L’Étranger (Albert Camus)

De tous les classiques français, l’Étranger était celui dont j’attendais le plus, étant donné sa célébrité. Et c’est avec le sentiment « étrange » (c’est le cas de le dire), que j’ai terminé ma lecture.

Résumé:

«Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s’est ouverte, c’est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j’ai eue lorsque j’ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n’ai pas regardé du côté de Marie. Je n’en ai pas eu le temps parce que le président m’a dit dans une forme bizarre que j’aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français…»

Mon avis.

Quel livre étrange ! Je suis incapable de dire si j’ai aimé où non et c’est très frustrant !

Le récit se déroule en Algérie française.

Meursault (le narrateur) apprend par un télégramme le décès de sa mère et décide de se rendre à son enterrement. Il n’exprime ni tristesse ni émotion particulière, et ce durant tout le roman. À aucun moment, on ne le sent en phase avec le monde et je pense que c’est pour ça que le titre est ainsi. Meursault est « étranger » à la société, aux liens, aux normes.

Même avec Marie, une jeune dactylo avec qui il entretient une liaison, tout est froid, mécanique, distant. Il ne montre pas plus de sentiment ou d’affection qu’à l’enterrement de sa mère.

Il y a aussi son voisin, Raymond Sintès, connu pour sa silence envers sa maîtresse, qu’il bat régulièrement. jusqu’à l’intervention d’un agent. Si l’étranger se lie d’une certaine amitié pour lui, on sent qu’il ne se réveille pas pour autant.

Même quand il se fait arrêter. Même lorsqu’il est jugé et condamné par pendaison pour meurtre. Il se se révolte pas. Même lorsque le juge l l’accuse « d’avoir enterré une mère avec un cœur de criminel ». La justice ne cherchera même pas à comprendre les motivations de Meursault.

Le procureur se concentre sur son comportement, sa personnalité, sa vie dissolue (il engage une relation le lendemain des funérailles de sa mère dont il est indifférent), son athéisme, son caractère asocial. Dans le contexte politique de l’époque, l’Algérie gouvernée par la France coloniale.

La cour le décrit comme un personnage morne, apathique; glaçant d’indifférence. Meursault n’est pas pour autant un monstre. Je le qualifierais plutôt de fantôme. Il ne voit pas de logique dans l’existence au point d’en avoir anesthésié tout émotion, bonne ou mauvaise.

Meursault enverra cependant promener le prêtre venu lui soutirer un dernier mot. Il veut « prier pour lui ». Là seulement, il se réveille enfin en revendiquant son athéisme et l’absurdité d’une vie éphémère. Et là au final, il est soulagé de quitter un monde auquel il ne s’est jamais attaché. Et où personne n’a jamais tenté de le comprendre, et l’accepter tel qu’il est, dans ses forces et ses fêlures…

Un livre déroutant,  triste et absurde, qui m’a laissée sur un grand malaise.

 

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La princesse-grenouille (1954)

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un des premier « non Disney » à avoir marqué mon enfance ! Il faut savoir qu’avant les animés japonais j’étais une grande fan de dessins animés russe !

La Princesse grenouille est dessin animé réalisé par Mikhaïl Tsekhanovski, adapté d’un conte russe qui est très différent de La Princesse ET la grenouille de Disney, qui lui, est une variante d’un conte de Grimm !

La princesse Vassilissa la très belle est kidnappée par Kochtcheï l’Immortel, sorcier maléfique, qui l’emmène dans son jardin où tous les êtres vivants sont changés en or. Kochtcheï tente en vain de séduire Vassilissa, qui se rit de lui lorsqu’il lui demande de l’épouser, car il est très laid. Furieux, le sorcier invite alors la princesse à se regarder dans un miroir ensorcelé, et il la transforme ainsi en grenouille pour trois ans et trois jours, après quoi il la chasse.

Dans un royaume à quelque distance de là, un tsar a trois fils. Afin de leur trouver des épouses, il leur demande de tirer chacun une flèche dans une direction différente et d’épouser la première femme qui ramassera leur flèche.

Les flèches des deux premiers fils sont ramassées par des femmes de bonne famille qui occasionnent de bons mariages. Mais la flèche d’Ivan se perd au loin, et, lorsqu’il la retrouve, seule une grenouille se trouve à proximité : c’est Vassilissa transformée, qui exige qu’Ivan la prenne pour épouse en suivant l’ordre du tsar. D’abord désespéré, Ivan se rend bientôt compte que la grenouille n’est autre qu’une princesse métamorphosée. Une princesse qui ne retrouve sa forme d’origine qu’à la nuit tombée (voir l’extrait)

Il reste à trouver un moyen de libérer Vassalisa de la malédiction: une énigme façon poupée-russe où chaque indice s’emboîte l’un dans l’autre. De son côté aussi, la princesse devra suivre quelques « épreuves » et prouver que son coeur est digne du prince.

Un pur enchantement ! Des couleurs somptueuses, une histoire belle et subtile. Une grâce particulière émane de ce dessin animé, qui mérite plus que jamais d’être découvert ! Il fait partie de mes classiques d’enfance et j’adore son ambiance très particulière, à la fois poétique et raffinée. Le sorcier entouré d’or m’a fait penser à une variante du mythe de Midas, plein de richesse mais sans coeur…

Si vous aimez les cultures différentes, les belles princesses et la non-3D, cette animation est ce qu’il vous faut !

Clip du jour: Within Temptation etTarja Turunen

Quand deux icônes du rock gothique se rencontrent ça donne une chanson puissante et un clip apocalyptique ! J’adore le contraste entre la douceur du timbre de Sharon den Adel, et le lyrisme de Tarja Turunen ! Superbe ! En plus, elles sont juste sublimes toute les deux !

There’s no sense, the fire burns
When wisdom fails, it changes all
The wheel embodies all that keeps on turning

Blood red skies, I feel so cold
No innocence, we play our roll
The wheel embodies all
Where are we going?

All in all
You expect the wise to be wiser
Fallen from grace and
All and all I guess we should have known better
‘Cause

What about us
Isn’t it enough
No we’re not in paradise
This is who we are
This is what we’ve got
No it’s not our paradise
But it’s all we want
And it’s all that we’re fighting for
Though it’s not paradise

You and us, or I and them
There comes a time to take a stand
The wheel is watching all it keeps on burning

The venom works, it’s like a curse
A trojan horse, when will we learn?
The wheel embodies all that keeps returning

All in all
You expect the wise to be wiser
Fallen from grace and
All and all I guess we should have known better
‘Cause

What about us
Isn’t it enough
No we’re not in paradise
This is who we are
This is what we’ve got
No it’s not our paradise
But it’s all we want
And it’s all that we’re fighting for
Though it’s not paradise

What about us
Isn’t it enough
No we’re not in paradise
This is who we are
This is what we’ve got
No it’s not our paradise
But it’s all we want
And it’s all that we’re fighting for

What about us
Isn’t it enough
No we’re not in paradise
This is who we are
This is what we’ve got
No it’s not our paradise
But it’s all we want
And it’s all that we’re fighting for
But it’s not paradise

What about us
What about us
What about us
Isn’t it enough

What about us
What about us
What about us
Isn’t it enough

What about us
What about us
What about us
Isn’t it enough

What about us
What about us
What about us
Isn’t it enough

Défi Guerre: J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir (Christine Arnothy)

Moins connu que « Le journal d’Anne Frank », Christine Arnothy n’en a pas moins écrit un bouleversant témoignage de guerre avec ce livre au titre poignant.

Christine Arnothy, de son vrai nom Irène Kovach de Szendrö, est née d’un père austro-hongrois, propriétaire terrien et professeur de latin et d’une mère germano-polonaise. 

Dans le conflit mondial qui ravage le continent européen de 1939 à 1945, la Hongrie est restée longtemps hors des atteintes de la guerre. Et puis, à son tour, elle est en flammes.

Les Allemands qui y sont entrés en maîtres se sont retranchés dans Budapest et entendent défendre la ville qu’ assiègent les Russes. C’est ce siège de deux mois, vécu  à douze, dans la cave de leur immeuble, pris, au bord du Danube, sous les feux croisés des belligérants, que raconte Christine Arnothy.

Deux mois de peur, de tensions entre voisins forcés de coopérer tant bien que mal. Il y a le Juif qui cache son vrai nom, la jeune mère de famille qui tremble pour la vie de son nourrisson. Il y a aussi un jeune étudiant en médecine, qui fera office d’infirmier.  Une famille d’origine Suisse, persuadée que la « neutralité » de leur pays les sauvera. Ou encore une concierge arrogante qui refuse de partager.

Mais sans eau, sans électricité, il est bien difficile de rester calme. Seul un jeune homme, Pista, fera la navette entre l’horrible monde extérieur et l’immeuble pour les ravitailler. Il fera l’Impossible pour les réfugiés: eau, nourriture, médicaments et même un voile de mariée pour un jeune couple arrivé récemment. J’ai vraiment été impressionnée par cet homme courageux (pour ne pas dire inconscient) prêt à tous les sacrifices pour la sécurité des autres. 

Mais si la peur des Allemands et le grondement presque continu des bombes étaient déjà horribles, ce n’est rien comparé au massacre de l’arrivée des soldats Russes.

J’ai vraiment eu un haut-le-coeur en pensant aux atrocités vécues par les civils (comme les militaires d’ailleurs). Comment peut-on en arriver là ? Comment peut-ont survivre psychologiquement en ayant vécu ÇA???

Un livre terrible, horrible, mais essentiel qui mérite d’être redécouvert ! Il a d’ailleurs une suite: « Il n’est pas si facile de vivre », qui décrit sa vie d’après-guerre. Je le rajoute d’emblée à ma Pal !

Vidéo du jour

Magnifique florilège de films et série ! Une vidéo qui mélange la mini-série Alice, Dead Like Me, Doctor Who, Merlin, Fringe, Legend of the Seeker  et même des dramas asiatiques, vous pensez bien que je DEVAIS partager ça !!!

Montage: LonesomMultiAngel 

Musique:« Lullaby » de Nickelback

La femme au miroir (Éric-Emmanuel Schmitt)

Après la belle surprise dUlysse from Bagdad, c’est avec un roman résolument féminin et féministe que je continue ma découverte de cet auteur français !

Résumé:

« Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines ; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques. Trois femmes. Et si c’était la même ? »

Mon avis:

Trois beaux portraits de femmes, qui symbolisent chacune l’émancipation, le courage et le rejet du moule dans lequel la société veut les enfermer.

Le « miroir » est en fait symbolique. C’est en fait la ressemblance de ces trois femmes dans leur courage, leur lassitude et le dépassement d’elle-même.

Anne la Flamande ressent des élans mystiques qui l’entraînent dans la forêt où elle se lie d’amitié avec un loup. Envoûtée par la forêt, elle sauvera son protégé des pièges, et gagnera le titre d’Illuminée par son village. Elle sera aussi la « disciple » d’un mystérieux moine: « Brin d’Or » qui est persuadé que Dieu l’a choisie. Mais cette nouvelle notoriété est loin de réjouir Anne, qui veut surtout qu’on la laisse tranquille. C’est de loin, la femme qui m’a le plus fascinée !

Hanna vit à l’époque de Sigmund Freud. Elle est lasse d’avance de la place de la femme de son époque et notamment de la maternité. Cette critique sociale concernant l’image de la mère de famille m’a énormément plu ! D’autant que la psychanalyse commence à pointer le bout de son nez, provoquant un grand remous parmi les plus traditionalistes. Son histoire est racontée de façon différente des autres héroïnes. C’est en effet la seule à être racontée sous forme épistolaire, c’est à dire des lettres qu’elle a envoyé à son amie d’enfance: Gretchen. Hanna y raconte ses malheurs conjugaux mais aussi sa découverte troublante de la psychanalyse sur le divan d’un des premiers psychiatre moderne. 

Enfin, la dernière femme est sans contexte la plus déroutante et la plus sombre. Anny est une star hollywoodienne qui « s’émancipe » en couchant avec qui elle veut, buvant comme trou ou alors en se droguant. Elle ne réfléchit pas vraiment aux conséquences de ses actes et s’en porte bien. Jusqu’à ce qu’un homme refuse ses avances et l’amène à réfléchir à sa vie.

Anny vit à notre époque et son parcourt m’a énormément fait penser aux célébrités ravagées par leurs propres excès, comme Lindsay Lohan, ou encore Amy Winehouse.  C’est une immersion amère dans le monde des tabloïds, le tout, arrosé d’un peu de vitriol. Si au début, elle m’a franchement mis mal à l’aise, son évolution finira par m’émouvoir, notamment son amour absolu pour le jeu d’actrice, dans lequel elle s’immerge jusqu’à s’oublier.

Au départ, on ne comprend pas trop où l’auteur veut en venir…jusqu’à la moitié du livre où enfin, les pièces de ce puzzle en jeu de miroir s’assemblent pour donner une belle représentation de la lutte des femmes pour être juste elles-mêmes. 

 J’ai été frappée par leur fierté, leur colère et leur refus de se laisser dominer et définir par les hommes. Mais aussi par leur façon de fuir un monde dans lequel elles ne se reconnaissent pas.

Un livre singulier, tout en contrastes. Je le relirai surement car il y a une belle finesse, tant dans les personnages que dans l’écriture.