En finir avec Eddy Bellegueule

Attention ! Livre Coup de Poing ! J’avais d’abord entendu parler de ce livre par Persephone, puis, sur l’instagram de Diglee. Comme c’est un livre assez court, j’ai tenté ma chance: Grosse Claque !

Résumé:

« Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. »En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

Mon avis:

LE livre à faire lire à toute les personnes qui minimisent encore l’homophobie.

Avant d’être Edouard Louis, notre auteur s’appelait Eddy. Eddy Bellegueule. Et il morfle ! Que ce soit au lycée, où il est le souffre-douleur de deux caïds qui le rouent d’injures et de coups. Ou chez lui, avec un père alcoolique qui ne comprend pas que son fils ne soit pas « un dur ». Comprenez: un jeune homme viril qui drague les filles et se bagarre avec les mecs. Rien que cette vision de la masculinité me fait horreur. 

C’est bien simple: j’ai eu la gorge serrée et une violente colère envers l’entourage d’Eddy durant toute la lecture. Ce livre montre l’intolérance dans toute son horreur et sa stupidité. Et ça ne se passe non pas à Paris ou sa banlieue, mais dans un petit village de Nord de la France. On en parle moins, mais c’est un fait. L’homophobie et le rejet d’hommes efféminés, font tout autant de ravages en milieu rural ! La violence est palpable: autant dans les mots que dans les actes. Eddy n’a pas choisi d’être mince, pas plus que d’avoir des « manières de tapette ». 

J’ai aussi, dans une certaine mesure, pensé à Annabel à cause de cette manie des parents qui veulent façonner leur enfant selon leur vision, leur désirs, leurs rêves. Ça me dépasse ce genre de comportement !

En tout cas, ce livre ne m’a pas laissée indemne et m’a hantée durant plusieurs jours !