Terre des hommes

Si Antoine de Saint-Exupery est particulièrement connu pour son « Petit Prince », son ouvrage « Terre des hommes », donne toute la mesure de la personalité et de l’humilité de l’écrivain-aviateur.

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Terre des hommes relate les exploits des pilotes de l’Aéropostale, et de quelques autres épisodes de sa vie d’aviateur entre 1926 et 1935. Saint-Exupéry raconte ses débuts à la société Latécoère basée à Toulouse où il a rejoint la famille des pilotes parmi lesquels Jean Mermoz et Henri Guillaumet. Aux commandes de son avion, il admire et médite notre planète vue du ciel. Il assure le courrier entre Toulouse et Dakar et sert de lien entre les hommes.

J’ai été très touchée par l’émerveillement enfantin d’Antoine pour son métier, mais aussi par ses propos d’une grande sagesse et d’humanité. En cotoyant le ciel et ses dangers, en découvrant l’immensité de la terre vue d’en haut, il gagne en humilité, mais aussi en courage. Il manque de mourir à plusieurs reprises. Mais ce n’est pas de mourir qu’il a peur: la mort fait partie de son métier. Sa vraie peur est de laisser les siens: sa famille et ses compagnons de vol.

Son crash en plein désert du Sahara, m’a particulièrement marquée: entre la faim, la soif, la chaleur, les mirages…mais aussi l’aide innatendue de Bedouins, la valeur inestimable de l’eau, et les souvenirs de sa famille qui lui donne le courage de continuer, malgré tout. Respect !

Il y a aussi ses camarades, Jean Mermoz et Henri Guillaumet, qu’il tient en haute estime. Leur respect mutuel, leur façon de s’épauler, s’encourager sans passer par les mots, tout cela m’a remplie d’admiration.

Un livre qui me donne vraiment envie de découvrir l’histoire de cet homme hors du commun !

Le salaire de la peur (George Arnaud)

Aujourd’hui, un livre que j’hésitais à lire depuis longtemps: relique de la bibliothèque familiale, il fait partie de ces ouvrages que je « croise » sans oser les lire. Et puis, suite à une chronique de Plius, j’ai tenté l’expérience…

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Résumé:

« Las Piedras, port d’échouage. Ils sont des centaines, venus d’on ne sait où, oublier sous les tropiques l’impasse de leur existence. Pour une poignée de dollars, ces sans-grade sont prêts à tout. Prêts à affronter des kilomètres de piste impraticables, au volant d’un camion délabré, pour convoyer de la nitroglycérine. Au moindre écart, au moindre choc, c’est la mort. Une épopée de l’angoisse pure… »

Mon avis:

Suffoquant. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de ma lecture. Des hommes blasés, las, sarcastiques. Des hommes qui en ont tellement bavé dans leur vie qu’un risque de plus ou de moins ne fait guère de différence. Et quel risque: transporter de la nitroglycérine dans un camion pas aux normes pour une haute somme d’argent.

Tout un groupe se masse pour tenter sa chance: l’étranger qui veut un visa pour s’installer, le vagabond, las de sa vie de misère, le business man toujours prêt pour prendre l’argent où il se présente. Mais ce n’est pas n’importe quel chargement. C’est une bombe qui peut exploser au moindre cahot… Seuls quatre personnes seront engagées pour deux camions chargés à bloc.

Première épreuve: conduire le camion d’une manière suffisamment lente et calme pour éviter le moindre choc. Ensuite, oublier les incompatibilités de caractère: Ce boulot, on l’a choisi, on l’assume, on va jusqu’au bout. Et surtout: contrôler la Peur qui accable et pèse, qui peut rendre fou et accompagne chaque conducteur.

Ce n’est pas du tout mon genre de lecture habituelle. Je ne peux même pas dire que j’ai aimé ce livre. Mais je ne pouvais plus m’arrêter de lire. Comme si j’étais moi-même passagère. J’ai frissonné, sursauté, je voulais savoir comment ça allait finir !

Un roman âpre, noir, poisseux. J’en suis ressortie sonnée et impressionnée de lire jusqu’où les hommes sont prêts à aller pour de l’argent. C’est effarant ! 

My mad fat Diary

Ça faisait un temps que j’entendais beaucoup de bien de cette série ! Pour le coup, je ne remercierai jamais assez france 4 de la diffuser même si c’est plus tard dans la soirée !

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My Mad Fat Diary, ou Journal d’une ado hors norme en version française est basé sur une histoire vraie: My Fat, Mad Teenage Diary, écrit par Rae Earl.

Rae, 16 ans et 105 kg, vient de quitter un hôpital psychiatrique où elle a passé quatre mois. Elle reprend contact avec sa meilleure amie, Chloe, qui n’est pas au courant de sa santé mentale, croyant qu’elle était en France pendant ce temps. Rae essaye de ne rien lui dire tout en essayant d’impressionner ses amis, Izzy, Archie, Chop et Finn.

L’histoire se passe dans les années 90 et rien que ça, ça m’a rappelé ma propre adolescence ! Ça m’a donné envie de resortir les albums d’Oasis !

Mais pas que, l’histoire de Rae m’a énormément parlé. Mal dans sa peau, elle rejette son corps qu’elle execre, au point d’en avoir fait une tentative de suicide. 

La grande originalité de cette série est le ton. Cru, sans détours, les thèmes abordés sont aussi varié qu’universels: la confiance en soi, la sexualité, la maladie, l’image du corps, les fantasmes et l’amour. On est totalement immergé dans la tête de cette jeune fille, qui cache comme elle peut ses fêlures sous un masque enjoué, franc, ouvert. 

Ses émotions trop fortes sont traduites par des scènes assez fortes et violentes. C’est parfois drôle (genre quand ses règle arrivent, elle visualise son gynéco poursuivi par une rivière de sang façon film d’horreur ^^), mais aussi bouleversant (le rêve où elle se débarasse de son corps obèse comme d’une peau pour la brûler m’a tiré des larmes…)

Ses amis aussi sont très intéressants: Archie, qui n’arrive pas à assumer son homosexualité; Chloe, qui veut être aimée pour autre chose que son beau physique…et surtout, Finn, un beau jeune homme timide et discret qui comptera beaucoup dans l’évolution de Rae. Tout deux forment un couple vraiment adorable et très touchant !

Le parcours réaliste et courageux d’une ado qui combat ses propres démons. Et une vision plus sombre de l’adolescence avec ses questions, ses rêves et ses tabous. 

À découvrir absolument !

Poésie du jour: Nymphée

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Affreuse nudité de l’homme dans l’orage
La catastrophe arrive alors qu’il somnolait
Ou que sans se presser il rentrait le fourrage
Et sur le feu la femme oublie alors le lait

Lorsqu’un peuple s’enfuit devant l’envahisseur
Il laisse sur ses pas les ruines de sa vie
Une salle de bal à l’aube sans danseurs
La table du repas qu’on n’a pas desservie

Rien ne peut altérer la chanson que je chante
Même si quelqu’un d’autre avait à la chanter
Une plainte étranglée en renaît plus touchante
Quand l’écho la reprend avec fidélité

Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure
Si je rêve c’est bien de ce qu’on m’interdit
Je plaiderai coupable Il me plaît d’avoir tort
Aux yeux de la raison le rêve est un bandit

Je parle avec les mots des jours patibulaires
Où le maître bâtit le temple qu’il lui plaît
Et baptise raison dans son vocabulaire
Le loisir d’à nos poings passer cabriolet

Il faudrait rendre sens aux mots blasphématoires
Refaire un coeur saignant à ceux qui n’en ont plus
Ceux qui ne pleurent pas pour une belle histoire
Méritent-ils le ciel qui leur est dévolu

Louis Aragon

L’enfant Océan (Jean-Claude Mourlevat)

Après toutes ces émotions fortes, littérairement parlant, j’avais besoin d’une petite pause plus légère. J’ai d’abord tenté « dans le coeur d’Alice » mais sans succès. J’ai donc opté pour L’enfant Océan, un livre jeunesse beaucoup plus court, que j’ai dévoré en une soirée !

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Résumé:

« Une nuit, Yann réveille ses six frères aînés, tous jumeaux. Il faut fuir : leur père a menacé de les tuer. Irrésistiblement attirés par l’Océan, les sept enfants marchent vers l’Ouest.

De l’assistante sociale au routier qui les prend en stop, du gendarme alerté de leur disparition à la boulangère qui leur offre du pain, chacun nous raconte à sa façon un peu de leur incroyable équipée. »

Mon avis:

L’enfant Océan est une sorte de remake moderne du Petit Poucet de Charles Perrault. Sauf que ce sont les enfants qui décident de partir de leur propre gré.

Yann surprend un inquiétante conversation entre ses parents: sont père veut les tuer tous les sept. Bouleversé, il réveille ses six frères en catastrophe. Il faut fuir et vite ! Ainsi commence une drôle d’escapade, direction l’Océan qui les a toujours fait rêver.

Ce qui fait l’originalité de ce livre, c’est qu’il alterne les points de vue à chaque chapitre. Et l’histoire s’assemble comme un puzzle, dévoilant une intrigue pas si simple que ça.

Ce n’est pas qu’une histoire de fugue. C’est une assistante sociale touchée par la détresse d’un enfant. C’est un chauffeur bourru qui n’a jamais pu être père. C’est une boulangère fascinée par la gémellité… C’est aussi une famille paysanne qui peine à vivre décemment. Des frères solidaires qui se comprennent sans passer par les mots.

Bref, un livre facile à lire qui m’a beaucoup touchée !

Top 5: mes fleurs préférées

Qui dit Été, dit soleil, chaleur, piscines mais aussi…parcs, jardins, prairies et fleurs ! J’ai donc choisi de vous faire part de mes fleurs préférées !

  • Les pissenlis: particulièrement poétiques sous leur formes blanches et duveteuse…
  • yUapUBCcRyURXCqCfRzQGvQ+9fVremtG0220 Les coquelicots: flambloyants et lumineux dans le soleil couchant ! 

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  • Les gerberas: un cocktail de couleurs toniques !

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  • Les géraniums: parce que j’en mets toujours à mon balcon l’été !

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  • La lavande: pour son parfum du sud et sa belle couleur mauve !

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Et vous, quelles sont vos fleurs préférées? 

Nymphéas noirs (Michel Bussi)

Aujourd’hui, une belle découverte qui m’a tenue évéillée une bonne partie de la nuit ! Ce n’était plus arrivé depuis bien longtemps !

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Résumé:

« Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux « Nymphéas noirs ». Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps. Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme. »

Mon avis:

Un « pol-Art » régionnal subtil et très efficace ! Moi qui ne lit pas souvent de roman policier, là, j’ai tout de suite adhéré !

Déjà, le décor: le célèbre village de Giverny où le peintre Claude Monet a peint les fameux Nymphéas. Le drame est peint comme un tableau impressioniste. Et puis l’intrigue se tisse, comme une toile d’araignée, progressivement, insidieusement. Trois générations féminines: une vieille dame dans son moulin de sorcière, une (trop) belle institutrice et une enfant prodige de la peinture.

Un sympathique duo d’inspecteurs sont sur l’enquête: Laurenç et Sylvio. Et ils vont avoir du fil à retordre ! Car la victime n’était pas si irréprochable… et les habitants du village non plus. C’est d’autant plus délicat pour Laurenç, qui semble envoûté par Stéphanie, la belle institutrice…

En filigrane, on découvre la vie de Claude Monet mais aussi de Louis Aragon, qui a aussi son importance dans l’histoire ! Ça m’a donné envie de lire Aurélien pour le coup !

Il m’est très dificile de décrire l’intrigue sans spolier. Ce que j’en retire en revanche est très positif: une plume élégante qui utilise le jargon de l’art dans son intrigue. Impression. Couleurs. Trompe-l’oeil. Lumière. Des personnages parfois attachants, parfois détestables. 

Le Temps aussi a son importance. Passé et présent se confondent, jusqu’au dénouement final. Et la conclusion est…assez glaçante, je dois dire ! Quand la dernière pièce du puzzle s’est mise en place, j’ai eu la chair de poule ! L’assassin est vraiment …malsain psychologiquement, rien à redire là-dessus !

Mais le livre se termine tout de même sur une note d’espoir et de nostalgie, me laissant avec une sensasion de calme après la tempête.

C’est mon premier Michel Bussi et je ne le regrette pas ! Très bonne surprise !