Persuasion

Lady Russel a convaincu sa protégée Anne Elliot de repousser les avances du jeune Frederick Wentworth, un officier de marine sans avenir ni relation. Celle-ci en est profondément affectée. Huit ans plus tard, la famille Elliot connaissant des revers de fortune, le père d’Anne, un homme snob et assez méprisant, loue le château familial à l’amiral Croft, qui se trouve être le beau-frère du capitaine Wentworth. Anne appréhende beaucoup ce futur face-à-face… et avec raison: les retrouvailles sont très froides…

J’avoue avoir ouvert ce livre avec une certaine appréhension. À force de lire des critiques de lectrices déçues, je m’attendais à l’être également. Que nenni !  Je préfère  même largement Persuasion à Orgueil et Préjugés ! Il se dégage beaucoup de frustration et d’amertume dans cette histoire d’amour. Anne est une personne forte, qui pense constamment aux autres pour ne pas s’apitoyer sur son sort. Elle se tient avec dignité auprès d’une famille qui la dénigre. Elle donne du réconfort à ceux qui en ont le plus besoin. Sa relation avec Benwick, notamment, m’a beaucoup touchée. Mais sous ses traits lisses et calmes, se cache cependant une grande révolte. On la sent perdue, à bout de nerfs devant le manque de réaction de son ancien amour. J’ai bien aimé le capitaine Wentworth et sa subtilité, ses belles manière et son absence totale d’arrogance. Et bien évidemment, son amour, toujours intact, pour Anne.

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec la propre histoire de Jane Austen et d’un certain Tom Lefroy: j’ai eu l’impression que Jane voulait revivre son amour perdu par ce livre, tout en condamnant l’hypocrisie de son époque. Un grand livre, que je relirai avec plaisir !