein d’esprit. Quand deux beaux et riches Américains s’installent dans le manoir voisin, la vie au château est bouleversée…

Mon avis

Si Le Château de Cassandra (I Capture the Castle en VO)  est son premier roman, l’autrice est surtout connu pour Les 101 Dalmatiens, paru en 1956, adapté par Disney en 1961 !

Le roman relate la vie des Mortmains, une famille relativement pauvre vivant dans un château en ruines dans lAngleterre des années 1930. Il est rédigé sous forme de journal intime, tenu par Cassandra, l’héroïne de 17 ans, cadette de la famille.

Elle y décrit son père, un écrivain taciturne connu pour son seul ouvrage Jacob Luttant (référence biblique), son étrange belle-mère Topaz, modèle pour peintres, sa sœur ainée Rose, qui rêve d’une vie moins austère, et son petit frère de 15 ans, Thomas, espiègle et intellectuellement brillant. Il y a aussi le jeune jardinier, Stephen Colly, un jeune homme plein de bonne volonté fou de Cassandra. J’avoue avoir beaucoup aimé ce personnage ! Mais les événements n’ont pas tourné comme j’aurais cru !

En effet, le quotidien des Mortmain change lorsque Neil et Simon Cotton, deux frères américains, arrivent au château, suscitant l’intérêt de la narratrice et de sa sœur. 

Pour Rose, c’est l’occasion de sortir d’une vie de misère, quelle ne supporte plus. Cassandra, elle, est très attirée par Simon. Elle se sert des événement pour peaufiner son écriture. Mais ses sentiments vont se troubler. D’autant qu’elle apprend que Stephen, son ami d’enfance, est amoureux d’elle depuis des années ! 

Il y a aussi le père de Cassandra, qui a eu le coup de foudre pour le château, persuadé que la noble bâtisse ravivera son inspiration. Le château est superbement décrit, comme un personnage à part entière, de sa grandeur passée à son déclin. Il y a dans ce livre une belle ambiance champêtre et romanesque qui m’a bien plu ! 

L’écriture est vive, espiègle, à l’image de son héroïne en pleine inspiration. J’ai aimé son optimisme et son mordant. En tout cas, ça change des drames adolescents comme Le faire ou mourir ou Treize raisons !

J’ai  aussi beaucoup aimé les références littéraires et artistiques, qui fourmillent dans ce livre: de Jane Austen à Marcel Prousten passant par la musique baroque, ou même la Bible !

À tenter pour ceux qui aiment les romans vintage, les châteaux et les ambiances bucoliques !

 

Les délices de Tokyo (Durian Sukegawa)

Après le dépaysant restaurant de l’amour retrouvé, j’ai voulu continuer ma découverte de la littérature japonaise ! J’ai opté pour Les délices de Tokyo de Durian Sukegawa !

Résumé:

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges dont sont fourrés les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Mon avis:

Très belle lecture ! J’avais un peu peur de tomber sur les même thèmes que le roman d’Ogawa, mais ce n’est pas tout à fait le cas. Il est certes, aussi question de cuisine et de quête de soi …mais pas seulement !

Sentarô travaille dans un restaurant par nécessité. Sorti de prison, un ami lui a proposé ce travail afin de rembourser ses dettes. C’est un homme dépressif qui se noie dans le travail. Les affaires ne vont pas fort, ce qui le déprime encore plus. Mais une rencontre inattendue avec une vieille dame, Tokue va lui faire voir son métier autrement.

En l’embauchant pour un salaire de misère, Sentarô va réviser sa manière de cuisiner et se poser de plus en plus de questions: qui est cette dame étrange? Pourquoi a-t-elle les mains déformées? La réponse est assez troublante. Car malgré leur différences, Tokue et Sentarô partagent un secret : l’enfermement. Pas dans le même contexte, mais tout de même !

J’ai été très touchée par leur amitié, qui se dessine progressivement. Une troisième personne va les rejoindre Walkana, une jeune collégienne mélancolique. Ils forme un trio attachant et atypique qui m’a beaucoup émue. J’aime les liens inter-générationnels !

Des thèmes forts sont abordés comme la guerre, la dépression, la maladie, l’isolement, et bien évidement la cuisine. Chaque plat est si délicieusement décrit que j’en avais l’eau à la bouche !

Il y a aussi le handicap et les réaction (bonnes et mauvaises) qu’il engendre. Il pose une jolie réflexion sur le sens que l’on veut donner à sa vie, les épreuves qui nous façonnent. 

Mais j’ai surtout été marquée par le Sakura, le cerisier japonais qui illumine l’histoire. Cet arbre a vraiment une place à part dans la culture japonaise et ce livre l’illustre joliment ! 

Un roman gastronomique et délicat, à lire avec une bonne tasse de thé ! Note: il existe une adaptation ciné de cette histoire ! J’ai très envie de la découvrir du coup !