Mademoiselle Scaramouche (Jean-Michel Payet)

Et voici une découverte jeunesse bien sympa ! Surtout si, comme moi, vous avez grandi avec les films de capes et d’épées comme Les Trois Mousquetaires, Le Bossu ou Fanfan la Tulipe !

Résumé:

« Lorsqu’elle assiste à la mort de son père, tué en duel, Zinia Rousselières est loin d’imaginer qu’elle est à l’aube d’un singulier tour du destin. Dans le caveau familial repose en effet déjà un cercueil, le sien, ou plutôt celui de celle qu’elle croyait être…

En un instant, le monde de la jeune fille vole en éclats, et elle n’aura désormais de cesse de découvrir sa véritable identité.

Des bas-fonds de la capitale au faste de Versailles, de la cour des Miracles au Trianon de porcelaine, Jean-Michel Payet nous propulse dans une aventure rocambolesque, où Zinia, afin de percer le mystère qui entoure sa naissance, devra porter un temps le masque de Mademoiselle Scaramouche ! »

Mon avis :

Le livre commençant sur une citation de Cyrano de Bergerac, cette lecture s’annonçait déjà très bien ! Et moi qui m’attendait à une simple histoire de mousquetaire, j’étais au final, bien loin du compte ! 

A la mort de son père en duel, le monde de Zinia Rousselières s’effondre : elle serait une enfant adoptée ! La vraie Zinia (qui est en fait blonde et non rousse) est morte en bas âge…et se trouve dans le caveau familial avec sa mère !

Bouleversée, elle décide de partir mener l’enquête, et pour ne pas attirer l’attention, se renomme Mademoiselle Scaramouche. Ce nom fut le dernier mot de son père adoptif avant de mourir, ce qui intrigue beaucoup la jeune fille !

Elle fera la connaissance d’une sympathique troupe de théâtre dans laquelle elle s’incruste pour retrouver l’auteur d’une mystérieuse lettre écrite par son vrai père.

Elle découvrira que celui-ci a été la victime des manipulations d’un marquis prêt à tout pour récupérer une ancestrale recette d’alchimiste: le secret des Quatre Soleils ! Quel est le rapport avec le bijou que porte la jeune fille, une mystérieuse Perle Noire ?  

Car, en plus plus de connaître enfin ses origines, la jeune fille déjouera un complot dément qui vise le roi Louis XIV, rien que ça !

Zinia est une boule d’énergie, aussi flamboyante que sa chevelure ! Une Mérida version mousquetaire, qui fonce, joue, agit souvent sans réfléchir. Un tempérament passionné et garçon manqué, qui détonne à l’époque de Molière, qui d’ailleurs, est aussi présent dans l’histoire !

En plus de la troupe de théâtre, elle sera aidé par un vieux pirate, aussi loyal que colossal, mais aussi son ami d’enfance, Colin. J’ai beaucoup aimé ce jeune homme maladroit, mais courageux, qui n’hésite pas à se mettre en danger. Sa relation avec Zinia est ,certes prévisible, mais assez touchante ! J’ai bien aimé leurs joutes verbales et leur complicité !

L’intrigue est très originale, entre histoire, fantastique et Alchimie ! Il y a aussi de belles références comme  Scaramouche ou encore Les métamorphoses d’Ovide pour le côté surnaturel ! Il y a de l’action, du panache et des héros très attachants.

Je n’en dévoilerai pas plus concernant l’histoire pour vous laisser la surprise ! En tout cas, je ne me suis pas ennuyée une seconde !

Une belle lecture ado, que je conseille si vous aimez le mélange des genres et les héroïnes de caractère !

Les Élémentaires (Nadia Coste)

Aujourd’hui, place à un livre que j’étais très impatiente de lire ! Gagné grâce à Marine, il me tardait de découvrir ce roman de Fantasy jeunesse, bien français ! Et là encore, c’est une bien belle découverte ! Déjà, regardez moi cette couverture *_*

 Résumé:

Cassandra, jeune mage du feu, souffre depuis sa naissance d’un dérèglement hormonal qui lui rend la vie très compliquée : dès qu’elle ressent une émotion trop intense, le feu jaillit de sa peau en consumant ses cheveux, ses vêtements et tout ce qu’elle touche ! Quand elle entend parler d’une cure miracle, la jeune fille veut donc s’y rendre à tout prix. Elle va faire un voyage surprenant et périlleux à l’autre bout du royaume, dans un baquet d’eau, escortée par deux chevaliers absolument débutants, au cours duquel elle devra affronter les horribles singes-serpents et d’affreux brigands !

Mon avis:

Serais-je réconciliée avec la lecture Fantasy? Il semblerait, grâce à ce roman très sympa !

Dans un monde où chacun naît avec un don pour un des quatre Éléments, Cassandra, la fille d’un Duc n’a pas eu de chance : Mage de Feu, un dérèglement hormonal fait qu’elle est incapable de maîtriser son don. C’est encore pire depuis la puberté; chaque saut d’humeur l’enflamme…littéralement !

Désespérée de ne pouvoir vivre normalement, elle vit cloitrée chez elle avec une Mage d’Eau pour l’éteindre à chaque émotion. Elle est frustrée, triste et surtout, elle se sent coupable, notamment d’avoir blessée sa mère à son accouchement, et de ne pas pouvoir la prendre dans ses bras. 

Elle n’a jamais connu le monde extérieur et avec son pouvoir qu’elle ne maîtrise pas, elle a la hantise de blesser ses proches et sa famille.

Aussi, lorsqu’elle apprend l’existence d’une cure miracle, elle fait des pieds et des mains pour convaincre son père de l’y emmener ! Ses parents acceptent mais à une condition: leur fille va devoir traverser le royaume avec des gardes du corps et rester dans un baquet d’eau histoire d’éviter les « accidents » ! Ils recrutent comme escorte Grégoire un chevalier débutant et Mage d’Eau, avec son apprenti Christian, un jeune Mage d’Air prometteur mais qui manque d’expérience.

Elle sera aussi accompagnée de sa cousine, Kiana, une Mage de Terre de qui elle est très proche !  Mais de nombreux ennuis les attendent ! Outre des bandits, ils devront affronter de curieuses bestioles « élémentaires ».

Je ne me suis pas tout de suite attaché à Cassandra. Il faut dire que la future duchesse est parfois drôlement agaçante ! Même si ça se comprend, ses réactions m’ont souvent énervée ! Heureusement, elle évolue de façon très positive !

En revanche, j’ai tout de suite adoré Kiana pour son courage et sa loyauté. C’est le personnage qui aura eu l’évolution la plus intéressante ! Si un jour, ce livre a une suite, je la voudrait avec elle en premier plan !

J’ai aussi aimé la belle complicité entre Grégoire et Christian ! Leur confiance mutuelle, leurs resources et surtout leur sens des valeurs en font deux jeunes hommes très attachants ! On sent qu’ils ont beaucoup de respect l’un envers l’autre !

L’univers est original et j’ai particulièrement aimé l’humour !

Nadia Coste a eu l’idée géniale de complètement changer le sens des sigles de notre vie de tous les jours !

Ainsi, les C.R.S. deviennent les Contrôleurs Royaux des Sorts, les P.T.T. sont les Pigeons et Tourterelles Transmissions, ou encore les T.G.V, qui deviennent Les Transports de la Guilde du Vent ! Mais mon préféré reste l’A.N.P.E: l’Auberge des Nouvelles Propositions d’Emploi !

J’ai trouvé super intéressant la façon dont les pouvoirs se manifestent et notamment l’importance des menstruations (oui, vous avez bien lu !)

Pour une fois, les règles ont une place spéciale et ne sont pas associées à quelque chose de « sale ». C’est la preuve irréfutable que la jeune fille est devenue une femme et donc, acquiert une puissance « adulte ».

Suivant l’Élément dont dispose la personne, les conséquences et bien évidemment la douleur est différente. Une façon originale et assez subtile d’aborder un sujet qui commence seulement à émerger: chaque femme est unique dans son rapport avec son corps et son cycle ! C’est déjà rare que ce sujet soit abordé, (surtout dans un roman Fantasy), mais là, j’ai vraiment été agréablement surprise ! C’est pour moi, la meilleure partie du roman !

Il y a deux romances dans le livre: l’une entre Grégoire et Cassandra, l’autre entre Kiana et Christian. Deux relations totalement différentes, plutôt bien adaptées au caractère de chacun ! On n’est loin des clichés habituels genre « coup de foudre au premier regard » ! Là, il est surtout question de la subtile différence entre l’amour romantique et le désir physique souvent compliqué à gérer quand on est ado ! Alors imaginez quand les pouvoirs magiques sont influencés par les hormones !

Enfin, je tire mon chapeau pour la fin, que j’ai trouvé intelligente avec un joli message sur le passage à l’âge adulte et la famille, notamment la relation père/fille, qui a une grande place dans l’histoire !

Une lecture très sympathique, surtout quand on n’est pas habituée à ce genre littéraire ! Ça change et ça fait du bien !

Un été d’herbes sèches (Daniel Crozes)

Avec les beaux jours, j’aime profiter du beau temps en lisant en extérieur, dans un parc ou mon jardin… Et ce joli titre m’a tout de suite attirée !

Un adolescent de 15 ans (dont on ne sait pas le nom), passe ses vacances aux Vernhes, dans la ferme d’un oncle, perdue dans une vallée de l’Aveyron.

Son oncle, Kébler, travaille « à l’ancienne », sans moteur avec ses vaches. Il est méprisé par le milieu et le haut Werhnes, qui sont modernisés. Et enrichis grâce à la collaboration durant les deux guerres mondiales. Or, le jeune garçon a souffert de ne pas connaître l’histoire de sa famille durant cette période. En effet son père, traumatisé par les combats n’a jamais pu (voulu) en parler.

Il découvrira un passé complexe, grâce à son oncle et un de ses amis, lui aussi rescapé de guerre.

Ce livre est un hommage sensible et pudique aux Survivants mais aussi aux non-dits familiaux, à la souffrance indicible des camps, les rancunes incurables qui traversent les générations, l’attente terrible des épouses qui ne savent pas si leur mari va revenir…

C’est aussi une immersion tendre et champêtre dans les campagnes d’autrefois, avec sa vie rude, ses coutumes, ses superstitions, mais aussi ses ombres et ses blessures.

Un très beau livre, dans la lignée de Christian Signol et Françoise Bourdon, mais en version jeunesse. Parfait pour faire découvrir les romans de terroir aux ados !

 

Coup de coeur BD: Chemin Perdu (Amélie Fléchais)

Aujourd’hui, place à une vraie petite pépite ! Découverte totalement par hasard, l’auteur s’appelle Amélie Fléchais ! Un nom à retenir assurément !

Résumé:

« Vous qui possédez flair, sensibilité et goût de l’aventure, munissez-vous de votre carte des copinoux et lancez-vous dans cette fabuleuse chasse au trésor ! « T’es sûr qu’en passant par là, on va arriver plus vite ? ». Ainsi commence l’extraordinaire chasse au trésor lancée par Le Camp du bonheur. Munis de leur carte des copinons, “monsieur je-suis-le-meilleur », son petit frère qui s’imagine être un robot et leur copain, fils d’un chasseur en sont sûrs : ils seront les vainqueurs ! C’est simple, il leur suffit de suivre « le chemin des arbres déguisés en Apaches » et de répondre à une devinette… Mais c’était sans compter, la rencontre d’étranges créatures oniriques : un cerf géant au chapeau melon magique, un renard à la poursuite de sa bicyclette folle, un ogre branchu ou encore, une fée aux intentions ambiguës… Mais où donc cet étonnant jeu de piste les mènera-t-il ? »

Mon avis:

Vous êtes fans de Miyazaki, de lutins, de bêtes étranges et de boyscouts? Ne cherchez plus ! Foncez sur cette petite merveille !!! Regardez-moi cette superbe « bande-annonce » ci-dessus !

Tout commence par un conte tragique: Un couple se déchire dans une mystérieuse maison, belle, mais hantée d’Esprits Mauvais. En fait Deux Esprits, qui se disputent le pouvoir de la Forêt.

Le temps passe puis place à notre époque.

Nous suivons à présent, les aventures de trois enfants: Elliot, Charlie et Arthur. Tous les trois font partie du Camp du Bonheur, qui a organisé une chasse au trésor dans la Forêt. Mais voilà qu’ils se perdent et font de bien étranges rencontres !

Tout d’abord, un magnifique Cerf dont l’un des enfants perdu vole le Chapeau Melon, sans se douter qu’il est en fait le point de départ de tous leurs ennuis !

Car ensuite, arrivent toute une ribambelle de créatures bizarres: un renard qui a perdu sa bicyclette folle, un énorme Ogre-boule-de poil terrifiant, des porcs-épics danseurs et même une chouette à mocassins assez flippante!

Complètement déboussolés, nos trois compères vont provoquer bien malgré eux un Combat opposant Les Deux Esprit de la Forêt.

Le style de dessin, qui alterne aquarelle douce et noir et blanc pour les scènes plus dures, est juste somptueux ! C’est poétique et inquiétant à la fois. L’histoire est très déconcertante, un conte de fées sombre où le peuple de la forêt n’a rien à voir avec de gentils lutins !

Un bel univers étrange et envoûtant, que j’ai adoré découvrir ! Amélie Fléchais a sorti également L’Homme Montagne une collaboration avec la scénariste Séverin Gauthier (Coeur de Pierre), tout en aquarelle là aussi !

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L’ Amant de lady Chatterley (D.H. Lawrence)

C’est Sylvain Tesson par son livre « Dans les forêts de Sibérie », qui m’a donné envie de découvrir ce classique, qui est d’abord sorti dans une version « soft » sous le titre Lady Chatterley et l’Homme des bois.

Résumé

« Ce n’était pas très gai, mais c’était le destin.(…) C’était la vie. » Tel est l’amer constat que Constance Reid, alors âgée de 23 ans, porte sur son mariage avec Clifford Chatterley. Ils se sont mariés en 1917 lors d’une permission de Clifford. Il est revenu du front en 1918, gravement estropié et condamné à la chaise roulante. Si leur entente a toujours été plus intellectuelle que physique, l’incapacité de Clifford à satisfaire sa femme et à lui donner un enfant met rapidement un point final à leur mariage. Amant après amant, Constance trouve son plaisir, jusqu’au jour où elle ouvre enfin les yeux sur Mellors, le garde-chasse de son mari. La soudaine « avide adoration » que Constance éprouve pour lui naît principalement de l’intense intimité sexuelle qu’ils partagent alors que tout les sépare dans l’Angleterre puritaine du début du XXe siècle. L’explosion sensuelle et amoureuse de leur liaison ira jusqu’à infléchir la ligne de leur destin respectif. Roman puissamment érotique et sensuel, L’Amant de Lady Chatterley a profondément bouleversé et continue d’ébranler les idées reçues sur le plaisir féminin et la virilité. »

Mon avis

Il serait bien dommage de classer ce livre uniquement en « roman érotique ». Je le vois plus comme un choc entre la Nature et l’Industrialisation, entre le Corps et l‘Esprit.

J’ai beaucoup aimé Constance, qui étouffe entre son mari blessé de guerre et son entourage aristocrate. C’est un véritable coup de gueule contre le puritanisme et l’hypocrisie bourgeoise. Ainsi que la course a la réussite sociale qui, dans ce livre porte un nom bien particulier : la déesse chienne !

S’ennuyant à mourir, la jeune femme prend plusieurs amants avec lesquels elle gère tant bien que mal sa frustration, tant sexuelle qu’émotionnelle. Car plus que l’impuissance de son mari, c’est ce flot de paroles, de théories, d’opinions politiques, cet Intellect Tout-puissant qui l’enrage. Le bois du domaine est son seul refuge, un lieu calme loin de ce monde triste et froid. Sa rencontre avec Mellors, le garde-chasse de son mari va la réveiller, la troubler et lui donner le courage de tout changer dans sa vie.

J’ai détesté le-dit mari, Clifford, un homme morne, froid et égoïste qui se croit au dessus de tout le monde ! Être infirme et impuissant ne donne pas pour autant le droit de délaisser son épouse de la sorte. Pas une fois, il ne va se remettre en question, ou même vraiment discuter avec son épouse. 

En revanche, j’ai beaucoup aimé la relation entre Constance et Mellors, qui se construit doucement. À son contact, la jeune femme retrouve confiance et prend conscience de son corps, de sa sensualité. De son désir d’enfant, aussi.

Quant à  Mellors, c’est le personnage qui m’a vraiment le plus intéressée ! C’est un homme solitaire, intelligent, qui observe beaucoup. Marié a une femme qu’il déteste, il ne voit d’abord en Constance qu’un beau corps désirable. Mais peu à peu, il est touché par sa solitude et sa détresse. Il a un passé de militaire aux Indes et a une curieuse façon de parler, alternant le patois et l’anglais. Et s’il n’est pas spécialement beau, il dégage quelque chose. Un mélange de force rassurante et de petit garçon perdu.

La Nature a aussi une jolie place, un peu douce-amère. Le Bois fait office de dernier sanctuaire contre le « progrès », un monde à part. Ce contraste entre l’Angleterre rurale et l’avancée industrielle m’a beaucoup rappelé Nord et Sud, d’Élisabeth Gaskell !

Un livre à part, moderne dans sa critique sociale et sexuelle. Je comprends qu’il ait fait grincer des dents lors de sa parution !

Défi western 2: Mille Femmes blanches (Jim Fergus)

Ça faisait plusieurs années que ce livre m’intriguait. Et quoi de mieux qu’un livre pour passer l’été ?

résumé:

« En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des « Mille femmes » viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d’Amérique… Parvenue dans les contrées reculées duNebraska, l’une d’entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus desIndiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de son peuple d’adoption… »

Mon avis:

Le point de départ de cette œuvre de fiction est un fait réel: une visite de Little Wolf, chef  indien Cheyenne, à Washington DC.

Dans le roman, en septembre 1874, il demande au président de l’époque, Ulysses S. Grant mille femmes blanches en échange de mille chevaux pour permettre la survie de la tribu et surtout permettre une intégration des descendants dans la civilisation blanche.

La population blanche s’offusque d’un tel projet. Cependant, cette idée fait écho et une centaine de femmes emprisonnées ou internées en asiles psychiatriques ! Elles se portent donc volontaires dans un programme secret appelé BFI (Brides for Indians) pour vivre pendant deux ans au milieu des « sauvages ».

Ce livre dénonce la politique du gouvernement d’alors vis-à-vis des Indiens. Par les journaux intimes de May Dodd, il présente d’un point de vue féminin le peuple indien, leur naïveté qui les a perdus.

Toutes ces femmes ont un parcours différent. Et toutes ne sont pas blanches !!!  Mais elles ont en commun une soif de liberté, loin de leur mari volage, leur bourgeoisie étriquée ou encore, comme May, échappée de l’asile psychiatrique pour avoir « osé » aimer un homme hors mariage !

J’ai trouvé rafraîchissant d’avoir une vision féminine de la colonisation des indiens par les blancs ! Ça, et la belle solidarité qui prend place entre ces femmes, loin de leur pays natal.

Au départ, elles se rendent en mission : « civiliser » les Cheyennes. Mais peu à peu, elles se rendent compte que ce n’est pas par hasard que certaines femmes ont été choisies. Et que, loin d’être récompensées, elles sont considérées comme « traîtresses à leur race » pour avoir épousé des guerriers. 

Un livre puissant au thème qui me parle énormément !

 

Ulysse from Bagdad (Eric-Emmanuel Schmitt)

Me voici de retour pour la chronique d’un livre qui m’a enfin fait découvrir un auteur français très prolifique !

Résumé:

« Saad veut quitter Bagdad et son chaos, pour gagner l’Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Tel Ulysse, il affronte les tempêtes, survit aux naufrages, échappe aux trafiquants d’opium, ignore le chant des sirènes, et doit s’arracher aux enchantements amoureux. Tour à tour absurde, bouffon, dramatique, le voyage sans retour de Saad commence… »

Mon avis:

Un livre surprenant et très original ! Eric-Emmanuel Schmitt mêle habilement guerre, politique, livres et soif de liberté.

Saad a grandi dans un pays en plein désarroi : Bagdad.

Entre la dictature de Sadam Hussein (qui l’impressionne autant qui le révolte) et un Dieu qu’il ne comprend pas, il n’a plus qu’un pilier: sa famille. Et heureusement pour lui, son père n’a rien d’un islamiste radical. C’est au contraire un homme cultivé qui puise dans les livres la force de résister à l’horreur quotidienne. Sa façon de se révolter est pacifiste et son plus grand trésor (autre que sa famille) est une bibliothèque clandestine planquée sous leur maison ! Mais les livres ne suffisent pas pour lutter contre la folie humaine.

Après un double drame (son père, tué par un djihad et son amie Leila, disparue dans l’explosion de sa maison), le jeune homme rêve d’ailleurs…

Aussi, Saad décide de quitter Bagdad, où il ne se sent plus chez lui. Il sera accompagné… par le fantôme de son père qui l’aidera à se sentir moins seul. Mais le monde extérieur semé d’embuches et Saad devra passer nombre d’épreuve pour enfin gagner l’Angleterre.

J’ai beaucoup aimé la force et la joie de vivre de Saad qui mérite bien son nom (Espoir en arabe). La mythologie d’Ulysse se superpose joliment aux épreuves du jeune homme. Mais contrairement au héros de Homère, Saad ne veut pas rentrer chez lui mais, au contraire, créer son propre foyer, ailleurs, dans cet Occident mystérieux dont il a découvert les livres.

Entre tragédie et fantaisie, un joli livre sur l’horreur de la guerre et la force de s’en détacher. 

 

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