Mary Barnes: un voyage à travers la folie

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Résumé:

Mary Barnes était infirmière lorsque à 42 ans elle commença à éprouver les premiers symptômes de ce qu’on appelle la « schizophrénie ». Elle entra à Kingsley Hall, l’unité expérimentale créée par les anti-psychiatres anglais sous la direction de Ronald Laing, où on sut la laisser régresser jusqu’à des stades très primitifs de la vie affective. Elle put ainsi, à travers cette mort symbolique, renaître à elle-même, délivrée du nœud de conflits relationnels qui l’avait jusqu’alors emprisonnée. Depuis, Mary Barnes est  » guérie « , et son cas représente la réussite la plus exemplaire des méthodes préconisées par l’antipsychiatrie, opposée aux techniques médicales chimiques de la psychiatrie traditionnelle. Ecrit alternativement par Mary Barnes et Joseph Berke (le psychiatre qui l’accompagna tout au long de ce  » voyage  » de cinq années), ce livre est un document unique sur l’un des mouvements de pensée les plus controversés à l’époque, mais dont on reconnaît aujourd’hui l’importance. Mary Barnes est décédée en juin 2001, dans un village des Highlands (Ecosse).

Mon avis:

Un ouvrage complexe et controversé sur une maladie encore méconnue mais aussi, une immersion dans une époque trouble de l’histoire de la psychiatrie: en effet, les malades étaient plus soignés à coup d’électro-choc que par des médicaments. À ce titre, Kingsley Hall est le premier établissement psychiatrique au sens actuel, un endroit de soins et non un ‘asile de fous’. Le livre est raconté en deux temps:

La première partie est du point de vue de Mary. Femme sensible, mais écartelée entre ses émotions, ses désirs et ses ambitions, elle a l’impression d’être tiraillées, morcelée de l’intérieur.  Son internement lui permettra de faire la part des choses en revivant « virtuellement » sa naissance et les différentes étapes de sa vie. Son cheminement est parfois incohérent et difficile à suivre, mais c’est au final logique, puisqu’elle est malade.

La deuxième partie est du point de vue du médecin. Plus rationnel, plus calme. Il raconte aussi le combat qu’il a dû mener pour obtenir un établissement neutre et surtout, sortir des méthodes habituelles de soins. Là, il ne s’agit pas d’enfermer et bâillonner le malade dans une camisole, mais d’au contraire, le faire s’exprimer par des moyens différents. Pour Mary Barnes, ce sera la peinture qui lui servira d’exutoire. 

Un témoignage riche, surprenant et troublant qui m’a valu une petite insomnie ! Je pense qu’il faut avoir un certain recul pour lire ce genre d’ouvrage. En tout cas, il n’est pas à mettre entre toutes les mains…

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