Le Grimoire d’Arkandias (2014)

La France manque cruellement de films fantastiques pour la jeunesse. Aussi j’ai voulu donner sa chance au Grimoire d’Arkandias, l’adaptation du livre d’Éric Boisset réalisé par Alexandre Castagnetti et Julien Simonet.

Résumé:

Dans le village de Ronenval, tout semble normal. Trop normal pour Théo qui ne rêve que d’une chose : échapper à son destin de boloss. Un jour, il déniche à la bibliothèque un livre de magie qui contient les secrets de fabrication d’une bague d’invisibilité. Avec l’aide de ses meilleurs amis Bonnav et Laura, il décide de fabriquer cette bague. Surprise : Théo disparaît pour de bon ! Victime de trois sorcières, il reste bloqué dans l’invisibilité…Il se lance alors dans une course effrénée contre le temps. Arkandias, un étrange individu toujours à leurs trousses, est peut être le seul à pouvoir les aider.

Mon avis:

Sans être le film du siècle, j’ai pu apprécier cette adaptation.

Théo est un garçon devenu aquaphobe depuis la mort de son père, sauveteur. Pour couronner le tout il n’a pas vraiment la côte à l’école et sa mère a été licenciée, suite à une erreur judiciaire pour le vol d’un tableau. Un jour, dans la bibliothèque du village, il découvre un étrange livre de magie révélant les secrets de fabrication d’une bague d’invisibilité.

Pour Théo, c’est l’occasion de reprendre le tableau et d’innocenter sa mère. Mais tout se complique. Si l’expérience de l’invisibilité est réussie, il ne peut plus réapparaître car une voleuse lui a pris sa bague ! Seule lumière au bout du tunnel: le sorcier Arkandias, qui est à l’origine le la formule de la bague.

J’étais sceptique quant à Christian Clavier en vieux sorcier… et bien bonne surprise ! Il a bien su tenir ce rôle à la fois bourru, mystérieux et attachant. À l’inverse d’Astérix où je l’avais détesté, il nous fait là un vrai personnage, pas un sorcier-Jaquouille !

Les enfants jouent de façon correcte, à part peut-être Pauline Brisy qui fait Laura, l’ado en pleine « crise ». Je l’ai trouvée bien fade pour une rebelle. En revanche, je ne sais plus le nom de l’acteur qui jouait la brute épaisse de l’école mais là, belle performance ! J’ai vraiment eu envie de l’étriper ! 

Bien vu aussi de mettre Isabelle Nanti dans le rôle de la voleuse de tableau ! Elle est terrifiante ! Ça change de la voir en méchante et ça lui va plutôt bien.

Les trois voleuses m’ont fait penser aux cambrioleurs de Maman j’ai raté l’avion dans leur bêtise et leur cupidité. Rien de bien nouveau. Mais ce n’est pas ce qui m’a le plus déçue.

Le film aurait pu être beaucoup plus noir au vu de ses ingrédients: brimades scolaires, difficultés financières, magie puissante. L’univers des livres était plus sombre et c’est dommage de l’avoir édulcoré de la sorte.

La France fait peu de films de ce genre et tâtonne encore beaucoup ! Il n’y à qu’à voir Merlin ! Quand les Anglais ont Colin Morgan, nous on a Gérard Jugnot

Mais c’est un début. Pour une fois qu’on nous propose autre chose ! La morale du film est proche de celle du Bout du Monde: un jeune garçon qui surmonte à la fois une peur et un deuil.

Un film en demi-teinte qui avait plus de potentiel qu’on pourrait le croire ! À quand un vrai film de magie qui ne tombe pas dans la comédie franchouillarde ?

 

Un jour sans fin

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à une chronique ciné romantique ! Avec l’automne et les premiers frimas (enfin !), rien de mieux qu’un film cocooning !

Résumé:

Phil Connors, journaliste à la télévision et responsable de la météo part faire son reportage annuel dans la bourgade de Punxsutawney où l’on fête le « Groundhog Day » : « Jour de la marmotte ». Dans l’impossibilité de rentrer chez lui ensuite à Pittsburgh pour cause d’intempéries il se voit forcé de passer une nuit de plus dans cette ville perdue. Réveillé très tôt le lendemain il constate que tout se produit exactement comme la veille et réalise qu’il est condamné à revivre indéfiniment la même journée, celle du 2 février…

Mon avis:

Enfin une comédie romantique où l’aspect comédie est plus en avant que l’aspect romantique !

Phil Connors,  un présentateur météo qui travaille au sein de la station de télévision régionale est un Scrooge des temps moderne. Hautain et méprisant, il est la bête noire de ses collègues ! Rien ni personne ne résiste à ses sarcasmes, dont il use sans vergogne. Mais gare au retour de bâton ! Le Karma va lui faire une sacrée blague !

Tout commence par une journée « sans » comme on dit ! Devant mettre en avant un événement régional annuel, rien ne se passe comme il faut… sauf peut-être sa rencontre avec la belle Rita ! Mais voilà que Phil se retrouve condamné à revivre sa « mauvaise » journée à l’infini !

Les gaffes et les répliques fusent comme des boules de neige dans ce film ! Ça fait du bien de voir une vraie comédie, où le « héro » en bave sufisement pour changer !

Le thème de la boucle temporelle est classique mais très bien exploité. D’abord imbuvable, Phil passe par plusieurs phases: l’incrédulité, le désarroi, la colère,  puis la déprime. Son changement d’attitude se fait de façon sufisement subtile pour être cohérent. 

De plus, ce film aborde des thèmes moins légers qu’il n’y parait. La course au scoop, le manque d’empathie pour les autres, mais aussi la compétition professionnelle, ou encore la solitude. Bill Murray est juste parfait dans la peau de ce grincheux à la tendresse bieeeen cachée !

Andy McDowell donne sa beauté sobre à une productrice pleine de charme, mais non sans caractère ! Leur couple est sympathique et j’ai adoré la façon dont chaque scène romantique est dynamisée par l’humour potache du film ! J’ai beaucoup ri !

On découvre, enfin, un peu de l’histoire de l’Amérique du NordLe Jour de la Marmotte existe bel et bien ! Le réalisateur en a rendu un hommage à la fois tendre et cocasse. La morale du film a le mérite d’être intemporelle sans jamais tomber dans la guimauve.

Un classique à revoir cet hiver !

Spirite tome 1: Tunguska (Mara)

Hello à tous ! Aujourd’hui, place à une bien jolie découverte, parfaite pour l’automne ! Je ne lis pas assez de BD et j’ai bien l’intention d’étoffer cette rubrique à l’avenir !

Résumé:

La chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé.

Dans le New York des années 1930, Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues. Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Boris Voynich , une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider. Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde

Mon avis:

Quelle belle mise en bouche !

Ça fait déjà quelques années que je suis le travail de Mara ! Je l’ai découverte en même temps que Maliki et j’ai tout de suite adoré son style de dessin !

Avec cette nouvelle série, nous découvrons un univers très sympa entre mystère et fantastique.

Ian Davenport est un spiritologue: il étudie les fantômes et veut prouver leur existence de manière scientifique. Mais ce n’est pas chose aisée dans un monde cartésien où les charlatans pullulent. Avec son mentor Boris Voynich, ils ont trouvé le moyen de rendre visibles les ectoplasmes. Ils aiment tout deux passionément leur métier.

Mais le caractère timide et maladroit de Ian ne contribue pas à sa reconnaissance. Ce qui est d’autant plus frustrant pour le jeune homme qui est très emphatique et enthousiaste. Son ami Boris est plus critique et terre à terre. Pour lui, l’humanité n’est clairement pas prête à accepter l’existence des fantômes.

Sa mort brutale va confronter Ian à cette dure réalité. De plus, les circonstances étranges de la mort de Boris laissent à penser que c’est toute sa profession qui est en danger. Mais la police fait la sourde oreille. Ce sera finalement Nell Lovelace, une journaliste énergique mais totalement sceptique qui va l’aider dans son enquête. 

J’ai adoré le duo Ian/Nell ! Si leurs caractères semblent opposés, ils partagent de nombreux points communs. Nell est une jeune femme aussi pète sec que Ian est doux ce fait un contraste savoureux. Leurs investigations vont leur faire remonter à la surface un tragique événement du passé survenu en Sibérie.

 Des thèmes très intéressants sont abordés: le passé et ses secrets troubles, la suprématie des charlatans sur les « vrais » spécialistes, le poids de l’héritage familial. Il y a aussi une pointe de féminisme bienvenu! 

Les dessins sont splendides !!! On se croirait à l’époque 2D de Disney, mais avec une histoire plus sombre et mature. Mara a particulièrement mis le paquet sur la couleur ! Plus que les personnages, j’ai adoré l’ambiance de cette bd ! Les jeux d’ombres, les décors, le cadre automnal et surtout les fantômes ! J’ai adoré leur aspect ! Les événements s’enchaînent si bien que la fin de ce tome m’a clairement frustrée !

En tout cas, j’ai déjà hâte de lire le prochain tome !

Le Bel Âge

Je n’ai jamais vraiment fait attention à mon âge.

Pour moi, ce n’est un facteur, ni bon, ni mauvais. Ni culpabilisant, ni spécialement avantageux non plus. Chaque âge a ses avantages et ses failles.

Et surtout, je n’ai jamais compris cette pression sociale qui, dès l’enfance, nous pousse à se faire des amis « de son âge » ! Ça m’énerve au moins autant que ceux qui ne croient pas en l’amitié homme et femme.

Mes premiers amis, je les ai rencontrés dans la cour de récré. Aucun n’étaient de mon âge. Je ne sais pas pourquoi.

Et là, le Miracle. Je me suis retrouvée dans une classe plus jeune que moi…et ça m’a donné le Déclic. Je me suis enfin ouverte aux autres; j’ai découvert le chant, le théâtre…  et surtout l’Amitié qui efface les différences d’âge, de culture, de genre, de religion…

Devenue adulte j’ai voulu garder ce melting-pot dans mes relations ; je me fie aux affinités, l’humour, la personnalité. J’ai connu des ados matures et des adultes gamins. Des célibataires heureux, des working girls comblées, des mères battantes et des papys dynamiques. TOUS m’ont fait grandir et apporté quelque chose.

Je vois la vieillesse comme un cadeau, une expérience en plus et des regrets en moins. La Vie n’est ni courte ni longue. Elle est imprévisible. Certains vieillissent dans la souffrance; d’autres sont fauchés en pleine jeunesse. On ne sait pas quand la Mort frappera. Alors, autant aimer la Vie, là tout de suite !

J’aime mes premières rides, les fils d’argent qui apparaissent, mon corps qui change. J’aime regarder les jeunes grandir et écouter les plus âgés. Et j’ai bien l’intention de profiter de ma vieillesse. J’aime ce mot, parce qu’il y a le mot VIE dedans.

Le bel âge c’est ici et maintenant.

 

« Max et les Maximonstres » de Spike Jonze (2009)

Pour cet automne, j’ai décidé de voir plus de films fantastiques et oniriques. J’ai opté pour « Max et les Maximonstres » de Spike Jonze. Il s’agit d’une adaptation libre de l’album illustré pour enfants de Maurice Sendak datant de 1963. 

Résumé:

Max, un garçon sensible et exubérant qui se sent incompris, s’évade de chez lui. Il atterrit sur une île où il rencontre de mystérieuses et étranges créatures, aux émotions sauvages et aux actions imprévisibles. Les « maximonstres » attendent désespérément un leader pour les guider, et Max rêve d’un royaume sur lequel régner. Lorsque Max est couronné roi, il promet de créer un monde où chacun trouvera le bonheur. Mais il découvre vite que régner sur un royaume n’est pas chose aisée et que ses relations avec les autres sont plus compliquées qu’il ne l’imaginait au départ…

Mon avis:

Alors déjà une chose est sûre ! Ce film est plus pour les ados/adultes que pour les enfants ! Je m’explique. Nous ne sommes ni dans une aventure à la Narnia, ni chez les Bisounours. En fait, j’ai plus pensé au Secret de Therabithia !

Max est un jeune garçon sensible à l’imagination débordante. Il adore jouer, crier, courir partout. Comme tous les enfants, il découvre les émotions, les relations avec les adultes, le monde des grands et celui des rêves. 

Le film démarre de façon assez lente. Max a beaucoup d’énergie, ce qui n’est pas toujours gérable pour sa mère, qui doit aussi s’occuper de sa fille aînée. Mais Max ne s’en rend pas compte. Lui, il veut jouer et rire. Comme je l’ai dit plus haut, il apprend les émotions et toutes ne sont pas agréables. Il y a d’abord la déception: sa soeur Claire ne l’a pas défendue lors d’une bataille de boule de neige. La jalousie : quand sa mère refuse de jouer avec lui dans sa chambre parce qu’elle est avec un ami dans le salon… 

Quand sa mère lui fait un repas qu’il n’aime pas, c’est la goutte d’eau. Max pique une grosse colère. Alors oui, on peut trouver ça trivial et ridicule. Mais cette dispute reflète bien la difficulté des relations humaine, tant côté adulte que côté enfant. 

C’est là que commence la Fugue de Max. Blessé dans son orgueil, l’enfant s’enfuit dans la Forêt…et va entrer dans un autre monde. Ici, pas d’Armoire Magique ou de passage secret. C’est le changement de lumière du film qui nous fait comprendre que nous ne somme plus dans le monde réel.

livre d’origine

Max va faire la connaissance de monstres énormes au caractères bien distinct. Un gros oiseau ébouriffé, une chèvre blasée, un taureau flegmatique, deux chouettes cabossées et autres créatures étranges qui hurlent comme des loups, se chamaillent sans arrêt, et…recherchent un Roi. Pour Max, qui cherchait un territoire, c’est le rêve !

Mais comme dans la réalité, il va se rendre compte que chaque monstre a ses qualités et ses défauts. Pas facile de construire un royaume au milieu de tout ça ! 

Surtout  avec Carol, une espèce de gros nounours colérique dont le caractère lunatique et impulsif va confronter Max à son propre comportement envers sa mère. C’est ce jeu de miroir, entre monde onirique et réalité, qui fait toute la richesse de ce film.

La photographie est magnifique. Franchement, ce film dégage une atmosphère juste incroyable ! Les créatures ont été crées par le fabuleux atelier de la Jim Henson Company, de qui on doit Labyrinthe et Dark Crystal. La musique aussi donne un bel écrin à cet univers ! Quant à la fin… elle est à la fois douce et ambiguë. 

Un film original, plein de poésie, qui montre la facette sombre de l’enfance dans un décor lumineux ! J’ai été très touchée !

« L’Ordre des Gardiens » de Nisha Granata

Parce qu’il n’y a pas que Netflix dans la vie, j’ai eu envie de vous faire découvrir mes trouvailles sur… Youtube  ! Aujourd’hui, place à l’Aventure !

 

Résumé:

Une famille d’archéologues est à la recherche d’artéfacts issus de contes et légendes, et cachés à travers le monde… Après avoir disparu lors d’une mission, leurs enfants aidés d’une jeune fille issue d’une famille de chercheurs elle aussi, vont devoir rechercher les fragments manquant pour reconstituer le miroir de Blanche-Neige avant ceux qui en le possédant pourrait détruire le monde !

Mon avis:

J’ai été agréablement surprise par ce téléfilm ! Un beau mélange d’aventure, de voyages, d’énigmes et… de contes de fées ! Encore !

Carter et Jordyn Flynn ne sont pas des parents ordinaires. Comme Evy et Rick, dans La Momie, ils mènent une vie pleine d’aventures et de dangers. Problème: leurs deux fils ne sont pas au courant !

Paxton et Tripp sont deux frères qui certes, ont du mal à communiquer, mais leur solidarité est sans failles. La disparition de leur parents va faire voler en éclat leur vie un peu plan-plan. Et leur faire découvrir un héritage bien différent de ce qu’ils pensaient !

Ils sont en effet les déscendants d’une mystérieuse lignée, les Gardiens, chargée de retrouver et de protéger des objets anciens, issus de contes et de légendes, dispersés à travers le monde. Et c’est un artefact d’une grande puissance qui a disparu: le Miroir de Banche-Neige ! Rien que ça !

Alors l’intrigue est basique mais efficace. J’ai beaucoup aimé le côté aventure familiale, l’idée que les objets de contes existent et les énigmes à résoudre. Le voyage autour du monde a une jolie place dans cette aventure. L’histoire des objets magiques est aussi un thème passionnant, que j’avait déjà évoqué dans la Malédiction Grimm

Comme on est dans un téléfilm tout public, les personnages sont assez manichéens; on sait tout de suite qui est le Bon et le Méchant. Mais l’action efficace, une pincée de bon sentiments et une belle photographie compensent largement ce détail ! Les acteurs sont bons, même en vf et le scénario alterne énigme et action, romance et famille. Je ne me suis pas du tout ennuyée !

Un bon téléfilm d’aventure,qui change des romances guimauves et des thrillers un peu lourds ! Si vous aimez la série Sidney Fox et autre aventures familiales, c’est à tester !

 

« Les 9 vies d’Edward » de Chrystine Brouillet

Hello à tous ! Aujourd’hui, une petite relecture cocooning d’un livre…que je n’ai pourtant jamais chroniqué ! Je répare cette erreur !

Résumé:

Delphine aime les hommes, la photographie et son chat Edward. Celui-ci le lui rend bien. Doutant des choix amoureux de sa maîtresse, il décide de lui trouver un mari. Il connaît déjà l’amant qu’il destine à Delphine ; un homme très bon qui l’a soigné lors d’une traversée vers la Nouvelle-France en 1670… Edward espère qu’il s’est, comme lui, réincarné et qu’il habite aujourd’hui à Paris. La tâche est ardue. Heureusement, Catherine, sorcière sous Henri IV, lui a transmis un don : la télépathie… Edward arrive à sa dernière vie et veut partir en voyant Delphine Heureuse ! Mais ce nouveau venu Américain ne lui dit rien qui vaille…

Mon avis:

J’avais découvert ce joli livre sur France Loisirs ! Et quelle lecture fraîche et originale !

Edward est un abyssin qui arrive à sa dixième et dernière vie.

Né en Égypte sous le culte de la déesse Bastet, il a traversé les époques: Antiquité, Croisades des Templiers, Nouvelle-France, il a été vénéré dans sa première vie, maudit au Moyen-âge. Bref les Humains sont pour lui des créatures vraiment étranges.

Surtout depuis qu’il est télépathe. Il peut en effet lire les pensées des humains qui le touchent. Et ce n’est pas toujours un cadeau ! Entre les ennuyeux, les égoïstes, les méchants et les hypocrites, il y a de quoi ne plus vouloir de maître.

Mais Edward a connu quelques bons humains : Sébastien, qui l’a soigné sur un bateau; Mr Leblanc, cuisinier en mal de reconnaissance des années 1800…

Mais trois femmes ont une place spéciale dans ses vies : Catherine, la sorcière, Rachel, une jeune chapelière juive et Delphine, une photographe des années 90.

L’histoire se situe à Paris, en 1996. Delphine Perdrix est une talentueuse photographe, mais manque de discernement dans ses choix amoureux.

J’ai beaucoup aimé cette femme artiste et fleur bleue, naïve jusqu’au ridicule parfois, mais la passion pour son travail, sa répartie et ses amitiés solides la rendent assez touchante. Son lien avec Edward est particulièrement tendre et complice. On dirait presque un vieux couple ! Mais Delphine a une drôle de manie: elle suit ses modèles avant de les photographier…

C’est là que la tournure de l’histoire devient beaucoup moins légère et surprenante ! 

Une tournure « roman policier », qui donne des griffes à une intrigue qui aurait viré à la Sheba ! Edward sent que sa maîtresse est en danger. Les deux amies de Delphine sont aussi sur leur gardes.

L’histoire gagne en intensité et ce, d’autant plus, que nous la vivons à travers les yeux du chat ! L’autrice a remarquablement su me mettre dans la tête d’Edward, ses réflexions, ses sensations. L’odorat est très présent et pas seulement pour la nourriture : chaque émotion a une odeur, chaque personne a sa « marque ».

Enfin, il y a le point faible d’Edward: la barrière de la langue. Que faire quand votre maitresse est en danger ? Comment alerter les autres Humains sans se prendre un coup de balai ?

J’ai adoré le mélange des genres, à la fois familier et étrange. L’écriture est fluide et plutôt agréable. Toutefois l’alternance temporelle des souvenirs d’Edward plombe un peu le récit par moment. C’est le seul défaut du livre !

Mais l’histoire est prenante, avec plein de références historiques et artistique. Et plus que la romance, c’est au final l’Amitié Féminine qui tire son épingle du jeu ! Rien que pour ça, je recommande !

Une lecture originale, donc, pour les amoureux des chats, des romances mais aussi de policier !

Poème de saison: L’Automne

 

Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.

Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.

Déjà la Nymphe qui s’étonne,
Blanche de la nuque à l’orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.

 

Théodore de Banville (1823-1891)

 

Kingsman 2: Le Cercle d’Or

Hello à tous ! Et oui, on ne m’arrête plus côté film ! Après le succès de Kingsman, je devais voir ce second volet ! Et ce d’autant plus qu’il a été autant aimé…que détesté ! Alors, verdict?

Résumé:

Kingsman, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman. Face à cet ultime danger, les deux services d‘élite n’auront d’autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice.

Mon avis:

Pourquoi tant de clashs sur cette suite ? Je l’ai d’autant plus appréciée que je pensais qu’il serait dificile d’égaler l’excellent premier opus ! 

Nous retrouvons Gary « Eggsy » Unwin, devenu un agent officiel de Kingsman, sous le nom de code de son mentor, Galahad. Il coule des jours heureux avec sa dulcinée suédoise. Ils forment un couple plutôt attachant dans son originalité ! 

Mais Eggsy se fait rattraper par d’anciens ennemis et lAgence Kingsman se retrouve attaquée. En sous-effectifs, la voilà contrainte de se rallier à une autre agence: Statesman.

Nous retrouvons tous les bons ingrédients qui ont fait le succès de Kingsman: de l’action, de l’humour, des rebondissements. Pour moi, il n’y a qu’une raison qui fait que le film a eu moins de succès : La bande-annonce ! Comment voulez-vous être surpris par une suite si vous spoilez les meilleurs twists ! Je sais bien qu’il faut allécher le public mais pour le coup, c’est surtout ça qui m’a déçue ! C’est pour ça que je ne la mettrais pas dans cet article.

Parce que cette suite est très bien huilée. Le casting est une fois de plus excellent. Mention spéciale pour Julianne Moore, aussi glaciale que vénéneuse. Et drôle aussi !

Nous découvrons de nouveaux personnages haut en couleurs: des agents au nom de code de boisson: Techilla (ChaninTatum), un gros dur un peu trop fonceur; Whisky (Pedro Pascal) un spécialiste du lasso, et leur chef Champagne (le grand Jeff Bridges).

L’histoire s’enchaine à toute volée, toujours aussi efficace. On retrouve ce parfum de James Bond « à l’ancienne ». Une juste dose de séduction, d’humour, de gadgets, de répliques cinglantes…et sanglantes. 

J’ai autant aimé que le premier !

« Un monde à portée de main » de Maylis de Kerangal

Il y a des livres comme ça, qui semblaient vous attendre. Une jolie couverture, un titre intriguant, un nom inconnu. J’ai trouvé ce livre par hasard, en flânant pour faire mes courses… et je suis tombée direct dedans !

Résumé:

À vingt ans, Paula entre dans le prestigieux Institut de peinture de Bruxelles. Elle y apprend à copier les surfaces qui composent le monde, à donner l’illusion des matières vivantes. Les nuits blanches s’enchaînent, les sentiments tournoient. Des studios de cinéma de Cinecittà, à Rome, au fac-similé de la grotte de Lascaux, elle s’immerge dans le travail. Sous son pinceau, les images enchevêtrent le passé et le présent, le loin et le proche, la fiction et la vie. Si Paula veut comprendre le monde qu’elle peint, il lui faudra d’abord le saisir de ses mains.

Mon avis:

Enfin, un livre où je peux m’identifier totalement au personnage principal ! 

Paula se découvre une âme d’artiste et entre dans une prestigieuse école de peinture à Bruxelles. Ses parents sont surpris de son choix mais elle n’en démord pas. Et là commence sa vie d’étudiante, entre peinture et cafés, loin de son confort parisien.

Elle apprend l’art du trompe-l’oeil, les heures de labeur, la complexité des nuances. J’ai adoré la façon dont la jeune femme s’immerge totalement dans son futur métier: la matière, la technique, la couleur, l’effet et surtout lobservation. La sévérité de sa formatrice ne la rend que plus endurante et tenace. 

Et il y a aussi ses ami(e)s. Kate, la rockeuse rebelle. Et enfin, le beau Jonas, le Pygmalion qui l’aide à s’ouvrir sur le monde pour mieux le peindre. Un jeune homme séduisant et discret, brillant et oui, un peu beau parleur par moment !

Paula se fond dans l’art avec apréhension d’abord, puis avec une passion presque dévorante. Elle découvre son propre Feu sacré. Elle ouvre grand les yeux, tente de montrer sa propre vision de la vie. Elle découvre ensuite les voyages, le marché du travail, les barrières de langues, la vie d’adulte, quoi.

J’ai adoré cette femme atypique, qui se forge sa propre place, sans regarder en arrière. Elle apprend l’indépendance, mais aussi la solitude et la précarité. Elle s’adapte, observe, agit en fonction de son ressenti, tout en se détachant des « conseils » plus ou moins utile de son entourage. 

J’ai vraiment adoré l’écriture ! Poétique, précise, riche. On pouvait presque « sentir » la peinture  ! J’aurais voulu au moins une centaine de pages en plus, voir comment Paula vieillirait. 

Mais ce n’en n’est pas moins une lecture envoûtante, un bel hommage à l’Art et aux questions qu’il suscite.

Une claque magistrale ! J’ai adoré !