Les filles sauvages (Pat Murphy)

Aujourd’hui, place à une jolie lecture qui s’est révélée bien plus surprenante que prévue ! 

Résumé:

Joan vient d’emménager avec sa famille près de San Francisco, à la lisière d’un bois. Là, elle rencontre une fille étrange qui prétend s’appeler Renarde et vit seule avec son père dans une maison délabrée, au cœur de la forêt. Les deux filles deviennent amies et participent ensemble à un concours de nouvelles. Elles remportent le premier prix et sont invitées à suivre un stage d’écriture pendant l’été. La porte d’un nouveau monde s’ouvre alors pour Joan : un monde merveilleux, plein d’ombres et de contradictions, mais aussi de lumières et de possibles…Un roman sur l’amitié et le pouvoir de l’imagination, où les deux héroïnes séduisent par leur audace, leur volonté de s’affirmer, de comprendre et de créer.

Mon avis:

Quelle belle découverte !

Pat Murphy va bien plus loin qu’une simple amitié entre deux ados !

Joan est une jeune fille en plein conflit avec son père, qu’elle ne comprend pas. Lors de son déménagement, elle fait la connaissance d’une autre jeune fille de son âge…qui dit s’appeler Renarde !  Si leur rencontre a lieu dans une forêt, leur amitié va grandir grâce à un stage d’écriture durant l’été. 

Grâce aux histoires qu’elles s’inventent, elles s’évadent d’un quotidien familial tendu et morose. Surtout Renarde, (Sarah de son vrai nom), une vraie sauvageonne qui ne se sent bien que dans la nature et ses fables. J’ai adoré la façon dont elles se forgent leur petite bulle dans cette forêt. 

Mais l’évolution la plus spectaculaire est chez Joan, qui, grâce à sa prof d’écriture, va changer son regard sur son père et tenter de le comprendre plutôt que de s’énerver contre lui, comme elle le fait d’habitude ! Leur relation tendue m’a beaucoup intéressée ! Surtout ce père colérique, totalement dépassé par sa fille qui pose des questions au lieu de le craindre ! La communication et les explications, très peu pour lui !

Bref, on ne peut pas dire que la famille brille par son côté chaleureux ! Et ce, des deux côtés, car Renarde aussi a ses propres difficultés familiales !

Au final, ce stage d’écriture aura permis à nos deux amies, non seulement de mûrir, mais aussi de tracer leur propre route. Le roman se termine sur une note douce-amère, qui m’a laissée à la fois songeuse et admirative.

Un beau roman, tant dans sa couverture que par les sujets qu’il aborde ! 

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Séquence Nostalgie: « Teen Wolf » de Rod Daniel (1985)

Bien avant d’être la série à succès que l’on connait, Teen Wolf était une comédie fantastique de Rod Daniel avec Micheal J Fox dans le rôle de Scott ! J’ai voulu le voir pour mon challenge d’Halloween et je dois dire que ce film m’a déroutée plus d’une fois !

Résumé:

« Scott Howard, un adolescent menant une vie banale et monotone, n’aspire qu’à jouer au basket-ball, rencontrer des filles et faire la fête. Sa vie se retrouve chamboulée quand il découvre qu’il descend d’une longue lignée de loups-garous. Ses transformations vont attirer l’attention et Scott va s’en servir pour devenir le lycéen le plus populaire. »

 

Mon avis: 

On est bien loin de la noirceur de la série !  D’ailleurs il y a de grande différence avec cette dernière. Et ayant grandi avec Retour vers le Futur, je voulais voir un film avec le « jeune » Micheal J Fox !

Déjà, Scott Howard n’a pas été mordu mais est né loup-garou ! Il a toujours son pote Stiles, mais celui-ci est plus un joyeux fêtard qu’autre chose ! Et oubliez Lydia, Derek, Malia ou Kira. Ces personnages n’existent pas à la base ! Ils sont été créé uniquement dans la série des années 2000 ! 

Revenons au film:

La « transformation » de Scott commence avec la voix qui mue bizarrement, puis des poils lui poussent partout. Et il se sent tout bizarre…

À partir de là le film part carrément en live ! Déjà, ses camardes ne sont nullement choqués par cette nouvelle apparence, les filles se pâment devant lui. il devient même un pro du basket ! On nage en plein délire absurde où le monstre ressemble plus à un cousin de Chubaka  que le Loup-Garou du campus, (encore que l’humour déjanté est assez similaire!)

Autre incohérence, Scott s’adapte trop vite à son nouvel état et au final ne se pose pas plus de questions que ça. C’est de famille et c’est tout. Ce n’est pas ça qui l’empêchera de draguer les fille et de faire la fête ! Il n’a aucun mal à parler.

Mais surtout, et je pense que c’est le vrai message du film, c’est que peu importe l’apparence, si vous voulez changer, vous pouvez le faire. C’est là où le film surprend ! Au final, le côté Loup n’est qu’un détail. 

En conclusion, je qualifierai ce film de Nanar d’Halloween: c’est kitch, improbable et déjanté ! 

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La valse des arbres et du ciel

Bonjour à tous(tes) ! Aujourd’hui, place à un joli « Pol-Art » historique découvert grâce à Solène ! Je ne connaissais pas du tout Jean-Michel Guenassia, et j’ai hâte de découvrir d’autres de ses livres !

Résumé:

Auvers-sur-Oise, été 1890. Marguerite Gachet est une jeune fille qui étouffe dans le carcan imposé aux femmes de cette fin de siècle. Elle sera le dernier amour de Van Gogh. Leur rencontre va bouleverser définitivement leurs vies. Et si le docteur Gachet n’avait pas été l’ami fidèle des impressionnistes mais plutôt un opportuniste cupide et vaniteux ? Et si sa fille avait été une personne trop passionnée et trop amoureuse ? Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ?

Mon avis:

Après Michel Bussi et son livre inspiré de Monet, c’est la vie de Van Gogh que je découvre avec Jean-Michel Guenassia !

L’histoire est racontée du point de vue de Marguerite Gachet, la fille du docteur Paul Gachet, médecin, artiste, collectionneur d’œuvres d’art et professeur d’anatomie artistique. Il est surtout un père froid et opportuniste, ne pensant qu’à sa notoriété. Il se sert sans vergogne de sa progéniture pour se pavaner en société.

Lorsqu’il soigne un jeune peintre du nom de Vincent Van Gogh, il ne se doute pas que son arrivée va tout changer ! Van Gogh est un artiste brillant mais confronté à des crises de démence. Il réside dans une chambre mansardée, à l’auberge des Ravoux. Inspiré par la belle campagne et ses tournesols, il y peindra de superbes tableaux qui seront le « salaire » du docteur qui l’ausculte tout les dimanches.

L’auteur va romancer admirablement le dernier amour de l’artiste et son goût de l’absolu, le tout magnifié par le regard d’une femme passionnée. L’histoire est entrecoupée de coupures de presse de l’époque, ce qui est une façon originale de s’immerger dans l’état d’esprit de la population et son gouvernement !

C’est aussi l’histoire d’une femme qui rêve d’ailleurs sans jamais vraiment franchir le pas. Jusqu’à que sa rencontre avec le peintre la bouleverse. Peut-on vraiment parler d’amour d’ailleurs? J’ai beaucoup pensé à Catherine Earnshaw, car la jeune femme est subjuguée par l’art de Vincent, et lui voue une adoration destructrice.

L’écriture est fluide et belle. Le twist final est vraiment bien trouvé compte tenu de la personnalité tourmentée de Van Gogh ! J’ai aimé le contraste entre la lumière du cadre et la noirceur des personnes ! mais plus que le peintre, c’est la famille Gachet qui montre sa facette sombre avec sa révolte, son hypocrisie, mais aussi sa cupidité ! 

Une belle découverte, qui m’a donné envie de voir la biopic de Van Gogh avec Kirk Douglas !

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Coup de coeur: « Farscape » de Rockne S. O’Bannon

S’il y a bien une série SF (annulée) qui mériterait d’être plus connue, c’est bien celle-là ! Farscape est une série australienne diffusée du au sur Nine Network en Australie et Sci Fi Channel aux États-Unis. En France, la série a été diffusée du au sur Série Club.

Résumé:

« John Crichton est astronaute. Le jour où il part dans l’espace pour vérifier l’une de ses théories, son module est aspiré par un vortex et il se retrouve projeté dans une zone inconnue de l’univers où personne n’a jamais entendu parler ni de la terre ni des humains. Il est recueilli par un Léviathan avec à son bord trois prisonniers en train de s’échapper. Dès lors il n’aura de cesse de chercher un moyen pour pouvoir rentrer chez lui. Mais le voyage ne sera pas de tout repos car l’univers grouille de menaces plus dangereuses les unes que les autres… »

 

Mon avis:

Si elle est moins politique que Babylon 5, Farscape est indéniablement plus fun et créative ! L’épisode-pilote m’avait laissée dubitative, mais la suite m’a définitivement convaincue !

Au cours d’une expérience spatiale, un astronaute, John Crichton, se trouve projeté à travers un trou de ver dans une galaxie lointaine. Il se retrouve au milieu d’un combat opposant un vaisseau vivant, Moya, à une horde de chasseurs spatiaux appartenant à la race guerrière des Pacificateurs. Le petit vaisseau de Crichton est heurté par un chasseur pacificateur qui s’écrase sur un astéroïde. Il est ensuite happé par Moya où Crichton se retrouve en compagnie de trois prisonniers évadés : Ka D’Argo, guerrier luxan ; Pa’u Zotoh Zhaan, prêtresse delvienne et Rygel le XVIe, monarque hynérien déchu tentant de retrouver son trône.

Une pilote pacificatrice, Aeryn Sun, lancée à leur poursuite puis condamnée à l’exil par son commandant le capitaine Bialar Crais, pour avoir été trop longtemps en contact avec les fuyards, vient compléter l’équipage hétéroclite du vaisseau léviathan.

Au départ franchement dérouté, John va finir par s’attacher à cet équipage étrange et son vaisseau vivant ! Les créatures sont aussi complexe que drôles et j’ai vraiment adoré découvrir chaque extra-terrestre, que j’ai trouvé bien plus intéressants que le héro lui-même !

Tout d’abord Zhaan, la prêtresse delvienne: à la fois médecin, scientifique et religieuse, cette créature fascinante peut soigner toute formes de vie…dont le vaisseau lui-même ! Elle dégage un calme et une spiritualité étonnante et incarnera le plus souvent la voix de la raison de la série. En tout cas, elle m’a intriguée tout de suite ! L’épisode où l’on découvre sa planète et sa culture m’a émerveillée ! 

Rygel est une créature absolument GÉNIALE ! Entre sa bouille de Yoda moustachu et ses réflexions tordantes, je me suis crue dans Labyrinthe ou le Dark Cristal ! Il donne la touche d’humour cocasse et impertinent dans cet univers sombre et complexe ! Pour moi, c’est la mascotte du vaisseau !

D’Argo est de prime abord très antipathique: entre son faciès de poulpe et sa barbarie, c’est celui qui se méfiera le plus de John au départ ! Mais peu à peu, une certaine camaraderie naîtra entre eux. Il cache aussi un lourd secret, qu’il ne révélera que bien plus tard. Guerrier redoutable, son tempérament bourru m’a fait penser à une sorte de marin de l’espace. Mais bien entendu, il a aussi ses zones d’ombres et une certaine sensibilité en cas de coup dur !

Il y a aussi Aeryn Sun, une ancienne commando, et un officier de la Compagnie Icarion, du régiment Pleisar. Bien qu’elle semble être humaine, elle est en fait une sébacéenneune espèce (pratiquement) indiscernable des humains. J’avoue que j’ai du mal avec elle. Trop froide, son passé de miliaire lui a appris à ne jamais rien montrer. Sa relation avec John est un peu trop prévisible, même si le tempérament très « Lara Croft » de la jeune femme lui donne du fil à retordre ! Leur relation m’a parue trop conventionnelle dans un univers aussi original ! Vraiment dommage !

En revanche s’il y en a bien une avec qui, il a une relation des plus intéressante, c’est elle : Chianaune Nébari, ressortissante d’un empire totalitaire qui impose à ses citoyens le contrôle de leurs actions et de leurs émotions. Chiana et son frère se sont échappés de Nébari Prime, la planète capitale, mais ont été séparés et Chiana a été finalement capturée. C’est une femme sensuelle et excentrique, rebelle et rock and roll ! Ayant subit les pires tortures, elle ne supporte aucune autorité, même bienveillante. Impulsive, elle est aussi pleine de joie de vivre ! Sa relation avec John avait tellement plus de potentiel ! J’ai failli hurler de joie devant cette scène:

*Fangirling, Fangirling, Fangirling !!! *

Aeryn me parait tellement fade à côté de Chiana ! J’avoue qu’entre elle et Zhaan, mon coeur balance ! Je les trouve magnifiques toutes les deux !

 

Pilot, l’Alien le plus mystérieux de l’équipage !

L’autre particularité de cette série c’est que le vaisseau est vivant ! Moya est un Léviathan, une sorte de baleine de l’espace dont le cerveau est dirigé et lié à Pilot, un extra-terrestre à la fois navigateur, opérateur, compagnon, et qui sert de lien avec le reste de l’équipage. C’est lui qui donne une « voix » à Moya et dirige les opérations.

Moya est aussi une pacifiste et vous ne verrez pas de lance-roquettes, lasers ou autres gadgets. Sa seule manoeuvre défensive s’appelle la Combustion, ce qui lui permet de se déplacer à très grande vitesse dans l’hyper-espace. Toute cette équipe va vivre de folles aventures et se rapprocher les uns des autres. 

Chaque épisode est meilleur que le précédent, plein de surprises et très fun à regarder ! On ne sait jamais à quoi s’attendre et c’est très plaisant !

De plus, les femmes (humaines ou non) sont bien plus bad-ass que les mecs au final ! Pour le coup, j’ai très envie de donner une chance à Défiance, du même producteur !

En résumé, Farscape est une excellente série sf, plus émotionnelle que politique. Elle mérite d’être redécouverte, ne serait-ce pour les costumes et le maquillage des personnages ! 

Note: Les deux acteurs principaux, Claudia Black (Aeryn) et Ben Browder (John Chrishton) jouent aussi ensembles dans la série Stargate SG1 ! 

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Live du jour: « Empty Walls » (Serj Tankian)

Mode « chair de poule » à son maximum avec cette incroyable voix: Serj Tankian, de System of a Down, le Freddy Mercury arménien (oui, comme Charles  Aznavour ! )

C’est aussi une personne engagée, les chanson de son groupe ayant souvent pour thème la guerre (le génocide arménien entre autre) et la politique. Cette chanson n’échappe pas à la règle: Empty Walls fait référence au 11 septembre 2001, et donne une vision assez sombre de l’Amérique…

La tyrannie de la norme (Todd Rose)

Aujourd’hui, place à un ouvrage aussi intéressant qu’inattendu ! Découvert un peu par hasard, c’est le titre très pertinent qui m’a d’abord attirée !

Résumé:

À l’école, à l’université, dans l’entreprise, l’important serait d’être dans la norme. Mais vous êtes-vous déjà posé la question : cette norme, à quoi correspond-elle ? Réponse : à rien !

Et pour cause. La norme est un mythe né au XIXe siècle d’une théorie de « l’ homme moyen » , considérée aujourd’hui comme absurde et dont les conséquences peuvent se révéler néfastes.
L’apprentissage scolaire use de méthodes standardisées qui ne sont pas adaptées à nombre d’enfants ; les traitements médicaux les plus populaires ne sont efficaces que sur une proportion minime de patients ; les entreprises multiplient les tests de recrutement fondés sur des critères généralistes.
À trop chercher à nous conformer à un être standard fabriqué de toutes pièces, ne sommes-nous pas en train de nous perdre ? Qu’en est-il de notre singularité ?

Mon avis:

Voilà un thème qui serait très intéressant en sujet de philo ! Qu’est-ce que la norme ? D’où vient-elle et comment en est-elle venue à diriger notre vie quotidienne ? Todd Rose ouvre un débat salutaire sur le danger d’une société ultra formatée, « moyenne » et uniforme.

Ce livre est tout d’abord une vraie leçon d’Histoire !

En effet, Todd ne se contente pas d’une simple critique sociale. Il nous explique comment les statistiques, utilisées au départ par les scientifiques ont, peu à peu, envahi le monde professionnel, puis personnel, nous reléguant dans un « moule » où tout les hommes seraient (soit-disant) pareils et donc « égaux ». Mais égaux à quoi ? La Norme. Or, cette norme ne correspond à rien ! C’est l’un des plus grand leurre de ce siècle !

Le résultat est particulièrement dévastateur dans le système éducatif et le monde professionnel. Chaque personne étant différente, elle a son propre rythme et ses qualités propres. En gommant ces différence, pire même, en les niant, il en résulte un appauvrissement certain des entreprises (au sens humain du terme)

S’appuyant autant sur son expérience personnelle que ses recherches historiques, Todd nous propose d’élargir notre vision, sortir des sentiers battus et surtout, revaloriser notre individualité, non dans la compétition mais dans la complémentarité !

Un livre intriguant, éclairant et positif, que je relirai certainement !